Et si rien ne se passait en 2019 ?

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Chère Madame, cher Monsieur,

Comment seront utilisés les votes sur le site du Conseil Economique, Social et Environnemental pour le grand débat national ?

Grande question…

En tout cas, ce fameux débat a été lancé officiellement le 15 janvier. Les médias ont beaucoup parlé du Président, en déplacement en Normandie, qui s’est exprimé plus de 6h devant un auditoire composé de maires. Passé 21 heures, il a même enlevé sa veste, tant il était pris par la conversation…

Cela vous fait une belle jambe ? À moi aussi.

Mais comme un débat national est lancé, nous sommes en droit d’attendre des réponses à nos questions, puis du concret.

Que le gouvernement décide : « Oui nous allons changer notre politique dans tel domaine parce que… » ou alors « Non, nous gardons notre cap pour cette raison… ».

Nous serons alors fixés et libres individuellement de tirer des conséquences, notamment pour les prochaines échéances électorales.

Je vous l’avais déjà écrit : même si nous n’y croyons pas trop, il faut saisir cette occasion qui nous est donnée pour faire entendre notre voix et défendre nos idées. Depuis sa création, l’IPJ fait feu de tout bois pour parvenir à ses fins. Au risque de déranger d’ailleurs… Les articles de presse, après vos votes sur le site du CESE début janvier, l’ont bien montré.

Notre mobilisation aurait-elle déplu à ceux qui ne pensent pas comme nous ? Vos votes seraient-ils des « sous-votes » parce que vos idées ne sont pas celles qui devaient arriver en tête ?

Après tout, qui dit « grand débat » dit confrontation des arguments, des points de vue. Alors, nous sommes dans notre rôle quand nous tâchons de faire valoir les nôtres.

Et nous comptons bien continuer.

À partir de lundi, un site internet va être ouvert pour recevoir toutes les contributions des Français. Je rédige actuellement avec mon équipe les propositions de l’IPJ et je vous demanderai, une fois encore votre aide pour les diffuser.

Mais avant cela, je dois aussi vous rappeler que l’IPJ ne reçoit aucune subvention publique et existe uniquement grâce à vos dons généreux.

Sans votre aide financière, nous ne pourrons absolument pas continuer nos actions. Nous ne pourrons rien faire.

Nous serons condamnés, les bras croisés, à regarder les lois absurdes être votées et à assister à des débats stériles.

Ne condamnez pas l’IPJ à l’inaction. Faites un don, même minime à notre association en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,
Laurence Havel

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Savez-vous parler aussi bien qu’eux “la langue de bois” ?

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Vous avez été un certain nombre à me faire remarquer que parfois, sans m’en apercevoir (bien sûr !) je reprends des formules que l’on entend dans les médias, et qui ont pourtant le talent de m’irriter !

Voyez-vous à quelles formules je pense ?

Par exemple : « Il avait purgé sa peine ».

C’est ce que l’on entend lorsqu’un délinquant multirécidiviste commet un crime très grave peu de temps après être sorti de prison. C’est ce qu’a déclaré, par exemple, Christophe Castaner au sujet de Chérif Chekkat, l’auteur de la tuerie du marché de Noël à Strasbourg.

Cette phrase signifie : la justice n’a rien à se reprocher, la loi a été respectée. Il était normal que cet individu soit libre au moment où il a commis son crime, puisqu’il avait « purgé sa peine » qui lui avait été infligée pour ses précédents méfaits.

Mais la question n’est pas de savoir si le criminel a bien effectué la peine qui lui avait été infligée, la question est de savoir pourquoi cette peine, ou ces peines, étaient si courtes.

Autrement dit, la question n’est pas de savoir si la loi a été respectée mais au contraire s’il ne faudrait pas changer la loi.

Comment peut-on avoir « purgé ses peines » lorsque l’on a été impliqué dans « de multiples braquages », et que l’on a fait « l’objet de 27 condamnations » sans même avoir atteint l’âge de 30 ans ? Faut-il rappeler qu’il avait été signalé à plusieurs reprises comme très radicalisé et dangereux, mais que malgré cela, il avait reçu des peines aussi courtes ? Des peines qui lui ont permis d’être libre, en dépit de ses 27 condamnations, le jour où il a tué cinq personnes.

« Il avait purgé sa peine » ? Sans doute, mais cette peine était beaucoup trop légère au vu de son parcours et de la gravité de ses actes. Les criminels endurcis, comme lui, devraient être neutralisés pour longtemps.

Autre exemple : « C’est l’œuvre d’un déséquilibré ».

Cette phrase laisse entendre, d’une part, que celui qui a commis le crime n’est pas vraiment responsable de ses actes. Il est un peu « fou ». Et, d’autre part, que son acte n’avait pas vraiment des motivations religieuses, puisqu’en général, on dit cela à propos d’un attentat islamiste. C’était juste « un coup de folie ».

C’est l’application de la culture de l’excuse au terrorisme islamiste.

Car tous les professionnels compétents le disent : « déséquilibré » ça ne veut rien dire. Ça n’est pas une catégorie psychiatrique.

Si quelqu’un est authentiquement fou, s’il a perdu la raison, les psychiatres disent de lui qu’il est un malade psychiatrique, pas un « déséquilibré ». Les malades commettent rarement des attentats, parce qu’ils sont en général très désorganisés. La vraie folie diminue sévèrement vos capacités d’action.

Nombre de terroristes islamistes qui ont frappé la France étaient des délinquants endurcis, et les délinquants endurcis présentent souvent ce que les psychiatres appellent des « troubles de la personnalité », c’est-à-dire qu’ils ont des traits de caractère différents du reste de la population. Ils acceptent moins la frustration, sont plus égoïstes, plus impulsifs, etc. C’est une des raisons pour lesquelles ils choisissent la voie de la délinquance.

Encore un exemple : « Un radicalisé ».

Le terme « radical » vise ici à éviter de prononcer le terme « islamisme ». C’est laisser dans l’ombre les motivations religieuses du terroriste.

Le criminologue Alain Bauer conseille d’ailleurs de dire « il s’est djihadisé » plutôt que de dire « il s’est radicalisé », parce c’est bien de cela qu’il s’agit.

« Il s’est radicalisé tout seul ».

Cette phrase signifie : nous n’avons pas affaire à une attaque organisée, nous ne sommes pas confrontés à tout un réseau terroriste, nous ne sommes pas en guerre.

Cela permet aussi de nier qu’il puisse exister au sein de la population musulmane des gens qui approuvent le terrorisme, qui le justifient ou qui l’excusent.

S’il s’est radicalisé tout seul, c’est que personne ne l’a encouragé dans son projet terroriste et qu’il n’a bénéficié d’aucune complicité. On a juste affaire à un bougre très en colère, pour des raisons obscures.

Mais tous les spécialistes le disent : la radicalisation passe toujours par des rencontres. Si quelqu’un se radicalise, c’est parce qu’il a fréquenté des gens qui l’ont encouragé à adopter des opinions religieuses extrémistes, soit qu’il les ait rencontrés directement soit qu’il ait rencontrés sur internet.

Personne ne se radicalise « tout seul ». Il s’agit toujours d’un phénomène collectif, même si seuls ceux qui passent à l’acte sont médiatisés et que ceux qui les ont aidé à se radicaliser restent dans l’ombre.

Et encore : « Il s’est radicalisé en prison ».

Cette phrase signifie à peu près : « il est devenu dangereux en prison ». Et la conséquence c’est, bien sûr, que nous ne devrions pas envoyer les gens en prison.

Mais, bien souvent, les gens qui sont envoyés assez longtemps en prison pour que d’autres détenus puissent les convaincre de commettre des attentats lorsqu’ils sortiront, sont déjà des gens dangereux. Dans l’état actuel de notre droit, ce sont en général des délinquants multirécidivistes ou ayant commis un crime grave, comme un homicide.

Et on ne devient pas terroriste islamiste comme on attrape la grippe. Il faut déjà de bonnes prédispositions à la violence et/ou à l’extrémisme religieux.

En fait, les individus « radicalisés en prison » sont des individus dont on a remarqué en prison qu’ils étaient extrémistes. Parce qu’en prison vous êtes constamment surveillés. S’ils n’étaient pas allés en prison, ne seraient-ils pas devenus extrémistes quand même ? En fréquentant d’autres lieux, d’autres gens, sur internet… Simplement on ne l’aurait pas su avant qu’ils passent à l’acte.

Voilà ce que je pouvais vous dire sur certaines expressions de la langue de bois médiatique qui sévit particulièrement ces jours-ci. Il y en a beaucoup d’autres !

Dans un prochain message, je vous parlerai de « l’honneur des démocraties à respecter l’état de droit », de « la dette que le délinquant doit payer à la société » et de « la prison, école du crime ».

Vaste programme !

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Le grand débat ou la grande débâcle ?

Chère Madame, cher Monsieur,

Les médias en parlent beaucoup ces derniers jours, le Grand débat national, voulu par Emmanuel macron va avoir lieu à partir du 15 janvier.

Et avec lui arrivent quelques polémiques qui n’ont pas fini de faire parler d’elles… le salaire de la Présidente de la Commission nationale du débat public, son retrait hier du débat, les conditions de la consultation des Français…

Car oui, les Français ont été consultés « entre Noël et le jour de l’an » ! Le site du Conseil économique, social et environnemental (CESE) a recueilli les propositions de milliers de Français anonymes ou d’associations qui ont pignon sur rue. Et ensuite les votes étaient ouverts à tous pour choisir les sujets prioritaires à traiter lors de ce Grand débat.

Et vous avez été très nombreux la semaine dernière à soutenir et voter pour les propositions de l’Institut pour la Justice.

Un immense merci !

Grâce à vous, une fois encore, nous montrons à nos dirigeants et aux médias qu’il existe une force vive derrière l’IPJ, que nos idées sont défendues par un très grand nombre de Français et que nous sommes très nombreux à vouloir les défendre publiquement.

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La page de vote du CESE est aux couleurs de l’IPJ ! Vous pouvez voir que les 8 propositions de l’IPJ arrivent dans les quinze premiers votes.
Le vote pour le droit d’appel des victimes en cas de relaxe ou d’acquittement arrive même en cinquième position.

Cette démonstration de force est très importante et c’est à vous que nous la devons.

Alors bien sûr, j’en entends déjà certains me dire et me répondre « Laurence, ce que vous êtes naïve, ce débat est une fumisterie », « Nous ne serons pas écoutés », « Certains thèmes ont été volontairement écartés pour ne pas être abordés »…

Vous savez, nous ne sommes pas dupes. Les médias ont même commencé à en parler, car la présence de l’IPJ dérange. On nous reprocherait presque de prendre part à ce débat pour défendre des idées justes !

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Même si nous aussi, nous sommes comme Saint Thomas et allons attendre de le voir pour le croire, il était indispensable pour l’IPJ de saisir cette occasion pour faire entendre notre voix, votre voix et défendre nos idées ensemble. On ne pourra pas nous dire que lorsqu’on nous donne la parole, nous ne la prenons pas…

Depuis des années maintenant, nous sommes un caillou dans la chaussure des dirigeants.Ils aimeraient que nous nous taisions, que nous arrêtions de rédiger des études, que nous cessions d’écrire à des centaines de milliers de Français, que nous finissions d’envoyer tous nos travaux à tous les élus… bref, que l’IPJ ne soit plus une force de représentation des Français excédés de voir notre système judiciaire s’effondrer.

Le projet de loi de programmation de la justice, débattu en ce moment à l’Assemblée nationale, en est un exemple typique. Les amendements que l’IPJ avaient pu ajouter, de haute lutte au Sénat, ont été balayés à l’Assemblée nationale… Voilà un texte qui ne résoudra aucun des problèmes que rencontre la justice,

Car finalement, que demandez-vous à la justice ? qu’elle soit efficace, équitable, ferme et qu’elle protège les plus faibles et en particulier les victimes ?

Vous voulez que nous en fassions plus ?

C’est exactement ce pourquoi nous nous battons. Mais le combat est loin d’être gagné et nous avons encore besoin de vous.

Car croyez-moi, nous aussi, nous voulons en faire plus. Les victimes que nous rencontrons, les messages que vous m’envoyez, les coups de téléphone chaque jour, nous mobilisent et nous motivent. Avec notre réseau d’experts compétents et indépendants, avec nos publications, nous avons l’apport intellectuel nécessaire pour intégrer nos idées dans le débat public.

Toutes les strates de la population doivent être touchées. C’est indispensable pour gagner la bataille de l’opinion publique.

Nous ne pouvons pas agir à la place du législateur.

En revanche, nous sommes là pour l’aiguiller et l’aiguillonner. Et nous ne pouvons pas le faire sans vous. Votre aide est fondamentale pour que notre action continue. Cliquez ici pour soutenir l’IPJ.

En nous faisant un don, même minime, vous nous donnez un poids supplémentaire pour peser. Cliquez ici.

Avec mes remerciements et tout mon dévouement,
Laurence Havel

Urgent, faites entendre votre voix avant demain soir !

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Je vous souhaite, ainsi qu’à tous vos proches et ceux qui vous sont chers, une très bonne année 2019.

2019 doit incarner l’espoir, après une fin d’année agitée qui a plongé beaucoup de Français dans l’incertitude et la peur.

Soyez certain qu’à l’IPJ nous continuerons jour après jour, cette année encore, à défendre nos idées, nos valeurs et réclamer par tous les moyens légaux une justice plus équitable et plus protectrice.

La tâche est grande ! Et nous reprenons sur les chapeaux de roues !

Complètement dépassé par l’ampleur de la mobilisation des gilets jaunes, Emmanuel Macron a lancé à la fin du mois de décembre une grande consultation pour offrir aux citoyens des moyens plus pacifiques (et moins risqués pour lui…) d’exprimer leurs idées.

Cette consultation est bien sûr passée inaperçue pour beaucoup d’entre nous car, comme par hasard, elle a été lancée en période de vacances et de fêtes.

Les mauvaises langues vous diront peut-être que cet effet était voulu…

Et certains me diront que ce grand débat annoncé par Emmanuel Macron ne va « servir à rien ».

Mais, même si nous aussi nous n’y croyons pas trop, il faut saisir toute occasion pour faire entendre notre voix, votre voix et défendre nos idées ensemble. On ne pourra pas nous dire que lorsqu’on nous donne la parole, nous ne la prenons pas…

Alors, nous avons préparé toute une série de propositions, qui sont celles que nous réclamons depuis déjà dix ans auprès des dirigeants qui se succèdent.
Auront-elles plus de chance d’être entendues et suivies cette fois-ci ?
Impossible de vous le dire à l’heure où je vous écris mais il faut le tenter.

Voici ce que nous proposons :

sur le droit des victimes : le droit d’appel, le droit d’information et celui de compter davantage lors de l’exécution des peines…
sur l’exécution des peines : suppression des crédits de réduction de peines automatiques, des réduction de peines supplémentaires pour les terroristes, recul de leur libération conditionnelle…
sur les erreurs judiciaires : la possibilité de réviser des décisions définitives ayant conduites, par erreur, à l’acquittement de criminels…

Mais afin que nous soyons entendus, nous avons absolument besoin de vous pour voter dès que possible pour ces propositions sur le site du Conseil Economique, Social et Environnemental.

L’urgence est grande car le délai est très court pour agir, les votes seront clôturés demain soir (vendredi 4 janvier).
Je compte sur vous.

Pour voter, c’est très simple vous devez cliquer sur les liens suivants :

https://participez.lecese.fr/projects/avec-ou-sans-gilet-jaune-citoyennes-et-citoyens-exprimez-vous/collect/depot/proposals/pour-que-la-victime-puisse-faire-appel-en-cas-de-relaxe-ou-dacquittement

https://participez.lecese.fr/projects/avec-ou-sans-gilet-jaune-citoyennes-et-citoyens-exprimez-vous/collect/depot/proposals/pour-que-la-victime-puisse-faire-appel-des-decisions-du-juge-dapplication-des-peines

https://participez.lecese.fr/projects/avec-ou-sans-gilet-jaune-citoyennes-et-citoyens-exprimez-vous/collect/depot/proposals/pour-que-la-victime-soit-davantage-informee-des-modalites-dexecution-de-la-peine-privative-de-liberte-de-son-agresseur

https://participez.lecese.fr/projects/avec-ou-sans-gilet-jaune-citoyennes-et-citoyens-exprimez-vous/collect/depot/proposals/pour-interdire-aux-detenus-terroristes-de-solliciter-une-liberation-conditionnelle-avant-au-moins-les-deux-tiers-de-leur-peine

https://participez.lecese.fr/projects/avec-ou-sans-gilet-jaune-citoyennes-et-citoyens-exprimez-vous/collect/depot/proposals/pour-une-meilleure-reconnaissance-de-letat-emotionnel-de-la-personne-agressee-invoquant-la-legitime-defense

https://participez.lecese.fr/projects/avec-ou-sans-gilet-jaune-citoyennes-et-citoyens-exprimez-vous/collect/depot/proposals/pour-la-suppression-des-reductions-de-peine-automatiques

https://participez.lecese.fr/projects/avec-ou-sans-gilet-jaune-citoyennes-et-citoyens-exprimez-vous/collect/depot/proposals/pour-la-suppression-des-reductions-de-peine-supplementaires-des-terroristes

https://participez.lecese.fr/projects/avec-ou-sans-gilet-jaune-citoyennes-et-citoyens-exprimez-vous/collect/depot/proposals/pour-louverture-en-droit-francais-dune-revision-in-defavorem-des-decisions-penales

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

ps : Je vous le redis, il faut saisir toute occasion pour faire entendre notre voix ensemble. Si nous ne le faisons pas, qui le fera ? 

Les dix stratégies de manipulation de masses

Le philosophe nord-américain Noam Chomsky, activiste et penseur politique, professeur de linguistique au Massachusetts Institute of Technology où il a enseigné toute sa carrière, a fondé la linguistique générative. Il s’est fait connaître du grand public, à la fois dans son pays et à l’étranger, par son parcours d’intellectuel engagé.

Il a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les médias.

Elle détaille l’éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu’à maintenir le public dans l’ignorance et la médiocrité.

 

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.

«Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux.»

Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles»

(Le foot, les jeux olympiques, Johnny, etc…)

[« Panem et circenses » « Donnez leur du pain et des jeux ! »].

 

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée «problème-réaction-solution». On crée d’abord un problème, une «situation» prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter.

Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. (Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics).

 

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en«dégradé», sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

(Baisse des retraites et allongement de la durée du travail).

 

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite.

Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que «tout ira mieux demain» et que le sacrifice demandé pourra être évité.

Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepteravec résignation lorsque le moment sera venu.

(L’augmentation importante de la pression fiscale ne s’est pas faite avant les élections de 2012).

 

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant.

Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ».

Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

(Les français sont trop gros, trop gros, trop gros. Les boissons sucrées sont surtaxées : nous les paierons plus cher).

 

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements

(La terre se réchauffe dangereusement du fait des seules activités humaines (sic), ce sera terrible pour nos enfants : les carburants sont encore plus taxés).

 

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. «La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles»

(80 % des élèves des universités ou des grandes écoles sont issus des classes moyenne ou supérieure).

 

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte

(Voir certaines émissions de TV particulièrement populaires).

 

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts.Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto dévalue et culpabilise, ce qui  engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !

(Vous êtes au chômage par manque de formation : suivez un stage et tout ira mieux).

 

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes.

Grâce à la biologie, la neurobiologie et la psychologie appliquée, le «système» est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement.

Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

(Pourquoi croyez-vous que les grands politiques utilisent et payent largement des instituts importants des sciences humaines ou des grandes sociétés de publicité ce qui revient au même).

Peu importe la couleur politique, voilà comment nos chers dirigeants nous manipulent.

 

Pacte de Marrakech et migrations

«Le Pacte de Marrakech participe à l’endoctrinement

idéologique sur l’immigration»

 

Par Paul Sugy 
Publié le 12/12/2018 à 18h57

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Pour Laurent Fidès, le Pacte sur les migrations signé par la France ce lundi, aux côtés de 147 autres pays de l’ONU, est davantage un texte idéologique que juridique.


Laurent Fidès est agrégé de philosophie, ancien élève de l’École normale supérieure. Il vient de publier Face au discours intimidant. Essai sur le formatage des esprits à l’ère du mondialisme (Éd. du Toucan, 2018).


FIGAROVOX.- La France a signé lundi 10 décembre le «Pacte de Marakech». Auriez-vous préféré qu’elle s’en abstienne?

Laurent FIDÈS.- Il y a dans ce pacte des formules auxquelles je pourrais a priori souscrire. J’approuve l’idée que l’on cherche collectivement «à améliorer la coopération en matière de migration internationale», parce que c’est un problème qui, par son amplitude, appelle techniquement des solutions concertées. Je suis également favorable à une coopération pour «créer des conditions qui permettent aux communautés et aux individus de vivre en sécurité et dans la dignité dans leur propre pays» et pour «lutter contre les facteurs négatifs et les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d’origine». Mais ces citations ne reflètent pas l’esprit de ce pacte qui vise au contraire à accompagner le processus migratoire en le facilitant et en l’organisant à grande échelle. La plupart des articles en effet reposent sur deux présupposés majeurs, à savoir, premièrement, que la migration est devenue un phénomène normal consécutif à la mondialisation, et, deuxièmement, que ce phénomène est une aubaine, notamment du point de vue économique.

Il s’agit d’un texte dont l’orientation est nettement idéologique.

Les migrations, qui «ont toujours fait partie de l’expérience humaine depuis les débuts de l’histoire», sont présentées comme des «facteurs de prospérité, d’innovation et de développement durable». Rien, ou presque, n’est dit de leur impact sur les populations d’accueil: le problème est tout simplement évacué au profit des conditions d’accueil, longuement détaillées à travers une myriade de préconisations. Contrairement à ce que l’on essaie de nous faire croire, il ne s’agit pas simplement d’un texte technique, visant à gérer au mieux un problème que nous devons affronter collectivement. Il s’agit d’un texte dont l’orientation est nettement idéologique. Il revendique d’ailleurs une «vision commune». Comme le suggèrent les quelques phrases que je viens de citer, tout ce discours s’adosse à une anthropologie implicite, fruste, indigente, qui gomme complètement les aspects culturels et civilisationnels du problème et ne dit pas un mot du consentement des peuples à leur propre transformation en sociétés pluriethniques. Dans ce texte explicitement «centré sur l’individu», c’est toute la dimension historique des peuples qui est niée et, avec elle, le droit des peuples à disposer de leur destin. En réalité ce pacte exprime l’idéologie de la classe dominante, financière et mondialiste, qui ne voit dans l’être humain qu’un être de besoin mû par l’intérêt économique et naturellement soumis à la grande loi du marché. C’est un échantillon de l’idéologie de l’homme déplaçable et remplaçable, dépossédé de toute histoire, de toute appartenance, de toute prétention à persévérer dans son être.

Pourtant, ce texte n’est pas contraignant du point de vue du droit…

La question de la contrainte juridique dans le domaine supranational est une vieille question qui embarrasse les politiques et les juristes depuis Kant et son projet de sociétés des nations. Techniquement, si l’on s’en tient à la lettre, les États restent souverains dans la gestion de leur politique migratoire. C’est encore une chance! Mais cela n’en fait pas pour autant, comme on voudrait nous le faire croire, un texte anodin. Rien de ce qui touche aux questions migratoires, démographiques, civilisationnelles, n’est anodin. Si ce texte n’est pas contraignant juridiquement pour les États, il incite en revanche les gouvernements à exercer une pression sur leur population pour faire accepter la migration comme l’avenir normal de l’humanité. Il s’agit de faire plier les nations d’accueil qui n’ont plus leur mot à dire mais doivent accepter les conditions du grand marché mondial en quête de «compétences disponibles». Vous remarquerez aussi une offensive à peine voilée contre les États qui protègent leurs frontières. «Il est crucial que nous ne nous laissions pas diviser». En termes clairs, il faut un front uni contre l’Italie, la Hongrie, l’Australie, et autres moutons noirs de la mondialisation heureuse. Tout signataire fait donc allégeance à une politique explicitement immigrationniste. Cette politique comprend un programme complet, avec des préconisations en matière d’éducation, de logement, de regroupement familial, de contrôle médiatique. S’il n’est pas juridiquement contraignant, il est du moins politiquement prescriptif.

Rien de ce qui touche aux questions migratoires, démographiques, civilisationnelles, n’est anodin.

Vous avez parlé d’un «discours intimidant» qui empêche tout débat sur certains sujets, y compris l’immigration. Ce texte vous semble-t-il renforcer un tel discours, en particulier concernant le traitement médiatique de l’immigration?

C’est le point 17: «Éliminer toutes les formes de discrimination et encourager un débat public fondé sur l’analyse des faits afin de faire évoluer la manière dont les migrations sont perçues». Cette référence au «débat public» est pittoresque quand on sait à quel point l’immigration est un sujet tabou qui, en France du moins, expose toute pensée non conforme à la diabolisation ou à l’exclusion. Un débat dont l’issue est définie par avance n’est qu’une opération de manipulation des esprits. Ce qui est plus inquiétant encore est la mise au pas des médias, annoncée à travers le contrôle de la «terminologie afférente», l’institution de «normes déontologiques» pour les journalistes et une pression financière sur les médias alternatifs qui propagent, cela va sans dire, l’intolérance, la xénophobie, le racisme. Il est bien évident que la déontologie journalistique existe déjà dans les États modernes et qu’en réalité aucun journaliste n’est enclin à justifier le racisme, mais ces termes sont des mots codés pour imposer des normes langagières et enfermer les possibilités d’expression dans ce que j’appelle la zone d’acceptabilité, cet espace discursif symbolisé par la fameuse «ligne rouge» à ne pas dépasser sous peine de «commettre un dérapage». On devine que des personnes comme Éric Zemmour et Alain Finkielkraut pourraient faire les frais de cette purge médiatique, pour ne rien dire de ceux qui sont déjà marginalisés, ou quasiment interdits d’antenne, comme Renaud Camus. Le pacte en question utilise plusieurs des ressorts du discours intimidant que j’analyse dans mon livre, notamment la culpabilisation et le chantage compassionnel. L’allusion aux enfants en danger, problème réel et réellement tragique, mais largement imputable aux parents qui prennent des risques inconsidérés, est ici utilisée pour mettre les États devant leurs responsabilités: en somme, les États qui ne souscriraient pas à ce pacte pourraient être considérés à l’avenir comme responsables de ces drames. En résumé: soit vous êtes avec nous, soit vous êtes des monstres. Voilà un bel exemple de «faux dilemme», piège classique connu depuis longtemps des rhétoriciens, mais qui fonctionne assez bien.

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Ce n’est pas la première fois que la France signe un texte de cette nature…

Ce texte a effectivement de nombreux antécédents émanant de diverses commissions, nationales, européennes ou mondiales, qui toutes préconisent une transformation à marche forcée des sociétés occidentales, appelées à intégrer toujours plus de migrants dans un but essentiellement économique. Ces documents ne sont pas toujours médiatisés et l’on comprend pourquoi: l’opinion publique les rejetterait immédiatement. Il faudrait ainsi relire, par exemple, le texte du Conseil de l’Europe de 1991 sur «les relations intercommunautaires et interethniques en Europe», qui indique la voie à suivre pour organiser une société dite «pluriculturelle». À propos des médias on y lit ceci: «Les médias ont eux aussi un rôle important à jouer à cet égard. Chaque fois qu’ils rendent compte d’un acte criminel impliquant un immigré, ils doivent se demander si, pour le public, il est important de connaître l’origine ethnique de l’auteur pour comprendre les faits. Une attitude de retenue des médias sur ces sujets devrait faire partie d’un code de bonne conduite qu’ils s’imposeraient volontairement». Vous voyez le lien avec le point 17 du pacte de Marrakech.

Ce pacte n’est qu’une étape au sein d’un processus d’endoctrinement de masse.

Cette attitude de retenue est une forme d’autocensure déjà couramment intériorisée, qui se traduit par le pas-d’amalgamisme et par cette absurde croyance en l’existence d’un «djihadisme français» qui pourrait faire rire si le sujet n’était aussi tragique. Le même document demandait (en 1991!) que les membres de la police «fassent un effort particulier pour s’adapter aux réalités d’une société pluriethnique». Parmi les directives qu’il faudrait citer, il y a ensuite toutes celles qui ont conduit à l’abaissement du niveau de l’enseignement, condition supposée de l’égalité des chances et d’une meilleure intégration, et au matraquage idéologique imposé à nos écoliers. Je rappelle qu’on a osé présenter comme texte français du baccalauréat la chanson «Lily» de Pierre Perret, chanson dont il était indiqué qu’elle avait valu à son auteur le prix de la Licra. Les candidats devaient produire un texte d’invention dénonçant le racisme subi par la Somalienne à son arrivée en France. Certains intellectuels s’insurgèrent contre cette instrumentalisation idéologique, mais je n’ai pas entendu ces intellectuels protester contre l’enseignement dit «moral et civique» qui véhicule les mêmes préjugés sur le prétendu racisme des Français tout au long de la scolarité.

Dans le contexte des migrations imposées, c’est tout le système culturel français qui sera «impacté», à commencer bien sûr par l’éducation, propice à un endoctrinement de masse. Le pacte en question n’est qu’une étape dans ce processus. Il ne faut pas en surestimer la portée, ce serait ridicule, mais il ne faut pas non plus sous-estimer ce qu’il représente quand on le met en perspective.