Le gouvernement joue avec le feu

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Chère Madame, cher Monsieur,

Ce mercredi, Christophe Dettinger passait devant le tribunal correctionnel de Paris pour « violences volontaires en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Vous vous en souvenez sans doute, le 5 janvier dernier à Paris, l’ancien champion de France des lourds légers s’était battu avec deux gendarmes sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, entre le jardin des Tuileries et le musée d’Orsay.

Verdict : il a été condamné à un an de prison ferme et à 18 mois de prison avec sursis. Il est donc reparti en détention à la sortie du tribunal et sa peine va être aménagée en semi-liberté, ce qui veut dire qu’il pourra travailler la journée et rentrera dormir le soir en prison.

Le même jour, Jérôme Rodrigues, l’une des figures emblématiques du mouvement des gilets jaunes a annoncé sur son compte Facebook avoir définitivement perdu l’usage de son œil droit. Il avait été blessé par un projectile lors d’une manifestation à Paris fin janvier alors qu’il filmait et diffusait en direct sur Facebook une intervention des forces de l’ordre.

L’origine exacte de la blessure de Jérôme Rodrigues n’a toujours pas été officiellement identifiée. Il affirme avoir été touché par un projectile tiré par un Lanceur de Balles de Défense, mais cela pourrait aussi bien être une grenade de désencerclement.

Ce qui est certain, c’est que Jérôme Rodriguez ne faisait rien d’illégal au moment où il a été blessé et qu’à ce jour, aucun responsable de sa mutilation n’a été identifié.

Vous avez dit deux poids deux mesures ?

Christophe Dettinger a passé un mois en détention provisoire, en attendant son procès. Le parquet avait justifié cette mise en détention provisoire par le « risque de réitération », alors même que Christophe Dettinger n’avait aucun casier judiciaire.

Le même jour, un autre fait divers n’a pas fait autant de bruit : un homme de 19 ans soupçonné de trois cambriolages a été arrêté à Vénissieux. Il aurait déjà à son actif 54 antécédents judiciaires. « Lors de sa garde à vue », précise le journal 20Minutes, « le suspect a reconnu les faits. Laissé libre, il devra s’expliquer devant la justice le 17 septembre prochain ».

Vous avez dit deux poids deux mesures ?

Vous vous souvenez sans doute que, lors de « l’affaire Théo » François Hollande, qui était encore Président de la République, s’était précipité au chevet du blessé. Et Emmanuel Macron, six jours après le début de l’affaire, avait déclaré : « Comment ne pas être choqué par ce qui est arrivé à Théo ? Parce qu’à Aulnay, c’est la force illégitime de l’État qui a eu cours et la dignité d’un jeune garçon, d’une famille et d’un quartier, qui a été mise en cause. Je tiens à rendre hommage à Théo et à son entourage. »

Pourtant, nous savons aujourd’hui que Théo a menti concernant les circonstances de son interpellation, et deux expertises médicales ont conclu à l’absence de viol.
À ce que je sache, aucun responsable national ne s’est rendu au chevet d’un des nombreux gilets jaunes gravement blessé lors des manifestations récentes. Et aucun de ceux qui avaient accablé les forces de l’ordre au début de l’affaire Théo ne leur a présenté ses excuses.

Vous avez dit deux poids deux mesures ?

Mes chers amis, je ne vous cache pas que je suis inquiète.
Depuis quelques temps, je reçois de plus en plus de messages critiques envers les forces de l’ordre, voire même franchement hostiles.

Il y a quelques jours, nous avions mis sur la page facebook de l’IPJ un article de presse rapportant qu’à Toulouse, des policiers qui arrêtaient des dealers avaient été agressés et caillassés par une cinquantaine d’individus.

Les réactions ont été presque unanimes : « les grenades et flash ball, ne sont réservés qu’aux gilets jaunes ? » ; « Ben alors on fait pas les malins devant les mecs de cités, c’est pas comme avec les Gilets Jaunes » ; et ainsi de suite.

Pourtant, le problème, ce ne sont pas les policiers et les gendarmes, qui ne font qu’obéir aux ordres qu’ils reçoivent et qui risquent leur vie au quotidien pour nous protéger. Le problème, c’est le deux poids deux mesures qui est de plus en plus flagrant, et qui provoque l’indignation croissante d’une partie de la population.

Comme l’a dit Xavier Lemoine, le maire de Montfermeil : « En 2005, aucune manifestation n’avait été déclarée en préfecture et toutes dégénéraient en émeute. Pourtant, à l’époque, en Seine-Saint-Denis, il n’y a eu aucune charge de CRS, ni de policiers à cheval. Aujourd’hui, si. Voilà quatorze ans, les forces de l’ordre n’ont pas recouru au tir tendu, à l’horizontal, à face d’homme et à courte distance. Aujourd’hui, si. Pourquoi ce deux poids, deux mesures de l’État entre les émeutes urbaines de 2005 et les scènes d’émeutes des “gilets jaunes” ? »

C’est exactement la question que se posent les Français, qui ne soutiennent absolument pas les casseurs, qui trouvent normal que Christophe Dettinger ait été condamné pour ses actes, que lui-même a d’ailleurs dit regretter, mais qui voient bien que le gouvernement est beaucoup plus intraitable envers ceux qui le contestent qu’envers les délinquants chroniques et ceux qui caillassent quotidiennement les forces de l’ordre dans les quartiers dits sensibles.

Le gouvernement, par cette attitude, est en train de réussir à monter les Français contre leurs forces de l’ordre. Et c’est très grave.

Il est aussi en train d’aggraver la défiance envers la justice, qui paraît instrumentalisée pour réprimer des manifestations qui gênent le pouvoir.

Il y a quelques jours, Edouard Philippe, le Premier ministre, s’est même félicité de la condamnation de près de 1 800 personnes depuis le début du mouvement des gilets jaunes, avec presque 1 500 personnes encore en attente de jugement.

Même certains représentants de policiers l’ont reconnu, après la condamnation de Christophe Dettinger. Tout en approuvant sa condamnation, Linda Kebbab, déléguée nationale Unité-SGP Police FO, a admis que la justice avait voulu faire un exemple avec le cas de l’ancien boxeur : « Comme l’a dit l’avocat des parties civiles, oui c’est une réponse politique parce qu’elle reste malgré tout supérieure à ce que les forces de l’ordre ont l’habitude de rencontrer quand ils sont atteints par la violence ».

Toujours le deux poids, deux mesures…

Le gouvernement joue avec le feu. Et c’est un incendie dont nous pourrions tous être les victimes.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

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Alerte enlèvement, où est passée notre ministre de la justice ?

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Chère Madame, cher Monsieur,

Alerte enlèvement, où est passée notre ministre de la Justice ?

À l’IPJ, nous commençons à nous inquiéter, car de nombreux projets sont restés à l’état de chantiers abandonnés depuis plus de 18 mois… 

Et ces chantiers influent directement sur notre sécurité !

Surpopulation carcérale, vétusté des prisons, prosélytisme islamiste, évasions spectaculaires, agressions régulières de surveillants pénitentiaires, peines en attente d’exécution… La liste est longue, je pourrais encore continuer.

Mais la ministre semble avoir trouvé d’autres combats à mener. Après tout, la politique est affaire de priorités. Mais les priorités de notre gouvernement en matière de justice ne sont-elles pas très éloignées des nôtres ?

Faisons le compte :

Depuis la semaine dernière, nous avons entendu la ministre de la justice s’exprimer à l’Assemblée nationale devant les députés sur « l’affaire Benalla ». A t-elle menti sur les modalités de la perquisition du journal Mediapart ? C’est en tout cas ce que plusieurs journaux n’hésitent pas à affirmer…

La semaine dernière encore, la ministre s’engageait la main sur le cœur à organiser et participer à des « grands débats » en prison avec les détenus. Débattre en prison, voilà qui est important. Essentiel même.

Seul hic, « À ce jour, aucun détenu ne s’est passionné pour les quatre thèmes du grand débat. […] Aucune demande d’organisation de débat n’est remontée jusqu’à l’Administration pénitentiaire. Cependant, celle-ci envisage d’en mettre sur pied dans certains établissements », d’après le Figaro.

Et bien sûr, il faut aussi garder en tête tous les projets à plus long terme de la ministre :l’installation de téléphones fixes dans toutes les cellules de prison, la généralisation du vote en prison pour les élections, le projet de réforme de la justice qui réussit la prouesse de ne toucher à rien d’important tout en mécontentant tout le monde…

Et pendant ce temps là, la situation se dégrade un peu plus chaque jour…

Les syndicats de gardiens de prison ont appelé à des mardis noirs pour bloquer les établissements pénitentiaires en signe de protestation.
À Nanterre il y a quelques jours, une escorte pénitentiaire de Nanterre a été caillassée par une bande alors qu’elle était en mission d’extraction vers l’hôpital.
À Albi, deux individus ont réussi à pénétrer à l’intérieur de la prison. Ils ont tous simplement ouvert un grillage pour se faire un passage et procéder à leurs livraisons d’objets illicites avec plus de facilité.
Fin janvier, un détenu a pris la fuite lors de son transfert de la prison de Béziers vers le tribunal. Les agents pénitentiaires qui l’accompagnaient ont été agressés par un commando de deux hommes armés. L’un a été frappé à coups de crosse, les deux autres ont essuyé des coups de feu émanant notamment d’un fusil d’assaut.
Le gouvernement fanfaronne en annonçant que près de 1800 condamnations de « gilets jaunes » ont été prononcées par la justice. Combien de Black blocks, de casseurs professionnels et de caïds de banlieue venus « faire leurs courses », parmi eux ?

La maison brûle et nos dirigeants regardent ailleurs…

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

« On a mis un gamin à l’Elysée »

Monsieur Macron n’est pas « sorti de nulle part » c’est un pur produit de consommation !

J’avais constaté au fil de la dernière campagne des présidentielles qu’un groupe de « décideurs »… possédant les médias… faisaient la promo et la pub de ce monsieur introduit dans le gouvernement Hollande et déjà ministre !….

J’avais remarqué le matraquage sur BFMTV d’ailleurs… cela m’avait interpellé !!… Puis nous avons assisté à l’élimination de Mr Fillon pour un motif monté en épingle mais qui se déroule couramment dans le milieu politique… En même temps fut faite la promo de Mr Mélanchon !… Tout cela fut bien orchestré en toute connaissance de cause des états d’âme des français et de l’influence qu’a la pub sur une partie d’entre eux.

Remarquez et observez… cela recommence pour les européenes… entre autre avec la manoeuvre de récupération des « gilets jaunes »… ce serait intéressant… si l’on n’avait rien à y perdre bien entendu…

L’auteur de l’exposé Luc Ferry, ministre de l’éducation nationale sous François Hollande n’est pas à son premier essai, ce qui n’est pas toujours apprécié !!! Proche de Mélenchon il oublie qu’en 2017 le verdict populaire a balayé toute la classe politique et a été élu un président sorti de “nulle part “ !!
Manquant d’expérience, il fait preuve de grandes capacités intellectuelles et de pouvoir de décision.
Il vient d’en faire la démonstration en tenant un marathon en Normandie avec les maires et en répondant avec justesse et pertinence, ce qui a été particulièrement apprécié par ses interlocuteurs.
On ne voit pas quel Président de la dernière décennie aurait pu faire une telle démonstration ??

Loi “anti-casseurs” ou anti-Gilets Jaunes ?

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Chère Madame, cher Monsieur,

Vous le savez, à l’IPJ nous luttons pour une justice plus équitable à l’égard des victimes et plus protectrice pour les citoyens ordinaires. Et nous avons trop souvent l’occasion de déplorer sa passivité et sa mollesse vis-à-vis des délinquants chroniques.

Pour autant, nous ne sommes pas prêts à dire « amen » à n’importe quelle loi sous prétexte de sécurité accrue. La liberté aussi est un bien précieux.

Et nous ne sommes pas naïfs, nous savons qu’un gouvernement peut être tenté de criminaliser ses opposants sous prétexte de lutter contre l’insécurité.

Les Gilets Jaunes manifestent tous les samedis depuis maintenant douze semaines. Ces manifestations donnent parfois lieu à des débordements et à des violences inadmissibles. Bien sûr dans ce cas, la seule réponse appropriée est la fermeté judiciaire.

Mais sous prétexte que des violences se sont produites, le gouvernement a demandé en catastrophe au Parlement de voter une proposition de loi dite « anti-casseurs ».

Cette loi a été votée en première lecture par l’Assemblée nationale mardi. Je ne vous le cache pas, elle ne me dit rien qui vaille.

La liberté de manifester paisiblement et de contester collectivement le gouvernement, quel qu’il soit, est une liberté essentielle. Une liberté aussi importante que le droit de vote ou la liberté d’expression, dont elle est le complément indispensable.

Or cette loi contient des dispositions qui pourront mettre à mal la liberté de manifester.

Notre porte-parole, Me Guillaume Jeanson, a déjà pointé dans la presse les aspects inquiétants de ce texte.

Par exemple, savez-vous que cette loi entend créer une interdiction administrative de manifester ? Les préfets pourront prononcer des interdictions de manifester à l’encontre d’individus susceptibles, selon eux, de représenter une menace grave pour l’ordre public. Mais les préfets sont les agents du gouvernement en place. Autrement dit, avec cette disposition, le gouvernement pourrait disposer du droit d’empêcher ceux qui le contestent de venir manifester leur mécontentement dans la rue…

Mais qu’à cela ne tienne, la loi a été votée en première lecture mardi.

Cela pose d’ailleurs une autre question essentielle : est-il vraiment pertinent de légiférer dans l’urgence ?

Dans le cas présent, il existe déjà beaucoup de dispositions légales qui pourraient permettre de lutter efficacement contre les casseurs, si seulement elles étaient effectivement appliquées.

Par exemple, depuis 1995 la justice peut déjà prononcer des interdictions de participer à des manifestations sur la voie publique, à titre de peine complémentaire pour les individus condamnés pour des actes de violence ou de dégradation.

(Il s’agit bien d’une peine prononcée par un juge, et non pas d’une faculté arbitraire dont serait investi l’exécutif par le biais du préfet).

Depuis 1995, cette peine complémentaire n’a été prononcée que… cinq fois par an en moyenne. Alors même que nous savons depuis des années qu’il existe des équipes de « casseurs professionnels », comme les fameux « Black Blocks », qui viennent régulièrement faire dégénérer les manifestations et s’en prendre aux forces de l’ordre.

Car en fait, le véritable problème n’est pas vraiment notre code pénal mais plutôt que les dispositions qu’il contient sont curieusement mises en œuvre… tout au moins lorsque le pouvoir ne se sent pas directement menacé.

Et c’est bien ce qui est le plus dérangeant dans cette loi sortie brusquement du chapeau : comment ne pas donner l’impression que le gouvernement a cherché à faire adopter une loi « anti Gilets Jaunes », pour se protéger de la contestation ?

Cela renforce, encore un peu plus pour l’opinion publique, le sentiment d’un deux poids deux mesures en matière d’ordre public et de lutte contre la délinquance.

Beaucoup d’observateurs l’ont déjà fait remarquer : La police a, par exemple, moins réprimé les émeutes en banlieue en 2005 que les manifestations des « gilets jaunes ». Parce que dans les deux cas les ordres qu’elle a reçus ont été bien différents.

Xavier Lemoine, le maire de Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, qui a été en première ligne pendant les émeutes de 2005, a même constaté :

« En 2005, aucune manifestation n’avait été déclarée en préfecture et toutes dégénéraient en émeute. Pourtant, à l’époque, en Seine-Saint-Denis, il n’y a eu aucune charge de CRS, ni de policiers à cheval. Aujourd’hui, si. Voilà quatorze ans, les forces de l’ordre n’ont pas recouru au tir tendu, à l’horizontal, à face d’homme et à courte distance. Aujourd’hui, si. Pourquoi ce deux poids, deux mesures de l’État entre les émeutes urbaines de 2005 et les scènes d’émeutes des « gilets jaunes » ? »

Depuis des mois, les manifestations répétées des Gilets Jaunes se nourrissent de cette impression que la loi n’est pas la même pour tous. Que les pouvoirs publics ont bien plus peur d’une « bavure » dans une cité sensible que d’un Gilet Jaune éborgné. Qu’ils ont bien plus de sollicitude pour un Théo que pour un Jérôme Rodriguez.

J’espère sincèrement que cette loi « anti-casseurs » ne sera pas de l’huile jetée sur le feu de la colère de nombreux Français. À suivre…

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Mur des cons : une bonne nouvelle qui en cache une mauvaise

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Chère Madame, cher Monsieur,

Je vous avais dit que je vous tiendrai informé du verdict du procès du « mur des cons ». Le jugement a été rendu [jeudi 31/01/2019].

L’ancienne Présidente du Syndicat de la Magistrature, Françoise Martres, a été condamnée pour injure publique.

Ah, une excellente nouvelle pour la justice, pourrait-on se dire ! Enfin une condamnation dans cette histoire consternante du « mur des cons ».

Que nenni… quand on y regarde de plus près, cette condamnation a un goût amer. 

Françoise Martres a certes été condamnée pour injure publique, mais plus précisément, elle a été condamnée à 500 euros d’amende avec sursis pour injure publique au préjudice du Général Schmitt.

Elle devra également lui verser 5 000 euros de dommages et intérêts et 10 000 euros au titre des frais de justice. Pour rappel, il était épinglé sur le « mur des cons » pour avoir eu l’outrecuidance de critiquer le fonctionnement de la Justice après l’assassinat de sa fille dans un RER par un récidiviste.

Nous nous réjouissons que le Général Schmitt obtienne réparation. C’est tout à fait normal. 

En revanche, François Martres a été relaxée (c’est-à-dire que les poursuite ont été abandonnées) pour des motifs de forme concernant les hommes politiques qui la poursuivaient.

Alors, quelles conclusions tirer d’un tel verdict ? La Justice a été rendue certes, mais j’ai l’impression qu’elle a surtout voulu « ménager la chèvre et le chou ».

On se demanderait presque si les choses n’ont pas été vues ainsi :

« L’opinion publique attend un geste fort, alors retenons l’injure publique pour le père d’une victime, dont l’épinglage sur le mur a été très mal perçu, et rejetons toutes les accusations concernant les hommes politiques. Les gens retiendront que l’ancienne Présidente a été condamnée. L’honneur de la Justice sera sauf et nous pourrons esquiver le fond du problème. »

Je vous entends me dire, « c’est un peu facile ». Et vous avez raison.

Pendant le procès, le sociologue Laurent Mucchielli, venu au secours des magistrats du Syndicat aux « blagues potaches », avait carrément justifié l’existence de ce mur pendant le procès en expliquant : « le Mur des Cons était destiné à renforcer la cohésion professionnelle au sein d’un local syndical ». Il ajoute aussi que « les magistrats étaient bien plus outragés par les politiques. Le « mur des cons » était une façon de leur rendre la monnaie de leur pièce ».

Il semble que ce « sociologue », par ailleurs virtuose de la culture de l’excuse, aurait pu dire plus justement : « le mur des cons était destiné à renforcer l’esprit clanique des membres du syndicat et à attiser leur soif de vengeance contre ceux qui ne pensent pas comme eux. »

Vous me connaissez, il m’arrive de ne pas être tendre avec nos dirigeants politiques et de critiquer ouvertement des décisions ou des prises de position. Mais il est hors de question d’en venir un jour aux insultes ! Alors comment imaginer que cela puisse être possible de la part de magistrats ? Après un tel verdict pour les hommes politiques moqués et insultés, comment faire encore confiance à la Justice ?

Comment faire encore confiance à la justice quand ce procès s’est tenu plus de 5 ans après le découverte du « mur des cons » et qu’il a eu lieu presque en catimini ?

Et puis, cette relaxe va laisser planer un doute. Alors même que des magistrats se permettent d’afficher leur haine pour des personnes à cause de leurs idées ou de leurs convictions,comment ne pas penser que certains procès ou certaines poursuites sont directement liés au prise de position politiques des accusés ?

Pourtant, je peux vous parier que, dans les jours qui viennent, les médias vont titrer laconiquement « L’ancienne Présidente du Syndicat de la Magistrature a été condamnée pour injure publique » sans détailler davantage. Et basta. La page sera tournée. tout le monde retiendra qu’il y a eu condamnation.

Sauf qu’à l’IPJ, nous le savons bien, la page est loin d’être tournée. La révélation du « mur des cons » a mis au grand jour une dérive que nous dénoncions déjà depuis longtemps :

La dérive politique du syndicalisme judiciaire, vous savez, cette forme dévoyée du syndicalisme qui bafoue le devoir de réserve des magistrats et qui met à mal l’impartialité nécessaire à la fonction de juger. Les juges syndiqués seraient-ils exemptés de cette obligation d’impartialité ? NON.

Dès sa création, l’IPJ s’est mobilisé contre la politisation du syndicalisme judiciaire. Et nous continuerons autant qu’il sera nécessaire. De plus, ces lobbies laxistes, comme le Syndicat de la Magistrature ont leurs entrées au Ministère de la Justice, ils occupent souvent des postes clés et reçoivent l’oreille bienveillante de la garde des Sceaux, tout comme ils avaient l’oreille attentive de Christiane Taubira avant elle.

Dans ces conditions, l’IPJ est toujours le plus efficace contre-pouvoir en France contre le laxisme ainsi qu’un rempart contre la politisation de la justice, et il doit le rester.

Mais sans vous, mon action n’aura aucun impact et nous livrerons l’avenir de la justice aux idéologues laxistes. Ils sont déjà suffisamment nombreux et actifs, croyez-moi !

Vous connaissez l’Institut pour la Justice, vous êtes fidèles à notre combat et vous suivez notre travail depuis des années. Ce n’est pas le moment de se décourager. Bien au contraire, avec toute l’équipe de l’IPJ nous relevons nos manches pour poursuivre notre activité de plus belle. Nous le devons à tous ceux qui nous soutiennent, qui croient en notre travail et qui veulent voir un changement.

Nous n’avons pas le droit de baisser les bras. Mais il m’est impossible, seule, de changer le système judiciaire. J’ai besoin de votre aide pour y parvenir. Vous pouvez faire un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,
Laurence Havel

ps : Les temps sont dure, je le sais bien, et vous êtes sollicité de toute part. Si vous voulez soutenir l’IPJ, n’hésitez pas à faire un don, même le plus minime en cliquant ici. Un immense merci.