Quand la justice crée l’insécurité

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Chère Madame, cher Monsieur,

C’est un crime particulièrement horrible et abject que rapporte le journal La Provence.

Cela s’est passé mardi dernier.

Cathy, une jeune femme de 37 ans allait chercher son enfant à l’école.

Cathy n’était pas tranquille. Karim, son ancien compagnon et le père de ses deux enfants, avait depuis des mois annoncé son intention de lui faire payer leur séparation.

« J’en ai rien à foutre, même si je prends 15 ou 20 ans de taule, je veux que tu ne ressembles plus à rien… »

Il lui avait fait cette menace en lui montrant des photographies trouvées sur internet de femmes défigurées à l’acide.

Cathy savait que ce n’était pas des menaces à prendre à la légère.

C’est parce qu’il était violent avec elle qu’elle s’était séparée de lui ; il avait même été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis.

Alors mardi dernier, quand elle sent une présence bizarre dans son dos, Cathy comprend immédiatement. C’est lui, qui vient mettre ses menaces à exécution.

Cathy se met à courir. Mais Karim la rattrape.

« Je suis tombée, j’ai protégé mon visage et il m’enlevait les mains pour m’atteindre avec ce liquide qu’il transportait dans un bidon », raconte-t-elle depuis son lit d’hôpital. Cathy est grièvement brûlée au visage, aux yeux, aux mains, aux bras…

Cette histoire vous révolte ? Attendez, le pire est à venir.

Le pire, c’est que depuis des mois Karim harcelait Cathy sans que la justice ne fasse rien pour la protéger réellement !

Bien sûr, Karim avait l’interdiction de se rendre à Marseille et de rentrer en contact avec son ancienne compagne. Mais il ne respectait absolument pas cette interdiction. Il venait sans cesse au pied de l’immeuble de Cathy pour la menacer. Elle raconte : « Une fois, il a même grimpé les cinq étages par les balcons, comme a fait récemment le héros Mamoudou Gassama. Une autre fois, en tambourinant à ma porte, il a menacé de jeter notre petit dernier par le balcon… »

Bien sûr Cathy avait prévenu la police. Et la police avait arrêté Karim. Mais à chaque fois celui-ci avait été relâché par la justice. « Il était tout fier, parce qu’avec son bagout, il arrivait à embrouiller tout le monde », se désole Cathy.

Selon le journal La Provence, encore trois jours avant de défigurer Cathy, Karim avait été arrêté pour avoir violé son interdiction de territoire. Mais laissé libre avec une simple convocation pour septembre…

« Un mandat d’arrêt a été décerné à son encontre la veille de l’attaque à l’acide », a précisé le procureur de la République de Marseille.

Peut-être la justice estimait-elle avoir fait assez pour protéger Cathy en lui confiant un téléphone portable « grand danger », attribuée aux femmes menacées de viol ou de violence conjugale.

Ce téléphone portable permet de joindre une plate-forme téléphonique qui reçoit les appels et évalue la situation. Après analyse de la situation, le téléassisteur peut demander l’intervention des forces de l’ordre.

Autant dire que, avant que les policiers soient sur place, vous avez le temps de vous faire tuer, violer ou défigurer dix fois !

Ce serait presque drôle, si ce n’était pas si révoltant.

Voilà comment, aujourd’hui, la justice française protège les victimes.

Souvenez-vous il y a quelques mois, je vous avais parlé du système de protection VINE qui existe aux Etats-Unis.

VINE (qui signifie Victim Information Notification Everyday) est un système d’information qui permet à une victime de crime de connaître le statut carcéral de son agresseur pratiquement en temps réel : s’il est incarcéré, s’il est transféré dans une autre prison, s’il s’est évadé, s’il doit être libéré, s’il est décédé, etc.

Surtout, lorsque l’agresseur porte un bracelet électronique GPS, VINE permet d’informer la victime si l’agresseur ne respecte pas les conditions de son placement sous surveillance à distance : s’il n’est pas présent chez lui alors qu’il devrait y être, s’il rentre dans une zone où il n’est pas censé se rendre, s’il a échappé à la surveillance électronique, etc.

Vous imaginez, si un tel système existait en France ?

Karim, même s’il avait été laissé libre, aurait été équipé d’un bracelet GPS, et Cathy aurait été informée en temps réel de la menace qu’il pouvait représenter pour elle.

Ce jour où il l’a défiguré, probablement pour le restant de ses jours, elle aurait été avertie à l’avance qu’il se rapprochait d’elle, elle aurait pu fuir, l’éviter, la police aurait été prévenue en temps réel que Karim avait une nouvelle fois violé son interdiction de territoire et qu’il se rapprochait de l’école de ses enfants.

Et Cathy ne serait pas aujourd’hui à l’hôpital à souffrir le martyr.

Seulement voilà, en France le bracelet électronique GPS est pratiquement inconnu. La justice française en est restée au bracelet radio, qui oblige son porteur à rester à proximité d’une borne placée chez lui pour être localisé. Et comme les gens ne peuvent pas rester tout le temps chez eux, ils n’ont l’obligation de rester à proximité de la borne qu’à certaines heures de la journée.

C’est pendant l’une de ces « permissions de sortie » qu’Adel Kermiche avait égorgé le père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray. Adel Kermiche était équipé d’un bracelet électronique « à la française »…

Ce retard de la justice française est absolument sidérant.

Pourtant ces bracelets GPS existent. Il y a des sociétés qui proposent ces produits innovants et qui pourraient très facilement fournir tout le matériel nécessaire si les pouvoirs publics daignaient faire appel à elles.

A l’IPJ par exemple nous avons rencontré récemment le directeur du développement de l’une d’entre elles, la société Géosatis.

Nous avons tourné une vidéo avec lui, publié un entretien, diffusé l’information tout autour de nous et notamment aux élus, qui votent les lois faites pour nous protéger.

Les solutions existent ! Elles sont disponibles immédiatement. Leur efficacité est prouvée.

Et au lieu de cela, notre justice laisse libre des individus à la dangerosité avérée et fournit à leur victime des téléphones portables…

Ce retard, cette inaction de la justice française est plus que choquant, il est presque criminel.

Combien de victimes comme Cathy avant que les pouvoirs publics se décident enfin à faire le nécessaire ?

A l’IPJ des affaires comme celle-ci nous motivent encore plus. Elles nous prouvent que nous avons raison. Que nous avons les bonnes solutions. Et que nous sommes les seuls à les proposer.

C’est pourquoi je vous demande de bien vouloir m’aider à continuer notre action. J’ai besoin de vous pour continuer à rendre public notre travail. C’est en continuant, sans se lasser, de marteler notre combat qu’il finira par être incontournable aux pouvoirs publics. Mais pour cela, j’ai besoin de vous.

Faites un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

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« Il s’agit d’un déséquilibré »

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Chère Madame, cher Monsieur,

« Il s’agit d’un déséquilibré » …

Autrement dit, circulez, il n’y a rien à voir. Vous l’avez forcément remarqué, à chaque attaque vraisemblablement terroriste on entend pratiquement aussitôt dans les médias : « l’assaillant est un déséquilibré ».

Dimanche dernier à la Seyne-sur-Mer, une ville juste à côté de Toulon, une jeune femme de 24 ans, dont le nom n’a pas été dévoilé par les médias, est entrée dans le centre commercial qu’elle fréquente régulièrement, pour y attaquer au cutter les passants. Au cutter ! En criant «Allah Akbar» …

Deux personnes ont été blessées mais cela aurait pû être beaucoup plus dramatique.

Dans les médias on a lu : « le procureur évoque l’état “d’excitation extrême » de l’auteure des faits au moment de l’interpellation, qui s’écrit : « Allahou akbar, vous êtes des mécréants » mais aussi  » je suis la chérie de Dieu ». »

Probablement une déséquilibrée…

Il y a trois jours à Nice, un homme a aussi tenté d’attaquer des policiers avec un cutter au moment où il se faisait interpeller.

« Les policiers municipaux ont constaté en arrivant sur place que l’homme de 29 ans diffusait également des versets du coran, à travers les hauts-parleurs de son téléphone » a expliqué le journal le Figaro.

Probablement un déséquilibré…

Braves gens, ne vous inquiétez pas, dormez sur vos deux oreilles. Il s’agit, à chaque nouvelle attaque, d’un « déséquilibré ».

Tout est dit. Puisqu’il s’agit d’un « déséquilibré », ce qu’il a fait n’est pas rationnel…Il n’y a rien de plus à comprendre ni à faire.

Sauf que cette situation ne me convient pas du tout.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il me semble que l’on ne peut pas avoir affaire à un déséquilibré à chaque fois que le problème terroriste se pose. C’est un peu trop facile.

Bien sûr que les personnes qui fomentent ou participent à des actes terroristes ne sont pas «normales», en un certain sens. Ce n’est pas n’importe qui qui est capable d’attaquer des inconnus au couteau, ou de foncer avec une camionnette dans la foule, ou de se faire exploser.

Sans doute certains sont « influençables », voire « perdus » mais on ne doit pas pour autant les déresponsabiliser de leurs actes.

L’idéologie islamiste agit comme pour une secte, elle séduit des « fidèles » qui seront prêts à tout pour défendre leurs valeurs. C’est un choix, une route prise en conscience et souvent après un long cheminement personnel, et pas du tout un « coup de folie » comme on voudrait nous le faire croire.

L’islamisme radical séduit : des musulmans qui se radicalisent, des migrants qui arrivent en France avec de sombres desseins, des délinquants qui se convertissent en prison, et des personnes « fragiles » qui se font happer par cette idéologie mortifère et pensent trouver un sens à leur vie en tuant des « mécréants ».

Il faut appeler un chat un chat.

Etre fiché S n’empêche rien.

Alors que faire ?

Il faut chercher à comprendre qui sont les terroristes, quels sont leurs profils, pour mieux les combattre et les empêcher de passer à l’acte.

Il faut comprendre qui se radicalise, dans quelles conditions, comment, pourquoi et adapter la riposte à leur menace.

Il faut prendre le problème à bras le corps et AGIR.

A l’IPJ, nous ne sommes pas la police ni la justice. Nous n’avons pas leurs moyens d’action. Mais, nous avons le savoir. Des experts psychiatres, avocats, juges, journalistes, criminologues qui rencontrent les terroristes et les côtoient, nous ont donné leur accord pour qu’ensemble nous allions expliquer aux élus, députés et sénateurs, QUI EST LA MENACE.

A la rentrée, nous allons organiser un grand colloque avec tous les experts sur le sujet. Si nos dirigeants veulent combattre efficacement le terrorisme, il va falloir écouter les bonnes personnes.

Elles ont beaucoup à dire. Chaque rencontre avec l’une d’elles est une mine d’informations qu’il faut absolument partager.

Je vous en dirai plus dans très peu de temps sur ce colloque que nous organiserons à la rentrée. Nous allons faire en sorte que ceux qui ont des choses à dire puissent partager leurs témoignages à l’Assemblée nationale. Aux députés.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Et ça continue encore et encore…

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Chère Madame, cher Monsieur,

Si vous vous souvenez, je vous ai écrit un message il y a quelques jours pour vous donner une liste, qui n’était pas complète, des faits divers hallucinants qui se sont déroulés en prison en mai.

J’apprends qu’en seulement 3 jours, il s’est passé au moins une dizaine d’incidents. Et pas que des peccadilles, voyez plutôt ce que le site Actu pénitentiaire a notamment recensé :

A Saint Brieuc, on apprend qu’une femme qui était placée sous bracelet électronique le faisait glisser de sa cheville et le laissait chez elle, pour pouvoir aller et venir sans se soucier de son contrôle judiciaire. Comment les gendarmes ont-ils découvert le pot-aux-roses ? en se rendant chez elle « dans le cadre d’une autre affaire», le bracelet était posé sur la table de la salle à manger.
Un jeune surveillant de 27 ans, à la prison de Fleury-Mérogis, s’est suicidé.
A la prison de Draguignan, un détenu a tout simplement ébouillanté avec de l’huile un surveillant au moment où celui-ci ouvrait sa porte de cellule. Ce dernier a été hospitalisé en urgence, gravement touché au visage et sur une épaule.
Et dans l’est de la France, à la maison d’arrêt de Sarreguemines, un détenu qui sortait d’une consultation ORL s’est évadé. Heureusement, les policiers ont tout mis en œuvre pour le retrouver rapidement…

Dans une chanson assez populaire, il me semble que les paroles sont « Et ça continue encore et encore, c’est que le début d’accord, d’accord … »

Pour la prison, j’ai bien peur que ce soit le même refrain, et qu’il ne soit pas prêt de s’arrêter.

Vous faites peut-être partie des centaines de sympathisants de l’IPJ qui ont déjà répondu à notre questionnaire sur les prisons. Si c’est le cas, merci beaucoup. Mais si vous ne l’avez pas encore fait, n’attendez plus, nous avons besoin de vos réponses et de votre avis.

Plus vous serez nombreux, plus nous serons confiants pour aller défendre notre position et demander à être entendu. Cela ne prendra que 2 minutes de votre temps, mais c’est vital pour l’IPJ. Cliquez ici pour y répondre.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

« Attention, je compte jusqu’à trois, 1 … 2 … »

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Chère Madame, cher Monsieur,

En France, que fait, d’après vous la justice avec un homme déjà condamné 12 fois ?

Je suis mère de famille.

Je suis sûre, si vous êtes parents ou grands-parents que vous avez déjà, vous aussi, usé de la méthode : « Attention, je compte jusqu’à trois… 1… 2…. »

Avec ma fille de trois ans, j’y ai recours lorsqu’elle refuse de finir son assiette, lorsqu’elle s’agite trop et que je ne peux pas l’habiller, lorsqu’elle fait un caprice dans un magasin… Et à chaque fois, je me surprends moi-même tant cette formule fonctionne.

« Attention, je compte jusqu’à trois » : elle se redresse et me regarde avec défi.

Mon premier doigt se lève, « 1 » : elle commence à se radoucir.

Mon deuxième doigt se lève « 2 » : elle se calme et redevient le petit ange blond que je connais.

D’accord Laurence, me direz-vous, mais quel rapport avec les questions de justice et de sécurité qui nous intéressent ?

Le rapport est simple. Lorsque l’on sait que la sanction tombe rapidement et systématiquement, elle devient dissuasive. Retenez bien ces mots car il sont la clé d’une justice pénale qui fonctionne efficacement.

Si je dis « 3 » à ma fille, elle sait qu’elle sera punie, elle ira au coin, ou bien n’aura pas le droit de regarder un dessin animé, ou une autre chose du même genre. Et c’est exactement pour cela qu’elle se résout à stopper ses bêtises avant que je ne parvienne à « 3 ».

Cela relève du bon sens, vous serez d’accord avec moi.

Mais manifestement le bon sens n’est pas la chose la mieux partagée du monde. A Montpellier, par exemple, le 12 avril dernier un chauffard nommé Imad K., qui voulait échapper à la police, a commencé par blesser un agent en lui fonçant dessus avec sa voiture, puis il a ensuite tué une retraitée de 78 ans qui traversait tranquillement la rue en traînant son chariot à roulettes.

Ce chauffard n’est pas n’importe qui. C’est un homme déjà condamné 12 fois.
Interpellé au terme de trois ans d’enquête concernant un vaste trafic de voitures, il avait été incarcéré, mais comme l’explique le journal Midi Libre « bien qu’ayant été déjà 12 fois condamné, il avait bénéficié d’une remise en liberté, les juges estimant que les dernières péripéties l’ayant envoyé derrière les barreaux n’étaient pas assez crédibles ». Incarcéré fin décembre, libéré le 5 janvier.

Pas assez crédibles…

Pourtant, déjà mis en examen en septembre 2016 et placé sous contrôle judiciaire il avait violé les conditions de son contrôle et immédiatement repris ses activités délinquantes.

Le 12 avril dernier, pour échapper à la police venu l’interpeller, il n’a pas hésité à semer la mort sur sa route.
Et aujourd’hui, il est toujours recherché.

« Attention, je compte jusqu’à trois… »

Croyez-vous que les juges qui ont traité son cas lui ont dit « Attention, nous allons compter jusqu’à 3… » ?

Ils ont compté jusqu’à 12 et puis… et puis rien.

« Au revoir Monsieur, vous êtes libre de poursuivre vos méfaits, nous vous donnons une 13ème chance »

Et que dire de Bara, un Algérien de 44 ans, déjà condamné 22 fois, notamment pour des violences sur l’une de ses compagnes ?

En janvier dernier il sort de prison. La mère de l’un de ses enfants accepte de l’héberger ponctuellement, pour le dépanner. Deux mois plus tard, comme l’explique le journal Le Progrès : « Coups de poing au visage, tentatives d’étranglement, et menaces terrifiantes, couteau en main : “Je vais t’éventrer du haut jusqu’en bas” ». Pendant des heures.

A votre avis, Bara, déjà condamné 22 fois, a t-il eu peur, au moment de commettre son nouveau forfait d’être condamné une 23ème ? A-t-il eu peur des sanctions que pourrait lui infliger la justice française ?

Non, bien sûr. Tout comme Imad K., tout comme beaucoup d’autres délinquants il vit manifestement dans un sentiment d’impunité, sans craindre ce qui pourrait lui arriver s’il était condamné.

Cela n’est pas acceptable. Ce n’est pas recevable pour la famille de la pauvre dame qui allait simplement faire des courses et qui a été fauchée sans pitié. Ce n’est pas recevable pour cette femme qui a vécu des heures de cauchemar en craignant de mourir sous les coups de son bourreau. Ce n’est pas audible pour les citoyens honnêtes qui respectent les règles et qui doivent craindre de croiser un jour la route d’un Imad ou d’un Bara.

Le criminologue canadien Maurice Cusson a écrit pour l’IPJ une étude passionnante sur la dissuasion. Il explique clairement : « simplement parce qu’elle existe, cette redoutable machine à punir et à rendre justice fait sentir son influence sur la plupart d’entre nous. Elle nous conduit à conclure que nous n’avons intérêt ni à frauder, ni à voler, ni à tuer notre prochain ».

Sauf qu’en France aujourd’hui, ceux qui choisissent la carrière délinquante le font en sachant que ce système punit peu, et très tardivement. Que sa clémence démesurée leur permet de commettre de nombreux méfaits avant de recevoir une sanction véritable.

C’est le constat du criminologue : « Les peines de prison avec sursis ou encore des sentences inexécutées seront trop peu sévères pour avoir un impact car elles se situent bien en deçà du seuil minimal de sévérité, du moins, pour bon nombre de délinquants. »

Rappelons qu’en France ce sont près de 100 000 peines de prison ferme qui sont en attente d’exécution, et qui mettront des mois ou des années avant d’être exécutées. Si jamais elles le sont…

Cela conduit à des drames, comme à Montpellier.

Notre justice est à bout de souffle, et nous souffrons tous de sa patience et de son laxisme avec les délinquants récidivistes et réitérants. Comment comprendre qu’un homme déjà condamné à de multiples reprises ne soit pas mis hors d’état de nuire pour un bon bout de temps ? Pourquoi ne pas entendre les criminologues et les spécialistes qui travaillent sur ces questions, sans idéologie ?

« Dissuader, c’est inciter un délinquant potentiel à renoncer à commettre un crime par la menace d’une peine qui le conduira à conclure que ses risques dépassent son espérance de gains ».

Aidez-moi à diffuser la bonne parole et à faire entendre la voix des experts qui nagent à contre-courant des idées dites « humanistes », qui sont en réalité des idées très cruelles pour les victimes et les gens honnêtes.

La bataille des idées bat son plein. Contre les lobbies laxistes qui ont leurs entrées dans les ministères pour faire entendre leur voix, nous devons nous élever. Pour cela, à l’IPJ nous faisons le choix d’atteindre les députés et de leur remettre des argumentaires clairs, sans détours et détaillés pour alimenter leur réflexion. Pour que leur vote reflète ce que nous voulons pour la France. Nous sommes la majorité silencieuse qui réclame le droit à vivre en sécurité. Nous pourrions tous être cette vieille dame écrasée par un homme « bien connu de la justice ».

Pour cela, j’ai besoin de votre aide. Nous devons faire gagner notre vision de la société et notre conception de la sécurité.

S’il vous plaît, soutenez l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Je sais que je vous le demande régulièrement, et je vous prie de m’en excuser, mais notre action nécessite des moyens pour être menée à grande échelle.

Avec toute ma gratitude et tout mon dévouement,

Laurence Havel

L’erreur est humaine, mais…

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Chère Madame, cher Monsieur,

Cette information est passée un peu inaperçue, mais il faut bien l’admettre l’actualité est “ chargée “. Personne, à moins de passer sa journée sur son ordinateur et devant sa télé en même temps, ne peut tout voir.

C’est aussi pour ça que nous sommes là à l’IPJ. Pour relever un maximum d’informations, de dysfonctionnements, de lois que le gouvernement voudrait faire passer rapidement et sans bruit, de décisions de justice ubuesques… La liste est longue.

Et justement cette semaine, un article de France Info m’a fait bondir. Je n’exagère pas.

« Un homme de 28 ans mis en examen pour meurtre a été remis en liberté mardi 3 avril à Lyon(Rhône) après une erreur de date sur la convocation destinée à prolonger sa détention provisoire»

Le jeune homme est accusé d’avoir blessé mortellement d’un coup de couteau un autre homme à la sortie d’une discothèque. Il ne s’agit pas d’une accusation d’excès de vitesse ou de petits trafics. On parle de quelqu’un qui est mis en examen pour meurtre.

« Quand un suspect est incarcéré, sa détention fait l’objet d’un renouvellement au bout de la première année, puis tous les six mois. Cet homme devait donc être convoqué avant le mardi 3 avril, or le juge des libertés et de la détention a fixé la date du 12 avril, hors des délais ».

L’erreur est humaine. C’est une évidence mais il faut la rappeler. Nous sommes tous faillibles et chacun de nous, moi la première, peut se tromper dans des dates, dans des commandes, dans des quantités… Mais une erreur de ce genre au sein de l’institution judiciaire ne devrait jamais avoir des conséquences aussi lourdes.

Une erreur de date (même d’un jour) peut permettre la libération d’une personne mise en examen pour meurtre. C’est INCOMPRÉHENSIBLE et ANORMAL.

Il est vrai que les magistrats ont beaucoup de travail et que les moyens techniques à leur disposition sont souvent insuffisants et obsolètes. Dans ces conditions, une erreur peut arriver. Et ce d’autant plus que la procédure se complexifie d’année en année. Les avocats de la défense le savent bien et traquent la moindre petite faute pour faire annuler des procès-verbaux, des gardes à vue ou même parfois, comme ici, faire carrément libérer leur client.

Malheureusement, c’est de bonne guerre, puisque le droit le permet.

Et c‘est justement là que le bât blesse.

A l’Institut pour la Justice, nous sommes évidemment pour que les droits de la défense soient strictement respectés.

Que l’institution judiciaire honore cette mission qui est la sienne de tenir la balance égale, mais sans se livrer à une application aveugle de la règle, sans faire preuve d’un minimum de discernement…

Comment ne pas comprendre qu’une majorité de Français trouve la justice déconnectée de la réalité qu’ils vivent et ne lui fassent plus confiance ?

Comment ne pas se mettre à la place de la famille de la victime qui vit avec l’angoisse de croiser cet homme dans la rue ou au supermarché ?

Il faut absolument modifier la loi pour faire en sorte que lorsque des erreurs surviennent, elles soient traitées différemment. Pour éviter les résultats choquants qui peuvent se produire aujourd’hui.

Car dans ce cas, l’avocat du jeune homme se réjouit : « C’est assez « inespéré » pour lui car il va rester libre jusqu’à son procès, dont les dates ne sont pas encore fixées, l’instruction étant sur le point de se terminer ».

Nous pouvons avoir l’occasion très prochainement de mettre cette question au cœur des débats, et d’agir de manière décisive pour les victimes.

La Ministre de la justice lance une réforme de la justice pénale. Le projet loi va bientôt arriver à l’Assemblée nationale. Il me semble indispensable d’ajouter aux débats et à la réflexion le sujet des vices de procédures.

Les députés pourront soumettre des amendements, que nous leur soufflerons, pour faire avancer le droit sur ce point.

Avec mon équipe, nous sommes déjà au travail. Les juristes épluchent les points de droit qu’il faut réformer, et nous porterons nos travaux auprès des députés, nous avons déjà commencé. Mais pour cela, nous avons besoin de vous. Votre soutien est inestimable.

Si comme moi, vous ne voulez pas baisser les bras, je vous le demande, faites un don pour soutenir l’Institut pour la Justice.

Un immense merci d’avance.

C’est très important.

Si nous n’agissons pas, qui le fera ?

Vous pouvez adresser votre soutien ici.

Avec mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

« Barre toi d’ici ou je te casse les jambes »

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Chère Madame, cher Monsieur,

trebes

Sur les photos, parues dans le Parisien : le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, Christian Medves, Hervé Sosna et Jean Mazières.

Ces visages, nous les avons tous vus à la télévision ou dans les journaux depuis vendredi. Ce sont les quatre victimes du terroriste de l’Aude qui a frappé à Trèbes.

4 morts, 15 blessés.

Certains disent que Redouane Lakdim aurait pu causer beaucoup plus de victimes et que le bilan n’est donc pas si dramatique. Ce n’est pas vrai, ces quatre morts sont insoutenables et si jamais leur famille lit ces quelques lignes, qu’elle sache qu’à travers moi, tous les membres de l’IPJ sont meurtris pour elles.

Depuis vendredi, on en apprend de plus en plus sur le terroriste.

Encore un jeune délinquant de droit commun.

Encore un jeune homme d’origine étrangère issu d’une zone “de non-droit”.

Encore un fiché S radicalisé qui n’avait pas été jugé dangereux par les services de surveillance.

Plusieurs experts de l’IPJ sont montés au créneau ces derniers jours pour dénoncer cette situation à laquelle personne ne doit s’habituer :

Dans le Figaro, notre porte-parole Maître Guillaume Jeanson a écrit : « puisque la guerre qu’on nous prédit sera longue, octroyons-nous des moyens décents pour la mener. Ces moyens doivent d’abord concerner les renseignements. Eric Ciotti a rappelé très opportunément qu’en près d’une décennie les effectifs de la DGSI ont progressé d’à peine 30 % alors que “le nombre de personnes dans les radars des services pour islamisme radical a été multiplié par quatre“. Ces moyens doivent ensuite concerner la justice et la pénitentiaire. »

Car de son côté, la justice a une marge de manœuvre qu’elle n’exploite pas. Maître Thibault de Montbrial, spécialiste du terrorisme et expert associé à l’IPJ s’en désole lui aussi dans le Figaro :

« Du côté de la justice, il est regrettable que les tribunaux n’utilisent pas plus la peine complémentaire d’interdiction du territoire français assortie d’une expulsion à l’issue de la peine, prévue par l’article 131-30 du Code pénal. Les étrangers qui commettent crimes ou délits graves n’ont pas leur place dans notre communauté nationale, d’autant que ce profil délinquant constitue la base de recrutement de “ l’infanterie djihadiste “ sur notre sol. L’analyse du profil de la grande majorité des auteurs des attentats depuis fin 2014 le démontre.

Combien de victimes faudra-t-il encore pour que tous soient convaincus d’utiliser systématiquement les outils administratifs et judiciaires qui permettent d’éloigner les étrangers en situation irrégulière ou délinquants ? »

Il y a derrière cet attentat un phénomène, qui s’étend dans les banlieues, depuis des années, et que beaucoup ont préféré ne pas voir. Nous sommes de ceux qui, depuis des années également, ont tenté d’alerter les élus à ce sujet. Nous avons toujours donné la parole aux policiers, qui sont en première ligne, et qui ont vu la situation se dégrader inexorablement.

Résultat aujourd’hui : il y a des quartiers où l’on ne peut pas s’aventurer sans craindre pour nos vies. Je n’exagère pas. Voyez ce qui se passe dans la cité Ozanam de Carcassonne, fief du Redouane Lakdim : les journalistes se font barrer la route, manu militari, lorsqu’ils veulent enquêter sur le terroriste abattu par les forces de l’ordre.

Que l’on ait des inimitiés pour certains journalistes, dont le traitement de l’information peut parfois irriter, est une chose. Mais qu’on les empêche par la menace ou la force de faire leur métier est inacceptable, et constitue un danger pour nous tous.

Surtout quand ceux qui s’en prennent aux journalistes paraissent soutenir les actes odieux de Lakdim.

Voilà ce que raconte un journaliste sur Twitter : « Cité Ozanam, à Carcassonne. Deux jeunes en voiture font le guet. L’un s’arrête à ma hauteur, alors que je marche : “T’es journaliste ? Barre toi d’ici ou je te casse les jambes“. Et il entrouvre la porte… Regard haineux. Toutes les issues sont contrôlées. Impossible d’y rester ».

Dans le magazine Le Point, même son de cloche : « Le journaliste a également raconté à France info que les jeunes avaient surtout frappé l’équipe de la télévision suisse-italienne et évoque une “très vive altercation“. Marc Dana précise que les journalistes ont été poursuivis par une voiture tout autour de la cité alors qu’ils tentaient de rapidement quitter les lieux. Des habitants se plaignent du climat de tension qui règne dans cette cité sensible de Carcassonne. » Interrogée par France 3 Occitanie, une retraitée dénonçait la situation : « Ça faisait un moment qu’on alertait les pouvoirs publics, il y a du trafic, il y a des armes à feu qui doivent circuler, on entend des coups de feu. » Et de conclure : « C’est une minorité qui pourrit le quartier, ils ont pris le pouvoir. Avant, il y faisait bon vivre, mais, maintenant, c’est craignos. »

Et nous sommes ici à Carcassonne. Il ne s’agit pas des quartiers Nord de Marseille, d’Aulnay-sous-Bois ou de Trappes. Non, il s’agit de Carcassonne, cette ville de 50 000 habitants.

Ces zones “de non-droit“ se développent partout en France ; les petites villes et les zones rurales ne sont pas épargnées.

C’est un danger qu’il faut absolument neutraliser. Ces bulles qui se développent contre l’autorité, la loi, l’école, la culture française, sont incontrôlables et fournissent le vivier des islamistes radicalisés qui attaquent et qui tuent.

Maître Thibault de Montbrial tire la sonnette d’alarme, il sait que nous ne voyons que la partie émergée de l’iceberg et que la menace va encore s’accroître :

« Il y a urgence. Le nombre de gens présents sur notre territoire qui haïssent notre pays est déjà dramatiquement élevé. Bientôt, ces potentiels artisans du djihad recevront le renfort des anciens de Syrie, soit prochainement libérés des prisons françaises, soit clandestinement de retour en Europe – tous les djihadistes francophones n’ont pas été tués ou fait prisonniers là-bas, tant s’en faut. La menace endogène recevra alors le renfort de terroristes aguerris, susceptibles de recruter, former, structurer et coordonner des attentats sur notre sol. »

Dont acte.

Je vous encourage à lire sur ce sujet la tribune rédigée par le porte-parole de l’IPJ Me Guillaume Jeanson qui pointe du doigt ce qu’il faut améliorer : « Faire mieux sur la question du fichage. Faire mieux sur celle de la porosité inquiétante qui existe entre le terrorisme et la délinquance de droit commun. Faire mieux enfin sur celle de ces zones de non-droit qui prolifèrent comme autant de terreaux fertiles d’une détestation et d’un rejet de plus en plus affirmé de notre modèle de société. »

Je termine mon message par une pensée pour le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, qui a sauvé une vie par son sacrifice et qui recevra un hommage national demain. Le général d’armée David Galtier, inspecteur général des armées a écrit à son sujet « il a non seulement sauvé une vie mais également montré qu’il existe des raisons d’espérer face à un fléau qui se combat par la cohésion nationale, la solidarité entre États et la force d’âme des gardiens de la République. »

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

ps : Vous pouvez lire la tribune de Me Jeanson en cliquant ici.

La vérité sur “l’affaire Théo” ?

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Ce mail est un peu long, mais cette affaire mérite que l’on soit précis.

Qui a dit ?

« Comment ne pas être choqué par ce qui est arrivé à Théo ? Parce qu’à Aulnay, c’est la force illégitime de l’Etat qui a eu cours et la dignité d’un jeune garçon, d’une famille et d’un quartier, qui a été mise en cause. Je tiens à rendre hommage à Théo et à son entourage. Alors que tout semble les pousser vers la haine et la révolte, ils font preuve d’un formidable sang-froid. »

C’est ce qu’a déclaré Emmanuel Macron, le 8 février 2017. C’était six jours après le début de ce que l’on a ensuite appelé « l’affaire Théo ».

Laissez-moi vous rappeler les faits.

Le 2 février 2017, quatre policiers de la Brigade Spécialisée de Terrain (BST) d’Aulnay-sous-Bois procèdent à un contrôle d’identité sur un groupe de jeunes gens. Rapidement le contrôle dégénère. Les individus contrôlés s’enfuient. L’un d’entre eux, Théo Luhaka, 22 ans, se bat avec un policier. Les quatre agents tentent de l’interpeller. Théo, un solide gaillard d’un mètre quatre-vingt dix, se débat violemment. Il est finalement maîtrisé. C’est à son arrivée au commissariat que les policiers disent constater qu’il saigne au niveau des fesses. Théo est alors transporté à l’hôpital, où un médecin diagnostiquera « une plaie longitudinale du canal anal » et une « section du muscle sphinctérien ».

De son lit d’hôpital, le jeune homme accuse les policiers d’avoir baissé son pantalon et son caleçon et de lui avoir volontairement introduit une matraque télescopique dans l’anus au cours de l’interpellation !

Dans ses premières déclarations, Théo est très précis.

Un fonctionnaire lui aurait, dit-il, « enfoncé le bâton dans les fesses après avoir écarté le caleçon sur le côté » pendant qu’un autre lui « tenait les jambes », un troisième le maintenant « légèrement incliné debout ».

Les policiers accusés nient vigoureusement avoir accompli un tel geste, mais qu’importe. Le parquet est saisi. Le juge chargé de l’affaire met en examen pour viol le policier qui a fait usage de sa matraque télescopique, et les trois autres pour violences volontaires aggravées.

Les quatre fonctionnaires sont placés sous contrôle judiciaire et le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bruno Le Roux, suspend les quatre policiers « immédiatement et à titre conservatoire ». Et la tempête médiatique commence à se déchaîner.

Des journaux font leurs gros titres sur le « viol » de Théo. Dans une tribune parue dans Libération, des dizaines « d’artistes » traitent les 4 policiers de « monstres » et de « brebis galeuses ».

Les politiques ne sont pas en reste pour dénoncer les « brutalités policières ». Et le 7 février, François Hollande, le président de la République lui-même, se rend au chevet de Théo, pour lui témoigner son soutien et se faire photographier avec lui.

Et parallèlement des émeutes éclatent un peu partout en France. Les émeutiers réclament « justice pour Théo » en incendiant des véhicules et en affrontant brutalement les policiers. Le 11 février à Bobigny, le 15 et le 18 février à Paris, le 11 et le 17 février à Rouen…

L’enquête n’est qu’au début, mais on a l’impression que les policiers sont déjà jugés coupables.
Pourtant des éléments discordants apparaissent…

Dès le 10 février, l’Inspection Générale de la Police Nationale, qui a visionné les images de l’arrestation filmée par une caméra de vidéo surveillance, retient la thèse de l’accident et écarte toute « idée de viol délibéré ».

Que voit-on dans la vidéo ? Que Théo ne s’est pas laissé menotter et que l’un des policiers, en tentant de le maîtriser, lui a porté un coup de matraque sur le haut des cuisses, pour, selon lui, le mettre à genou et lui faire lâcher prise.

Exactement ce que les policiers avaient affirmé dès le début.

Le 3 mars, lors de sa première audition devant la juge d’instruction, Théo est confronté à ces mêmes images de la vidéo surveillance, qui contredisent sa version des faits. Il reconnaît alors que les policiers n’ont pas baissé son pantalon de survêtement mais que celui-ci avait glissé, parce qu’il était trop large et pas attaché.

Depuis, d’autres éléments sont encore venus s’ajouter au dossier.

Nous avons tous pu visionner la scène filmée par la caméra de vidéo surveillance. Ce que l’on y voit ressemble en effet beaucoup à la version donnée par les policiers.

Il y a 3 semaines, deux expertises médicales ont conclu à l’absence de viol, et que l’unique coup de matraque porté au niveau des cuisses pour le déséquilibrer n’est « pas contraire aux règles de l’art ». Aujourd’hui nous en sommes là.

Une confrontation générale devrait avoir lieu dans les semaines à venir. En attendant les quatre policiers restent mis en examen, et celui qui a porté le coup de matraque ayant blessé Théo est toujours suspendu de ses fonctions.

La justice devrait rendre son verdict définitif prochainement ; on peut du moins l’espérer. Mais une chose est sûre : les policiers ont été immédiatement traînés dans la boue dès que l’affaire a éclaté. La police toute entière a été traînée dans la boue, par certains médias, par certains hommes politiques.

Vous je ne sais pas, mais moi cela m’indigne profondément.

D’ailleurs, Céline Berthon, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale, l’a très bien expliqué dans Le Figaro :

« Dans tout autre domaine, lorsqu’un personnage public diffame, il se rétracte et fait acte de contrition. Nous aimerions que pour la police nationale il en soit de même. Que la communauté des policiers ait aussi droit au respect et à la présomption d’innocence. Que ceux que l’on a taxés de violeurs puissent se voir rétablis dans leur dignité. »

Croyez-vous qu’il y aura des excuses ? Que ceux qui ont porté des accusations très graves, qui ont préféré croire Théo sur paroles plutôt que quatre policiers assermentés, viendront publiquement présenter des excuses ?

A votre avis ?

Pour le moment, le seul à avoir eu l’honnêteté et la décence de présenter des excuses, c’est le boxeur Patrice Quarteron. Dans une vidéo publiée sur son compte Twitter, vue plus de 35.000 fois et largement relayée, le boxeur français reconnaît, après avoir vu les images de l’arrestation de Théo, avoir fait « une grave erreur » d’appréciation.

Il dit :

« Je pensais vraiment que vous aviez fait exprès de sodomiser le garçon. […] Je viens de voir la vidéo. Comme quoi, il faut garder la tête froide et ne pas hurler avec les loups ».

On ne saurait mieux dire. Certaines personnes, pourtant investies de grandes responsabilités publiques, ont préféré hurler avec les loups, et partir d’une présomption de culpabilité pour la police.

Et c’est très grave.

Car il ne s’agit pas seulement de l’honneur de quatre hommes, ou bien de l’honneur de la police elle-même.

Des accusations de ce genre, portées sans vergogne par les médias et les hommes politiques, ont un effet dramatique sur l’action de la police, et donc sur notre sécurité à tous. Vous ne me croyez pas ?

Laissez moi vous parler de ce que les Américains ont appelé « l’effet Ferguson ».

Le 9 août 2014, à Ferguson, dans la banlieue de Saint Louis, un jeune homme noir de 18 ans, Michael Brown, est tué par l’agent de police Darren Wilson. La rumeur se répand très vite que Brown a été abattu de sang-froid alors qu’il avait les mains levées en signe de reddition. Dès le lendemain, des émeutes commencent, et les accusations de racisme se mettent à pleuvoir sur les policiers, tous les policiers, dans les médias et parmi les hommes politiques.

La vérité est pourtant toute différente.

La vérité : Brown est un colosse de 1m93 et 130 kilos qui vient tout juste de commettre un vol avec violence dans une épicerie. L’agent Wilson qui tente de l’arrêter, se fait frapper par le délinquant qui tente de s’emparer de son arme. L’agent de police finit par tirer sur Michael Brown, en état de légitime défense.

Mais le mal est fait. C’est un drame car un homme est mort, mais cela va même plus loin…

Désormais, à cause de l’agitation médiatique qui a entouré la mort de Michael Brown, lorsque la police utilise la force contre un afro-américain et qu’un drame survient, on parle directement d’une bavure et on crie au racisme policier. S’ensuivent donc des émeutes et des scènes de pillage relayées par toutes les télévisions, sans même connaître les tenants et les aboutissants de chaque affaire…

Quelle conséquence ? Les interventions des policiers dans les quartiers à majorité afro-américaine font face à des résistances de plus en plus violentes d’une partie de la population, qui prend le parti des délinquants contre les policiers. Ces policiers préfèrent donc, de plus en plus souvent, s’abstenir d’intervenir plutôt que de risquer devoir faire usage de la force.

Une de nos expertes, Heather MacDonald, qui est américaine et qui a étudié la situation alerte :

« En 2015, l’année qui a suivi la mort de Michael Brown, l’activité policière a nettement diminué et les homicides ont augmenté dans la plupart des grandes villes : de 90% à Cleveland ; à Nashville de 83% ; à Washington D.C de 54% ; à Milwaukee de 72% ; à Minneapolis de 61%, etc. »

C’est « l’effet Ferguson ». La police qui se replie, à cause des accusations auxquelles elle fait face, et qui laisse le champ beaucoup plus libre aux criminels.

Et en France ? Mêmes causes, mêmes effets.

Le journaliste Jean-Marie Godard, auteur de Paroles de flics, raconte :

« Le geste de François Hollande, qui est allé au chevet de Théo sans qu’aucune preuve n’ait été faite de la culpabilité des policiers, a été une véritable gifle pour les policiers. L’enquête commençait à peine, on était en pleine séquence électorale, et le pouvoir a voulu calmer les émeutes. »

Il ajoute :

« Beaucoup de jeunes policiers ne veulent plus faire de voie publique, ils ont peur d’être piégés. Avec les smartphones et les réseaux sociaux, ils sont filmés en permanence. Leurs visages sont rendus publics sur internet, ils sont obligés de se voiler le visage en manif. La moindre image de violence est décontextualisée. On oublie que le principe même de la police, c’est l’usage de la force dans un cadre précis. Alors oui, quand un type ne veut pas se laisser arrêter, l’intervention peut être musclée. »

Et voilà pourquoi toute l’agitation médiatique autour de l’affaire Théo, toutes ces accusations lancées sans preuves, sont profondément choquantes, et irresponsables. Elles mettent en danger les force de l’ordre, et elles contribuent à faire monter la délinquance.

Certains diront peut-être, que le battage médiatique peut avoir comme conséquence positive de rendre de futures « bavures » moins probables, car les policiers feront plus attention lorsqu’ils utilisent la force.

Mais c’est exactement l’inverse !

Ce genre d’affaires dans lesquelles les policiers sont cloués au pilori et toute la police mise en accusation donne plus de confiance aux délinquants. Cela incite à résister aux forces de l’ordre, à refuser les contrôles d’identité, à essayer se battre avec les agents plutôt que d’être interpellé, comme l’a fait Théo.

Quelle option reste t-il aux policiers ? Abandonner totalement le terrain aux délinquants ? C’est évidemment inacceptable… Employer une force plus grande que celle employée par ceux qui résistent ? Mais on tombe alors dans une escalade de violences avec le risque que l’un des protagonistes soit blessé, ou pire encore. Ce n’est pas une solution…

Le risque que des accidents ou des drames se produisent à l’avenir est aggravé par ceux qui ont alimenté l’affaire Théo !

Comme l’a confié un haut gradé à Jean-Marie Godard : « Un jour, quelqu’un sortira son flingue, pour une bonne raison, et il y aura une semaine d’émeutes. Ce jour-là on verra quel parti prendra le gouvernement ».

Dans l’affaire Théo, la justice n’a pas encore rendu son verdict définitif. Mais nous sommes tous déjà capables de deviner que ce qui s’est passé est bien différent de la version que nous a présentée Théo, certains médias et certains hommes politiques, y compris, au moment des faits, le chef de l’Etat lui-même !

Peut-on appeler ça une « fake news d’Etat » comme certains ?

Je ne sais pas, mais en tout cas, il est de mon devoir de rétablir la vérité. Et de nous battre contre une certaine propagande bien-pensante qui fait systématiquement des policiers des « méchants » qui « n’aiment pas les jeunes », et qui fait des délinquants des victimes.

Cette propagande mensongère nous met tous en danger.

Si vous êtes d’accord avec moi, je vous demande de partager ce mail à votre carnet d’adresses. C’est comme cela que nous gagnerons la bataille des idées.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel