Attention, sujet tabou

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Voici le genre de courrier que je reçois de plus en plus souvent :

« L’attentat de mardi soir à Strasbourg a encore été commis par un islamiste. Quand allons-nous ouvrir les yeux  »

ou :

« Le gouvernement vient de signer en douce le pacte de Marrakech. “Non contraignant” nous disent tous les politiques. Mais qu’est ce que cela signifie vraiment ? »

Ou bien :

« Je suis de tout cœur avec votre combat mais, une chose manque dans votre argumentaire : le poids de l’immigration à cause de laquelle nous ne finirons jamais de construire de nouvelles prisons. »

Ou encore :

« Pourquoi ne pas s’intéresser  » à l’origine ethnique  » des délinquants; j’ai lu le coran, en 78. Tout y est : le projet de conquête, par le sabre, et d’assassinat de tous les mécréants; ça fait du monde ! »

Vous me connaissez, je n’ai pas l’habitude de manier la langue de bois. À l’IPJ nous appelons un chat un chat et nous n’avons pas peur de mettre sur la table les sujets qui fâchent. Mais nous avons aussi pour principe de ne pas avancer d’affirmation à la légère et de nous en tenir aux faits.

Le problème, c’est qu’en France l’immigration est un sujet largement tabou. Et plus encore lorsqu’on essaie de connaître le rapport entre immigration et délinquance.

Aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, il existe des statistiques officielles sur l’origine ethnique des délinquants et des détenus.

On peut donc savoir, par exemple :

Que les « minorités ethniques » représentaient à peu près 14% de la population en Angleterre et au Pays de Galles en 2016,
mais qu’elles représentaient 25% des détenus adultes.
Que le nombre de détenus musulmans a augmenté de presque 50% en dix ans.

Mais en France les pouvoirs publics préfèrent mettre la tête dans le sable et faire l’autruche. Il est interdit de faire des statistiques dites ethniques, ou religieuses.

Officiellement, on ne sait pas. Impossible donc d’affirmer catégoriquement des choses comme : « oui, les prisons sont pleines de musulmans », ou bien au contraire : « la délinquance n’a rien à voir avec l’immigration ».

Mais s’il n’existe quasiment aucun chiffres officiels sur ces questions brûlantes, il existe quand même certains témoignages et des chercheurs courageux qui ont fait des estimations. Ils n’ont pas eu peur de braver le tabou.

À l’IPJ nous lisons ces témoignages et nous étudions ces recherches. Nous nous tenons à l’affût de tout ce qui peut nous permettre de mieux connaître la réalité et de faire des propositions pragmatiques pour rendre notre justice plus efficace.

Et tenez, puisque nous venons de célébrer le centenaire de la fin de la première Guerre Mondiale, j’aimerais citer un grand écrivain français, mort au tout début des combats. Charles Péguy disait : « Il faut toujours dire ce que l’on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. »

Alors, que voyons-nous ? Que savons-nous ?

Nous savons d’abord, qu’au 1er février 2017, il y avait presque 15 000 ressortissants étrangers détenus dans les prisons françaises, c’est-à-dire un peu moins d’un quart des détenus. Parmi eux, quatre pays rassemblent 42% de l’ensemble des ressortissants étrangers. Dans l’ordre :

l’Algérie
le Maroc
la Roumanie
la Tunisie.

De plus en plus d’hommes politiques, notamment d’élus locaux, confrontés quotidiennement au problème de la délinquance, en parlent ouvertement. Et parmi eux, des d’hommes politiques de gauche.

Il y a quelques semaines, par exemple, le maire socialiste de Lorient, Norbert Métairie, déclarait dans Ouest-France : « La présence de minorités étrangères conduit à des trafics de stupéfiants, des trafics de bandes de jeunes oisifs, de jeunes mineurs livrés à eux-mêmes qui se regroupent toute la journée », « J’ai bien envie d’y mettre de l’ordre ! »

Les propos de l’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb ont été rapportés par le journal Valeurs actuelle : « C’est très inquiétant. Ce que je lis tous les matins dans les notes de police reflète une situation très pessimiste. Les rapports entre les gens sont très durs, les gens ne veulent pas vivre ensemble… ».

D’ailleurs, à la question « quelle est la part de responsabilité de l’immigration dans cette situation sécuritaire très dégradée ? » le ministre de l’Intérieur aurait répondu : « Énorme ».

Et à la question « Pensez-vous qu’on n’a plus besoin d’immigration en France ? », il aurait répondu très clairement : « Oui, absolument ».

Frédéric Ploquin, journaliste, a écrit cette année un livre passionnant sur les policiers « La peur a changé de camp ». Il y rapporte les propos d’un « cadre reconnu de l’appareil de renseignement français » :

« Ceux qui posent problème sont souvent issus de l’immigration africaine, et la délinquance est souvent l’une des modalités de leur profonde révolte vis-à-vis de la France, révolte qui vire parfois à la haine et s’habille le cas échéant de religion. »

Jean-Paul Garraud, juge à Poitiers et ancien député, disait au Magazine l’Incorrect, cet été :

« Judiciairement parlant, je dois à la vérité de vous dire que je vois passer des “ Français de souche “, comme on dit, qui sont de parfaites ordures, mais que j’ai principalement affaire – à requérir puisque tel est mon métier – à des étrangers ou à des Français d’origine étrangère qui sont souvent issus du bassin méditerranéen. C’est un constat.

J’irais même plus loin dans la description : nous, magistrats, sommes considérablement alimentés par des gens qui enfreignent plus ou moins gravement la loi française parce que, en réalité, ils ne se considèrent pas comme Français. »

Parmi les chercheurs aussi, ce sujet est de plus en plus présent.

Farhad Khosrokhavar est un sociologue franco-iranien, directeur d’études à l’EHESS unanimement respecté. Il a publié il y a deux ans un livre intitulé « Prisons de France », dans lequel il rapporte beaucoup de témoignages édifiants, et parfois très crus.

Par exemple celui de Daniel, qui a été détenu à la prison de Lille-Sequedin pour escroquerie : « En prison, il vaut mieux s’appeler Rachid, Hassan, Mohamed… ici, on est 3% de Blancs. »

Ou celui d’Éric, lui aussi emprisonné pour escroquerie : « Dans la cour de promenade [à Fleury-Mérogis] j’étais avec un autre détenu, les deux seuls Blancs, français, les autres étaient blacks, beurs, étrangers. Nous sommes une petite minorité, deux sur une trentaine dans la cour, la prison n’est pas à nous, on dirait des étrangers à une dizaine de kilomètres de Paris, des exilés de l’intérieur d’une France qui n’est plus la nôtre. Depuis, nous deux Blancs, nous n’allons plus en promenade. »

Farhad Khosrokhavar a également fait des recherches sur l’islam en prison. Il estime que « les musulmans en prison forment une proportion importante des détenus, entre 40% et 60% probablement. »

C’est sur la base de ses estimations que le député Guillaume Larrivé avait affirmé, dans un rapport parlementaire, en octobre 2014 : « L’absence de statistique officielle ne doit pas empêcher de regarder la réalité en face. 60% de la population carcérale, soit environ 40 000 détenus, peuvent être considérés comme de religion ou de culture musulmane. »

Il n’est malheureusement pas possible d’avoir des chiffres plus précis. Parce qu’actuellement le seul moyen d’estimer le nombre de détenus musulmans, c’est de compter ceux qui s’enregistrent pour le ramadan (parce que l’administration pénitentiaire propose des repas spéciaux à cette occasion). Seulement, tous les prisonniers musulmans ne sont pas forcément inscrits et tous les musulmans ne pratiquent pas forcément le ramadan.

D’ailleurs les surveillants confirment que beaucoup de détenus ne se déclarent pas pour le ramadan afin de ne pas être repérés par les services de renseignement.

L’un d’eux explique : « Durant le ramadan, la prison n’est pas la même qu’avant : le rythme des repas pour une bonne partie change, pas officiellement, seulement le tiers des détenus le déclare pour avoir droit au repas spécial du ramadan le soir, mais en réalité beaucoup ne le déclarent pas et font le ramadan en cachette. »

Une chose est sûre, tous ceux qui passent par la prison, qu’ils soient détenus ou gardiens, ressentent très fortement le poids de l’islam en détention.

Farhad Khosrokhavar explique : « Le sentiment prévaut par ailleurs chez nombre de Blancs que la prison est islamisée, que les choses se décident entre musulmans, qu’une hiérarchie parallèle (islamique) existe, qui bénéficie de la complicité de l’administration, laquelle chercherait avant tout la paix en prison. »

Éric, le détenu dont je vous parlais plus tôt fait le même constat, avec ses mots à lui :

« Je suis un Français laïc. Je me sens entouré de musulmans qui font du prosélytisme et qui mettent en cause mon côté non-croyant. Ils veulent nous convertir, et quand ils en désespèrent, ils nous traitent de mécréants. L’un d’eux me disait : “ si on arrive à instaurer l’islam, des gens comme vous seront condamnés à mort ! “ Je me sens donc totalement en exil ici en plein cœur de l’Ile-de-France ! On doit l’appeler désormais l’Ile-de-l’Arabie ou l’Ile-de-l’Islamistan, comme on disait il y a quelques années Londonistan ! »

Chers amis, depuis sa création, l’objet de l’IPJ est d’œuvrer pour une justice plus équitable et plus protectrice des victimes. Nos travaux et nos propositions portent sur la justice pénale. Notre domaine d’expertise ne comprend pas la politique migratoire ou la laïcité. C’est à nos dirigeants de répondre à ces questions. Les solutions que nous proposons, et qui sont efficaces pour améliorer la sécurité quotidienne de chacun, ne tiennent pas compte de l’origine ou de la religion des uns et des autres.

Parce que la justice doit être la même pour tous, tout simplement.

Vous me trouverez toujours du côté de la vérité. On ne peut pas bien agir sans d’abord bien connaître la réalité.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

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Avez-vous lu les témoignages “pas de vague” ?

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Vous avez certainement entendu parler de cette affaire qui agite en haut lieu. Le ministre de l’Éducation nationale, le ministre de l’Intérieur et même le président de la République sont montés au créneau pour dénoncer un acte « inacceptable » et pour promettre un « plan d’action ambitieux »…

Je veux parler de cette vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, sur laquelle on voit un élève braquer un professeur avec un pistolet.

La scène s’est déroulée jeudi matin à la fin d’un cours de biotechnologie au lycée Branly de Créteil. On voit un lycéen de 15 ans pointer une arme sur l’enseignante pendant qu’un de ses camarades le filme. Il exige qu’elle l’inscrive « présent » au cours, alors qu’elle s’apprêtait à le noter « absent » parce qu’il était arrivé en retard.

Le pistolet s’est avéré factice. Un pistolet à billes de type « airsoft ». Mais bien sûr au moment des faits l’enseignante n’en savait rien, et ces faux pistolets sont extrêmement ressemblants.

Sur la vidéo, on entend celui qui filme ricaner, et on voit un autre élève faire des gestes obscènes derrière l’enseignante.

Oui, oui, nous sommes bien dans un lycée, dans une salle de cours. Nous sommes en France, en 2018.

Savez-vous ce qui m’a le plus choquée dans cette vidéo insupportable ?

L’enseignante semble résignée quand elle se fait braquer l’arme sur le visage. Résignée quand le lycéen lui donne des ordres : « Tu mets “ présent ”, purée ! ». Elle reste assise sur sa chaise, sans réaction, comme si tout cela était la routine pour elle. « La vie des professeurs est comme ça », pourrait signifier son attitude.

Et en effet, depuis que cette vidéo est sortie, la parole des enseignants se libère.

Ils sont des centaines, des milliers, qui gardent l’anonymat pour raconter sur les réseaux sociaux ou dans la presse, ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils vivent au quotidien dans leur métier. Cette scène insupportable, des milliers et des milliers d’enseignants en vivent des semblables au quotidien…

Une professeure de lettres témoigne par exemple dans Le Figaro :

« Je vous passe les “salope”, “pute”, “connard/connasse”, “sale prof” et autres gentillesses que j’entends régulièrement, contre moi ou mes collègues, mais surtout entre élèves. Un jour, un élève de première m’a menacée, debout et front à front en pleine classe, de me “casser la gueule avec ses potes en sortant”. Il a menacé de la même manière une élève qui prenait ma défense. »

Et encore : « Une autre fois, des élèves de seconde ont lancé des écrous contre le tableau pendant que j’écrivais. J’ai fait un rapport, écrous à l’appui. Le tableau porte encore le trou d’un des impacts quatre ans plus tard. Quelques semaines plus tard, dans la même classe, c’est une balle de paintball qui a explosé contre le tableau, puis une bille de souris d’ordinateur (la grosse balle qui fait la roulette) qui m’a frôlé le visage. »

Menaces, insultes, crachats, et parfois même agressions physiques, de la part des élèves ou bien de leurs parents, voilà ce que racontent d’innombrables enseignants, aux quatre coins de la France.

Car ces « incidents », comme les nomment pudiquement les rectorats, ne sont pas cantonnés à quelques établissements dits « difficiles ». Comme le rappelait le président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc) : « 80% des établissements sont concernés ».

Tous ces témoignages affluent sur les réseaux sociaux sous la bannière « Pas de vague ». Car ce qui est finalement le plus révoltant dans tous ces récits, c’est la passivité, voire la complicité de l’institution avec les élèves-voyous.

« J’aurais aimé être soutenue lorsqu’une élève, il y a quelques années, m’a tapé dessus dans un couloir de mon établissement. Mais le conseil de discipline ne l’a pas même exclue. Et on m’a expliqué qu’il fallait prendre les choses moins à coeur. », explique un prof.

Un autre témoigne : « Le remplaçant qui l’année dernière s’est pris une droite d’un 4ème (qui avait déjà insulté plusieurs adultes et mordu un autre prof !) : 1 jour d’exclusion uniquement. Réaction du directeur : c’est le prof qui a provoqué et ne savait pas gérer la classe… »

Une troisième raconte : « Je fais cours porte ouverte, un élève passe dans le couloir et crie « Madame M sale p*** ! » Première réaction de la Principale « Vous avez peut-être mal entendu car ce n’est pas sa version des faits » »

Une quatrième : « Cette année j’ai été rappelé à l’ordre par ma hiérarchie après la plainte de parents pour avoir dit à un élève « Arrête de parler… Ne fais pas l’innocent, tu es rouge comme une pivoine ». J’ai du présenter mes excuses aux parents et à l’élève. Je ne suis plus crédible. »

Un cinquième se souvient : « On m’a craché dessus et on m’a menacé de me « castagner A la sortie ». Punition : aucune. Je porte plainte. Conseiller d’éducation: « bon j’ai posé 3 jours d’exclusion, mais vous êtes dans le répressif, pas dans l’éducatif… »

Aujourd’hui, les responsables politiques montent au créneau, promettent des actes « forts » pour faire cesser les violences à l’école, mais la vérité c’est que, depuis des décennies, ce sont ces mêmes responsables qui ont permis que ces violences se développent.

Les consignes venaient d’en haut, de tout en haut, des rectorats, et de plus haut encore. Il fallait être « compréhensifs », être dans « le dialogue », dans « l’éducatif et pas dans le répressif », les chefs d’établissements qui se montraient trop fermes, qui sanctionnaient trop au goût des rectorats, perdaient leurs primes, voyaient leur carrière entravée…

Jean-Michel Blanquer lui-même, l’actuel ministre de l’Éducation nationale, l’a reconnu : « Trop longtemps, on a considéré que le nombre des conseils de discipline était le reflet de la qualité de l’établissement, au risque de mettre des événements sous le tapis ».

Autrement dit, moins vous convoquiez de conseils de discipline dans votre établissement, mieux vous étiez notés par votre hiérarchie. Si la fièvre monte, cassez le thermomètre, et on considérera que vous faites très bien votre travail. Surtout ne vous plaignez pas, surtout n’alertez pas, surtout ne sanctionnez pas. Pas de vague.

Surtout pas de vague.

Et tant pis pour les élèves qui veulent apprendre. Tant pis pour les enseignants qui cherchent simplement à faire leur travail. Tant pis pour tous ceux qui croient encore en l’école de la République.

Comme l’a expliqué le président du Snalc : « on considère toujours que c’est de votre faute si cela se passe mal dans votre classe… »

Songez que, dans un premier temps, l’enseignante que l’on voit sur la vidéo n’avait même pas prévenu sa hiérarchie !

« Ah quoi bon ? Cela ne sert à rien… de toute façon aucune sanction ne sera prise… ça va encore me retomber dessus au final… » Voilà sans doute ce qu’elle a pu penser.

Les enseignants sont comme ces innombrables victimes de l’insécurité quotidienne qui renoncent à porter plainte, parce qu’ils ont bien intégré que c’est inutile, parce que les forces de l’ordre leur ont expliqué que « cela ne servirait à rien », qu’on ne retrouverait pas les auteurs, ou alors qu’ils n’écoperaient au mieux que d’une sanction symbolique.

Et ceux qui ont affirmé pendant des années aux enseignants victimes d’intimidations et de violences qu’il fallait être « dans l’éducatif et pas dans le répressif », ce sont finalement les mêmes que ceux qui refusent obstinément de remplacer l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs. Parce que face à la délinquance de mineurs il faut être « dans l’éducatif, pas dans le répressif »…

La violence gangrène l’Éducation nationale car elle gangrène la société toute entière, et la culture de l’excuse qui sévit dans la haute hiérarchie éducative est exactement la même que celle qui imprègne une partie de la magistrature, des médias, des universitaires, des hommes politiques.

Aujourd’hui le gouvernement affiche ostensiblement sa fermeté face aux violences scolaires. Mais vous savez quoi ? J’ai comme un doute sur sa sincérité.

Lorsque le président de la République lui-même qualifie de « bêtise » le fait de commettre des braquages, lorsqu’il se fait photographier, tout sourire, avec d’anciens condamnés en train de faire des doigts d’honneur, lorsqu’il nous explique que si ces « enfants de la République » ont commis des « bêtises », c’est parce qu’ils n’ont pas eu « la chance de ne pas en faire », on se dit que la culture de l’excuse a encore de beaux jours devant elle…

Et d’ailleurs, le jeune braqueur pris en photo aux côtés du président n’a pas vraiment suivi ses conseils « d’arrêter les bêtises ». Il vient d’être à nouveau condamné pour détention de stupéfiants et rébellion.

Ca ne vous surprend pas ? Moi non plus.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Pour venger son fils, un père de famille séquestre deux agresseurs

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Chère Madame, cher Monsieur,

« Lyon : pour venger son fils, un père de famille séquestre deux agresseurs »

Ce titre m’a laissé songeuse…

Le père de famille a t-il vraiment agi pour « venger » son fils ou simplement pour réclamer justice ?

Voilà les faits expliqués par le journal Le Parisien :

« Son fils avait été détroussé le 24 août dans le IIe arrondissement de Lyon. Les agresseurs de 17 et 18 ans avaient tout dérobé à l’adolescent, y compris ses vêtements, l’obligeant à revêtir les leurs, moins seyants.

De retour chez lui, la victime raconte sa mésaventure à son père qui voit rouge, relate le Progrès. Pas question de laisser passer le larcin. Il repère un des deux malfrats et appelle deux amis en renfort.

Tous trois font monter de force le jeune homme dans une voiture. Secoué et giflé, il finit par avouer où est son complice.
En pleine nuit, le père de famille et ses deux compagnons réveillent le second agresseur présumé dans un hôtel de Perrache. Et c’est reparti pour des gifles.

Le trio emmènent ensuite les deux suspects au commissariat de Villeurbanne. Mais là, tout change.

Si les deux jeunes hommes sont relâchés, pour le père et ses deux amis la situation se gâte. Placés en garde à vue, ils ont été déférés devant le parquet vendredi pour enlèvement, séquestration et violences. »

Vous avez bien lu, les deux jeunes voleurs ont été … relâchés dans l’attente de leur jugement tandis que le père de la victime a été arrêté.

Quelle inversion des rôles !

Certes, le père de famille n’aurait pas dû user de la violence mais, sans sa détermination, pensez-vous vraiment que les agresseurs de son fils auraient été un jour présentés à la Justice ?

Pouvait-il s’attendre sérieusement à être accueilli lui, plutôt que les agresseurs de son fils, comme le véritable délinquant ?

Cette affaire est grave.

Si vous êtes un délinquant multirécidiviste, vous pouvez accumuler les rappels à la loi, les sursis et les mises à l’épreuve pendant longtemps avant que enfin, comme à regret, la justice se décide à agir un peu fermement. Tout sera fait pour vous éviter la prison autant que possible.

Si vous êtes un citoyen ordinaire et que vous vous défendez contre une agression, si vous trouvez votre logement squatté et que vous tentez d’expulser les voleurs de votre domicile, si, comme ce père de famille, vous amenez vous-même à la police des malfaiteurs qui s’en sont pris à vous ou à votre famille… malheur à vous. Vous risquez plus d’ennuis avec la justice que les véritables délinquants.

Il y a malheureusement, tellement, tellement d’exemples… je vous ai déjà parlé de tant de cas révoltants…

Cela va t-il inciter des gens honnêtes à se faire justice eux même après une agression, un vol ou une « incivilité » ?

Quelle confiance pouvons-nous garder dans notre système judiciaire après une histoire comme celle-ci ?

Et à votre avis, quelle leçon vont en tirer ces deux délinquants ? Qu’en France, on peut tout se permettre, que la justice ne pourchasse pas les hors-la-loi, mais uniquement les honnêtes gens ?

C’est consternant, mais c’est aussi terrifiant. Nous sommes à deux doigts de tomber dans la loi du plus fort et, malheureusement, le plus fort n’est plus la justice depuis bien longtemps. Ou alors la justice est forte mais uniquement avec les faibles. Avec les gens ordinaires comme vous et moi.

Ce genre d’histoire devrait faire réagir beaucoup de monde.

D’abord nos dirigeants qui devraient y voir un dysfonctionnement absolument majeur.

Ensuite les juges, et tous les magistrats, qui devraient sentir qu’une fracture se creuse tous les jours et que notre confiance en la justice est très ébranlée.

A l’IPJ, notre objectif est d’attirer l’attention de cette « élite » qui régit nos vies en oubliant trop souvent de se mettre à notre place.

Les procès en « populisme » ne nous font pas peur.

Nous sommes fiers de faire entendre la voix des honnêtes gens auprès des élus et nous le faisons en proposant des lois, des amendements, des mesures ou des outils efficaces et réalisables.

Nous cherchons (et nous trouvons) des solutions aux problèmes de sécurité qui sont légion dans notre beau pays. Nous travaillons avec des experts reconnus, certains étrangers, et publions des études, des notes, des analyses que nous envoyons sans cesses à nos dirigeants.

Notre travail est de qualité, notre approche n’est pas idéologique. Nous proposons ce qui marche. Les critiques malveillantes ne nous atteignent pas, nous sommes sûrs de nous et surtout, nous sommes sûrs de vous.

Votre soutien est primordial pour continuer à défendre notre droit fondamental à vivre en sécurité. Je vous demande votre aide pour que nous puissions continuer le combat pour protéger les victimes.

Faites s’il vous plaît un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,,

Laurence Havel

ps : Notre travail n’est pas vain, nous sommes les seuls aujourd’hui à dénoncer les failles de notre Justice et à proposer des solutions. Mais pour continuer nous avons besoin de vous. Cliquez-ici. Merci.

Quand la justice crée l’insécurité

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Chère Madame, cher Monsieur,

C’est un crime particulièrement horrible et abject que rapporte le journal La Provence.

Cela s’est passé mardi dernier.

Cathy, une jeune femme de 37 ans allait chercher son enfant à l’école.

Cathy n’était pas tranquille. Karim, son ancien compagnon et le père de ses deux enfants, avait depuis des mois annoncé son intention de lui faire payer leur séparation.

« J’en ai rien à foutre, même si je prends 15 ou 20 ans de taule, je veux que tu ne ressembles plus à rien… »

Il lui avait fait cette menace en lui montrant des photographies trouvées sur internet de femmes défigurées à l’acide.

Cathy savait que ce n’était pas des menaces à prendre à la légère.

C’est parce qu’il était violent avec elle qu’elle s’était séparée de lui ; il avait même été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis.

Alors mardi dernier, quand elle sent une présence bizarre dans son dos, Cathy comprend immédiatement. C’est lui, qui vient mettre ses menaces à exécution.

Cathy se met à courir. Mais Karim la rattrape.

« Je suis tombée, j’ai protégé mon visage et il m’enlevait les mains pour m’atteindre avec ce liquide qu’il transportait dans un bidon », raconte-t-elle depuis son lit d’hôpital. Cathy est grièvement brûlée au visage, aux yeux, aux mains, aux bras…

Cette histoire vous révolte ? Attendez, le pire est à venir.

Le pire, c’est que depuis des mois Karim harcelait Cathy sans que la justice ne fasse rien pour la protéger réellement !

Bien sûr, Karim avait l’interdiction de se rendre à Marseille et de rentrer en contact avec son ancienne compagne. Mais il ne respectait absolument pas cette interdiction. Il venait sans cesse au pied de l’immeuble de Cathy pour la menacer. Elle raconte : « Une fois, il a même grimpé les cinq étages par les balcons, comme a fait récemment le héros Mamoudou Gassama. Une autre fois, en tambourinant à ma porte, il a menacé de jeter notre petit dernier par le balcon… »

Bien sûr Cathy avait prévenu la police. Et la police avait arrêté Karim. Mais à chaque fois celui-ci avait été relâché par la justice. « Il était tout fier, parce qu’avec son bagout, il arrivait à embrouiller tout le monde », se désole Cathy.

Selon le journal La Provence, encore trois jours avant de défigurer Cathy, Karim avait été arrêté pour avoir violé son interdiction de territoire. Mais laissé libre avec une simple convocation pour septembre…

« Un mandat d’arrêt a été décerné à son encontre la veille de l’attaque à l’acide », a précisé le procureur de la République de Marseille.

Peut-être la justice estimait-elle avoir fait assez pour protéger Cathy en lui confiant un téléphone portable « grand danger », attribuée aux femmes menacées de viol ou de violence conjugale.

Ce téléphone portable permet de joindre une plate-forme téléphonique qui reçoit les appels et évalue la situation. Après analyse de la situation, le téléassisteur peut demander l’intervention des forces de l’ordre.

Autant dire que, avant que les policiers soient sur place, vous avez le temps de vous faire tuer, violer ou défigurer dix fois !

Ce serait presque drôle, si ce n’était pas si révoltant.

Voilà comment, aujourd’hui, la justice française protège les victimes.

Souvenez-vous il y a quelques mois, je vous avais parlé du système de protection VINE qui existe aux Etats-Unis.

VINE (qui signifie Victim Information Notification Everyday) est un système d’information qui permet à une victime de crime de connaître le statut carcéral de son agresseur pratiquement en temps réel : s’il est incarcéré, s’il est transféré dans une autre prison, s’il s’est évadé, s’il doit être libéré, s’il est décédé, etc.

Surtout, lorsque l’agresseur porte un bracelet électronique GPS, VINE permet d’informer la victime si l’agresseur ne respecte pas les conditions de son placement sous surveillance à distance : s’il n’est pas présent chez lui alors qu’il devrait y être, s’il rentre dans une zone où il n’est pas censé se rendre, s’il a échappé à la surveillance électronique, etc.

Vous imaginez, si un tel système existait en France ?

Karim, même s’il avait été laissé libre, aurait été équipé d’un bracelet GPS, et Cathy aurait été informée en temps réel de la menace qu’il pouvait représenter pour elle.

Ce jour où il l’a défiguré, probablement pour le restant de ses jours, elle aurait été avertie à l’avance qu’il se rapprochait d’elle, elle aurait pu fuir, l’éviter, la police aurait été prévenue en temps réel que Karim avait une nouvelle fois violé son interdiction de territoire et qu’il se rapprochait de l’école de ses enfants.

Et Cathy ne serait pas aujourd’hui à l’hôpital à souffrir le martyr.

Seulement voilà, en France le bracelet électronique GPS est pratiquement inconnu. La justice française en est restée au bracelet radio, qui oblige son porteur à rester à proximité d’une borne placée chez lui pour être localisé. Et comme les gens ne peuvent pas rester tout le temps chez eux, ils n’ont l’obligation de rester à proximité de la borne qu’à certaines heures de la journée.

C’est pendant l’une de ces « permissions de sortie » qu’Adel Kermiche avait égorgé le père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray. Adel Kermiche était équipé d’un bracelet électronique « à la française »…

Ce retard de la justice française est absolument sidérant.

Pourtant ces bracelets GPS existent. Il y a des sociétés qui proposent ces produits innovants et qui pourraient très facilement fournir tout le matériel nécessaire si les pouvoirs publics daignaient faire appel à elles.

A l’IPJ par exemple nous avons rencontré récemment le directeur du développement de l’une d’entre elles, la société Géosatis.

Nous avons tourné une vidéo avec lui, publié un entretien, diffusé l’information tout autour de nous et notamment aux élus, qui votent les lois faites pour nous protéger.

Les solutions existent ! Elles sont disponibles immédiatement. Leur efficacité est prouvée.

Et au lieu de cela, notre justice laisse libre des individus à la dangerosité avérée et fournit à leur victime des téléphones portables…

Ce retard, cette inaction de la justice française est plus que choquant, il est presque criminel.

Combien de victimes comme Cathy avant que les pouvoirs publics se décident enfin à faire le nécessaire ?

A l’IPJ des affaires comme celle-ci nous motivent encore plus. Elles nous prouvent que nous avons raison. Que nous avons les bonnes solutions. Et que nous sommes les seuls à les proposer.

C’est pourquoi je vous demande de bien vouloir m’aider à continuer notre action. J’ai besoin de vous pour continuer à rendre public notre travail. C’est en continuant, sans se lasser, de marteler notre combat qu’il finira par être incontournable aux pouvoirs publics. Mais pour cela, j’ai besoin de vous.

Faites un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

« Il s’agit d’un déséquilibré »

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

« Il s’agit d’un déséquilibré » …

Autrement dit, circulez, il n’y a rien à voir. Vous l’avez forcément remarqué, à chaque attaque vraisemblablement terroriste on entend pratiquement aussitôt dans les médias : « l’assaillant est un déséquilibré ».

Dimanche dernier à la Seyne-sur-Mer, une ville juste à côté de Toulon, une jeune femme de 24 ans, dont le nom n’a pas été dévoilé par les médias, est entrée dans le centre commercial qu’elle fréquente régulièrement, pour y attaquer au cutter les passants. Au cutter ! En criant «Allah Akbar» …

Deux personnes ont été blessées mais cela aurait pû être beaucoup plus dramatique.

Dans les médias on a lu : « le procureur évoque l’état “d’excitation extrême » de l’auteure des faits au moment de l’interpellation, qui s’écrit : « Allahou akbar, vous êtes des mécréants » mais aussi  » je suis la chérie de Dieu ». »

Probablement une déséquilibrée…

Il y a trois jours à Nice, un homme a aussi tenté d’attaquer des policiers avec un cutter au moment où il se faisait interpeller.

« Les policiers municipaux ont constaté en arrivant sur place que l’homme de 29 ans diffusait également des versets du coran, à travers les hauts-parleurs de son téléphone » a expliqué le journal le Figaro.

Probablement un déséquilibré…

Braves gens, ne vous inquiétez pas, dormez sur vos deux oreilles. Il s’agit, à chaque nouvelle attaque, d’un « déséquilibré ».

Tout est dit. Puisqu’il s’agit d’un « déséquilibré », ce qu’il a fait n’est pas rationnel…Il n’y a rien de plus à comprendre ni à faire.

Sauf que cette situation ne me convient pas du tout.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il me semble que l’on ne peut pas avoir affaire à un déséquilibré à chaque fois que le problème terroriste se pose. C’est un peu trop facile.

Bien sûr que les personnes qui fomentent ou participent à des actes terroristes ne sont pas «normales», en un certain sens. Ce n’est pas n’importe qui qui est capable d’attaquer des inconnus au couteau, ou de foncer avec une camionnette dans la foule, ou de se faire exploser.

Sans doute certains sont « influençables », voire « perdus » mais on ne doit pas pour autant les déresponsabiliser de leurs actes.

L’idéologie islamiste agit comme pour une secte, elle séduit des « fidèles » qui seront prêts à tout pour défendre leurs valeurs. C’est un choix, une route prise en conscience et souvent après un long cheminement personnel, et pas du tout un « coup de folie » comme on voudrait nous le faire croire.

L’islamisme radical séduit : des musulmans qui se radicalisent, des migrants qui arrivent en France avec de sombres desseins, des délinquants qui se convertissent en prison, et des personnes « fragiles » qui se font happer par cette idéologie mortifère et pensent trouver un sens à leur vie en tuant des « mécréants ».

Il faut appeler un chat un chat.

Etre fiché S n’empêche rien.

Alors que faire ?

Il faut chercher à comprendre qui sont les terroristes, quels sont leurs profils, pour mieux les combattre et les empêcher de passer à l’acte.

Il faut comprendre qui se radicalise, dans quelles conditions, comment, pourquoi et adapter la riposte à leur menace.

Il faut prendre le problème à bras le corps et AGIR.

A l’IPJ, nous ne sommes pas la police ni la justice. Nous n’avons pas leurs moyens d’action. Mais, nous avons le savoir. Des experts psychiatres, avocats, juges, journalistes, criminologues qui rencontrent les terroristes et les côtoient, nous ont donné leur accord pour qu’ensemble nous allions expliquer aux élus, députés et sénateurs, QUI EST LA MENACE.

A la rentrée, nous allons organiser un grand colloque avec tous les experts sur le sujet. Si nos dirigeants veulent combattre efficacement le terrorisme, il va falloir écouter les bonnes personnes.

Elles ont beaucoup à dire. Chaque rencontre avec l’une d’elles est une mine d’informations qu’il faut absolument partager.

Je vous en dirai plus dans très peu de temps sur ce colloque que nous organiserons à la rentrée. Nous allons faire en sorte que ceux qui ont des choses à dire puissent partager leurs témoignages à l’Assemblée nationale. Aux députés.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Et ça continue encore et encore…

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Si vous vous souvenez, je vous ai écrit un message il y a quelques jours pour vous donner une liste, qui n’était pas complète, des faits divers hallucinants qui se sont déroulés en prison en mai.

J’apprends qu’en seulement 3 jours, il s’est passé au moins une dizaine d’incidents. Et pas que des peccadilles, voyez plutôt ce que le site Actu pénitentiaire a notamment recensé :

A Saint Brieuc, on apprend qu’une femme qui était placée sous bracelet électronique le faisait glisser de sa cheville et le laissait chez elle, pour pouvoir aller et venir sans se soucier de son contrôle judiciaire. Comment les gendarmes ont-ils découvert le pot-aux-roses ? en se rendant chez elle « dans le cadre d’une autre affaire», le bracelet était posé sur la table de la salle à manger.
Un jeune surveillant de 27 ans, à la prison de Fleury-Mérogis, s’est suicidé.
A la prison de Draguignan, un détenu a tout simplement ébouillanté avec de l’huile un surveillant au moment où celui-ci ouvrait sa porte de cellule. Ce dernier a été hospitalisé en urgence, gravement touché au visage et sur une épaule.
Et dans l’est de la France, à la maison d’arrêt de Sarreguemines, un détenu qui sortait d’une consultation ORL s’est évadé. Heureusement, les policiers ont tout mis en œuvre pour le retrouver rapidement…

Dans une chanson assez populaire, il me semble que les paroles sont « Et ça continue encore et encore, c’est que le début d’accord, d’accord … »

Pour la prison, j’ai bien peur que ce soit le même refrain, et qu’il ne soit pas prêt de s’arrêter.

Vous faites peut-être partie des centaines de sympathisants de l’IPJ qui ont déjà répondu à notre questionnaire sur les prisons. Si c’est le cas, merci beaucoup. Mais si vous ne l’avez pas encore fait, n’attendez plus, nous avons besoin de vos réponses et de votre avis.

Plus vous serez nombreux, plus nous serons confiants pour aller défendre notre position et demander à être entendu. Cela ne prendra que 2 minutes de votre temps, mais c’est vital pour l’IPJ. Cliquez ici pour y répondre.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

« Attention, je compte jusqu’à trois, 1 … 2 … »

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

En France, que fait, d’après vous la justice avec un homme déjà condamné 12 fois ?

Je suis mère de famille.

Je suis sûre, si vous êtes parents ou grands-parents que vous avez déjà, vous aussi, usé de la méthode : « Attention, je compte jusqu’à trois… 1… 2…. »

Avec ma fille de trois ans, j’y ai recours lorsqu’elle refuse de finir son assiette, lorsqu’elle s’agite trop et que je ne peux pas l’habiller, lorsqu’elle fait un caprice dans un magasin… Et à chaque fois, je me surprends moi-même tant cette formule fonctionne.

« Attention, je compte jusqu’à trois » : elle se redresse et me regarde avec défi.

Mon premier doigt se lève, « 1 » : elle commence à se radoucir.

Mon deuxième doigt se lève « 2 » : elle se calme et redevient le petit ange blond que je connais.

D’accord Laurence, me direz-vous, mais quel rapport avec les questions de justice et de sécurité qui nous intéressent ?

Le rapport est simple. Lorsque l’on sait que la sanction tombe rapidement et systématiquement, elle devient dissuasive. Retenez bien ces mots car il sont la clé d’une justice pénale qui fonctionne efficacement.

Si je dis « 3 » à ma fille, elle sait qu’elle sera punie, elle ira au coin, ou bien n’aura pas le droit de regarder un dessin animé, ou une autre chose du même genre. Et c’est exactement pour cela qu’elle se résout à stopper ses bêtises avant que je ne parvienne à « 3 ».

Cela relève du bon sens, vous serez d’accord avec moi.

Mais manifestement le bon sens n’est pas la chose la mieux partagée du monde. A Montpellier, par exemple, le 12 avril dernier un chauffard nommé Imad K., qui voulait échapper à la police, a commencé par blesser un agent en lui fonçant dessus avec sa voiture, puis il a ensuite tué une retraitée de 78 ans qui traversait tranquillement la rue en traînant son chariot à roulettes.

Ce chauffard n’est pas n’importe qui. C’est un homme déjà condamné 12 fois.
Interpellé au terme de trois ans d’enquête concernant un vaste trafic de voitures, il avait été incarcéré, mais comme l’explique le journal Midi Libre « bien qu’ayant été déjà 12 fois condamné, il avait bénéficié d’une remise en liberté, les juges estimant que les dernières péripéties l’ayant envoyé derrière les barreaux n’étaient pas assez crédibles ». Incarcéré fin décembre, libéré le 5 janvier.

Pas assez crédibles…

Pourtant, déjà mis en examen en septembre 2016 et placé sous contrôle judiciaire il avait violé les conditions de son contrôle et immédiatement repris ses activités délinquantes.

Le 12 avril dernier, pour échapper à la police venu l’interpeller, il n’a pas hésité à semer la mort sur sa route.
Et aujourd’hui, il est toujours recherché.

« Attention, je compte jusqu’à trois… »

Croyez-vous que les juges qui ont traité son cas lui ont dit « Attention, nous allons compter jusqu’à 3… » ?

Ils ont compté jusqu’à 12 et puis… et puis rien.

« Au revoir Monsieur, vous êtes libre de poursuivre vos méfaits, nous vous donnons une 13ème chance »

Et que dire de Bara, un Algérien de 44 ans, déjà condamné 22 fois, notamment pour des violences sur l’une de ses compagnes ?

En janvier dernier il sort de prison. La mère de l’un de ses enfants accepte de l’héberger ponctuellement, pour le dépanner. Deux mois plus tard, comme l’explique le journal Le Progrès : « Coups de poing au visage, tentatives d’étranglement, et menaces terrifiantes, couteau en main : “Je vais t’éventrer du haut jusqu’en bas” ». Pendant des heures.

A votre avis, Bara, déjà condamné 22 fois, a t-il eu peur, au moment de commettre son nouveau forfait d’être condamné une 23ème ? A-t-il eu peur des sanctions que pourrait lui infliger la justice française ?

Non, bien sûr. Tout comme Imad K., tout comme beaucoup d’autres délinquants il vit manifestement dans un sentiment d’impunité, sans craindre ce qui pourrait lui arriver s’il était condamné.

Cela n’est pas acceptable. Ce n’est pas recevable pour la famille de la pauvre dame qui allait simplement faire des courses et qui a été fauchée sans pitié. Ce n’est pas recevable pour cette femme qui a vécu des heures de cauchemar en craignant de mourir sous les coups de son bourreau. Ce n’est pas audible pour les citoyens honnêtes qui respectent les règles et qui doivent craindre de croiser un jour la route d’un Imad ou d’un Bara.

Le criminologue canadien Maurice Cusson a écrit pour l’IPJ une étude passionnante sur la dissuasion. Il explique clairement : « simplement parce qu’elle existe, cette redoutable machine à punir et à rendre justice fait sentir son influence sur la plupart d’entre nous. Elle nous conduit à conclure que nous n’avons intérêt ni à frauder, ni à voler, ni à tuer notre prochain ».

Sauf qu’en France aujourd’hui, ceux qui choisissent la carrière délinquante le font en sachant que ce système punit peu, et très tardivement. Que sa clémence démesurée leur permet de commettre de nombreux méfaits avant de recevoir une sanction véritable.

C’est le constat du criminologue : « Les peines de prison avec sursis ou encore des sentences inexécutées seront trop peu sévères pour avoir un impact car elles se situent bien en deçà du seuil minimal de sévérité, du moins, pour bon nombre de délinquants. »

Rappelons qu’en France ce sont près de 100 000 peines de prison ferme qui sont en attente d’exécution, et qui mettront des mois ou des années avant d’être exécutées. Si jamais elles le sont…

Cela conduit à des drames, comme à Montpellier.

Notre justice est à bout de souffle, et nous souffrons tous de sa patience et de son laxisme avec les délinquants récidivistes et réitérants. Comment comprendre qu’un homme déjà condamné à de multiples reprises ne soit pas mis hors d’état de nuire pour un bon bout de temps ? Pourquoi ne pas entendre les criminologues et les spécialistes qui travaillent sur ces questions, sans idéologie ?

« Dissuader, c’est inciter un délinquant potentiel à renoncer à commettre un crime par la menace d’une peine qui le conduira à conclure que ses risques dépassent son espérance de gains ».

Aidez-moi à diffuser la bonne parole et à faire entendre la voix des experts qui nagent à contre-courant des idées dites « humanistes », qui sont en réalité des idées très cruelles pour les victimes et les gens honnêtes.

La bataille des idées bat son plein. Contre les lobbies laxistes qui ont leurs entrées dans les ministères pour faire entendre leur voix, nous devons nous élever. Pour cela, à l’IPJ nous faisons le choix d’atteindre les députés et de leur remettre des argumentaires clairs, sans détours et détaillés pour alimenter leur réflexion. Pour que leur vote reflète ce que nous voulons pour la France. Nous sommes la majorité silencieuse qui réclame le droit à vivre en sécurité. Nous pourrions tous être cette vieille dame écrasée par un homme « bien connu de la justice ».

Pour cela, j’ai besoin de votre aide. Nous devons faire gagner notre vision de la société et notre conception de la sécurité.

S’il vous plaît, soutenez l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Je sais que je vous le demande régulièrement, et je vous prie de m’en excuser, mais notre action nécessite des moyens pour être menée à grande échelle.

Avec toute ma gratitude et tout mon dévouement,

Laurence Havel