Quand la Justice laisse mourir des femmes


Chère Madame, cher Monsieur,

« Il y a une femme qui a un droit de vie ou de mort aujourd’hui sur moi, c’est la juge d’instruction. »

Laura est une mère de famille de 31 ans, qui a été victime d’une tentative de meurtre de la part de son ex-conjoint, en avril 2018 : il a tenté de l’étrangler à trois reprises devant leur fille de deux ans.

L’homme a été placé en détention provisoire en attendant le procès, mais il fait plusieurs demandes de libération.

Au mois de décembre 2018, la Cour d’appel de Versailles refuse sa sortie, le jugeant « trop dangereux », et que « seule la détention provisoire peut protéger la victime de toute pression ».

Deux mois plus tard, il est pourtant libéré après une nouvelle demande !

Et on ne lui impose qu’un simple contrôle judiciaire, sans bracelet électronique, et sans interdiction de territoire.

Mais ce n’est pas tout…

À peine sorti de prison, l’homme assigne Laura en justice devant le juge aux affaires familiales. Malgré la « dangerosité signalée par un juge », l’homme veut récupérer la garde de sa fille et exige surtout de connaître l’adresse de Laura. Il finit par l’obtenir du juge aux affaires familiales.

Il y a trois semaines, Laura s’est trouvée nez-à-nez avec celui qui avait tenté de la tuer.

Elle ne doit peut-être sa survie qu’à la présence de son père, alerté par les cris de détresse et d’effroi de sa fille.

Ce jour-là l’ex-compagnon s’est enfui. Mais demain ?

Laura a bien sûr prévenu la police et alerté la justice. On s’est contenté de lui répondre que le contrôle judiciaire auquel est soumis son ex-conjoint est « strict » et « adapté ».

Strict et adapté… Alors qu’elle s’est retrouvée du jour au lendemain face à cet homme « dangereux » et alors qu’il avait été précisé que « seule la détention provisoire peut protéger la victime de toute pression ».

Mais souvenez-vous.

Il y a presque un an je vous avais parlé de l’histoire de Cathy, une femme de 37 ans défigurée à l’acide par son ancien compagnon, le père de ses deux enfants.

Karim avait annoncé depuis longtemps son intention de faire payer à Cathy leur séparation. Il avait déjà été condamné à 18 mois de prison (avec sursis !) pour violences conjugales. Il avait l’interdiction de se rendre à Marseille, où habitait Cathy.

Ces interdictions sont théoriques puisque personne ne surveille les milliers d’individus à qui on impose ces restrictions. Il venait ainsi régulièrement la narguer et la menacer.

Encore trois jours avant de défigurer Cathy, Karim avait été arrêté pour avoir violé son interdiction de territoire. Mais il avait été laissé libre, avec une simple convocation pour trois mois plus tard…

Je ne sais pas si Laura connaît l’histoire de Cathy, mais faut-il attendre de tels drames pour que la justice protège enfin les femmes victimes de violences ?

« 53 femmes sont mortes, et beaucoup de juges ont fait de graves erreurs. Moi, je fais partie du monde des mortels. Il faut me protéger. » implorait Laura dans le Figaro, il y a quelques jours.

Oui, c’est le devoir le plus élémentaire de la justice de protéger toutes les victimes, en particulier contre les récidivistes.

Mais trop souvent la justice manque à ce devoir fondamental. Et ce manquement est d’autant plus scandaleux qu’il existe des moyens, à l’efficacité prouvée, pour mieux assurer la protection des victimes.

À l’IPJ, l’écoute et l’assistance aux victimes sont dans notre ADN. Nous sommes sans cesse à la recherche de nouveaux moyens pour que les victimes soient mieux prises en compte et protégées.

Il y a quelques mois, par exemple, nous avions proposé aux Sénateurs de mettre en place un dispositif qui permettrait aux victimes d’agression d’être informées automatiquement de la situation de leur agresseur. Par exemple s’il vient de sortir de prison, s’il a bénéficié d’un aménagement de peine, s’il a échappé à son contrôle judiciaire, etc.

Ce dispositif est inspiré d’un dispositif appelé VINE, qui existe aux États-Unis depuis de nombreuses années, et qui a largement fait ses preuves.

Les Sénateurs ont été très intéressés par notre proposition. Un amendement de l’IPJ a même été adopté par le Sénat, début octobre 2018.

Une grande victoire pour les victimes, mais hélas…

Lorsque le projet de loi sur la justice est arrivé à l’Assemblée Nationale, notre amendement a été supprimé par les députés.

Pour quel motif ?

Accrochez-vous bien : « pour protéger la vie privée du condamné », mais également pour protéger « la victime de ses propres obsessions. Lui donner la possibilité d’avoir accès à un nombre étendu d’informations sur l’auteur de son préjudice c’est l’empêcher d’aller de l’avant. »

Je vous jure que je n’invente rien ! C’est mot pour mot ce qu’ils ont dit.

Qu’attendent donc nos dirigeants pour adopter de simples mesures de bon sens, comme celles que nous proposons ? Des morts supplémentaires ? Encore plus de femmes tabassées ou défigurées ?

Il faut le répéter, le marteler : des solutions existent ! Nous les connaissons, et nous travaillons tous les jours à les faire connaître à nos élus.

Tout ceci nous montre que notre travail est plus que jamais indispensable. Nos idées progressent, puisque le Sénat avait adopté notre proposition et nous multiplions les rencontres et les courriers ces dernières semaines pour convaincre les députés dereprendre cette idée. Nous progressons et surtout, nous ne baisserons JAMAIS les bras.

C’est pourquoi je vous demande de bien vouloir m’aider à continuer notre action. J’ai besoin de vous pour continuer notre travail. C’est en continuant, sans se lasser, de marteler notre message qu’il finira par être incontournable pour les pouvoirs publics.Mais pour cela, j’ai besoin de vous. Même un don minime peut nous aider.

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Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

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Ces seniors qu’on assassine dans le silence


Chère Madame, cher Monsieur,

Il est environ 23h, ce vendredi 12 avril, lorsque Philippe sort du train à la gare de Fontainebleau-Avon. Philippe a 69 ans mais il continue à travailler malgré son âge.

Philippe habite à Vulaines-sur-Seine, à quelques kilomètres de la gare, à laquelle il se rend en voiture.

Philippe se dirige donc vers le parking aérien pour y récupérer son véhicule et rentrer tranquillement chez lui, après une longue journée de travail.

Mais Philippe ignore qu’il est suivi.

Tout à coup, alors qu’il s’approche de sa voiture, deux jeunes hommes lui sautent dessus. Ils le frappent, lui assènent de violents coups de poing au visage, puis tentent de l’étrangler. Un déchaînement de sauvagerie pour lui voler son ordinateur et son téléphone portable.

Philippe sera rapidement transporté à l’hôpital.

Mais les coups portés ont été trop nombreux, trop violents.

Il décédera quatre jours plus tard.

Les agresseurs présumés de Philippe, identifiés par la vidéosurveillance, ont été interpellés à Paris. Il s’agit de deux Algériens d’une vingtaine d’années en situation irrégulière.

Quelques jours plus tard, plus au sud, à Perpignan, des policiers se rendent en urgence chez un septuagénaire. Des voisins les ont alertés, entendant des cris de détresse.

À l’arrivée des forces de l’ordre, la victime, un vieux monsieur de 77 ans, est seul et mal en point.

Il confie avoir été frappé à de multiples reprises par un individu qui vient régulièrement lui dérober les quelques sous qu’il gagne en vendant le journal dans la rue, à Perpignan.

« Il a cassé ma porte », explique le vieux monsieur. « À chaque fois, il entre par ce trou, me frappe et fouille mes tiroirs pour voler ma recette ».

Heureusement, grâce aux voisins, le véhicule de l’agresseur a pu être identifié et ce dernier a été interpellé, comme le rapportait le journal Le Midi libre, le 7 mai.

Comme le relate le journal, le procureur de la République a requis 5 ans de prison contre Abdallah, parlant de « faits abjects » commis par un récidiviste. « Des actes confirmés par les témoignages des voisins, sur une victime en difficulté, qui ne sait même plus quel est son âge véritable, tant elle est choquée. »

Ce mardi 30 avril, un retraité qui vit dans la résidence pour seniors du Tonkin à Villeurbanne fait sa promenade habituelle dans un quartier qui est pourtant malmené par les jeunes vendeurs de drogues.

Il s’arrête devant une école et regarde des enfants jouer dans la cour d’une école maternelle. Peut-être ces enfants qui jouent lui rappellent-ils ses petits-enfants, ou bien sa propre enfance.

Mais soudain un groupe de jeunes gens l’apostrophe. Ils lui reprochent de regarder les enfants, puis l’accusent d’être un pédophile. Le vieux monsieur proteste, mais les jeunes insistent et le bousculent violemment. Il chute lourdement.

Il décèdera deux jours plus tard des suites d’un important traumatisme crânien.

Un suspect de 19 ans a été interpellé et le Parquet a tenu à préciser : « la victime n’avait aucun antécédent et les soupçons de pédophilie aucun fondement ». Le maire de la commune a par ailleurs précisé que, « cet homme était âgé de 82 ans, il était connu des services de la ville comme une personne gentille et serviable ».

Vous l’aurez remarqué, ces trois faits-divers très récents ont un point commun : toutes ces agressions violentes – dont deux mortelles – ont été commises sur des personnes âgées.

Toute agression est intolérable, mais il y a quelque chose de particulièrement ignoble lorsque les agresseurs s’en prennent délibérément à des personnes vulnérables, comme les enfants, les handicapés, ou les personnes âgées.

Nous comprenons tous qu’une agression est encore plus grave lorsqu’elle touche une personne vulnérable du fait de son âge ou de son état physique, car cela signale une lâcheté et une cruauté particulières de la part des agresseurs.

Pour s’en prendre à une personne âgée, il faut être particulièrement dépourvu de scrupules et de pitié.

C’est d’ailleurs pour cela que la justice applique, parfois, des circonstances aggravantes.

Mais pour ma part, je suis extrêmement inquiète et en colère contre ces agressions qui se multiplient contre nos anciens.

Et encore, je ne vous ai parlé que des agressions physiques. J’aurais pu vous parler de toutes les escroqueries ou les vols qui ciblent spécialement les personnes âgées, pour profiter de leur vulnérabilité ou de leur état de désorientation.

Par exemple, ce 8 mai, le journal La Provence rapportait le procès un homme qui a escroqué plus de 35 personnes âgées en trois mois seulement dans les Bouches du Rhône, l’année dernière. L’homme, âgé de 33 ans, qui se faisait passer pour un fauxpolicier pour endormir la méfiance de ses victimes, avait déjà été condamné pour des faits de violences, braquage et extorsion.

Il était en cavale au moment des faits.

Il y a quelques temps notre porte-parole, Me Guillaume Jeanson, avait parlé dans Le Figaro d’un « ensauvagement de la société », face à la montée des violences.

Ces mots sont forts mais tellement justes pour décrire la situation actuelle.

On dit parfois qu’une société peut être jugée à la manière dont elle traite les plus vulnérables de ses membres, et notamment ses anciens…

Alors, je vous le demande : comment méritons-nous d’être jugés lorsque nous laissons nos anciens être la proie de ces prédateurs abjects ?

Comment décrire notre société qui, par laxisme, par lâcheté ou par idéologie refuse d’appliquer les solutions efficaces contre la délinquance ?

Car ces solutions existent.

À l’IPJ nous les avons étudiées et nous nous battons tous les jours pour qu’elles soient mises en œuvre.

Les plus faibles d’entre nous sont les premières victimes de la criminalité. Nous devons aide et respect à nos anciens, à nos grands-parents, à nos pères, à nos mères. Mais nous leur devons aussi la protection.

Quand donc nos dirigeants se décideront-ils à remplir leur premier devoir envers les plus vulnérables d’entre nous ?

Nous ne devons plus laisser faire de tels actes…

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Poignardé à 12 ans pour un portable

Chère Madame, cher Monsieur,

Votre enfant ou petit-enfant a douze ans. Il est collégien depuis peu. La rentrée a été un moment important. Il est devenu « un grand » qui pense déjà au brevet et peut-être au baccalauréat ensuite. Il a grandi si vite que vous n’avez pas vu le temps passer…

Mais pour vous c’est toujours un enfant. Votre enfant.

Il prend maintenant le bus, les jours de semaine, pour aller à son école. Et comme tous les adolescents de sa génération il a son « portable ».

Parce qu’il en avait très envie, bien sûr, pour être comme tous ses copains. Mais aussi parce que cela vous rassure de savoir qu’il peut vous joindre à tout moment, si jamais il lui arrivait quelque chose.

Son portable, il y tient beaucoup. Il n’oublie jamais de l’emporter lorsqu’il sort de la maison.

Ce jour-là il attend le bus tranquillement, comme d’habitude. Ce pourrait être une journée de printemps ordinaire, avec un peu de pluie comme en ce moment.

Ça aurait dû être une journée ordinaire…

Mais ce jour-là deux autres adolescents l’accostent. L’ordre claque : « Donne ton portable ! »

Votre enfant refuse et résiste à ses agresseurs. C’est alors que l’un d’eux sort un couteau et lui en assène plusieurs coups.

Tandis que les agresseurs prennent la fuite, votre enfant s’effondre ensanglanté sur le trottoir.

Poignardé à douze ans pour un téléphone portable !

Vous croyez peut-être que j’invente ?

Hélas, ce que je viens de vous raconter est très exactement ce qui s’est produit il y a une dizaine de jours à Roncq, une commune située au nord de Lille.

Un enfant a reçu trois coup de couteau, dont un dans le ventre, parce qu’il refusait de céder son portable, comme le rapporte le journal La Voix du Nord.

Miraculeusement ses jours ne sont pas en danger, mais il a eu énormément de chance. Lorsque vous recevez un coup de couteau, la différence entre la vie et la mort peut être une simple question de millimètres.

Au moment où je vous écris, il semblerait que ses agresseurs, apparemment mineurs eux aussi, n’aient toujours pas été retrouvés.

Mais dans quel monde vivons-nous pour que des enfants n’hésitent pas à en poignarder d’autres pour un objet aussi banal qu’un téléphone portable ?

Sommes-nous dans un pays en guerre ?

La question se pose clairement car ce n’est même pas un événement exceptionnel, un cas isolé.

C’est pratiquement toutes les semaines que la presse rapporte des agressions au couteau. Y compris sur des enfants !

Le 23 janvier dernier, par exemple, le journal Le Parisien-Aujourd’hui en France rapportait qu’un collégien de douze ans avait été poignardé par un autre de treize ans, dans les Yvelines, à proximité de leur établissement scolaire.

Lorsque je lis ce genre de choses, je suis horrifiée et, en tant que mère, j’ai très peur.

Mais je sais aussi pourquoi je me lève pour aller travailler tous les matins.

Il est inacceptable de trembler pour son enfant lorsqu’il se rend au collège. Il est inacceptable de se dire qu’il peut mourir pour un téléphone portable, pour une cigarette ou pour un simple regard.

Et à l’IPJ, jamais nous ne l’accepterons. Jamais nous ne baisserons les bras face à ceux qui osent prétendre que l’insécurité n’est qu’un sentiment. Jamais nous n’accepterons que l’on nous explique que ces meurtriers en puissance sont des « victimes de la société » !

Nous savons pourquoi nous nous battons, et nous savons que notre cause est juste. Nous savons aussi que nous avons des solutions à proposer, des solutions qui marchent.

L’Institut pour la Justice se bat, au quotidien, pour une justice des mineurs plus ferme et surtout plus efficace, notamment en identifiant les profils les plus criminogènes et parfois très tôt. Refuser, comme certains, de voir la vérité en face, c’est renoncer à éviter le passage à l’acte ou l’ancrage de jeunes adolescents, dans la délinquance ou la criminalité.

Nos solutions sont des solutions de bon sens, inspirées de ce que font nos voisins. Mais encore faut-il oser le faire ou même savoir que cela existe.

C’est toute la mission de l’Institut pour la Justice.

Mais pour mener à bien notre mission, nous avons besoin de votre aide. Nous ne pouvons exister que grâce à votre générosité. C’est grâce à vous que notre combat quotidien est possible.

Même les petits dons de 5, 10 ou 20 euros peuvent nous aider.

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Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

Urgent : portrait-robot du violeur suspecté

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Je vous écris dans l’urgence.

La gendarmerie de Bagnols-sur-Cèze dans le Gard a diffusé, aujourd’hui, le portrait-robot d’un homme suspecté d’avoir violé une joggeuse sur la commune de Saint-Alexandre, le lundi 22 avril.

Voici son portrait-robot :

Portrait_robot

Voici toutes les précisions qui ont été apportées par les enquêteurs :

il s’agit d’un homme aux cheveux bruns, aux yeux marrons, âgé de 25 à 30 ans, mesurant environ 1m80 à 1m85 et avec un physique sportif.

Si, et seulement si, vous avez des informations ou que vous reconnaissez cette personne, je vous invite à contacter d’urgence la gendarmerie de Bagnols-sur-Cèze au :
04 66 89 82 10.

L’Institut pour la Justice sera toujours aux côtés des victimes !

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,
Laurence Havel

Leur seule armure, c’est une blouse


Chère Madame, cher Monsieur,

La colère gronde dans les hôpitaux parisiens.

Plusieurs syndicats ont appelé le personnel des 25 services d’urgences des hôpitaux de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) à se mettre en grève. « Illimitée », cette grève a commencé le 14 avril et touche aujourd’hui la plupart des hôpitaux parisiens.

Les causes de cette colère des urgentistes ?

Les conditions de travail bien sûr, qui ne cessent de se dégrader, avec des services d’urgence plus saturés que jamais. Mais aussi une insécurité grandissante. C’est d’ailleurs une série de plus de cinq agressions depuis le début de l’année qui adéclenché la mobilisation, en mars, du personnel de l’hôpital Saint-Antoine.

Mais cette insécurité n’est nullement cantonnée à Paris et à la région parisienne.

Voyez par exemple ce qui s’est passé le 16 mars dernier aux urgences de l’hôpital La Timone, à Marseille.

Mehdi Allali, un homme de 34 ans, se présente aux urgences en fin de matinée. Il a une plaie au visage à la suite d’une rixe. Il est normalement pris en charge, mais comme il estime qu’il n’est pas soigné assez vite, il porte un très violent coup de poing au visage d’une aide-soignante.

Double fracture au visage, hématomes divers. La victime était toujours en arrêt de travail un mois après les faits.

Comme si cela ne suffisait pas, l’homme menace une autre aide-soignante et une infirmière. À l’une il lance : « Si tu veux pas me soigner, tu vas voir ! » et à l’autre : « Si tu te baisses pour l’aider, je te fracasse ! ». Et lorsque les policiers viennent l’arrêter il fanfaronne : « Je suis content d’avoir frappé une Française » (Journal La Provence, 13/04/19)

Jugé un mois plus tard, il minimise les faits devant le tribunal. C’était tout juste une « claque appuyée », dit-il. Devant les enquêteurs il avait même prétendu avoir été victime d’un complot à caractère raciste, parce qu’on mettait trop de temps à le soigner !

Rappelons que les urgences de La Timone accueillent presque 600 personnes par jour…

Les urgentistes, partout en France, sont frappés de plein fouet par l’ensauvagement général de notre société, eux dont la mission est pourtant de soigner. Eux dont la seule armure est une blouse, comme l’a très bien dit l’avocate de l’hôpital, lors du procès.

Mais ils ne sont pas les seuls.

L’ordre des médecins a révélé il y a trois semaines que la violence contre les médecins libéraux avait encore progressé en 2018, avec pas moins de 1 126 agressions recensées, soit une hausse de 9% par rapport à 2017, qui était pourtant déjà une annéerecord.

Les médecins se font insulter ou agresser parce qu’ils refusent de signer un arrêt de travail, de prescrire certains médicaments, ou parce que certains patients irascibles estiment que le temps d’attente est trop élevé…

Mais les médecins sont aussi victimes d’attaques crapuleuses, pour leur voler des ordonnances, des médicaments, etc.

Comme l’explique le Dr Boissin, qui est coordonnateur de l’observatoire de la sécurité pour l’ordre des médecins : « Tout le monde se plaint des déserts médicaux, mais pour les endiguer, la première chose serait d’assurer la sécurité des médecins ».

Pour essayer de freiner cette montée de la violence contre ses confrères, il préconise la mise en service d’une application qui permettrait à un médecin qui se sentirait en danger de lancer discrètement une alerte à partir de son téléphone portable et d’enregistrer l’image et le son.

Cette application existe, elle a fait ses preuves à l’étranger. Mais il faut le feu vert du gouvernement pour la mettre en oeuvre. « Or, depuis l’arrivée de Macron, nous n’avons plus aucun contact avec le ministère de l’Intérieur. Silence radio », affirme le docteur Boissin.

Cette absence de réponse est désolante, mais pas vraiment surprenante.

Nous le savons, la sécurité et la justice n’ont jamais fait partie des priorités de ce gouvernement.

Comment s’étonner dans ces conditions que les chiffres de la délinquance explosent ? Le nombre de « violences gratuites » ne cesse de croître en France. Il frise désormais le record de 1 000 actes quotidiens.

Peu à peu les digues sautent. Ce ne sont plus seulement les forces de l’ordre qui sont agressées régulièrement, mais aussi ceux dont la profession est d’aider et de soigner, comme les pompiers, ou les personnels médicaux.

Face à cela, la réponse ne peut pas être seulement de mettre des vigiles dans les services d’urgence ou de doter les médecins libéraux d’une application leur permettant de donner l’alerte, même si cela peut bien sûr être utile.

À l’hôpital La Timone, par exemple, des policiers étaient présents au service des urgences lorsque s’est produite l’agression du 16 mars. Ils ont donc pu interpeller rapidement l’agresseur, mais leur présence ne l’a pas dissuadé de passer à l’acte.

Je pense que vous vous doutez pourquoi.

Mehdi Allali, l’homme qui a fracassé le visage de l’aide-soignante à La Timone, avait déjà 22 condamnations à son casier judiciaire !

Pour cette agression gratuite et d’une grande brutalité, il a été condamné à 4 ans de prison ferme. Ce qui pour la justice française est déjà une condamnation lourde. Souvenez-vous, par exemple, qu’en août dernier un homme qui avait poignardé quatre personnes à Périgueux a été condamné à seulement quatre ans de prison, dont un avec sursis.

Compte-tenu des règles en vigueur pour les réductions de peine, Mehdi Allali sera sans doute sorti de prison d’ici trois ans, peut-être moins. Avec une 23ème mention à son casier. Croyez-vous que cette 23ème condamnation l’aura dissuadé de recommencer un jour, si l’envie lui en prend ?

Le problème numéro un, c’est la qualité de la réponse judiciaire.

La justice française n’est pas assez rapide et pas assez ferme. Elle sanctionne trop peu et trop tardivement. Et lorsqu’elle sanctionne, les peines sont trop souvent aménagées ou réduites en cours d’exécution.

C’est la cause numéro un de cette montée de la violence à laquelle nous sommes tous confrontés.

C’est pour changer cela que l’IPJ se bat tous les jours. Plus que jamais notre combat est légitime. Plus que jamais notre combat est nécessaire.

Nous ne pouvons pas rester sans rien faire face à l’ensauvagement qui gagne sans cesse du terrain.

Vous le savez, nous ne baisserons pas les bras, car nous avons des solutions à proposer, des solutions à l’efficacité prouvée.

Mais nous avons aussi besoin de votre aide pour pouvoir continuer notre mission. Pour continuer à nous battre pour améliorer la sécurité quotidienne des Français. Car sans vous nous n’existerions pas.
Vous pouvez faire un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

L’attentat qui aurait dû être évité

Chère Madame, cher Monsieur,

On en sait maintenant davantage sur l’attentat qui s’est produit à la prison de Condé-sur-Sarthe.

L’inspection de la justice a remis un rapport confidentiel à la ministre, Nicole Belloubet, et ce qui y est écrit confirme toutes nos analyses et toutes nos craintes.

Rappelez-vous : le 6 mars dernier, Michael Chiolo, un détenu connu pour sa dangerosité et radicalisé, avait poignardé deux surveillants, aidé par sa compagne.

En effet, malgré sa très grande dangerosité, Michael Chiolo avait bénéficié d’un séjour en « unité de vie familiale ». Ce sont de petits appartements très bien équipés, au sein de la prison, dans lesquels les condamnés peuvent recevoir leurs proches pour une période variable, parfois plusieurs jours.

C’est là que Hanane Aboulhana, la compagne de Chiolo, a pu rentrer, sans être fouillée. Elle était pourtant voilée des pieds à la tête, et sous son voile elle dissimulait des couteaux en céramique. Les couteaux avec lesquels, elle et Chiolo ont ensuiteattaqué les surveillants.

Cela pose évidemment beaucoup de questions.

Tout d’abord, comment Michael Chiolo avait-il pu obtenir un séjour en « unité de vie familiale », où les détenus ne sont pas surveillés ?

S’il était détenu à Condé-sur-Sarthe, la prison la plus sécurisée de France, c’est précisément parce qu’il avait commis des actes de violence en prison.

En 2016, par exemple, alors qu’il était emprisonné à la maison d’arrêt de Besançon, des écoutes avaient révélé qu’il projetait d’égorger un surveillant « au nom d’Allah »…

Malheureusement, comme trop souvent dans nos prisons, ce qui devait être un privilège réservé aux détenus se conduisant de manière exemplaire fini par devenir un droit accordé à tout le monde.

Comme l’expliquait un responsable syndical : « À l’origine, c’était pour des détenus qui s’étaient bien comportés, afin de faire un semblant de vie commune. Mais aujourd’hui, dès qu’il y a des demandes, c’est validé un peu facilement. On cherche à leur apporter un maximum et l’argent est utilisé dans le mauvais sens. »

Ensuite comment Hanane Aboulhana a-t-elle pu rentrer sans être fouillée ?

La réponse est dans le rapport de l’inspection de la justice. Dans son langage administratif, ce rapport explique qu’il existe parmi les surveillants : « une crainte diffuse et partagée des recours qui amène parfois à avoir une gestion ‘‘normative’’ des situations plutôt qu’opérationnelle. La question des palpations, que chacun s’interdit par peur de n’y être pas autorisé ou par peur des invectives de la population pénale et des visiteurs, est à cet égard typique ».

Autrement dit, les surveillants ne fouillent pas les gens qui se présentent au parloir pour deux raisons.

Cette situation est profondément anormale et choquante. Depuis des années l’IPJ se bat pour que cela change. Pour que la discipline carcérale soit rétablie en prison et pour que le temps de la détention soit réellement un temps utile, pour le condamné, les victimes et pour la société.

Nous avons fait beaucoup de propositions en ce sens.

Un mois avant l’attaque de Condé-sur-Sarthe nous avions même publié et diffusé une étude qui explique comment mettre en place de vraies unités à sécurité renforcée pour les détenus les plus dangereux !

Notre présidente et notre porte-parole l’ont d’ailleurs apportée directement au ministère de la Justice, à la fin du mois de mars.

Peut-être Madame Belloubet consentira-t-elle à s’en inspirer et à agir enfin dans le bon sens ?

Les conditions de détentions que nous préconisons devraient devenir la norme pour les détenus à la dangerosité prouvée. Si on nous avait écouté, un attentat comme celui de Condé-sur-Sarthe n’aurait pas pu avoir lieu.

Il y a urgence Madame la ministre, il faut agir, vite !

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Le mineur étranger isolé avait… 47 ans

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Les « mineurs isolés étrangers » continuent d’alimenter la rubrique des faits-divers…

Vous vous en souvenez sans doute, je vous avais déjà parlé de ces étrangers qui viennent en France en se faisant passer pour des mineurs isolés (c’est-à-dire sans famille dans notre pays) pour bénéficier des avantages que procure ce statut.

Car ce statut prévoit en effet de sérieux avantages avec l’accueil automatique de tous les mineurs et la délivrance d’un titre de séjour à leur majorité. Un mineur pourra aussi invoquer le regroupement familial pour faire venir ses parents.

De plus, les mineurs isolés étrangers (MIE) doivent être pris en charge par les départements, au titre de l’aide à l’enfance, ce qui représente aujourd’hui presque deux milliards d’euros par an. Ces dépenses ont augmenté de 294% en cinq ans !

Bien sûr, pour bénéficier de tous ces avantages, beaucoup d’étrangers en situation irrégulière se prétendent mineurs et isolés alors qu’ils ne sont ni l’un ni l’autre.

L’année dernière, 54 000 étrangers en situation irrégulière ont demandé à bénéficier du statut de MIE !

Or, « On estime qu’entre 50 % et 80 % des demandeurs sont en fait des majeurs. » C’est Jean-Louis Thiériot, le président du conseil départemental de Seine-et-Marne qui le dit.

Et parfois la fraude est tellement énorme qu’elle pourrait presque prêter à rire.

Mercredi dernier, un Guinéen s’est rendu à l’hôtel de police d’Angoulême, pour bénéficier du statut de MIE. Il prétendait avoir 16 ans.

Mais comme l’individu faisait vraiment beaucoup plus que « son âge », les policiers se sont renseignés. Et ils ont découvert, après quelques recherches, que cet homme avait en réalité… 47 ans ! (Journal Sud Ouest)

Il est bien sûr scandaleux que la loi soit ainsi détournée et que l’équilibre financier de certains départements soit mis en péril par ces prétendus mineurs isolés.

Mais en plus, parmi ces « mineurs étrangers isolés » un nombre non négligeable se livre à des actes de délinquance, réguliers ou occasionnels, et parfois très graves.

Je vous en avais donné de nombreux exemples, et cela ne s’est pas arrangé depuis.

Le journal Le Parisien expliquait récemment comment des bandes de jeunes voleurs étrangers étendent leur terrain de chasse de Paris à l’ensemble de l’Ile-de-France.

« Depuis le début de l’année, ces mineurs marocains ou algériens, pour la plupart toxicomanes et violents, spécialisés dans les cambriolages et les agressions dans les transports, ont changé de stratégie. Jusqu’ici, ces jeunes gens, apparus fin 2016 dans le quartier de la goutte d’or, se regroupaient et « oeuvraient » dans la capitale. »

Mais, explique un policier « Depuis l’automne dernier, une augmentation significative des délits perpétrés en banlieue par ces jeunes est clairement perceptible ».

Comme ils sont mineurs et étrangers, la police et la justice ne peuvent pas grand-chose contre eux… Quand ils sont attrapés, ils sont placés dans des foyers, dont ils s’échappent immédiatement pour retourner avec leur bande et commettre à nouveau leurs méfaits.

À Nantes, dans la nuit de samedi 9 à dimanche 10 mars, une jeune femme de 20 ans a été violemment agressée. Un homme l’a d’abord abordée pour lui demander de l’argent. Puis il l’a giflée, étranglée, et sous la menace d’un couteau, il l’a finalement violée.

L’auteur présumé de ce crime a été arrêté une semaine après, et formellement reconnu par la victime. Il s’agit d’un mineur étranger isolé de 17 ans…

En lisant ce genre de choses, je suis sûre que, comme moi, vous êtes révoltés et que vous vous demandez quand nos dirigeants vont se décider à agir.

Mais justement, pour une fois, il se pourrait que sur cette question les choses évoluent dans la bonne direction.

Pour faire cesser la fraude au statut de MIE il y a des mesures simples à prendre. Notamment obliger les candidats suspectés de fraude à se soumettre à un test d’âge osseux, et créer un fichier biométrique des personnes déclarées majeures pour éviter qu’elles aillent tenter leur chance auprès d’un autre département.

Des mesures de bon sens, défendues par l’IPJ… et qui semblent sur le point d’être enfin mises en œuvre.

Tout d’abord, le Conseil Constitutionnel a jugé, jeudi 21 mars, que la loi autorisant le recours aux tests osseux pour estimer l’âge des immigrés clandestins était conforme à la Constitution.

Ces tests avaient été violemment attaqués par de nombreuses associations, comme le Gisti, la Cimade, la Ligue des droits de l’homme… mais cette fois les lobbys laxistes ne l’ont pas emporté.

Et puis un décret a été publié il y a quelques semaines pour créer, enfin, un fichier national des mineurs isolés étrangers.

En combinant évaluation osseuse généralisée et fichier national, il serait possible de tarir largement cette filière d’immigration clandestine, qui est aussi, malheureusement, une filière par laquelle des délinquants pénètrent sur notre territoire.

C’est un grand pas dans la bonne direction pour faire baisser la criminalité. Une victoire importante pour des idées défendues par l’IPJ.

Bien sûr, le combat n’est pas fini. Il a fallu batailler pour arracher ces mesures de bon sens face à la résistance acharnée des tenants de la culture de l’excuse. Demain il faudra continuer à se battre pour que ces mesures soient effectivement appliquées, concrètement, jour après jour.

Et pour cela vous pouvez compter sur nous. Vous connaissez l’Institut pour la Justice. Vous êtes fidèles à notre combat et vous savez que nous œuvrons tous les jours pour faire progresser des idées qui peuvent réellement améliorer la sécurité des Français.

Mais pour cela, nous avons aussi besoin de votre aide pour pouvoir continuer le combat, car nous n’existons que grâce à vous. Vous pouvez faire un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel