Mais pourquoi les policiers sont-ils en colère ?

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Vous l’avez probablement vu à la télévision en 2016 car il a répondu à plusieurs interviews sans masquer son identité. Cela lui a d’ailleurs valu d’être convoqué chez les « bœufs-carottes », la police des polices.

Il s’appelle Guillaume Lebeau. Il a 32 ans.

Il est policier à la BAC, c’est-à-dire à la brigade anti-criminalité et a été l’un des policiers à l’origine de la mobilisation des policiers en colère. En 2016, des centaines de policiers avaient manifesté 4 mois durant.

Leur point de départ ? Le 8 octobre 2016, les voitures des policiers, stationnées à un carrefour dans une “cité sensible”, avaient été incendiées au moyen de cocktails Molotov, alors que quatre fonctionnaires se trouvaient à l’intérieur.

Un des policiers, âgé de 28 ans, a subi plusieurs greffes de la peau après avoir passé une dizaine de jours sous coma artificiel. Il est toujours en centre de rééducation. L’autre agent, une femme de 39 ans a elle aussi été gravement brûlée. L’engin explosif aurait été envoyé par des «jeunes» du quartier. L’enquête est toujours en cours. Au printemps dernier 17 personnes ont été mises en examen.

Cette attaque a ému et mis en colère de très nombreux policiers partout en France. Les langues se sont déliées et nombreux sont ceux que l’on a entendu à la radio, sous couvert d’anonymat, parler de leurs conditions de travail et de sécurité … matériel délabré, manque de formation, impunité des délinquants… Tout y passait.

Et la grogne montant dans leur rang, des vagues de manifestations s’organisèrent, sur les Champs Elysées notamment, malgré les menaces de leur hiérarchie et les pressions du pouvoir politique.

C’était l’année dernière.

De cette grande initiative, que reste-t-il ?

Difficile de le dire. Mais Guillaume Lebeau vient de publier un livre pour présenter la réalité de sa vie de gardien de la paix : « Colère de flic ».

J’ai lu son livre la semaine dernière. On y apprend beaucoup de choses et, plusieurs fois, j’ai grincé des dents en imaginant tous les outrages et les provocations qu’ils subissent et leur sang-froid pour y répondre.

La « haine du flic » dans certains quartiers existe bel et bien. Ils craignent pour leur vie, pour celle de leur famille et vivent avec le souvenir du couple de gardien de la paix sauvagement assassinés chez eux à Magnanville.

Il faut imaginer l’étonnement et la déception de jeunes, entrés dans la police par vocation, quand ils reçoivent de leur hiérarchie des consignes de quotas pour distribuer des contraventions : « Nous sommes deux, ça fait dix chacun ! » Et le chef de sermonner ses troupes : C’est pas si difficile de mettre des contraventions » Si ce quota non écrit n’est pas respecté, le chef se fait réprimander et fait bien entendu redescendre l’engueulade. Il arrive même que différentes brigades soient mises en concurrence. Ce n’est pas une légende ! Parfois, la situation confine à l’absurde ».

Ce n’est pourtant pas comme s’ils manquaient de travail …

Les policiers sont des observateurs, ils voient ce qui se passe partout et connaissent la réalité des endroits où ils sont affectés. Dans certains territoires, le constat semble sans appel : des cités entières appartiennent à des caïds, qui font régner leur loi, et dans lesquelles la police est priée de se faire discrète, pour ne pas “provoquer”. Parfois des solutions de fortune, probablement clientélistes, sont mises en place par les mairies …

« Dans les cités les jeunes ne respectent pas grand monde. Ils n’écoutent pas leurs parents, ne vont plus en cours, ne travaillent pas. Pour avoir de l’autorité sur ces jeunes désocialisés, les mairies estiment donc nécessaire la présence de « grands frères » qui sont passés par le même chemin chaotique, capables au besoin d’avoir recours à la violence pour se faire entendre. Depuis quelques années ils sont apparus et se sont multipliés dans les cités, payés par les municipalités pour recréer du lien social.

Dans les faits ce sont bien souvent d’anciens délinquants que nous avons interpellés dans le passé à de multiples reprises. A Gennevilliers, je connais un médiateur que j’ai déjà appréhendé plus d’une dizaine de fois, notamment pour trafic de stupéfiants. Parfois, en patrouille, nous remarquons la présence d’un nouveau médiateur, reconnaissable à son tee-shirt sur lequel le terme « Médiation » est inscrit. En s’approchant, on s’aperçoit que nous le connaissons bien, son casier judiciaire également, long comme un jour sans fin. Entre collègues, on rit jaune : « Tiens, on aura vraiment tout vu ! C’est la blague du jour. »

La présence de ces médiateurs est à double tranchant. Ils ne sont souvent pas, ou peu formés. Même s’il souhaite accomplir loyalement sa mission, le médiateur – étant de la cité – ne prendra jamais parti pour la police. Il le voudrait qu’il ne le pourrait pas… Il peut aussi arriver qu’il monte les jeunes contre nous. Nous sommes alors aux antipodes de la médiation. J’ai vécu ce genre de situation à plusieurs reprises. J’ai vu plus d’une fois un médiateur arriver sur une interpellation se déroulant dans une atmosphère tendue tenter d’aider le jeune à se soustraire à l’interpellation et à prendre la fuite. Pénalement c’est une obstruction à une interpellation. Nous évitons généralement de placer le médiateur en garde à vue, mais cela ne nous facilite pas la tâche.

Objectivement, j’ai du mal à trouver dans les cités de Gennevilliers des retombées positives à la présence des médiateurs. En revanche, autour des écoles, ils font de la prévention pour éviter les bagarres entre bandes. Dans ce domaine leur action est efficace.

Ces médiateurs sont aussi un moyen pour les mairies de réduire le chômage avec des emplois aidés, d’acheter la paix sociale. Mais payer un jeune pour qu’il reste en bas de son immeuble, est-ce vraiment la solution ? » »

Poser la question, n’est-ce pas y répondre?

Lisez ce livre, vous ne le regretterez pas.

Et je vous demande de me dire ce que vous en aurez pensé.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

PS : La référence : Colère de flic – Guillaume Lebeau aux éditions Flammarion.

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En prison on vous récompense quand vous avez une arme

institutjustice

Chers amis,

Je vais probablement vous faire tomber de votre chaise.

Quand vous lirez ce que j’ai découvert, vous n’en reviendrez pas.

Depuis le temps, je pensais avoir tout vu, être blasée. Mais non, il est manifestement possible de descendre toujours plus bas…

De quoi s’agit-il ?

« Cette semaine les détenus du centre pénitentiaire de Baie-Mahault, en Guadeloupe, ont été invités à remettre les armes qu’ils possédaient illégalement. Moyennant quoi, « sous certaines conditions », ils pouvaient se voir attribuer « trente jours supplémentaires de réduction de peine ».

C’était hier dans le journal le Parisien.

L’initiative a déjà permis à 62 détenus de bénéficier de réduction de peine, c’est du jamais-vu !

Donc, pour remercier les détenus d’avoir violé les règles de la prison en se fabriquant des armes, l’administration leur offre l’opportunité de passer moins de temps derrière les barreaux !

En somme, plus vous violez les règlements et moins vous passerez de temps en prison…

Après les remises de peine pour bonne conduite, l’administration pénitentiaire invente les remises de peine pour mauvaise conduite !

Car en effet, dans cette prison, comme dans tant d’autres, il est très facile de façonner des objets dangereux et de les dissimuler. C’est d’ailleurs cette prolifération incontrôlée qui a conduit le Procureur a lancer une telle action.

Il y voit de la “prévention”.

Les syndicats pénitentiaires, eux, voient la chose un peu différemment. Le secrétaire national de l’Ufap-Unsa le dit très bien : « à la rigueur, j’aurais pu comprendre qu’en échange de ces armes, il y ait une forme d’immunité et d’absence de poursuites disciplinaires, mais offrir des remises de peine, c’est un constat que l‘administration a baissé les bras… »

Le message est en effet on ne peut plus clair. L’administration dit aux détenus : “nous avons définitivement renoncé à faire respecter les règlements et la discipline carcérale. Faites comme chez vous.”

Et c’est même encore bien pire que cela.

Dans les années 1950, le gouvernement communiste de la Chine décida de se lancer dans une grande campagne d’éradication des rats, en offrant de l’argent à tous ceux qui lui en apporteraient. Que croyez-vous qu’il arrivât ? Les Chinois se mirent à élever des rats dans le fond de leur jardin ou dans leur appartement afin de toucher les primes.

En France, en 2017, l’administration pénitentiaire offre des réductions de peine aux détenus qui lui apportent des armes. Que croyez-vous qu’il arrivera ?

Dans cette prison de 700 détenus pour 450 places, où les gardiens sont débordés, cette initiative va encourager les détenus à fabriquer des armes en tous genres. Elles deviendront alors une monnaie d’échange avec l’administration pour des réductions de peine.

Et si brusquement l’administration change de politique et cesse de récompenser ceux qui lui apportent des armes, eh bien, elles pourront toujours servir…

Et la prochaine étape, ce sera quoi ? Libérer d’office les détenus qui auront eu le bon goût de ne pas mettre le feu à leur cellule ? Accorder la légion d’honneur à ceux qui se seront abstenus de poignarder un gardien ou un co-détenu ?

Soyons sérieux. Ce renoncement est intolérable. Plutôt que de baisser les bras, il faut d’ailleurs prendre le problème à bras le corps. Armes, téléphones, drogues … on le sait, les prisons sont devenues de lieux de trafics qui dépassent les gardiens et l’administration toute entière.

Une des solutions, que nous proposons depuis des années, est la création de nouvelles places de prison en quantité suffisante. Je sais que l’on vous rebat les oreilles avec cela, mais je vous assure qu’en agrandissant le parc carcéral de la France, on règlerait de nombreux problèmes dans nos prisons, qui sont aujourd’hui tabous.

Interrogé en fin de semaine par le Figaro, Me Guillaume Jeanson, le porte-parole de notre association est sans ambiguïté : « Non la création de ces 15.000 places de prison n’est pas un caprice sécuritaire. Elle est la condition indispensable pour que les peines de prison prononcées soient effectivement et rapidement exécutées. Elle est aussi la condition indispensable pour qu’elles le soient dans des conditions humaines dignes de notre démocratie et de nature à permettre de faire du temps de détention un temps utile, pour les détenus, les victimes et la société. »

Malheureusement, nous apprenons que la promesse de campagne du Président de la République de créer 15 000 places de prison ne sera pas réalisée dans le quinquennat.

Non, finalement cela prendra deux quinquennats. Au moins.
A supposer que cette nouvelle promesse qui annule la précédente soit tenue…

Vous me direz, « oui mais Laurence, les promesses n’engagent que ceux qui y croient … ».

Certes. Je le sais bien. Mais malgré tout je ne me résigne pas.

Je ne désespère pas qu’un jour un gouvernement ait enfin le courage ou l’ambition de faire quelque chose pour nos prisons. Et à l’IPJ nous continuerons à nous battre inlassablement pour essayer de faire entendre raison à nos gouvernants. Pour faire entendre la voix des victimes, et la voix du bon sens.

Mais en attendant, voir des “solutions” de fortune comme celle de la prison de Baie-Mahault pour essayer de contrôler le trafic d’armes me rend très amère.

Car finalement, est-il encore utile de préciser que la justice a besoin au plus vite des places de prison qui lui manquent … et non dans vingt ans ?

Il y va de la sécurité des Français.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Ps : Si vous ne l’avez pas lu ce week-end, voici la tribune de Me Guillaume Jeanson sur les places de prison, tout y est dit !
premium.lefigaro.fr/vox/societe/2017/11/24/31003-20171124ARTFIG00251-construction-de-places-de-prison-un-enjeu-majeur-de-la-presidence-macron.php

Disparition de Maëlys, la vérité sacrifiée ?

institutpourlajustice

Chère Madame, cher Monsieur,

La question est sur toutes nos lèvres depuis le 26 août. Qu’est devenue Maëlys ?
L’angoisse de ses parents est à peine imaginable.

Il faut les voir repasser inlassablement en revue tous les détails de cette soirée fatale, espérer que leur fillette de 9 ans est peut-être encore en vie quelque part, attendre du suspect principal qu’il fasse des aveux…

Le suspect parlons-en…

Dès le début de l’enquête les soupçons se sont portés sur lui. Et beaucoup d’ombres planent autour de lui aujourd’hui encore.

Maëlys a disparu pendant la soirée d’un mariage. Le journal Sud Ouest raconte alors : « Nordahl Lelandais, qui au départ n’était pas sur la liste des 180 invités, s’était finalement montré convaincant en proposant un deal au marié, un copain d’enfance. En contrepartie de sa présence, il amènerait « quelques friandises ». De la cocaïne.

La livraison de drogue a d’ailleurs fait partie de sa ligne de défense quand il a fallu expliquer aux enquêteurs ses différents allers-retours au cours de la soirée, révélés par l’examen de son deuxième téléphone portable. Au total, Nordahl Lelandais s’est absenté au moins à trois reprises la nuit du 26 au 27 août. Une fois pendant plus d’une heure. Le temps selon lui de rejoindre le domicile de ses parents où il vit, pour changer un short tâché de vin rouge. Ce vêtement, qu’il dit avoir jeté à la poubelle, n’a pour l’heure pas été retrouvé par les enquêteurs. »

Les chiens renifleurs de la gendarmerie ont perdu la trace de Maëlys sur le parking de la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin (Isère). La piste de l’enlèvement dans une voiture sur le parking ne fait plus de doutes pour les enquêteurs.

Cette nuit-là, le suspect quitte la noce juste avant l’arrivée des gendarmes. Dès le lendemain, il sera entendu par les gendarmes (comme la majorité des invités) et c’est ce jour là qu’il va nettoyer de fond en comble sa voiture pendant 1 heure 30.

Le JDD explique : « Le nettoyeur du dimanche s’est particulièrement appliqué sur la portière passager et dans le coffre, qu’il a récuré avec un produit normalement utilisé pour astiquer les jantes et qui offre la particularité d’être un répulsif pour chiens. Sur le produit, « Monsieur Réponse à tout » souligne qu’il voulait « faire briller les parties plastifiées » et concède que Maëlys est montée dans son Audi en compagnie d’un garçonnet blond, qui n’a pu être identifié par les gendarmes, pour voir s’il y avait des chiens à l’intérieur ».

Mais qui est-il vraiment ?

Nombre de journaux ont dressé le portrait de Nordahl Lelandais en ces termes :

« Il n’est pas un inconnu de la justice, qui l’a condamné en 2009 à un an de prison pour l’incendie d’un restaurant commis en octobre 2008 avec deux amis. Un an plus tôt, il avait été renvoyé de l’armée, où il avait servi cinq ans, en raison de « son comportement psychologique instable » et de son penchant pour la drogue. Depuis, il avait essayé de se reconvertir, sans succès, comme éducateur canin avant d’enchaîner les petits boulots et les missions d’intérim. Le portrait flatteur dressé par ses proches – celui « d’un gentil garçon » qui se comporte en « tonton rigolo » avec les enfants, « innocent à 100% » comme le répète en boucle son frère – a été sérieusement écorné par les témoignages de ses ex-petites amies. Selon Le Dauphiné libéré, c’est un garçon « manipulateur », « menteur » voire « violent » qu’elles ont décrit aux gendarmes  »

Aujourd’hui cet homme est présumé innocent, et nous devons le traiter comme tel.
Mais vous connaissez mon combat pour la justice et le Droit.

Et je sais que vous le partagez.

Ma confiance dans le droit est ébranlée depuis longtemps, et ce que je vais vous expliquer va probablement ébranler la vôtre aussi.

L’avocat du suspect a fait une requête en nullité concernant les premières déclaration de celui-ci.

Sa première garde-à-vue a été menée dans un cadre correctionnel et non criminel. Les échanges avec le juge et les enquêteurs n’ont donc pas été filmés, ce que le code pénal n’exige que dans une procédure criminelle. En revanche, l’absence d’enregistrement aurait dû être notée dans le procès-verbal.

Les avocats de Nordahl Lelandais font assurément bien leur travail puisqu’ils jouent sur ce détail pour venir en aide à leur client.
Les magistrats vont devoir décider le 30 novembre si les premiers procès-verbaux d’auditions du suspect doivent être annulés et si par cascade, cela n’annulerait pas aussi sa deuxième garde à vue …

Or ce sont les premières déclarations de Nordahl Lelandais qui avaient débouché sur sa mise en examen, le 3 septembre. Au cours de son interrogatoire, celui-ci avait en effet nié avoir été en contact avec Maëlys, avant de changer de version après la découverte d’une trace ADN de Maëlys dans sa voiture…

Imaginez le choc pour les parents de Maëlys et pour sa sœur, à qui il faut expliquer qu’un petit vice de procédure pourrait conduire à annuler des pièces majeures dans le dossier de cette disparition. C’est INCOMPRÉHENSIBLE et ANORMAL.

Les lourdeurs de procédures, qui s’accumulent d’année en année, pèsent sur le travail des gendarmes et des policiers qui tâchent de faire au mieux mais sont parfois débordés et, du coup, peuvent oublier d’accomplir l’une des innombrables formalités que prescrit la loi.

Les avocats de la défense le savent et traquent la moindre petite faute pour faire annuler des procès-verbaux, des gardes à vue ou même parfois faire carrément libérer leur client.

Malheureusement, c’est de bonne guerre, puisque le droit le permet.

Et c‘est justement là que le bât blesse.

A l’Institut pour la Justice, nous sommes évidemment pour que les droits de la défense soient strictement respectés.

Que l’institution judiciaire honore cette mission qui est la sienne de tenir la balance égale, mais sans se livrer à des guéguerres de procédures en oubliant qu’elle joue avec la vie d’une petite fille et le désespoir de ses parents …

Comment ne pas comprendre qu’une majorité de Français trouve la justice déconnectée de la réalité qu’ils vivent et ne lui fassent plus confiance …

Il faut absolument modifier la loi pour diminuer le nombre de vices de procédures possibles et que ceux-ci, quand ils adviennent, soient traités différemment. Pour éviter les résultats choquants qui peuvent se produire aujourd’hui.

Et nous pouvons avoir l’occasion très prochainement de mettre cette question au cœur des débats, et d’agir de manière décisive pour les victimes.

La Ministre de la justice veut lancer une réforme de la justice pénale au printemps prochain. Il me semble indispensable d’ajouter aux débats et à la réflexion le sujet des vices de procédures.

Les députés pourront soumettre des amendements, que nous leur soufflerons, pour faire avancer le droit sur ce point.

Car si la loi change, l’impact sera bel et bien positif pour les enquêtes. Le droit deviendra plus protecteur pour les victimes, et moins favorable aux tours de passe-passe des avocats.

Avec mon équipe, nous nous mettons dès à présent au travail. Les juristes vont s’atteler aux points de droit qu’il faut réformer, et nous porterons nos travaux auprès des députés. Mais pour cela, nous avons besoin de vous. Votre soutien est inestimable.

Si comme moi, vous ne voulez pas baisser les bras, je vous le demande, faites un don pour soutenir l’Institut pour la Justice.

Un immense merci d’avance.

C’est très important.

Si nous n’agissons pas, qui le fera ?
Vous pouvez adresser votre soutien ici.

Avec mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

Ps : Je reçois beaucoup de messages de personnes touchées par la disparition de Maëlys, je suis malheureusement certaine que ce rebondissement va encore déclencher beaucoup d’émotion. Si je ne réponds pas forcément à tous vos messages, je tiens à vous remercier pour tout ce que vous m’écrivez.

La vraie solution contre le “harcèlement de rue”

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Je ne sais pas si vous avez vu cette vidéo qui a circulé il y a quelques jours sur les réseaux sociaux; on y voit un jeune homme administrer à une jeune femme une claque retentissante, devant un hall d’immeuble.

La violence de cet homme est choquante, mais aussi la passivité – l’habitude ? – de la jeune fille.

Vous ne pourrez pas voir cette vidéo car elle aurait été supprimée – c’est ce qui arrive aux vérités qui dérangent.

Mais derrière cette vidéo, il y a un phénomène massif : « le harcèlement de rue » et les agressions subies par les femmes dans certains quartiers.

Les femmes, dans certains endroits en France, sont victimes de violences, d’humiliations et soumises au silence par peur de représailles.

Il y a une société parallèle qui semble faire fi des règles communément admises.

En apparence, le gouvernement semble s’en préoccuper.

Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité, a déclaré qu’elle avait pour projet de verbaliser le harcèlement de rue.

C’est déjà beaucoup mieux que la proposition d’une autre féministe; au mois de mai elle avait demandé l’élargissement des trottoirs pour lutter contre le harcèlement ! l’élargissement des trottoirs (mais bien sûr, lorsqu’une femme se fait insulter, c’est parce que le trottoir n’est pas assez large !).

Et pourtant.

On se demande comment pourrait se passer, très concrètement, cette verbalisation.

Supposons une femme qui vient de se faire importuner. Que va-t-elle faire ?

Elle va aller trouver un policier ou un gendarme pour lui signaler ce qui lui est arrivé ?

Sans doute.

Et ensuite ?

Elle va revenir, accompagnée du policier, à l’endroit où le harcèlement s’est produit ? A votre avis, quelle chance a-t-elle que son harceleur soit encore là ? A mon avis à peu près autant de chance que de gagner à l’Euromillion… et si le harcèlement a eu lieu dans les transports en commun ? Aucune chance.

Mais supposons encore qu’elle retrouve l’homme, ou les hommes, qui l’ont verbalement agressée.

Que se passera-t-il ?

Le policier ira trouver l’individu pour lui dire qu’une femme s’est plaint de son comportement et qu’il va le verbaliser ?

L’autre va tout nier en bloc, vous pensez bien !

Et donc ? Ce sera parole contre parole, à moins que, par extraordinaire il y ait eu des témoins… et qu’ils soient prêts à témoigner !

Autrement dit, le policier sera obligé de laisser partir le harceleur sans pouvoir rien faire.

Bref, je vous le dis franchement, cette histoire de verbalisation du harcèlement de rue me semble être du grand n’importe quoi…

Mais alors, me direz-vous, il ne faut rien faire ? Les femmes doivent continuer à se laisser lourdement draguer, insulter, voire pire encore ?

Non, pas du tout. Mais il faut prendre le problème par le bon bout.

S’attaquer directement à la drague agressive, c’est vouloir écoper la mer avec une petite cuillère.

Il faut écouter ce qu’ont à nous dire les spécialistes de la délinquance.

Et cela tombe bien, à l’Institut pour la Justice nous avons d’excellents experts en la matière.

Et nous savons donc que les délinquants, en général, ne sont pas spécialisés.

Par exemple le voleur ne se contente pas de voler, il a aussi très souvent la mauvaise habitude de frauder dans les transports en commun, de consommer et de vendre de la drogue, de ne pas respecter le code de la route, et…

… d’agresser verbalement les femmes dans la rue !

Combien pariez-vous qu’un grand nombre de ceux qui harcèlent les femmes dans la rue ou dans les transports en commun ont bien d’autres choses à se reprocher ?

Que nombre d’entre eux ont sur eux de la drogue, des objets volés, une arme, qu’ils ont à leur actif des amendes impayées, etc. ?

Vous voyez où je veux en venir.

Si la police qui, dans le contexte actuel agit sur ordre, était présente au quotidien dans les quartiers que l’on dit « sensibles », au lieu de n’y pénétrer qu’occasionnellement, avec un luxe de précaution, pour s’en retirer le plus vite possible afin de ne pas risquer un « incident » (comprenez : qu’un délinquant soit blessé en résistant aux policiers).

Si elle réprimait fermement les petites infractions au lieu de fermer les yeux pour ne pas « provoquer ».

Si les infractions et les incivilités dans les transports en commun étaient systématiquement traquées.

Et, surtout, si la justice consentait à sévir, au lieu d’accorder « seconde chance » après « seconde chance » à des délinquants déjà chevronnés…

… il y aurait beaucoup moins de harcèlement de rue ! Parce qu’il y aurait beaucoup moins de harceleurs dans les rue.

Savez-vous que c’est la méthode qui a permis à New-York de baisser la criminalité de plus de 80% depuis le début des années 1990 ?

Oui, vous avez bien lu : plus de 80% !

Et aujourd’hui New-York est une des grandes métropoles les plus sûres du monde occidental.

Et je n’ai pas entendu dire que là-bas il y avait des quartiers « interdits aux femmes ».

Nos dirigeants doivent s’attaquer sérieusement à la délinquance et faire disparaître les « zones de non-droit » qui gangrènent notre pays ;

Cela donnera enfin à tous les Français la sécurité quotidienne à laquelle ils aspirent.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Les bougies et les marches blanches ne suffisent pas

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Pas de photo.

Je n’ai pas réussi à trouver de photo de Joachim sur internet. Mais Joachim aurait pu être votre fils, votre petit-fils, votre fiancé ou celui de votre fille, il aurait pu être votre voisin.

Il avait 20 ans.

Il était étudiant en géographie à Montpellier.

La vie lui souriait.

Mais il est mort jeudi soir dans la rue Saint Guilhem, l’une des rues les plus passantes et commerçantes de Montpellier.

Et sa mort n’a rien d’accidentelle.

Il a été tué de deux coups de couteau dans le thorax par un homme dont nul ne pouvait ignorer la dangerosité.

Ce devait être un soir de fête : Joachim venait le jour-même de récupérer les clés de son nouvel appartement.

Mais peu avant 22 heures, il se dispute dans la rue, avec sa compagne, pour une broutille. Une banale querelle d’amoureux.

La scène a un témoin : un Algérien de 29 ans, Mohamed Guendouz, qui vient se mêler de la dispute. Le ton monte entre les deux garçons : “Il y a eu une bousculade, un échange de noms d’oiseaux”, raconte une source proche du dossier. Chacun se sépare, pensant en rester là.

Sauf que « quelques minutes plus tard, l’agresseur remonte en courant la rue Saint-Guilhem et tente d’entrer dans le supermarché City Market, qui s’apprête à fermer. Il se cogne contre les portes vitrées, regarde à l’intérieur, semant l’inquiétude chez les derniers clients qui font la queue à la caisse. L’instant d’après, le drame se noue, juste en face : Joachim, qui marche avec un ami, reçoit deux coups de couteau au thorax. »

Mohamed Guendouz est « bien connu des services de police », il a un « casier judiciaire chargé », il a un « lourd passé de délinquance » …

Cette rengaine nous la connaissons tous. Nous l’avons entendue tant de fois…

Je suppose que pour les parents de Joachim c’est encore plus odieux, encore plus insupportable.

Midi Libre nous dit au sujet de Mohamed Guendouz :

« Sans profession, cet homme qui a mené une vie itinérante entre la région parisienne et Montpellier a derrière lui un lourd passé de délinquance et de violences, notamment pour des agressions au couteau, qui lui avaient valu une incarcération à Fresnes. Il était ensuite venu à Montpellier, où il avait à nouveau été incarcéré pendant plusieurs mois pour des violences : il était sorti en août 2016, et passait depuis la majeure partie de ses journées à boire dans la rue. »

Six condamnations. Certaines pour délits routiers et deux pour violence avec arme :

une condamnation en 2013 à 3 ans de prison dont un avec sursis.
une condamnation en 2015 à un an de prison.

Et très certainement un grand nombre de délits et d’agressions qui n’ont jamais été portés à la connaissance de la justice.

Mais tout va très bien Madame la Marquise puisque le Procureur de Montpellier nous dit qu’il « avait purgé les peines auxquelles il avait été condamné, et avait un titre de séjour en France tout à fait régulier ».

Ah.

Pourtant Joachim, lui, est mort. Fauché à l’aube de sa vie d’adulte.

Je n’en veux pas à ce magistrat, qui fait simplement état du dossier. Non, j’en veux à notre système qui permet à un homme au passé délinquant, à un étranger déjà condamné pour des faits graves, d’être dans la rue Saint Guilhem jeudi soir dernier, prêt à tuer un garçon de 20 ans.

C’est inacceptable.

Nous le savons, nos experts ne cessent de le dire, des milliers de délinquants profitent pendant des années de la clémence du système judiciaire.

Mohamed Guendouz présentait toutes les caractéristiques du délinquant dangereux, à qui ne manque que l’occasion pour commettre des actes irréparables :

Violences à répétition, y compris avec des armes, absence de travail, pas d’attaches familiales, une alcoolisation quasi-permanente, l’alcool étant, tous les spécialistes le savent, le produit stupéfiant le plus fréquemment associé avec les homicides… Mohamed Guendouz était une bombe à retardement.

Escalade de violence, dangerosité évidente, manque de fermeté de l’institution judiciaire…tout cela est d’une affligeante banalité dans la France d’aujourd’hui.

Ce n’est pourtant pas faute de batailler depuis 10 ans maintenant pour inverser le système.

Nous avions fait passer les peines plancher en 2007, et cela représentait une avancée majeure dans la lutte contre la récidive.

Mais c’était bien sûr sans compter sur les années Taubira qui ont suivi.

François Hollande et Christiane Taubira ont supprimé les (maigres) dispositions visant à endiguer cette récidive :

suppression des peines plancher
suppression de la révocation automatique des sursis simples
suppression du régime spécial réservé aux récidivistes dans le cadre de l’exécution des peines

Résultat aujourd’hui la loi permet à des récidivistes violents d’accumuler les sursis…

Et nous le savons, il est dramatique, anti pédagogique et dangereux de prononcer des jugements symboliques, qui n’aboutiront pas à un vrai passage en prison ou à une peine dissuasive.

C’est donner aux délinquants un permis de recommencer. Pour certains, c’est pratiquement leur donner un permis de tuer…

Appliquez donc la même situation chez vous. Si vous ne punissez pas votre fils après une première bêtise, si vous le menacez d’une éventuelle sanction mais que celle-ci ne vient jamais… je vous parie que votre autorité sera très vite bafouée et que votre adorable enfant se comportera en véritable petit démon.

Du bon sens de mère de famille ? Absolument ! Et j’en ai à revendre.

Nos députés et ministres concernés ont été très occupés avec la loi contre le terrorisme (dont je pourrais vous parler aussi…) ces derniers temps. Mais il ne faut surtout pas laisser de côté la justice pénale “ordinaire”, et ses lois idéologiques qui influent directement sur notre sécurité.

Nous nous sommes battus pour sauver les peines plancher, vous étiez peut-être à nos côtés, nous avons perdu. Qu’à cela ne tienne, nous ne baissons pas les bras. La Ministre de la justice va lancer une réforme de la justice pénale. NOUS SERONS LA.

Nous serons là pour argumenter avec nos experts, pour présenter nos propositions, nous serons là devant les députés pour les convaincre de leur bien-fondé, nous serons là avec vous pour faire nombre et pour faire du bruit.

Nous serons là pour rappeler que Joachim est mort jeudi dernier. Et que cette mort n’était pas inévitable.

Si comme moi, vous ne voulez pas baisser les bras, que vous voulez une réforme en profondeur de la justice, pour que les honnêtes citoyens soient protégés, alors, je vous le demande, venez compléter le Référendum en cliquant ici et nous aider à faire gagner le bon sens sur l’idéologie.

C’est très important.

Si nous n’agissons pas, qui le fera?

Au nom de toutes les victimes potentielles que nous pourrons éviter, remplissez le Référendum pour la Justice.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

PS : Je n’ai pas trouvé de photo de Joachim, mais voici celle d’Alexia.


Vous avez forcément entendu parler d’elle.

Cette jeune femme de 29 ans, très belle et pleine de vie selon ses proches, a été retrouvée brûlée dans une forêt en Haute Saône, la semaine dernière, après être morte asphyxiée.

Tuée sauvagement alors qu’elle faisait son jogging habituel.

Nul ne peut dire à l’heure actuelle, quel monstre a commis ce crime. Un homme sans histoire que personne n’aurait soupçonné ? un homme bien connu de la police et de la justice ? un détraqué ?

Nul ne le sait. Tout ce que nous savons c’est que depuis 2005, six autres femmes ont été assassinées en faisant leur jogging, et que dans dans quatre cas sur six les meurtriers avaient déjà été condamnés pour viol ou pour meurtre.

Nous suivons cette affaire de près, et nous serons là s’il faut agir.

L’arme secrète de l’Institut pour la Justice

Chère Madame, cher Monsieur, 

1) Saviez-vous que la tactique de la « vitre brisée » peut réduire drastiquement la criminalité ?

2) Et saviez-vous que la Police de New York a mis au point une innovation remarquable ?

3) Ou encore que « la politique du chiffre » en France est un échec ? 

Non ? 
C’est normal, car tout est fait pour vous empêcher de le savoir

Même si vous êtes policier, magistrat ou avocat, vous n’avez pas à accès à ces informations. Elles sont tues, tabous, et surtout, elles dérangent.

Et c’est pour cela que nous avons créé la Revue Française de Criminologie et de Droit Pénal.

Pour que les professionnels du droit et de la Justice soient réellement informés de la réalité et puissent prendre de bonnes décisions pour les citoyens et les victimes :

– pour un magistrat, ne pas relâcher un criminel dangereux car il a été scientifiquement prouvé que, pour un individu présentant ce profil criminologique, le risque de récidive est très élevé.

– pour un préfet, ou un policier connaître les pratiques qui permettent de réduire réellement et durablement la criminalité.

– pour un procureur savoir que des peines courtes mais certaines et rapidement exécutées sont plus dissuasives que des peines longues mais incertaines et infligées longtemps après les faits.

– pour un avocat de victime connaître tous les dispositifs d’aide dont pourrait bénéficier son client. 

Dans cette revue, on y apprend que :

– Les “salles de shoot” n’ont en réalité aucun effet bénéfique et qu’elle ne font qu’ancrer les toxicomanes dans leur addiction et préparer insidieusement la légalisation des drogues.

– La plupart des crimes et délits sont en réalité commis par un petit nombre de délinquants multirécidivistes et violents, puisqu’environ 50% des crimes et délits sont attribuables àseulement 5% des délinquants.

– Pour les délinquants mutirécidivistes la criminalité est essentiellement une vie choisie, par recherche de l’argent facile et des sensations fortes, et pas du tout une vie subie du fait de la pauvreté ou du manque d’opportunités économiques.

Nous diffusons cette revue aux élus, aux professionnels de la justice, dans les bibliothèques universitaires, Elle commence à parcourir du chemin, par exemple, elle est distribuée à la bibliothèque de Sciences Po, à la Sorbonne … 

Excellente nouvelle pour les étudiants juristes qui peuvent lire nos publications et pas seulement celles de nos contradicteurs

Et pour continuer à la diffuser, nous avons besoin de votre aide. Vous pouvez nous soutenir en nous faisant un don le plus généreux possible. 

Un immense merci d’avance. 

Avec tout mon dévouement, 

Laurence Havel

PS : si vous êtes féru de droit ou criminologie, vous pouvez aussi nous soutenir en vous abonnant directement à cette revue, en vous rendant sur cette page : rfcdp.fr/numeros/numero-9-octobre-2017 

Posez-leur la question

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur

Vous connaissez le refrain des “pro” de la culture de l’excuse.

“Ne jetez pas la pierre à ces jeunes qui essaient de violenter des policiers et gendarmes”, disent-ils.
Les pauvres sont des victimes. Victimes des contrôles d’identité “au faciès”, victimes des brutalités policières, victimes du racisme ordinaire.
Ne vous étonnez pas qu’ils s’en prennent aux forces de l’ordre, ils sont l’incarnation de l’injustice et de la discrimination !
C’est presque de la “légitime défense”.

Si vous trouvez ce discours révoltant, je partage totalement votre avis.

Et pourtant, c’est bien ce que pensent toute une partie de notre élite médiatique et judiciaire.

Parmi eux, en tête, il y a le Syndicat de la Magistrature. Vous vous souvenez, ce syndicat à l’origine du Mur des Cons.

Le Mur des Cons était un panneau d’affichage dans les locaux du Syndicat de la Magistrature. Ils y avaient épinglé ceux qu’ils considérés comme des « Cons ».

On y trouvait beaucoup d’hommes politiques de droite (Nicolas Sarkozy en particulier), des criminologues ou des journalistes qui avaient le malheur de demander une Justice plus ferme contre les délinquants.

Déjà, c’était assez inouï pour des magistrats qui rendent chaque jour la Justice, en théorie en toute “impartialité” et “au nom du peuple français”.

Mais il y avait bien pire.

Sur ce mur des “cons”, il y avait deux pères de victimes.

Philippe Schmitt, dont la fille Anne-Lorraine a été assassinée en 2007.

Et Jean-Pierre Escarfail, dont la fille Pascale a été violemment tuée par Guy George, tueur en série.

Et si vous vous posez la question : il n’y avait pas le moindre délinquant ou criminel parmi les cons.

Pour ces magistrats du syndicat de la Magistrature, les ennemis sont bien les citoyens ordinaires et des victimes !

Ce n’est pas nouveau : cela fait depuis les années 1970 que cela dure.

Déjà en 1972, l’un de ses membres, Oswald Baudot, expliquait sa “philosophie” dans une harangue aux jeunes magistrats :

« Soyez partiaux. Examinez toujours où sont le fort et le faible, qui ne se confondent pas nécessairement avec le délinquant et sa victime. (…). Ayez un préjugé favorable pour la femme contre le mari, pour l’enfant contre le père, pour le débiteur contre le créancier, pour l’ouvrier contre le patron, pour l’écrasé contre la compagnie d’assurances de l’écraseur, pour le malade contre la sécurité sociale, pour le voleur contre la police. »

En 2001, 2004 et 2006, le même syndicat a sorti un petit livre pour expliquer les “manoeuvres” à déployer face à un policier.

Sur la couverture, un policier en uniforme était représenté… avec une tête de PORC.

Voilà la considération qu’ont ces magistrats pour les hommes et les femmes qui risquent leur vie pour notre sécurité !

C’est révoltant.

Mais j’aimerais leur poser une question.

Avec votre pseudo “théorie de l’excuse” :

Comment expliquez-vous les violences contre les POMPIERS ET LES INFIRMIÈRES ???

Samedi soir, à Nîmes, un camion de pompiers a été bombardé de cocktails molotov.

On les a affublé d’un nom charmant “cocktail”, mais ce sont en réalité des des petites bombes au napalm, fabriquées pour tuer.

L’un des pompiers raconte dans le journal 20 minutes : « le cocktail Molotov a explosé à une quinzaine de mètres de la vitre du camion. Une vingtaine de jeunes de la Zup de Nîmes serait à l’origine de cette agression. »

Est-ce un fait isolé ? Absolument pas.

C’est devenu le quotidien de centaines de pompiers à travers la France !

« On est pris souvent dans des guets-apens. Des fois, c’est par les personnes qu’on va secourir ou leur famille. (…) Ça se dégrade d’année en année ».

Alors, chers juges du syndicat de la Magistrature, dites moi.

Les pompiers sont-ils “agressifs” vis à vis de ces “jeunes” ? Ont-ils d’une manière ou d’une autre “mérité” ce qui leur arrive ?

Et que dites-vous des INFIRMIERES AGRESSEES ?

Le Parisien raconte ce qui s’est passé vendredi soir dernier :

« vers 19 heures, cinq hommes armés de bombes lacrymogènes ont fait irruption dans l’hôpital. Ils venaient de se battre non loin (…) et voulaient en découdre avec trois de leurs victimes admises quelque temps plus tôt dans le service.
Ils ont pénétré dans le sas et gazé quatre pompiers et deux infirmières. »

Résultat : les urgences ont été obligées de fermer.

Peut-être que des innocents, victimes d’un infarctus ou d’un AVC sont morts ce soir là, faute d’être pris en charge.

Alors, chers professionnels de l’excuse, quelle “explication” allez-vous nous donner, cette fois-ci ?

Dans certains quartiers les voitures de SOS Médecin ne vont plus faire de consultations à domicile.

Peut-être est-ce parce qu’ils regardent ces pauvres “jeunes” de travers ?

La vérité, c’est que les zones de non-droit se multiplient en France.

La barbarie triomphe, la civilisation recule, faute d’efficacité policière et judiciaire !

Certaines personnes dans ces quartiers sortent de chez elles la boule au ventre, les fauteurs de trouble sachant qu’ils ne risquent rien ou pas grand chose. C’est le monde à l’envers.

A l’Institut pour la Justice, nous dénonçons depuis de nombreuses années cette situation qui s’est installée et qui empire. Que font les autorités locales et nationales ?

Il faut récupérer les territoires perdus de notre pays.

Hélas, les policiers ont très souvent pour consigne de ne pas faire de zèle dans certains quartiers pour ne pas “provoquer”…

Un comble !

Les pompiers sont attaqués. Les policiers sont bridés. Les racailles jubilent. Les autorités se taisent.

Le chien aboie. La caravane de la justice passe son chemin, en faisant semblant de ne pas voir.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel