Merci !

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Chère Madame, cher Monsieur,

Le gouvernement est maintenant au pied du mur.

Pendant trois mois le gouvernement a invité les Français à débattre et à lui faire des propositions.

Il s’agissait bien sûr d’abord pour lui de gagner du temps, de faire retomber la pression exercée par les gilets jaunes. De faire diversion.

Nous n’étions pas dupes de cette manœuvre, mais puisque l’occasion nous était donnée de nous exprimer, il fallait la saisir.

Nous avions bien compris que nos dirigeants essayeraient d’esquiver certains sujets qui fâchent. Qu’ils orienteraient le « grand débat » vers certains thèmes plutôt que d’autres, quitte à carrément les occulter.

L’IPJ s’est donc mobilisé pour que le thème de la sécurité ne soit pas le grand oublié du « grand débat ».

Le « grand débat » est maintenant terminé, et le gouvernement va devoir faire la synthèse des contributions. Et surtout, il va devoir prendre des décisions…

Circulez, y a rien à voir !

Seule une minorité de Français ont participé à ce « grand débat ». Le politologue Pascal Perrineau, l’un des cinq garants du grand débat national, a reconnu dans le Figaro que « l’immense majorité des citoyens ne s’est pas exprimée ».

Et ceux qui se sont le plus exprimé ne sont guère représentatifs de la population. Les « gilets jaunes » notamment ont été largement absents de ce « grand débat ».

Sans surprise donc, leurs principales revendications figurent très peu dans la « synthèse » que va présenter le gouvernement.

Circulez, y a rien à voir, me direz-vous ?

Oui, sans doute, sauf que… dans cet océan de contributions convenues et qui vont dans le sens de ce que souhaite le gouvernement, une petite musique différente se fait entendre.

« Les Français demandent davantage de sécurité dans l’espace public et un renforcement de la lutte contre le terrorisme », a déclaré Gilles Cognito, aux côtés du premier ministre le 8 avril.

Gilles Cognito est le dirigeant du cabinet chargé de présenter la synthèse des « contributions libres » (peut-être les vôtres ?) sur les services publics lors de la restitution du « grand débat national ».

Une partie des participants au grand débat « demande de renforcer la présence de l’État dans des territoires perçus comme délaissés, notamment en matière de sécurité », a-t-il ajouté. D’autres revendiquent le « nécessaire recentrage de l’État sur ses missions de sécurité et la réduction du nombre global de fonctionnaires ».

Eh oui, vous le voyez, la sécurité s’invite malgré tout aux résultats du « grand débat ».

Ce caillou dans la chaussure du gouvernement… 

Le gouvernement aurait certainement préféré qu’elle soit absente, puisque la sécurité des Français n’a jamais été sa priorité. D’ailleurs, ce thème ne figurait même pas dans ceux du débat.

Mais elle est là.

Et je pense que c’est sans doute en grande partie grâce à vous.

Vous avez été nombreux à répondre à notre appel pour participer au « grand débat », à avoir renvoyé notre courrier à votre mairie et à l’adresse de la mission Grand débat, à avoir voté quand on vous l’a demandé… bref, à faire entendre votre voix.

La voix de la majorité silencieuse qui demande à nos dirigeants de prendre enfin notre sécurité au sérieux.

Votre mobilisation n’a pas été inutile. Nous n’étions pas invités à la table du « grand débat », mais nous avons réussi à être présents malgré tout. C’est une première victoire.

Reste à savoir si le gouvernement écoutera vos demandes…

Vous n’êtes sans doute pas optimiste sur ce point, et moi non plus. Nous ne sommes pas naïfs.

Mais vous pouvez compter sur nous pour rester mobilisés et pour porter vos revendications. Plus que jamais, grâce à votre soutien, l’IPJ reste le plus efficace contre-pouvoir face à ceux pour qui « l’insécurité n’est qu’un sentiment ».

Demain le combat continuera, mais aujourd’hui je voudrais simplement vous dire du fond du cœur : merci !

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

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Il n’a pas sa langue dans sa poche

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Lors de notre dernier colloque nous avons invité Me Gilles-William Goldnadel pour qu’il nous parle des attentes des victimes en matière de terrorisme. Il est lui-même avocat de parties civiles et connaît bien les problèmes qu’elles rencontrent.

Mais comme beaucoup d’avocats quand on leur donne la parole, il ne s’est pas contenté du sujet qu’on lui avait donné.

Les médias, le syndicalisme judiciaire, la psychiatrie… tout y passe !

Il sait de quoi il parle et c’est passionnant. Vous pouvez visionner sa vidéo ici.

playerVIDEOGoldnadel

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Ils ont sauvé le soldat Castaner

Chère Madame, cher Monsieur,

Ne nous mentons pas, samedi a été un véritable fiasco. Le responsable politique est Christophe Castaner, il va d’ailleurs devoir s’expliquer cet après midi devant le Sénat.

La liste des questions que nous aimerions lui poser à l’IPJ s’allonge :

-Quelle est la véritable part de responsabilité du préfet de police Michel Delpuech, qui vient d’être démis de ses fonctions ? Certains commentateurs politiques disent que son témoignage dans l’affaire Benalla avait laissé un goût amer à l’Elysée…

-Quelles sont les nouvelles dispositions du ministre pour faire face aux prochains débordements des Black Blocks et de l’ultra gauche ?

-Peut-il encore être parfaitement crédible comme garant de l’ordre public alors que les photos de la presse people, où on le voit en boîte de nuit lors d’une soirée manifestement très arrosée, ont fait couler beaucoup d’encre. Et à juste titre… vous avez peut-être trouvé cette attitude particulièrement déplacée pour le numéro trois du gouvernement, pouvant être appelé à n’importe qu’elle heure de la nuit pour un attentat ou une affaire d’État.

Mais pendant que notre ministre parvient à sauver son poste, au prix d’un « remontage de bretelles » très sévère du Président de la République (lui même au ski le jour des violences), la vie des Français suit son cours et mériterait qu’on s’y intéresse.

-À Marseille une étudiante de 21 ans est morte dimanche soir, tuée d’un coup de couteau non loin du campus de son université dans le quartier de la Timone. L’enquête est en cours, son meurtrier n’a pas encore été retrouvé mais il semblerait qu’il lui ait dérobé son téléphone. Je ne cesse de le dire, en France aujourd’hui, on meurt pour son téléphone, pour une cigarette ou pour un « mauvais regard ». Et l’on finit presque par trouver ça normal…

-À Angers, un homme « bien connu de la justice » a été arrêté dans un bureau de poste où il venait récupérer un colis qui contenait un pistolet mitrailleur. Qui est-il ? Un trentenaire, ancien détenu, déjà condamné à sept années de prison pour des violences avec arme sur un policier. C’est d’ailleurs lors de sa détention qu’il s’est converti.

-On apprend aujourd’hui qu’à la prison de Condé-sur-Sarthe, des écoutes avaient été réalisées la veille de l’agression des deux surveillants. Elles annonçaient ce qui se tramait… Mais ces conversations entre détenus n’ont pas été exploitées le jour même, faute de personnel et de moyens.

Dommage, car le détenu aurait pu être envoyé à l’isolement plutôt qu’en unité de vie familiale où sa compagne l’attendait pour lui remettre son fameux kit de couteaux…

Assez de communication !

Les Français ne veulent pas des photos des cellules de crise du gouvernement, des messages de fermeté du Premier ministre ou du ministre de l’Intérieur assénés à grands coups de langue de bois. Il y a des problèmes graves à résoudre. Des problèmes en prison, dans la rue, dans certaines banlieues, dans certaines écoles, dans les tribunaux… des problèmes qui exigent des solutions rapides.

Pour le moment, rien ne se passe. La réforme pénale de la Ministre, qui a occupé le Parlement pendant quelques mois, est une coquille presque vide.

Face à cela à l’IPJ, nous avons des solutions à proposer. Attention, je ne suis pas présomptueuse, nous n’avons pas LA solution pour rétablir la situation, mais nous avons beaucoup travaillé ces derniers mois sur des travaux de criminologues sérieux et des exemples étrangers. Il existe des mesures à mettre en place.

Notre Présidente va aller déposer auprès de la ministre de la Justice notre argumentaire qui donne des pistes sur comment traiter le problème des détenus dangereux et violents. Cette étude récente est une véritable mine d’or pour nos dirigeants. Il faut qu’ils s’en inspirent, le sectarisme n’a pas sa place quand notre sécurité est en jeu.

C’est bien pour cela que notre porte-parole, Me Guillaume Jeanson, occupe l’espace médiatique autant qu’il peut pour nous faire entendre et vous représenter. Ces derniers jours, l’IPJ était dans le Figaro, sur Arte et Sud Radio…

Et nous sommes sur le point d’éditer le douzième numéro de la revue française de criminologie et de droit pénal qui traitera entre autres de légitime défense et de cybersécurité, un sujet que nous devons impérativement prendre très au sérieux.

Comme à chaque fois, nous la distribuerons à tous les décideurs, tous les élus qui comptent, toutes les personnes d’influence… Notre but est de diffuser nos idées au maximum. Que nos propositions soient partout. Qu’elles deviennent incontournableset que nous soyons des cailloux dans les chaussures des promoteurs de la culture de l’excuse et du laxisme judiciaire.

Arguments contre arguments.

Déni de réalité contre faits prouvés.

Idéologie contre pragmatisme.

Les doctrines des « juges rouges » des débuts du Syndicat de la Magistrature ont la vie dure. À nous de les faire tomber en les démontant point par point.

Ce travail de longue haleine n’est possible que si nous sommes aidés. Votre soutien est indispensable pour continuer à occuper le terrain et être aux avants gardes du changement. Celui qui enfin remettra la France en ordre.

Soutenez l’IPJ, faites un don, même de quelques euros à notre association en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements,
Laurence Havel

ps : vous pouvez faire un don à l’association en cliquant ici.

La fin de l’affaire Benalla ?

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Chère Madame, cher Monsieur,

L’affaire Benalla est-elle proche de la fin ? Rien n’est moins sûr !

« Tout le monde le sait, les investigations du Sénat ont révélé de nombreux “dysfonctionnements” et “dérapages” de la hiérarchie. Elles ont révélé les “pouvoirs excessifslaissés à un collaborateur inexpérimenté”, sa nomination “atypique” comme lieutenant-colonel de la réserve de la gendarmerie et bien d’autres singularités… Plus grave encore, elles ont révélé le manque de précautions de l’Élysée dans la prévention des conflits d’intérêts de ses collaborateurs. Avec en ligne de mire, ces fameux contrats russes auxquels s’ajoutent désormais, d’après les dernières révélations de Louis de Raguenel pour Valeurs Actuelles, des contrats chinois. Des contrats qui portent sur des sommes encore plus faramineuses.

Un sujet particulièrement sensible. Pourquoi ? Parce que comme l’écrit le Sénateur Philippe Bas, Président de la commission des lois, “de telles relations d’affaires ont pu faire de Messieurs Benalla et Crase les maillons faibles de la sécurité du chef de l’État en les plaçant sous la dépendance d’intérêts étrangers”, alors que la France est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies ; qu’elle est une puissance nucléaire ; qu’elle est investie sur des théâtres d’opérations extérieures complexes et qu’elle joue de ce fait un rôle mondial. »

La fin de l’arrogance ? Pas sûr non plus… 

« Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, annonce quant à lui que “L’Élysée aura l’occasion d’apporter des réponses factuelles sur des contre-vérités qui se trouvent présentes dans le rapport”. À ce stade, on ne saurait que s’en réjouir et chacune de ces réponses méritera évidemment toute l’attention des Français. Mais lorsque le même porte-parole déclare trouver “curieux que les assemblées aient à se prononcer sur l’organisation du pouvoir exécutif”, on peine quand même, au vu des dérapages importants révélés par les Sénateurs, à réprimer un sourire. »

La fin de l’inertie à l’Elysée ? Pas sûr non plus…

« Car ce qui frappe enfin, c’est l’inertie éhontée de l’administration et des services de la présidence. Il existe pourtant bien dans notre droit un principe pénal ancien qui charge les agents publics d’alerter l’autorité judiciaire sur les violations graves du droit dont ils sont témoins. »

Bref l’affaire Benalla n’est pas encore terminée et je ne doute pas qu’elle va encore nous révéler des surprises affligeantes.

Je vous conseille de lire à ce sujet la tribune dans le Figarovox de Me Guillaume Jeanson, notre porte-parole, qui souligne à quel point le « nouveau monde » ressemble à l’ancien…

Cliquez ici pour lire la tribune et la partager.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Le gouvernement joue avec le feu

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Chère Madame, cher Monsieur,

Ce mercredi, Christophe Dettinger passait devant le tribunal correctionnel de Paris pour « violences volontaires en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Vous vous en souvenez sans doute, le 5 janvier dernier à Paris, l’ancien champion de France des lourds légers s’était battu avec deux gendarmes sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, entre le jardin des Tuileries et le musée d’Orsay.

Verdict : il a été condamné à un an de prison ferme et à 18 mois de prison avec sursis. Il est donc reparti en détention à la sortie du tribunal et sa peine va être aménagée en semi-liberté, ce qui veut dire qu’il pourra travailler la journée et rentrera dormir le soir en prison.

Le même jour, Jérôme Rodrigues, l’une des figures emblématiques du mouvement des gilets jaunes a annoncé sur son compte Facebook avoir définitivement perdu l’usage de son œil droit. Il avait été blessé par un projectile lors d’une manifestation à Paris fin janvier alors qu’il filmait et diffusait en direct sur Facebook une intervention des forces de l’ordre.

L’origine exacte de la blessure de Jérôme Rodrigues n’a toujours pas été officiellement identifiée. Il affirme avoir été touché par un projectile tiré par un Lanceur de Balles de Défense, mais cela pourrait aussi bien être une grenade de désencerclement.

Ce qui est certain, c’est que Jérôme Rodriguez ne faisait rien d’illégal au moment où il a été blessé et qu’à ce jour, aucun responsable de sa mutilation n’a été identifié.

Vous avez dit deux poids deux mesures ?

Christophe Dettinger a passé un mois en détention provisoire, en attendant son procès. Le parquet avait justifié cette mise en détention provisoire par le « risque de réitération », alors même que Christophe Dettinger n’avait aucun casier judiciaire.

Le même jour, un autre fait divers n’a pas fait autant de bruit : un homme de 19 ans soupçonné de trois cambriolages a été arrêté à Vénissieux. Il aurait déjà à son actif 54 antécédents judiciaires. « Lors de sa garde à vue », précise le journal 20Minutes, « le suspect a reconnu les faits. Laissé libre, il devra s’expliquer devant la justice le 17 septembre prochain ».

Vous avez dit deux poids deux mesures ?

Vous vous souvenez sans doute que, lors de « l’affaire Théo » François Hollande, qui était encore Président de la République, s’était précipité au chevet du blessé. Et Emmanuel Macron, six jours après le début de l’affaire, avait déclaré : « Comment ne pas être choqué par ce qui est arrivé à Théo ? Parce qu’à Aulnay, c’est la force illégitime de l’État qui a eu cours et la dignité d’un jeune garçon, d’une famille et d’un quartier, qui a été mise en cause. Je tiens à rendre hommage à Théo et à son entourage. »

Pourtant, nous savons aujourd’hui que Théo a menti concernant les circonstances de son interpellation, et deux expertises médicales ont conclu à l’absence de viol.
À ce que je sache, aucun responsable national ne s’est rendu au chevet d’un des nombreux gilets jaunes gravement blessé lors des manifestations récentes. Et aucun de ceux qui avaient accablé les forces de l’ordre au début de l’affaire Théo ne leur a présenté ses excuses.

Vous avez dit deux poids deux mesures ?

Mes chers amis, je ne vous cache pas que je suis inquiète.
Depuis quelques temps, je reçois de plus en plus de messages critiques envers les forces de l’ordre, voire même franchement hostiles.

Il y a quelques jours, nous avions mis sur la page facebook de l’IPJ un article de presse rapportant qu’à Toulouse, des policiers qui arrêtaient des dealers avaient été agressés et caillassés par une cinquantaine d’individus.

Les réactions ont été presque unanimes : « les grenades et flash ball, ne sont réservés qu’aux gilets jaunes ? » ; « Ben alors on fait pas les malins devant les mecs de cités, c’est pas comme avec les Gilets Jaunes » ; et ainsi de suite.

Pourtant, le problème, ce ne sont pas les policiers et les gendarmes, qui ne font qu’obéir aux ordres qu’ils reçoivent et qui risquent leur vie au quotidien pour nous protéger. Le problème, c’est le deux poids deux mesures qui est de plus en plus flagrant, et qui provoque l’indignation croissante d’une partie de la population.

Comme l’a dit Xavier Lemoine, le maire de Montfermeil : « En 2005, aucune manifestation n’avait été déclarée en préfecture et toutes dégénéraient en émeute. Pourtant, à l’époque, en Seine-Saint-Denis, il n’y a eu aucune charge de CRS, ni de policiers à cheval. Aujourd’hui, si. Voilà quatorze ans, les forces de l’ordre n’ont pas recouru au tir tendu, à l’horizontal, à face d’homme et à courte distance. Aujourd’hui, si. Pourquoi ce deux poids, deux mesures de l’État entre les émeutes urbaines de 2005 et les scènes d’émeutes des “gilets jaunes” ? »

C’est exactement la question que se posent les Français, qui ne soutiennent absolument pas les casseurs, qui trouvent normal que Christophe Dettinger ait été condamné pour ses actes, que lui-même a d’ailleurs dit regretter, mais qui voient bien que le gouvernement est beaucoup plus intraitable envers ceux qui le contestent qu’envers les délinquants chroniques et ceux qui caillassent quotidiennement les forces de l’ordre dans les quartiers dits sensibles.

Le gouvernement, par cette attitude, est en train de réussir à monter les Français contre leurs forces de l’ordre. Et c’est très grave.

Il est aussi en train d’aggraver la défiance envers la justice, qui paraît instrumentalisée pour réprimer des manifestations qui gênent le pouvoir.

Il y a quelques jours, Edouard Philippe, le Premier ministre, s’est même félicité de la condamnation de près de 1 800 personnes depuis le début du mouvement des gilets jaunes, avec presque 1 500 personnes encore en attente de jugement.

Même certains représentants de policiers l’ont reconnu, après la condamnation de Christophe Dettinger. Tout en approuvant sa condamnation, Linda Kebbab, déléguée nationale Unité-SGP Police FO, a admis que la justice avait voulu faire un exemple avec le cas de l’ancien boxeur : « Comme l’a dit l’avocat des parties civiles, oui c’est une réponse politique parce qu’elle reste malgré tout supérieure à ce que les forces de l’ordre ont l’habitude de rencontrer quand ils sont atteints par la violence ».

Toujours le deux poids, deux mesures…

Le gouvernement joue avec le feu. Et c’est un incendie dont nous pourrions tous être les victimes.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Alerte enlèvement, où est passée notre ministre de la justice ?

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Chère Madame, cher Monsieur,

Alerte enlèvement, où est passée notre ministre de la Justice ?

À l’IPJ, nous commençons à nous inquiéter, car de nombreux projets sont restés à l’état de chantiers abandonnés depuis plus de 18 mois… 

Et ces chantiers influent directement sur notre sécurité !

Surpopulation carcérale, vétusté des prisons, prosélytisme islamiste, évasions spectaculaires, agressions régulières de surveillants pénitentiaires, peines en attente d’exécution… La liste est longue, je pourrais encore continuer.

Mais la ministre semble avoir trouvé d’autres combats à mener. Après tout, la politique est affaire de priorités. Mais les priorités de notre gouvernement en matière de justice ne sont-elles pas très éloignées des nôtres ?

Faisons le compte :

Depuis la semaine dernière, nous avons entendu la ministre de la justice s’exprimer à l’Assemblée nationale devant les députés sur « l’affaire Benalla ». A t-elle menti sur les modalités de la perquisition du journal Mediapart ? C’est en tout cas ce que plusieurs journaux n’hésitent pas à affirmer…

La semaine dernière encore, la ministre s’engageait la main sur le cœur à organiser et participer à des « grands débats » en prison avec les détenus. Débattre en prison, voilà qui est important. Essentiel même.

Seul hic, « À ce jour, aucun détenu ne s’est passionné pour les quatre thèmes du grand débat. […] Aucune demande d’organisation de débat n’est remontée jusqu’à l’Administration pénitentiaire. Cependant, celle-ci envisage d’en mettre sur pied dans certains établissements », d’après le Figaro.

Et bien sûr, il faut aussi garder en tête tous les projets à plus long terme de la ministre :l’installation de téléphones fixes dans toutes les cellules de prison, la généralisation du vote en prison pour les élections, le projet de réforme de la justice qui réussit la prouesse de ne toucher à rien d’important tout en mécontentant tout le monde…

Et pendant ce temps là, la situation se dégrade un peu plus chaque jour…

Les syndicats de gardiens de prison ont appelé à des mardis noirs pour bloquer les établissements pénitentiaires en signe de protestation.
À Nanterre il y a quelques jours, une escorte pénitentiaire de Nanterre a été caillassée par une bande alors qu’elle était en mission d’extraction vers l’hôpital.
À Albi, deux individus ont réussi à pénétrer à l’intérieur de la prison. Ils ont tous simplement ouvert un grillage pour se faire un passage et procéder à leurs livraisons d’objets illicites avec plus de facilité.
Fin janvier, un détenu a pris la fuite lors de son transfert de la prison de Béziers vers le tribunal. Les agents pénitentiaires qui l’accompagnaient ont été agressés par un commando de deux hommes armés. L’un a été frappé à coups de crosse, les deux autres ont essuyé des coups de feu émanant notamment d’un fusil d’assaut.
Le gouvernement fanfaronne en annonçant que près de 1800 condamnations de « gilets jaunes » ont été prononcées par la justice. Combien de Black blocks, de casseurs professionnels et de caïds de banlieue venus « faire leurs courses », parmi eux ?

La maison brûle et nos dirigeants regardent ailleurs…

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel