Non à l’installation des téléphones fixes dans les cellules de prison

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Il ne se passe pas une journée sans qu’un incident ne soit signalé dans les prisons françaises.

Pas une journée sans agressions, menaces, violences, vols, évasions, prises d’otages.

Et je ne vous parle pas des trafics de téléphones portables, de drogue, d’alcool, d’argent, qui font partie du « quotidien ».

Dans certaines prisons le taux d’occupation avoisine les 200%, et la radicalisation islamique galopante rend la situation encore plus explosive.

Les surveillants sont sur la corde raide et risquent leurs vies chaque jour pour essayer de protéger la société.

Dans cette situation, quel est à votre avis le projet phare de Madame Belloubet pour les prisons françaises ?

Assurer la sécurité des personnels pénitentiaires ?

Non.

À la prison de Condé-sur-Sarthe, où les agressions contre les gardiens et les prises d’otage se multiplient, Madame Belloubet a fini par accorder aux surveillants des gilets pare-lame, pour essayer de calmer leur colère.

Mais les gilets qui ont été livrés étaient trop petits. La livraison a donc été interrompue en attendant des modèles à la bonne taille.

Les surveillants ont aussi reçu une trentaine de bombes aérosols au poivre, alors qu’ils sont deux cents dans cet établissement…

Construire plus de places de prison ?

Non.

Le président de la République a renoncé à sa promesse de campagne de construire 15 000 places de prison supplémentaires durant son quinquennat.

Le gouvernement a aussi enterré discrètement la promesse présidentielle de doubler le nombre de centres éducatifs fermés qui accueillent les mineurs délinquants.

La priorité de Madame Belloubet : faire installer 50 000 téléphones fixes dans les prisons !

L’argument de la ministre est que les téléphones dans les cellules « permettraient de maintenir le lien familial ».

Mais comment s’assurer que ces téléphones fixes ne seront pas détournés à des fins de poursuite d’activités criminelles, de pressions exercées sur les victimes ou leurs familles, de préparations d’évasions ou même d’attentats ?

Tous les professionnels s’accordent pour dire qu’il est strictement impossible de surveiller 50 000 lignes téléphoniques, qui peuvent être utilisées 24h/24.

L’autre argument de la Garde des Sceaux est que cette mesure permettrait de lutter contre la prolifération des téléphones portables.

Comme si les détenus allaient gentiment renoncer à leurs portables illégaux sous prétexte qu’on leur offre des téléphones fixes dans leurs cellules.

On croit rêver…

La réalité est bien sûr que les détenus continueront à utiliser des portables en plus des téléphones des cellules, dont ils savent qu’ils peuvent être écoutés.

À la prison de Montmédy, les téléphones fixes dans les cellules ont été expérimentés.

Les surveillants témoignent : « Certains détenus l’utilisent. Mais en majorité, ils n’en voient pas l’utilité et préfèrent utiliser leurs téléphones illégaux […]. De nombreux téléphones fixes ont déjà été cassés ou transformés en cachette. Ils s’en servent parfois aussi pour faire des chargeurs artisanaux (pour leurs téléphones portables). »

En réalité, la seule véritable manière de lutter efficacement contre les portables en prison, ce serait de rétablir une discipline carcérale qui n’a cessé de s’éroder depuis une trentaine d’années, notamment en rétablissant des fouilles beaucoup plus systématiques.

Mais comme Madame Belloubet n’a aucunement l’intention de revenir sur les mesures désastreuses qui ont transformé nos prisons en passoires, elle préfère, une fois encore, essayer d’acheter la « paix carcérale » par une mesure coûteuse et dangereuse pour notre sécurité.

C’est pourquoi l’Institut pour la Justice a décidé de lancer une grande pétition pour dire « non » à l’installation des téléphones fixes en prison.

Si nous laissons faire, quelle sera la prochaine étape ? Internet dans toutes les cellules ? Certaines voix s’élèvent déjà pour le réclamer…

Nous devons stopper cette dérive dès maintenant et obliger la garde des Sceaux à revenir sur son projet.

Alors, je vous invite à signer la pétition de l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Nous avons peu de temps pour agir et il faut le faire massivement !

Diffusez ce message largement autour de vous, si vous le pouvez. Transférez ce message via Facebook, via courrier électronique pour informer vos proches.

Plus nous serons nombreux et plus nous pourrons nous faire entendre du gouvernement.

Chaque voix compte !

L’actualité des derniers mois a montré que l’on peut gagner des combats.

Je compte sur vous,

Axelle Theillier
Présidente de l’Institut pour la Justice

ps : cliquez ici pour signer la pétition “Non à l’installation des téléphones fixes dans les cellules de prison”

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Défendons la légitime défense

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Le 3 mai 2014, Brahim A., un jeune militaire engagé dans la Légion, sort de la gare du Nord avec sa compagne.

Tout à coup, un individu les accoste pour leur vendre de la drogue. Brahim A. refuse tout net. Le dealer se fait menaçant.

Il sort une arme. Un couteau avec une lame de 9 cm et un manche orné de dix têtes de mort. Il se jette sur le militaire et lui transperce la main avec son couteau.

Brahim A. est blessé mais parvient à se défendre et à arracher l’arme de son agresseur. Il veut protéger sa vie et celle de sa compagne. Durant la mêlée qui s’ensuit, le dealer a la cuisse transpercé. Il décèdera quelques heures plus tard de cette blessure.

On apprendra que l’agresseur, qui aurait pu tuer le militaire ou sa compagne, avait déjà été condamné pour infractions liés aux stupéfiants et violence volontaire et qu’il était alcoolisé et drogué lors de son attaque.

Pour avoir défendu sa vie et celle de sa compagne et pour avoir simplement voulu se protéger d’une attaque, ce légionnaire, aux états de service impeccables, a été immédiatement placé en détention provisoire.

Il était victime et s’est retrouvé accusé !

Il a même été renvoyé devant une cour d’assises pour « violence volontaire avec arme ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner ». Il risquait jusqu’à 20 ans de prison !

Vendredi dernier, après quatre jours de procès, un jury populaire l’a acquitté. Brahim A. est ressorti libre du tribunal, son honneur enfin restauré.

5 années auront ainsi été nécessaires pour reconnaître une telle évidence et que cet homme soit (enfin !) reconnu dans son bon droit.

Et encore son avocat indiquait avant le procès : « Avec la légitime défense, on a parfois l’impression qu’il faudrait l’appliquer avec tellement de rigueur qu’elle ne s’appliquerait jamais. Franchement, si elle ne s’applique pas ici, on ne sait pas quand elle pourrait s’appliquer ».

En effet, lors du procès, l’avocat général a réclamé cinq ans de prison contre lui pour s’être défendu contre un homme qui menaçait sa vie.

Oui, vous avez bien lu ! Un juge voulait lui infliger 5 ans de prison pour s’être défendu.

Heureusement, un jury populaire a permis au bon sens et à la justice de l’emporter.

Mais je vous pose la question, est-il normal que Brahim A. ait été placé en détention provisoire immédiatement après les faits alors qu’il était l’agressé et qu’il n’avait jamais eu de démêlé avec la justice ?

Est-il normal qu’il n’ait pas été laissé en liberté, avec contrôle judiciaire si besoin, quand tant d’autres accusés sont laissés libres, alors même qu’ils sont, eux, des multirécidivistes ?

Est-il normal que Brahim A. ait été renvoyé devant une cour d’assises, avec le coût que ça représente et alors que nos tribunaux croulent sous les dossiers, alors que les cours d’assises sont normalement réservées aux crimes les plus graves ?

C’est l’avocat de ce légionnaire qui a raison lorsqu’il déclare : « Ce garçon a servi la France pendant des années. Il s’est trouvé dans une situation qu’il n’a pas choisi. À la barre, il s’est expliqué avec pudeur et respect, et la cour l’a cru. Sa place n’était pas dans une cour d’assises. » ?

En France, dès lors que vous vous défendez contre une agression, vous devenez suspect aux yeux de la justice.

Et vous devez parfois attendre des années, endurer un procès aux assises, comme Brahim A., simplement pour que la justice reconnaisse ce qui semble une évidence : le délinquant c’est votre agresseur, pas vous !

Pour un homme honnête, une telle procédure judiciaire, qui peut durer des années, est une épreuve terrible. Sans même parler des frais qu’elle entraîne et du risque qui pèse sur votre tête.

Comme le dit très bien Philippe Bilger, ancien magistrat :

« J’ai l’impression que pour éviter, et à bon droit, les dérives d’une société qui livrée à elle-même ressemblerait au Far West, on tombe à rebours dans une sorte de juridisme qui ne tient absolument pas compte de la réalité, des menaces, des agressions, des armes, de l’angoisse et du caractère scandaleusement intrusif de la malfaisance dans des lieux dont la vocation est d’urbanité et de tranquillité. »

Quand on voit comment ce militaire agressé a été traité par la justice, on est convaincu qu’il y a une mentalité hostile aux victimes et favorable aux agresseurs qu’il faut absolument changer.

L’Institut pour la Justice s’y emploie avec constance et détermination depuis des années. Et ce procès montre bien qu’il faut absolument continuer le combat.

L’un de nos experts, maître Thibault de Montbrial, est l’un des meilleurs spécialistes des questions de légitime défense.

Il intervient fréquemment dans les médias pour expliquer comment il faudrait changer la loi et la pratique judiciaire.

Nous avons publié des études précises sur la légitime défense. Encore dans le dernier numéro de notre revue on trouve un long article, très détaillé, pour défendre le principe de la légitime défense et son application concrète.

L’Institut pour la Justice sera toujours aux côtés des victimes et pour une justice plus protectrice.

L’Institut pour la Justice continuera, sans relâche, de se battre pour la reconnaissance de la légitime défense.

Mais pour agir, nous avons besoin de votre aide. Toutes nos actions ont un coût. Vous informer, mobiliser des avocats, des juristes et des experts pour défendre nos droits et notre sécurité a un coût.

Nous sommes une petite association et nous ne recevons aucune subvention. Tous les dons, mêmes minimes, sont précieux pour nous.

Si vous voulez nous permettre de défendre d’autres victimes comme ce légionnaire et de faire connaître ces cas, faites un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Nous avons besoin de vous.

Les dons sont indispensables car ils nous permettent d’agir. Si l’Institut pour la Justice ne le fait plus faute de moyens, qui le fera ?

Mille mercis de votre aide précieuse par un don aussi généreux que possible.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

Justice des mineurs : attention danger !

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

« Lorsque c’est flou, c’est qu’il y a un loup ! »

Comme moi, vous avez déjà sûrement entendu cette expression populaire.

C’est celle qui m’est venue à l’esprit lorsque j’ai lu, dans les journaux, les premiers éléments de la réforme de la justice des mineurs que prépare la ministre de la Justice.

Nicole Belloubet veut faire passer cette réforme par ordonnances. C’est-à-dire en évitant des débats sensibles ou contraignants sur le fond de ses propositions. Soi-disant pour pouvoir aller plus vite…

Mais quelle urgence y a-t-il à vouloir que les délinquants de moins de 13 ans ne puissent plus être poursuivis pénalement, comme veut l’imposer la garde des Sceaux ?

À l’Institut pour la Justice nous sommes d’ores-et-déjà mobilisés pour ne rien laisser passer.

La garde des Sceaux ne trompera pas notre vigilance !

Dès que les premiers éléments ont été connus, notre porte-parole, Me Guillaume Jeanson a publié une tribune dans Le Figaro pour débusquer les loups qui se cachent derrière les flous.

Il est très important que la ministre de la Justice sache que nous surveillons ses projets de très près si nous voulons éviter des réformes catastrophiques. Il faut qu’elle sache que nous sommes déjà sur le pied de guerre !

Et pour cela j’ai besoin de votre aide.

Pouvez-vous s’il vous plaît vous rendre sur la tribune de Me Guillaume Jeanson, (en cliquant ici : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/la-reforme-de-la-justice-des-mineurs-pourra-t-elle-se-satisfaire-du-en-meme-temps-20190619la lire et surtout la partager par facebook, par email ou par twitter à tous vos contacts.

Plus nous serons nombreux à le faire, plus nous montrerons que nous sommes nombreux et mobilisés. Souvenez-vous, au moment du Grand débat, nous étions déjà apparus comme une force de mobilisation.

Nous devons donc mettre le maximum de pression dès maintenant.

De notre côté nous préparons en ce moment un contre-projet concernant la justice de mineurs.

Mais, je vous le rappelle, j’ai besoin que vous vous rendiez sur ce lien (il faut cliquer dessus) et que vous le partagiez par tous les moyens possibles.

Il y a urgence !

Ensemble nous pouvons faire la différence.

Avec tous mes remerciements,

Laurence Havel

PS : Ce projet n’était pas dans le programme d’Emmanuel Macron. Nous pouvons donc obtenir son retrait. À vous de jouer.

“Recule, Recule !”

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Depuis quelques semaines, une vidéo tournée début mai, dans le quartier Saint Michel, à Bordeaux, circule. On y voit une voiture siglée Police nationale et une voiture banalisée, arrêtées dans la rue.

Il y a beaucoup de monde autour.

L’ambiance est hostile…

Puis des projectiles commencent à fuser de partout en direction des voitures. Un policier tente de se dégager à l’aide d’un aérosol de défense. Mais les projectiles pleuvent de plus en plus nombreux, on entend des cris. La situation devient totalement incontrôlable et expose la vie des policiers.

« Recule, recule ! » crie un policier au chauffeur de l’une des voitures. Les véhicules finissent par s’en aller rapidement, sous les cris et un tir nourri de projectiles.

Cette vidéo n’a pas été tournée dans l’une de ces centaines de « cités sensibles » qui sont autant d’enclaves dans lesquelles la police ne pénètre plus, sauf en montant des opérations « coup de poing », quasi militaires…

Nous sommes dans le centre-ville de Bordeaux. Une ville prospère, autrefois réputée pour sa douceur de vivre.

Mais hélas, même ici, la situation se dégrade à vue d’œil.

« Ce quartier, c’est la guerre ! J’avais écrit trois fois à Juppé pour le signaler, mais personne ne fait rien. J’ai peur. Parfois, je ferme avant l’heure normale tellement ça chauffe. Ce quartier, c’est mauvais, mauvais, mauvais ! », explique un cafetier de Saint-Michel au journal Sud-Ouest.

Il veut aujourd’hui vendre son établissement et partir de ce quartier. Mais qui voudra le lui acheter ?

Jeudi soir, deux groupes d’une vingtaine de personnes se sont affrontés place Meynard, au milieu des terrasses de café bondées.

Ils étaient armés de battes de base-ball, de clés à molette, de lames de cutter, de barres de fer pour une véritable guérilla urbaine en pleine ville de Bordeaux…

Nombre de témoins de cette rixe violente évoquent un conflit entre « les Albanais et les Algériens ». D’autres parlent de « conflits entre clandestins d’origines différentes », selon Sud-Ouest.

Toujours est-il que ce sont les commerçants et les riverains qui n’en peuvent plus et se retrouvent au milieu de ces affrontements.

Et la police semble bien impuissante. Obligée de reculer devant les voyous, d’abandonner le terrain pour ne pas se faire lyncher, comme sur la vidéo que j’évoquais.

Voilà où nous en sommes…

La délinquance a prospéré dans certains quartiers situés à l’écart des centre-ville, à partir des années 1970.

Puis les trafics, les délits et même les crimes graves se sont multipliés.

Aujourd’hui de nombreux quartiers sont devenus quasiment impénétrables. Ce sont les plaques tournantes d’un gigantesque trafic de drogue qui inonde toute la France.

Actuellement environ 1 400 quartiers relèvent de la « politique de la ville », ce qui représente cinq millions et demi de personnes. Et on découvre de nouveaux « quartiers sensibles » presque tous les jours, au gré de l’actualité des crimes, délits ou autres fait-divers comme on les appelle dans la presse…

Désormais l’insécurité chronique et la violence gagnent même les campagnes comme les centre-ville. Y compris dans des parties du territoire jusqu’alors plutôt épargnées, comme à Nantes ou Bordeaux…

On pourrait penser qu’avec une telle situation la sécurité et la justice devraient être la priorité de nos dirigeants.

Vous savez qu’on en est encore très loin…

Emmanuel Macron a renoncé à sa promesse de construire 15 000 places de prison supplémentaires durant son quinquennat.
Madame Belloubet produit des réformes qui sont dans la droite ligne de Christiane Taubira et réussit même à faire plus laxiste encore !
Et si Christophe Castaner s’est montré très ferme envers les « gilets jaunes » on ne l’entend guère concernant ces zones de non droit qui gangrènent notre territoire…

Mais vous le savez, il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

À l’Institut pour la Justice nous n’acceptons pas cette politique de l’autruche. La situation est grave et nous n’avons pas peur de le dire tout haut, malgré tous ceux qui préfèrent détourner le regard, pour ne pas avoir à agir.

Et vous, détournez vous le regard ?

Si vous m’avez lue jusqu’ici, c’est sans doute que vous êtes sincèrement inquiets et en colère et que vous soutenez notre action.

À l’IPJ, nous ne cesserons pas de nous battre pour changer cette situation qui nous menace tous désormais. Nous ne cesserons pas de dénoncer les dysfonctionnements de notre justice et de proposer des solutions pour y remédier.

Vous pouvez compter sur moi.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Radicalisé et en prison : il commet sa 6ème prise d’otage

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Et ça continue, encore et encore…

La prison de Condé-sur-Sarthe a encore une fois été le théâtre d’un incident gravissime.

Encore une fois des surveillants ont frôlé la mort.

Encore une fois la faute en revient à des dysfonctionnements inacceptables et connus depuis longtemps !

Condé-sur-Sarthe, prison ultra-moderne censée être la plus sécurisée de France est un concentré de presque tout ce qui ne va pas dans l’organisation des nos prisons, et que nous ne cessons de dénoncer.

Que s’est-il passé ?

Mardi soir, pendant près de cinq heures, un détenu, armé d’un pic artisanal, a retenu un surveillant et une stagiaire dans sa cellule.

Libérés en deux temps, avant et après minuit, les personnels pénitentiaires sont heureusement sains et saufs. Le détenu s’est rendu vers minuit trente.

Qui est le condamné responsable de cette prise d’otage ?

Il s’appelle Francis Dorffer. Il est né à Hayange, en Moselle, en 1984, et est issu de la communauté des gens du voyage de l’est de la France. Il entre en prison à l’âge de 16 ans après une condamnation en 2000 à six ans d’emprisonnement pour « vol avec violence » et « viol ».

Depuis il n’en est jamais sorti et a fréquenté une vingtaine d’établissements pénitentiaires.

Dans la nuit du 14 au 15 septembre 2003, un différent au sujet d’un programme télévisé éclate entre Francis Dorffer et Michel Gober, son compagnon de cellule à la prison de Metz-Queuleu. Il le frappe, le bâillonne, le ligote et l’égorge avec une fourchette. Gober, âgé de 19 ans, devait être libéré quinze jours plus tard.

Pour ce meurtre abominable, Dorffer est condamné à 30 années de réclusion, assorties de 20 ans de sûreté.

Depuis qu’il est en prison, Dorffer a effectué six prises d’otages ! Oui, vous avez bien lu : SIX prises d’otage.

En 2006.

En 2009.

En 2010.

En 2011.

En 2017.

Et la dernière en date, mardi soir.

C’est précisément parce qu’il est, selon les personnels pénitentiaires, le « champion de la prise d’otage carcérale » que Francis Dorffer se trouvait à Condé-sur-Sarthe.

On pourrait penser qu’un détenu avec un tel pédigrée ferait l’objet de précautions particulièrement renforcées à Condé-sur-Sarthe. D’autant plus qu’en détention Dorffer s’est converti à l’islam et qu’il est suivi pour « radicalisation ».

Mais pas du tout !

Savez-vous comment Dorffer a pu orchestrer sa sixième prise d’otages ?

À Condé-sur-Sarthe, Francis Dorffer était « auxiliaire » au sein de la prison, c’est-à-dire qu’il aidait à servir les repas et à faire le nettoyage. Cette fonction, rémunérée, permet d’aller et venir en détention, et c’est à l’occasion de la distribution des repas qu’il a pris les deux surveillants en otage.

Autrement dit, ce meurtrier ultra-dangereux, classé sur le registre des DPS (détenus particulièrement signalés), suivi pour radicalisation, bénéficiait de plus de liberté de mouvement que les autres détenus !

À ce stade, ce n’est même plus un dysfonctionnement, c’est pratiquement de la mise en danger délibérée de la vie d’autrui.

D’autant plus que Dorffer avait donné tous les signes d’un imminent passage à l’acte violent. Il avait notamment fait part au médecin de la prison de son intention de faire une prise d’otages pour contraindre l’administration à le transférer dans un autre établissement.

Vous êtes sidérés ?

Attendez, ce n’est pas fini.

Vous vous souvenez qu’au mois de mars de cette année un détenu radicalisé avait poignardé deux surveillants dans cette même prison de Condé.

La ministre, Nicole Belloubet, avait promis toute une batterie de moyens supplémentaires afin de calmer la colère des surveillants. Notamment des gilets pare-lames.

Des gilets ont bien été livrés depuis… mais pas à la bonne taille !

Comme le dit un surveillant : « On est face à des gilets qui ressemblent plutôt à des brassières qu’à autre chose »…

La livraison a donc été suspendue, et les gardiens attendent toujours les gilets à la bonne taille.

Une trentaine d’entre eux ont aussi reçu une bombe aérosol au poivre. « Mais il est indiqué dans la note de service qu’il ne faut pas la diriger dans le visage », dit le même surveillant au journal Ouest-France.

Et vers quoi les surveillants sont-ils censés diriger leur bombe aérosol en cas d’agression ? Vers les pieds des détenus ? On croit rêver, ou plutôt cauchemarder…

Un syndicaliste pénitentiaire explique : « Condé-sur-Sarthe, c’est l’histoire de “la petite maison dans la prairie”. L’établissement a été ouvert en 2013 par Christiane Taubira. Bien des processus et des fonctionnements ont été allégés au nom de plus d’humanité vis-à-vis des détenus. Mais on ne peut traiter ces détenus comme des individus comme les autres.L’établissement est mal né et ça perdure. »

Tout est dit.

La réalité, c’est que la prison « la plus sécurisée de France », qui abrite les détenus les plus dangereux, les plus violents, est très largement gérée comme s’il s’agissait d’une prison ordinaire. Tout cela au nom d’une prétendue « humanité ».

C’est pour cela que, depuis son ouverture, les incidents graves se sont multipliés dans cet établissement.

Cet « humanisme » met délibérément en danger tous les jours la vie des surveillants. Cet « humanisme » a du sang sur les mains.

L’IPJ n’a de cesse de dénoncer cette idéologie laxiste qui traite les surveillants de prison comme bons à sacrifier et qui nous met tous en danger.

Au mois de février de cette année nous avons publié une étude très complète sur cette question des détenus dangereux et violents, et sur la manière de les prendre en charge.

Rien de tout ceci n’est une fatalité. Des solutions existent. Elles sont même très simples. Mais pour cela, il faudrait que nos dirigeants ouvrent enfin les yeux.

Le syndicat FO à Condé-sur-Sarthe a écrit : « Les agents ont le sentiment que le pire reste à venir à Condé tant qu’il n’y a pas une volonté politique de faire changer les choses. »

Oui, le pire reste à venir si nous ne parvenons pas à faire bouger les choses.

Et pas seulement à Condé-sur-Sarthe, mais dans toutes les prisons de France, qui sont devenues de véritables poudrières.

C’est pourquoi je vous demande de m’aider de toute urgence !

Nous avons besoin de votre soutien pour pouvoir continuer notre action, pour pouvoir diffuser nos travaux, pour pouvoir continuer à alerter l’opinion publique, pour pouvoir continuer à rencontrer les élus et à marteler notre message auprès des pouvoirs publics.

Nous sommes une petite association et nous ne recevons aucune subvention. Tous les dons, mêmes minimes, sont précieux pour nous.

Faites un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Nous avons besoin de vous.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

PS : au moment où je vous envoie, ce message nous venons d’apprendre que sur la justice des mineurs, Nicole Belloubet va aller encore plus loin dans le laxisme que Christiane Taubira. Je vous en dirai plus très prochainement mais aidez-moi à vous écrire et à informer des milliers de Français en faisant un don en cliquant ici.

Urgent : portrait-robot de l’automobiliste qui a fauché deux enfants

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Je vous écris dans l’urgence.

Un enfant de dix ans est mort et un autre, âgé de sept ans, est actuellement entre la vie et la mort.

Ils ont été fauchés dimanche après-midi à Lorient par une voiture qui avait fui un contrôle routier.

Après avoir percuté les enfants, qui sortaient du Mac Donald voisin, le conducteur et sa passagère ont pris la fuite.

Le principal suspect, prénommé Killian, mesure 1,80 mètre, de « corpulence normale, de type eurasien, teint mat » et « cheveux noirs ». Sa passagère, âgée de 21 ans, de « corpulence mince », mesure 1,65 mètre, selon la justice, qui les recherche activement.

« Âgé de 20 ans, déjà condamné en répression de faits de conduite sans permis », cet homme « aurait emprunté le véhicule de sa mère alors qu’il n’est pas titulaire du permis de conduire », a indiqué le parquet dans un communiqué.

Voici leurs portraits diffusés par la police, qui a lancé un appel à témoins.

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Si, et seulement si, vous avez des informations ou que vous reconnaissez ces personnes, je vous invite à contacter d’urgence le 02 97 78 86 00. N’intervenez pas vous-même.

L’Institut pour la Justice sera toujours aux côtés des victimes !

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

Échange alcool maison contre…

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Jeudi dernier un détenu a été condamné à dix-huit mois de prison supplémentaires, après que l’administration pénitentiaire ait découvert des images pédo-pornographiques sur son ordinateur.

Ce détenu purgeait déjà une peine de dix-huit ans de prison pour le viol de deux adolescentes, commis à Brest en 2002 et 2003, comme le rapporte France 3.

S’il avait un ordinateur portable dans sa cellule, c’est parce que l’administration pénitentiaire l’y avait autorisé. En effet, ce condamné rédigeait une thèse pendant le temps de sa détention, pour préparer sa « réinsertion ».

Les images pédo-pornographiques qui ont été trouvées sur son ordinateur, il les avait achetées à un autre détenu grâce à la revente d’alcool à laquelle il se livrait en prison. En toute illégalité bien sûr. Il avait en effet « reconstitué un alambic » dans sa cellule à l’aide de briques de jus de fruits…

Et savez-vous quel était le sujet de la thèse sur laquelle il était censé travailler ?

« La prison et la lutte contre la récidive » ! Je vous jure que je n’invente rien.

Voilà donc un homme :

condamné pour le viol de deux mineures,
qui trouve cependant le moyen pendant sa détention de se livrer à un trafic d’alcool…
… pour se procurer des images pédo-pornographiques sur son ordinateur
fourni par l’administration.

Comment expliquer un tel scandale ? Voici comment a réagi le Procureur :

« On a foi en l’être humain, on croit toujours que la personne est récupérable… Mais lui, au lieu de travailler utilement sur sa thèse universitaire, il a préféré retomber dans ses travers et ses anomalies »

Et en effet, tout cela est profondément choquant.

Choquant et profondément inacceptable.

À l’IPJ nous croyons à la réinsertion des condamnés après leur peine. Nous aussi nous pensons que beaucoup de délinquants sont récupérables.

MAIS pour cela il y a une condition préalable indispensable : qu’ils soient réellement punis et sanctionnés pour leurs crimes et que les peines soient exécutées sans faiblesse.

Les partisans de la culture de l’excuse et du laxisme judiciaire veulent nous faire croire que, pour réinsérer les délinquants, il faut absolument se montrer « gentil » ou « compréhensif » avec eux.

D’abord en leur évitant la prison le plus longtemps possible, en préférant toujours les « peines alternatives ». Et ensuite en relâchant la discipline carcérale le plus possible. En accordant aux détenus toujours plus de « droits » et d’éléments de confort et toujours moins d’obligations, de devoirs ou de discipline.

Mais c’est l’inverse qui est vrai.

Pour beaucoup de délinquants un passage par la prison est souvent une condition nécessaire pour abandonner leur mode de vie délinquant, pour être capables de « décrocher ». Et eux-mêmes en ont conscience.

Le docteur Théodore Dalrymple, l’un de nos experts, qui a pendant longtemps été psychiatre dans les prisons anglaises explique :

« Tôt dans ma carrière de médecin pénitentiaire j’ai découvert une chose à laquelle je ne m’attendais pas le moins du monde : qu’une proportion étonnante des détenus préférait la vie en prison à la vie “à l’extérieur”. »

S’ils préféraient la vie en prison, au moins un temps, c’est d’abord parce que, disaient-ils, ils s’y sentaient plus “en sécurité”.

« Mais en sécurité par rapport à quoi ? La plupart du temps c’était par rapport à eux-mêmes. Ils ne savaient pas quoi faire de la liberté et lorsqu’un choix se présentait à eux, ils choisissaient toujours la branche de l’alternative la plus superficiellement attirante et la plus évidemment autodestructrice. Ils provoquaient le chaos et le malheur autour d’eux, y compris pour eux-mêmes, et ils étaient souvent sous la menace d’ennemis que leur propre comportement avait suscités. »

En prison il n’y a pas tout cela, du moins lorsque la prison est réellement une prison et que l’administration ne laisse pas les condamnés y recréer leur mode de vie délinquant.

Pendant leur détention, beaucoup de condamnés reçoivent aussi des soins qu’ils ne recevraient pas ailleurs. C’est particulièrement vrai pour ceux qui se droguent. Or beaucoup de délinquants sont de grands consommateurs de psychotropes : cannabis, alcool, cocaïne, etc.

Le docteur Dalrymple en a rencontré beaucoup durant sa carrière :

« Les drogués étaient si maigres qu’ils auraient pu servir de figurants dans n’importe quel film sur les camps de concentration. Après quelques mois en prison, ils étaient à nouveau l’image vivante de la santé. Malheureusement ils revenaient quelques mois après leur libération dans le même état cadavérique. Certains avaient même supplié les juges de les envoyer en prison afin qu’ils puissent “décrocher“, comme ils le disaient, c’est-à-dire cesser de se droguer.Mais le désir de décrocher n’était pas équivalent à la volonté nécessaire pour résister à la tentation de la drogue une fois qu’ils étaient libérés. »

Lorsque l’administration pénitentiaire préfère « fermer les yeux » sur certains trafics pour acheter la « paix carcérale », non seulement elle met en danger la sécurité de tout le monde, mais elle manque aussi à son devoir d’aider les condamnés qui veulent se réinsérer.

Ce manquement peut avoir des conséquences dramatiques pour les détenus eux-mêmes.

Le docteur Alexandre Baratta, un autre de nos experts, psychiatre lui aussi, raconte qu’il a déjà eu à faire à des détenus présentant « des troubles d’allure psychotique » qui étaient « probablement consécutifs à la consommation de stupéfiants. Ils avaient consommé soit trop de cannabis, soit des amphétamines ou de la cocaïne, qui circulent librement en prison et auxquels les détenus ont recours – particulièrement le vendredi… »

Les trafics qui gangrènent nos prisons ne sont pas une fatalité. Ils sont le résultat d’une suite de décisions prises par les pouvoirs publics. Une suite de lâchetés et de démissions.

À cause de ces renoncements, nos prisons sont de moins en moins capables de remplir leurs fonctions : punir les criminels, protéger la population, aider les condamnés qui le veulent à se réinsérer.

À l’IPJ, nous n’avons pas peur de dénoncer ces démissions et de dire des vérités qui dérangent.

Nous n’avons pas peur de dire que la prison est un instrument indispensable pour lutter contre la délinquance.

Nous n’avons pas peur de dire qu’il faudrait construire de très nombreuses places de prison supplémentaires.

Et nous n’avons pas peur de dire qu’il faudrait rétablir une vraie discipline carcérale, afin de pouvoir faire de la détention un temps utile. N’en déplaise aux soi-disant « humanistes » pour qui le mot discipline est un gros mot.

Nous continuerons à le dire, inlassablement, et à être les porte-parole de tous les Français qui veulent une justice plus rapide, plus ferme et plus protectrice des citoyens.

Vous pouvez compter sur moi.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel