Faux certificats médicaux à des sans-papiers

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Affaire Benalla, comme Saint Thomas je ne crois que ce que je vois …

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Chère Madame, cher Monsieur,

Tout ceci est consternant.

Cette affaire Benalla est tout simplement consternante. Les informations qui s’amoncellent sont chaque jour plus accablantes pour le pouvoir exécutif, qui va devoir s’expliquer.

La vie politique française se passerait de ce genre d’affaires, mais que voulez-vous le changement de méthodes et la République exemplaire qui nous avaient été promis ne semblent pas tout à fait au rendez-vous …

Il ne reste qu’à espérer que la Commission d’enquête réussisse à faire toute la lumière sur cette affaire et que les responsables seront sanctionnés, mais, tel Saint Thomas, je ne croirai que ce que je verrai …

Une chose est sûre : le fait d’un homme, protégé ou non, n’entachera pas l’estime que nous avons à l’IPJ, pour les forces de l’ordre, policiers ou gendarmes, qui veillent chaque jour à nous protéger dans le respect des lois et souvent avec “les moyens du bord”.

Dans les gendarmeries et les commissariats, on a plus souvent des véhicules hors d’âge que des voitures flambant neuves et équipées dernier cri… Et lorsque par hasard un policier ou un gendarme est soupçonné d’avoir abusé de ses prérogatives, la sanction est immédiate.

On aimerait que tout le monde soit logé à la même enseigne et tous les manquements soient traités avec la même sévérité…

Vous avez été très nombreux à réagir à mon dernier message sur les agressions et l’insécurité à la plage ou dans les piscines publiques. J’ai même reçu des témoignages qui n’ont probablement jamais dû paraître dans la presse.

Et avant de vous quitter pour trois semaines, je tiens à vous remercier pour votre fidélité, pour vos réponses et pour l’intérêt que vous portez à notre travail.

Il n’y a aucune fatalité, notre sécurité dépend de la volonté et du courage de nos dirigeants. Actuellement, je doute que ce soit leur priorité, mais comptez sur moi, et sur toute mon équipe, pour le leur rappeler dès la rentrée. Soyez-sûrs que nous serons au rendez-vous et plus motivés que jamais pour défendre vos droits. Notre droit à vivre en paix et en sécurité.

Les magouilles, les scandales, les filouteries, les passes-droits, sont des affronts pour les Français honnêtes qui paient leurs impôts, qui paient leurs contraventions et qui exigent de leurs dirigeants qu’ils soient exemplaires et à l’écoute de leurs attentes.

Il y a encore du chemin à parcourir pour leur faire entendre raison…

Je vous retrouve très bientôt et vous souhaite de passer un très bel été.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Cela avait pourtant si bien commencé…

Chère Madame, cher Monsieur,

Souvenez-vous où vous étiez le 12 juillet 1998…

Vous étiez chez vous ? Chez des amis ? Dans un café ? En France ou à l’étranger ?

Ce soir où l’équipe de France, portée par Didier Deschamps, Zinedine Zidane et Emmanuel Petit, a remporté pour la première fois la Coupe du Monde.

J’étais chez mes parents en Lorraine, où ils avaient invité quelques amis à regarder le match avec nous. Cela me fait sourire, car en temps normal, je ne m’intéresse pas au foot mais ce soir de 1998, j’étais très concernée. Vous aussi, j’imagine.

Coup de sifflet, fin du match, les Bleus sont champions du monde.
Nous nous tombons dans les bras.

Des scènes de liesse dans le quartier. La bière coule à flots et tout le monde s’étreint sur les trottoirs. La fête a duré jusqu’à tard cette nuit du 12 juillet 1998.

Il me semble que nous n’avons pas la même insouciance pour fêter cette deuxième victoire en Coupe du Monde.

Pourtant, tous les éléments sont réunis pour se réjouir de la même manière. Didier Deschamps a fait un travail remarquable presque paternel. Il a insufflé un esprit d’équipe à ces jeunes joueurs qui se sont comportés de façon exemplaire. Ils ont été exemplaires et patriotes !

« Il faut être fier d’être Français » a dit Antoine Griezmann.

« Je suis heureux d’avoir grandi en France et d’avoir la culture française » a dit Paul Pogba.

Voilà ce qu’Olivier Giroud a déclaré sur la Légion d’honneur : « Je pense surtout aux combattants de la guerre qui la méritent bien plus que nous. Je la prendrai avec plaisir et je vais la bichonner ».

Kylian Mbappé s’est engagé à faire don de la totalité de sa « prime de Coupe du Monde » à l’association Premiers de cordée, qui organise des initiations sportives pour les enfants hospitalisés. Il s’agit d’une prime touchée par tous les joueurs à chaque match gagné.

Voici une mentalité qui nous plaît et de laquelle toute la France pouvait être fière dimanche soir.

Toute la France ? Vraiment ?

Les informations sont arrivées petit à petit…

On a d’abord commencé à recevoir les photos des drapeaux piétinés sur les Champs Elysées dimanche soir.

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Puis, des images de voitures brûlées, de déchets partout, de vitrines brisées…

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Puis, il y a des vidéos qui ont commencé à circuler sur internet. Vous savez ces vidéos que l’on peut prendre avec son téléphone. Elles ont été prises à la sauvette mais le résultat est accablant: des scènes de violences, de pillages, de bagarres, de lynchages…

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Comme cela commençait à vraiment se voir, les médias ont bien dû en parler.

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Et enfin, des révélations sur des agressions sexuelles, en pleine foule, en pleine rue …Dans le magazine en ligne Le Point, j’ai lu le témoignage d’une jeune fille choquée :

« Hier, juste après la victoire de la France, je me suis fait agresser par un supporteur dans la rue. Il m’a embrassée de force mettant sa langue dans ma bouche alors que je le repoussais violemment, me touchait les seins et a touché mon entrejambe pendant que je me débattais en pleurant »

Et toutes ces scènes de violence n’ont pas eu lieu qu’à Paris. A Marseille et à Lyon aussi la nuit a dégénéré…

A ce sujet, un article du journal 20 minutes me laisse sans voix :

« Lundi vers 2h, un Lyonnais de 26 ans a été cueilli par les forces de l’ordre alors qu’il venait de piller un magasin de vélo situé avenue Jean Jaurès. Pris avec flagrant délit au guidon d’une bicyclette électrique qu’il tentait de sortir de la boutique. Timothée fait partie des 24 personnes jugées ce mardi en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Lyon. »
« Mohammed, père de famille de quatre enfants, a lui été surpris dans les rayons du Printemps, une dizaine de colliers dans la main. Des bijoux qu’il n’a fait que “ramasser au sol”, assure-t-il. Mais au lieu de se rendre, il a préféré “charger” les forces de l’ordre pour s’échapper. Une attitude pour laquelle le parquet a requis un an de prison ferme. L’homme semble assommé. Lui qui était venu spécialement de Valence pour voir le match dimanche soir, se lamente-t-il. “Je suis rentré dans le magasin, je n’ai rien volé”, tente de glisser le charpentier avant de se faire sèchement rabrouer. »
« Même ligne de défense adoptée d’entrée par son voisin, Kamel, 18 ans depuis le 3 juillet. “Ah, vous avez vu de la lumière et vous êtes entré ?”, ironise la présidente du tribunal. Le garçon baisse la tête et admet rapidement qu’il a bien volé deux sacs, d’une valeur de 60 et 65 euros. “Je n’ai pas montré le bon exemple”, ajoute celui qui est employé comme animateur dans un centre de vacances. Six mois ferme réclamés. »

Réaction de la procureur : « Ils ont transformé cette ville en zone de guerre. Chacun y a participé. Les passants étaient ahuris et apeurés. La police a dû être de partout pour faire face aux vagues de pillage. Eux ont pensé, que légitimement comme c’était la fête, chacun pouvait aller se servir, qu’ils étaient autorisés à pénétrer dans les magasins pour repartir avec leur butin ».

Et voilà comment au lendemain de ce qui aurait dû être une belle fête populaire, nous nous sommes tous réveillés choqués, abasourdis. Lundi matin, quand je suis partie travailler, je me suis aperçue que toutes les poubelles de mon quartier avaient été brûlées.

Une fois encore, une partie infime de la population, de la racaille à l’état pur, est venue gâcher la fête, saccager des lieux publics et privés, crier son manque de respect pour notre pays.

C’est inadmissible.

D’autant plus inadmissible qu’en cinq semaines en Russie, aucun événement de cet ordre n’est parvenu à nos oreilles. Aucun problème avec des supporters, qui ont parfois des pulsions hooliganes, aucun problème avec la population… une seule chose me vient à l’esprit, et c’est une broutille : l’invasion du terrain lors de la finale par 5 personnes qui ont été expulsées aussi vite qu’elles étaient venues…

Et croyez-vous que les Croates aient fêté leur belle deuxième place en saccagant les rues de Zagreb ou de Dubrovnik ?

Cette nuit du 16 juillet en France a été diffusée dans tous les journaux télévisés du monde.Notre pays se rend tristement célèbre par ce genre de scènes d’émeutes et de pillage. Cela concerne une poignée d’individus, qui font systématiquement parler d’eux.

Savez-vous que la plupart des crimes et des délits sont commis par un petit nombre de délinquants multirécidivistes et violents ?

Environ la moitié des crimes et des délits commis en France sont attribuables à seulement 5% des délinquants. Cette poignée d’individus dont je vous parle se fiche des conséquences de ses actes puisque bien souvent les sanctions sont symboliques …

Quand on voit le travail remarquable de Didier Deschamps pour faire de l’équipe de France un exemple. Quand on sait à quel point il a été critiqué par des commentateurs pour ses choix courageux, on aimerait que son travail et son autorité tranquille deviennent une source d’inspiration pour nos dirigeants…

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Baignade interdite ?

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Chers amis,

La France a gagné la coupe du Monde, il fait beau et chaud presque partout, l’été est enfin là et pour certains d’entre nous les vacances approchent ou même sont déjà arrivées.

En cette saison, le bord de mer, les lacs ou les piscines sont très prisés. Après tout, quoi de plus naturel que d’avoir envie de se baigner ?

Personnellement, j’adore la piscine, et j’y vais aussi souvent que possible.

Mais, je dois vous avouer que, depuis quelques années, lorsque nous allons à la piscine ou à la plage en famille , je ne suis plus aussi tranquille…

Avant, nous prenions nos serviettes et nos maillots et nous allions n’importe où sans nous poser de question, au gré de l’inspiration ou de l’envie.

Plus maintenant.

Je fais plus attention aujourd’hui. Je me renseigne avant d’aller dans une piscine que je ne connais pas. Sur la plage, je me surprends même à regarder régulièrement autour de moi pour voir qui s’y trouve.

Je vous entends déjà me dire : « chère Laurence, vous devenez paranoïaque ! »

Pourtant non je vous l’assure, mais comme tout le monde, je lis les nouvelles, je suis l’actualité, et je suis bien obligée de constater que les piscines et les plages, deviennent des endroits de plus en plus dangereux.

Mais oui, dangereux, je n’exagère pas.

Les piscines et les plages n’attirent pas seulement les familles avec enfants, les grands parents qui font des mots croisés sur leurs « transat » et les couples qui recherchent un peu de tranquillité et de soleil… On y voit de plus en plus des « jeunes »… vous savez, ces fameux « jeunes » qui pourrissent la vie des habitants des quartiers dits sensibles…

Ces « jeunes » envahissent les points d’eau à proximité de là où ils se trouvent et alors … mieux vaut ne pas se trouver là au même moment…

L’été commence à peine, mais partout en France les rubriques de faits divers sont déjà bien remplies :

Le 21 mai, Théo, un étudiant de vingt ans s’est fait rouer de coups par quatre mineurs sur la plage de la Grande-Motte.

Le motif ? Les quatre « jeunes » se sont mis à draguer très lourdement la petite amie de Théo. Celui-ci est bien sûr intervenu, et il s’est fait tabasser. Comme il le raconte au journal Midi-Libre : « ”Je suis tombé, ils m’ont roué de coups au sol, ils m’ont surtout frappé au visage”, poursuit Théo. Qui ne doit son salut qu’à des badauds courageux. Mais les quatre jeunes étaient déjà partis se baigner comme si de rien n’était, selon le jeune homme. »

Et vous savez la meilleure ? Ces mineurs venaient d’un Centre Educatif Fermé et ils participaient à une sortie exceptionnelle censée être surveillée par des éducateurs spécialisés !

Les forces de l’ordre non plus ne sont pas à l’abri de ce genre de violences gratuites :

Le 10 juillet, sur la plage de Lacanau, un CRS sauveteur a été agressé par plusieurs individus alors qu’il venait en aide à une mère de famille et son enfant, eux-mêmes importunés. Il a été frappé au visage, puis roué de coups au sol avant que ses collègues ne puissent intervenir.
A Petit-Couronne, dans l’agglomération de Rouen, le 23 avril, les maîtres-nageurs de la piscine municipale ont exercé leur droit de retrait et la piscine est restée fermée.

Pour quelle raison ? Deux jours plus tôt, une cinquantaine d’adolescents âgés entre 13 et 18 ans s’étaient introduits dans la piscine pour y semer la panique.Ceux qui avaient payé leur entrée ont ouvert une porte de secours de l’intérieur pour faire entrer tous les autres. Les bassins étaient noirs de monde, avec beaucoup de très jeunes enfants, au milieu desquels les « jeunes » plongeaient sans aucun souci pour la sécurité des autres.

Résultat des courses : « Un membre du personnel a été bousculé en voulant empêcher cette intrusion et une maître-nageuse a été blessée à la lèvre, à cause d’un coup de coude. Des clients se sont plaints d’avoir été bousculés et insultés. Des vols de porte-monnaie et de téléphones portables ont été constatés. ”C’est parti en vrille”, confie un témoin de la scène. » (Actu.fr)

A Poissy, dimanche 8 juillet, la piscine a été fermée à cause des graves incidents survenus la veille. Encore une fois, une vingtaine de « jeunes » sont rentrés en force en agressant le personnel. Certains avaient manifestement fumé du cannabis et consommé de l’alcool. Le journal Le Parisien rapporte : « Le ton monte. Les maîtres-nageurs s’en mêlent et tentent de leur interdire de monter sur les plongeoirs mais le cordon ne résiste pas. Juchés sur les planches, ils sautent, manquant même de se percuter entre eux. Puis ils balancent dans le bassin des perches, transats et autres morceaux de bois trouvés sur place. »

Ils finissent par quitter la piscine, au moment de la fermeture des bassins. Sans oublier de caillasser les voitures du personnel en partant…

Vous vous en doutez, je suis particulièrement révoltée lorsque j’apprends ce genre de choses. Vous imaginez ? Vous êtes paisiblement allongé sur votre serviette et tout à coup une bande de « sauvageons » débarquent et vous insultent, vous bousculent, vous agressent ? Devant vos enfants ?

Vous savez quoi ? On nous rabâche que l’insécurité n’est qu’un sentiment que, non, ce n’était pas mieux avant. Mais moi, je me souviens très bien que, lorsque j’étais plus jeune, ce genre de choses n’arrivaient pas. Jamais, au grand jamais, mes parents n’auraient eu peur de se faire agresser en allant à la piscine ou à la plage avec moi. Ca ne leur serait même pas venu à l’esprit.

Alors oui, je suis désolée, mais de ce point de vue-là, c’était beaucoup mieux avant !

Heureusement, il n’y a pas de fatalité et l’insécurité peut être vaincue.

Finalement, le seul avantage de ce genre de faits-divers, c’est que, même lorsque je suis en vacances, ils me rappellent pourquoi nous nous battons à l’IPJ, jour après jour.

Bien sûr, je ne voulais pas vous effrayer avec ce message, mais vous rappeler d’être prudent.

Avec tous mes remerciements,

Laurence Havel

ps : La France a gagné et nous nous réjouissons ! Mais au lendemain de la victoire, les honnêtes gens réparent leurs vitrines brisées, apportent leur voiture carbonisée à la casse et nettoient ce qui a été vandalisé … Qu’il est dommage de voir un moment de fête se terminer aussi tristement. Mais comme l’insécurité et les casseurs n’existent pas, comment nos dirigeants peuvent-ils l’expliquer ?

Quand la justice crée l’insécurité

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Chère Madame, cher Monsieur,

C’est un crime particulièrement horrible et abject que rapporte le journal La Provence.

Cela s’est passé mardi dernier.

Cathy, une jeune femme de 37 ans allait chercher son enfant à l’école.

Cathy n’était pas tranquille. Karim, son ancien compagnon et le père de ses deux enfants, avait depuis des mois annoncé son intention de lui faire payer leur séparation.

« J’en ai rien à foutre, même si je prends 15 ou 20 ans de taule, je veux que tu ne ressembles plus à rien… »

Il lui avait fait cette menace en lui montrant des photographies trouvées sur internet de femmes défigurées à l’acide.

Cathy savait que ce n’était pas des menaces à prendre à la légère.

C’est parce qu’il était violent avec elle qu’elle s’était séparée de lui ; il avait même été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis.

Alors mardi dernier, quand elle sent une présence bizarre dans son dos, Cathy comprend immédiatement. C’est lui, qui vient mettre ses menaces à exécution.

Cathy se met à courir. Mais Karim la rattrape.

« Je suis tombée, j’ai protégé mon visage et il m’enlevait les mains pour m’atteindre avec ce liquide qu’il transportait dans un bidon », raconte-t-elle depuis son lit d’hôpital. Cathy est grièvement brûlée au visage, aux yeux, aux mains, aux bras…

Cette histoire vous révolte ? Attendez, le pire est à venir.

Le pire, c’est que depuis des mois Karim harcelait Cathy sans que la justice ne fasse rien pour la protéger réellement !

Bien sûr, Karim avait l’interdiction de se rendre à Marseille et de rentrer en contact avec son ancienne compagne. Mais il ne respectait absolument pas cette interdiction. Il venait sans cesse au pied de l’immeuble de Cathy pour la menacer. Elle raconte : « Une fois, il a même grimpé les cinq étages par les balcons, comme a fait récemment le héros Mamoudou Gassama. Une autre fois, en tambourinant à ma porte, il a menacé de jeter notre petit dernier par le balcon… »

Bien sûr Cathy avait prévenu la police. Et la police avait arrêté Karim. Mais à chaque fois celui-ci avait été relâché par la justice. « Il était tout fier, parce qu’avec son bagout, il arrivait à embrouiller tout le monde », se désole Cathy.

Selon le journal La Provence, encore trois jours avant de défigurer Cathy, Karim avait été arrêté pour avoir violé son interdiction de territoire. Mais laissé libre avec une simple convocation pour septembre…

« Un mandat d’arrêt a été décerné à son encontre la veille de l’attaque à l’acide », a précisé le procureur de la République de Marseille.

Peut-être la justice estimait-elle avoir fait assez pour protéger Cathy en lui confiant un téléphone portable « grand danger », attribuée aux femmes menacées de viol ou de violence conjugale.

Ce téléphone portable permet de joindre une plate-forme téléphonique qui reçoit les appels et évalue la situation. Après analyse de la situation, le téléassisteur peut demander l’intervention des forces de l’ordre.

Autant dire que, avant que les policiers soient sur place, vous avez le temps de vous faire tuer, violer ou défigurer dix fois !

Ce serait presque drôle, si ce n’était pas si révoltant.

Voilà comment, aujourd’hui, la justice française protège les victimes.

Souvenez-vous il y a quelques mois, je vous avais parlé du système de protection VINE qui existe aux Etats-Unis.

VINE (qui signifie Victim Information Notification Everyday) est un système d’information qui permet à une victime de crime de connaître le statut carcéral de son agresseur pratiquement en temps réel : s’il est incarcéré, s’il est transféré dans une autre prison, s’il s’est évadé, s’il doit être libéré, s’il est décédé, etc.

Surtout, lorsque l’agresseur porte un bracelet électronique GPS, VINE permet d’informer la victime si l’agresseur ne respecte pas les conditions de son placement sous surveillance à distance : s’il n’est pas présent chez lui alors qu’il devrait y être, s’il rentre dans une zone où il n’est pas censé se rendre, s’il a échappé à la surveillance électronique, etc.

Vous imaginez, si un tel système existait en France ?

Karim, même s’il avait été laissé libre, aurait été équipé d’un bracelet GPS, et Cathy aurait été informée en temps réel de la menace qu’il pouvait représenter pour elle.

Ce jour où il l’a défiguré, probablement pour le restant de ses jours, elle aurait été avertie à l’avance qu’il se rapprochait d’elle, elle aurait pu fuir, l’éviter, la police aurait été prévenue en temps réel que Karim avait une nouvelle fois violé son interdiction de territoire et qu’il se rapprochait de l’école de ses enfants.

Et Cathy ne serait pas aujourd’hui à l’hôpital à souffrir le martyr.

Seulement voilà, en France le bracelet électronique GPS est pratiquement inconnu. La justice française en est restée au bracelet radio, qui oblige son porteur à rester à proximité d’une borne placée chez lui pour être localisé. Et comme les gens ne peuvent pas rester tout le temps chez eux, ils n’ont l’obligation de rester à proximité de la borne qu’à certaines heures de la journée.

C’est pendant l’une de ces « permissions de sortie » qu’Adel Kermiche avait égorgé le père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray. Adel Kermiche était équipé d’un bracelet électronique « à la française »…

Ce retard de la justice française est absolument sidérant.

Pourtant ces bracelets GPS existent. Il y a des sociétés qui proposent ces produits innovants et qui pourraient très facilement fournir tout le matériel nécessaire si les pouvoirs publics daignaient faire appel à elles.

A l’IPJ par exemple nous avons rencontré récemment le directeur du développement de l’une d’entre elles, la société Géosatis.

Nous avons tourné une vidéo avec lui, publié un entretien, diffusé l’information tout autour de nous et notamment aux élus, qui votent les lois faites pour nous protéger.

Les solutions existent ! Elles sont disponibles immédiatement. Leur efficacité est prouvée.

Et au lieu de cela, notre justice laisse libre des individus à la dangerosité avérée et fournit à leur victime des téléphones portables…

Ce retard, cette inaction de la justice française est plus que choquant, il est presque criminel.

Combien de victimes comme Cathy avant que les pouvoirs publics se décident enfin à faire le nécessaire ?

A l’IPJ des affaires comme celle-ci nous motivent encore plus. Elles nous prouvent que nous avons raison. Que nous avons les bonnes solutions. Et que nous sommes les seuls à les proposer.

C’est pourquoi je vous demande de bien vouloir m’aider à continuer notre action. J’ai besoin de vous pour continuer à rendre public notre travail. C’est en continuant, sans se lasser, de marteler notre combat qu’il finira par être incontournable aux pouvoirs publics. Mais pour cela, j’ai besoin de vous.

Faites un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel