Avez-vous lu les témoignages “pas de vague” ?

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Vous avez certainement entendu parler de cette affaire qui agite en haut lieu. Le ministre de l’Éducation nationale, le ministre de l’Intérieur et même le président de la République sont montés au créneau pour dénoncer un acte « inacceptable » et pour promettre un « plan d’action ambitieux »…

Je veux parler de cette vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, sur laquelle on voit un élève braquer un professeur avec un pistolet.

La scène s’est déroulée jeudi matin à la fin d’un cours de biotechnologie au lycée Branly de Créteil. On voit un lycéen de 15 ans pointer une arme sur l’enseignante pendant qu’un de ses camarades le filme. Il exige qu’elle l’inscrive « présent » au cours, alors qu’elle s’apprêtait à le noter « absent » parce qu’il était arrivé en retard.

Le pistolet s’est avéré factice. Un pistolet à billes de type « airsoft ». Mais bien sûr au moment des faits l’enseignante n’en savait rien, et ces faux pistolets sont extrêmement ressemblants.

Sur la vidéo, on entend celui qui filme ricaner, et on voit un autre élève faire des gestes obscènes derrière l’enseignante.

Oui, oui, nous sommes bien dans un lycée, dans une salle de cours. Nous sommes en France, en 2018.

Savez-vous ce qui m’a le plus choquée dans cette vidéo insupportable ?

L’enseignante semble résignée quand elle se fait braquer l’arme sur le visage. Résignée quand le lycéen lui donne des ordres : « Tu mets “ présent ”, purée ! ». Elle reste assise sur sa chaise, sans réaction, comme si tout cela était la routine pour elle. « La vie des professeurs est comme ça », pourrait signifier son attitude.

Et en effet, depuis que cette vidéo est sortie, la parole des enseignants se libère.

Ils sont des centaines, des milliers, qui gardent l’anonymat pour raconter sur les réseaux sociaux ou dans la presse, ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils vivent au quotidien dans leur métier. Cette scène insupportable, des milliers et des milliers d’enseignants en vivent des semblables au quotidien…

Une professeure de lettres témoigne par exemple dans Le Figaro :

« Je vous passe les “salope”, “pute”, “connard/connasse”, “sale prof” et autres gentillesses que j’entends régulièrement, contre moi ou mes collègues, mais surtout entre élèves. Un jour, un élève de première m’a menacée, debout et front à front en pleine classe, de me “casser la gueule avec ses potes en sortant”. Il a menacé de la même manière une élève qui prenait ma défense. »

Et encore : « Une autre fois, des élèves de seconde ont lancé des écrous contre le tableau pendant que j’écrivais. J’ai fait un rapport, écrous à l’appui. Le tableau porte encore le trou d’un des impacts quatre ans plus tard. Quelques semaines plus tard, dans la même classe, c’est une balle de paintball qui a explosé contre le tableau, puis une bille de souris d’ordinateur (la grosse balle qui fait la roulette) qui m’a frôlé le visage. »

Menaces, insultes, crachats, et parfois même agressions physiques, de la part des élèves ou bien de leurs parents, voilà ce que racontent d’innombrables enseignants, aux quatre coins de la France.

Car ces « incidents », comme les nomment pudiquement les rectorats, ne sont pas cantonnés à quelques établissements dits « difficiles ». Comme le rappelait le président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc) : « 80% des établissements sont concernés ».

Tous ces témoignages affluent sur les réseaux sociaux sous la bannière « Pas de vague ». Car ce qui est finalement le plus révoltant dans tous ces récits, c’est la passivité, voire la complicité de l’institution avec les élèves-voyous.

« J’aurais aimé être soutenue lorsqu’une élève, il y a quelques années, m’a tapé dessus dans un couloir de mon établissement. Mais le conseil de discipline ne l’a pas même exclue. Et on m’a expliqué qu’il fallait prendre les choses moins à coeur. », explique un prof.

Un autre témoigne : « Le remplaçant qui l’année dernière s’est pris une droite d’un 4ème (qui avait déjà insulté plusieurs adultes et mordu un autre prof !) : 1 jour d’exclusion uniquement. Réaction du directeur : c’est le prof qui a provoqué et ne savait pas gérer la classe… »

Une troisième raconte : « Je fais cours porte ouverte, un élève passe dans le couloir et crie « Madame M sale p*** ! » Première réaction de la Principale « Vous avez peut-être mal entendu car ce n’est pas sa version des faits » »

Une quatrième : « Cette année j’ai été rappelé à l’ordre par ma hiérarchie après la plainte de parents pour avoir dit à un élève « Arrête de parler… Ne fais pas l’innocent, tu es rouge comme une pivoine ». J’ai du présenter mes excuses aux parents et à l’élève. Je ne suis plus crédible. »

Un cinquième se souvient : « On m’a craché dessus et on m’a menacé de me « castagner A la sortie ». Punition : aucune. Je porte plainte. Conseiller d’éducation: « bon j’ai posé 3 jours d’exclusion, mais vous êtes dans le répressif, pas dans l’éducatif… »

Aujourd’hui, les responsables politiques montent au créneau, promettent des actes « forts » pour faire cesser les violences à l’école, mais la vérité c’est que, depuis des décennies, ce sont ces mêmes responsables qui ont permis que ces violences se développent.

Les consignes venaient d’en haut, de tout en haut, des rectorats, et de plus haut encore. Il fallait être « compréhensifs », être dans « le dialogue », dans « l’éducatif et pas dans le répressif », les chefs d’établissements qui se montraient trop fermes, qui sanctionnaient trop au goût des rectorats, perdaient leurs primes, voyaient leur carrière entravée…

Jean-Michel Blanquer lui-même, l’actuel ministre de l’Éducation nationale, l’a reconnu : « Trop longtemps, on a considéré que le nombre des conseils de discipline était le reflet de la qualité de l’établissement, au risque de mettre des événements sous le tapis ».

Autrement dit, moins vous convoquiez de conseils de discipline dans votre établissement, mieux vous étiez notés par votre hiérarchie. Si la fièvre monte, cassez le thermomètre, et on considérera que vous faites très bien votre travail. Surtout ne vous plaignez pas, surtout n’alertez pas, surtout ne sanctionnez pas. Pas de vague.

Surtout pas de vague.

Et tant pis pour les élèves qui veulent apprendre. Tant pis pour les enseignants qui cherchent simplement à faire leur travail. Tant pis pour tous ceux qui croient encore en l’école de la République.

Comme l’a expliqué le président du Snalc : « on considère toujours que c’est de votre faute si cela se passe mal dans votre classe… »

Songez que, dans un premier temps, l’enseignante que l’on voit sur la vidéo n’avait même pas prévenu sa hiérarchie !

« Ah quoi bon ? Cela ne sert à rien… de toute façon aucune sanction ne sera prise… ça va encore me retomber dessus au final… » Voilà sans doute ce qu’elle a pu penser.

Les enseignants sont comme ces innombrables victimes de l’insécurité quotidienne qui renoncent à porter plainte, parce qu’ils ont bien intégré que c’est inutile, parce que les forces de l’ordre leur ont expliqué que « cela ne servirait à rien », qu’on ne retrouverait pas les auteurs, ou alors qu’ils n’écoperaient au mieux que d’une sanction symbolique.

Et ceux qui ont affirmé pendant des années aux enseignants victimes d’intimidations et de violences qu’il fallait être « dans l’éducatif et pas dans le répressif », ce sont finalement les mêmes que ceux qui refusent obstinément de remplacer l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs. Parce que face à la délinquance de mineurs il faut être « dans l’éducatif, pas dans le répressif »…

La violence gangrène l’Éducation nationale car elle gangrène la société toute entière, et la culture de l’excuse qui sévit dans la haute hiérarchie éducative est exactement la même que celle qui imprègne une partie de la magistrature, des médias, des universitaires, des hommes politiques.

Aujourd’hui le gouvernement affiche ostensiblement sa fermeté face aux violences scolaires. Mais vous savez quoi ? J’ai comme un doute sur sa sincérité.

Lorsque le président de la République lui-même qualifie de « bêtise » le fait de commettre des braquages, lorsqu’il se fait photographier, tout sourire, avec d’anciens condamnés en train de faire des doigts d’honneur, lorsqu’il nous explique que si ces « enfants de la République » ont commis des « bêtises », c’est parce qu’ils n’ont pas eu « la chance de ne pas en faire », on se dit que la culture de l’excuse a encore de beaux jours devant elle…

Et d’ailleurs, le jeune braqueur pris en photo aux côtés du président n’a pas vraiment suivi ses conseils « d’arrêter les bêtises ». Il vient d’être à nouveau condamné pour détention de stupéfiants et rébellion.

Ca ne vous surprend pas ? Moi non plus.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Publicités

Quelles qualités doit avoir un bon ministre de l’Intérieur ?

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Fin du suspense, hier nous avons appris la nomination de Christophe Castaner au poste de ministre de l’Intérieur, c’est-à-dire, ministre chargé de la sécurité intérieure et des libertés publiques.

Cette décision du Président de la République n’est pas surprenante, cela faisait plusieurs jours que l’on s’attendait à ce que ce « marcheur » de la première heure soit nommé.

Bien que prévisible, cette nomination pose tout de même une question : « le gouvernement se soucie-t-il vraiment de la sécurité et de la justice ? »

Quelques minutes après l’annonce officielle, notre porte parole Me Guillaume Jeanson l’a posée dans le Figarovox et a même apporté quelques éléments de réponse :

« Tous savaient que le profil du nouvel arrivant tiendrait soit du spécialiste, soit de l’homme lige. En nommant Christophe Castaner au ministère de l’Intérieur et Laurent Nunez, ancien DGSI, comme secrétaire d’État auprès de lui, pour le meilleur ou pour le pire, l’exécutif a semble-t-il perpétué son goût du “en même temps”…

Un goût amer pour tous ceux qui attendent en vain que la justice et la sécurité comptent au nombre des priorités du président de la République. »

Si vous me lisez, vous partagez très certainement ce constat.

Le président de la République a choisi de récompenser un « fidèle », mais a-t-il choisi un homme compétent pour occuper ce poste si important ?

Jusqu’à maintenant, Christophe Castaner ne s’est jamais fait remarquer pour son intérêt, ses compétences ni ses connaissances sur les questions régaliennes : la lutte contre L’insécurité, le terrorisme, l’immigration illégale…

La première sortie de Christophe Castaner en tant que nouveau ministre de l’Intérieur a d’ailleurs été très remarquée. C’était hier au Sénat. Après sa réponse à un sénateur sur la mort d’un jeune garçon de 13 ans, tué lors d’une rixe entre bandes, en Seine-Saint-Denis, le week end dernier… l’hémicycle s’est vidé brusquement de tous les députés LR.

Le Président du groupe LR, Bruno Retailleau, a reconnu que « ce n’est pas l’habitude du Sénat » mais les sénateurs de droite n’ont pas supporté la « désinvolture » du nouveau ministre de l’Intérieur lors de sa réponse à la question qui lui était adressée.

Pourtant, il n’y a vraiment pas de quoi prendre les choses à la légère…

Le bilan sécurité 2018 présenté début septembre par Gérard Collomb, faisait état de l’augmentation de 7,5% du nombre des coups et blessures volontaires en France. Avec l’explosion des violences gratuites, des trafics en tous genre, la sécurité doit impérativement redevenir pour ceux qui nous gouvernent une priorité. Une priorité non plus seulement dans les mots, mais dans les actes. À défaut, il ne faudra plus s’émouvoir qu’aujourd’hui en France des enfants de treize ans puissent s’affronter sur la voie publique à coups de barre de fer, et en mourir.

Le départ précipité de Gérard Collomb et les mots très alarmants qu’il a prononcés à cette occasion ont souligné l’urgence qu’il y a à agir et réagir pour rétablir la sécurité partout en France.

Vous pourrez compter sur l’IPJ pour rappeler au nouveau ministre qu’il ne s’agit plus de faire de la politique ou de la « com » à ce poste duquel dépend notre sécurité à tous.

Nous serons là chaque jour pour lui rappeler les actions qui doivent être menées impérativement.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

ps : Vous pouvez lire la tribune de Me Guillaume Jeanson sur le Figarovox en cliquant ici.

Aidez-moi à soutenir les forces de l’ordre

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Avez-vous entendu parler de ce gendarme de 53 ans condamné à 3 mois de prison avec sursis et 6 mois d’interdiction d’exercer sa profession ?

Mais quel méfait a t-il donc commis pour recevoir une telle sanction de la part de la Justice ?

L’adjudant-chef, qui travaillait à Monthermé, dans les Ardennes, a donné une gifle à un adolescent de 14 ans qui importunait son épouse dans un supermarché.

La lourdeur de cette sanction vous révolte ? Nous aussi.

Les forces de l’ordre ne peuvent aujourd’hui plus agir avec autorité lorsqu’il y en aurait vraiment besoin. Les gardiens de la paix savent qu’ils feront l’objet de représailles, de plaintes, de poursuites et parfois de condamnations si jamais par exemple l’interpellation d’un délinquant se passe mal…

Vous vous souvenez certainement tous de « l’affaire Théo ».

À l’inverse, on voit qu’une jeune femme de 21 ans et son père peuvent être mis en garde à vue pendant trois heures parce qu’ils se sont trompés en scannant des boites alimentaires à une caisse automatique dans un magasin Ikea, comme c’est arrivé tout récemment à Strasbourg.

La mission des forces de l’ordre aujourd’hui : toucher au portefeuille les citoyens honnêtes qui enfreignent le code de la route mais faire le dos rond dans les zones de non-droit, où sévissent les trafics de drogue, les violences gratuites, et avec toute la délinquance du quotidien.

Et c’est exactement ça que les Français ET les policiers ne supportent plus. 

Alors, je vous invite à signer la pétition de l’Institut pour la Justice de soutien à nos forces de l’ordre en cliquant ici.

Votre signature est très importante. Je compte sur vous.

Axelle Theillier
Présidente de l’Institut pour la Justice

ps : cliquez ici pour signer la pétition “Je soutiens nos forces de l’ordre”

Quand le bateau coule, les ministres quittent le navire ?

institutjustice

Chère Madame, Cher Monsieur,

C’est un peu ce qu’on a envie de dire aujourd’hui, avec la démission du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, après celle de Nicolas Hulot il y a quelques semaines. Il ne s’agit pas de secrétaires d’Etat inconnus, aux fonctions un peu floues, mais des deux ministres d’Etat, qui étaient numéros deux et trois du gouvernement, juste après le Premier Ministre.

Il parait que Gérard Collomb préfère se consacrer aux élections municipales à venir, pour conserver son mandat de maire de Lyon. Le « premier flic de France » préfère redevenir simple maire de Lyon ?
Vraiment ?

Ne serait-ce pas plutôt parce qu’il n’a plus confiance dans le président de la République, et qu’il préfère ne pas avoir à assumer plus tard le bilan du quinquennat en matière de sécurité ?

Jugez vous-mêmes.

Emmanuel Macron a annoncé au printemps qu’il reniait sa promesse de campagne de construire 15 000 places de prison supplémentaires. Dans la foulée la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a discrètement enterré une autre promesse de campagne, celle de « doubler » le nombre de Centres Éducatifs Fermés.

Nicole Belloubet, justement, plus le temps passe et plus son action ressemble à celle de sa prédécesseur, Christiane Taubira. On parle de « vider les prison », de recourir davantage aux « peines alternatives », d’interdire aux tribunaux de prononcer de courtes peines de prison… Ça ne vous rappelle pas quelque chose ?

Certains responsables politiques, pourtant habituellement modérés dans leurs propos, n’y vont pas par quatre chemins pour dénoncer les projets de la garde des Sceaux :

« Ce plan est dangereux. Il s’agit d’un contresens monumental. Il va laisser les voyous dans la nature en leur accordant une garantie d’impunité. »
Valérie Pécresse

Et si l’on écoute bien ce que dit le Président de la République, on entend la même petite musique, la petite musique de la culture de l’excuse.

Savez-vous par exemple ce qu’Emmanuel Macron a dit, pour se justifier des photographies prises pendant son déplacement aux Antilles, où on l’a vu enlacé avec un individu torse nu qui s’est avéré être un ancien braqueur ?

Il a dit : « j’aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises, parce que bien souvent, parce que c’est un enfant de la République, il n’a pas choisi l’endroit où il est né, et il n’a pas eu la chance de ne pas en faire. »

Oui, vous avez bien lu : un braquage, c’est une simple « bêtise », comme quand on dit qu’un enfant a fait une bêtise. Alors que, dans le code pénal, un braquage cela s’appelle un vol à main armée et c’est un crime qui peut vous valoir jusqu’à vingt ans de prison.

Et savez-vous pourquoi certains font des « bêtises » ? Parce qu’ils sont nés là où ils sont nés et qu’ils n’ont pas eu « la chance de ne pas en faire ».

D’après notre Président, si vous commettez un crime, c’est bien souvent parce que vous n’avez pas eu de chance. Et donc aussi, forcément, si vous êtes honnête, si vous êtes respectueux des lois, si vous ne volez ou n’agressez pas autrui, c’est juste parce que vous êtes chanceux. Il n’y a aucun mérite à en tirer.

Franchement, lorsque vous entendez des choses pareilles, lorsque vous constatez, jour après jour, que la chaîne pénale continue de dysfonctionner gravement et que les tribunaux continuent régulièrement de relâcher les individus dangereux que les policiers ont arrêtés, si vous étiez ministre de l’Intérieur, vous ne vous sentiriez pas découragé ? Vous n’auriez pas envie d’aller voir ailleurs ?

Surtout si les chiffres de la délinquance sont déjà mauvais, si tôt dans le quinquennat, avec notamment une hausse très inquiétante des violences dites gratuites. Il s’en commet actuellement près de 1 000 par jour !

Après la démission inattendue de Gérard Collomb, les forces de l’ordre espèrent avoir très vite un nouveau patron.

Patrice Ribeiro, responsable du syndicat Synergie-Officiers a par exemple déclaré : « Maintenant, nous avons besoin d’une situation stable, où l’on attend la venue de quelqu’un de fort qui a le pouvoir de s’imposer lors des arbitrages, en particulier face à la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, dans le cadre de la réforme pénitentiaire. Si personne ne monte au créneau, nous aurons à subir une dérive à la Taubira et un ensauvagement de la société. »

En effet, c’est très exactement ce qui est à craindre. Nous sommes même en plein dedans.

Le successeur de Gérard Collomb aura fort à faire et nous n’espérons qu’une chose : qu’il soit armé de courage et de volonté politique. Notre sécurité en dépend.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Certains sont reçus à Brégançon…

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Cet été, Emmanuel Macron a reçu au fort de Brégançon, pendant ses vacances, la mère d’un homme accusé de terrorisme au Maroc. En juillet 2016, son fils a été condamné pour « soutien financier » à des personnes ayant voulu perpétrer des actes terroristes.

Sa mère était sortie enthousiaste de l’entretien avec le Président de la République et avait répondu aux journalistes : « Emmanuel Macron m’a dit qu’il allait personnellement s’occuper de ce dossier, je lui fais confiance ».

On aimerait que tous les justiciables reçoivent la même bienveillance… mais force est de constater qu’il n’en est rien.

Certaines personnes semblent plus mériter sa bienveillance que d’autres et dans ces conditions, on comprend très bien la colère de Patricia Perez, dont le fils Adrien a été tué sauvagementà la sortie d’une discothèque à côté de Grenoble cet été.

Le jeune homme de 26 ans avait voulu venir en aide à des amis agressés par deux voyous, bien connus de la police, et était mort poignardé.

En août, Patricia Perez a envoyé une lettre poignante au Président de la République et qui exprime tout ce que l’IPJ constate et reproche à nos pouvoirs publics.

« Que font nos élus censés assurer la sécurité de leurs concitoyens ? Devons-nous conclure, après cette nouvelle tragédie, que les représentants d’un Etat de droit s’avèrent incapables de mettre fin au règne sauvage d’une minorité qui empoisonne le quotidien de millions de Français ? Nos élus ont-ils si peur de ces gens ou ont-ils un intérêt à les laisser prospérer et tuer ? La France a clairement renoncé à imposer la République dans certains territoires, complaisamment ou lâchement abandonnés à la délinquance. Sachez, Monsieur le Président de la République, que ce renoncement a un prix : celui de notre fils.

S’ajoute à la douleur de la perte d’un enfant, l’indignation face au silence assourdissant d’une partie de la classe politique française. Le mutisme de votre gouvernement et de votre majorité est-il la manifestation d’un mépris de caste face à la souffrance du commun des mortels ou l’expression de la conscience coupable d’hommes et de femmes ayant le pouvoir de mettre fin au règne de la violence mais refusant, par manque de courage et de conviction, de le faire ? »

ELLE N’A REÇU AUCUNE RÉPONSE. Personne au Palais de l’Elysée n’a répondu à la lettre de cette mère en deuil.

Certains sont reçus à Brégançon, d’autres subissent un mépris indicible.

Je vous encourage tous à lire cette lettre, extrêmement claire et bien écrite.

Si Patricia Perez ne peut pas compter sur le soutien du chef de l’Etat, qu’elle sache que les Français, dans leur immense majorité, sont choqués par ce crime et touchés par son appel. Nous lui témoignons, à elle, son mari et leur fille, tout notre soutien et notre sympathie.

Cliquez ici pour lire sa lettre à Emmanuel Macron restée sans réponse.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Cher Monsieur Moix, sortez donc des beaux quartiers…

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

« La police française est une des plus violentes d’Europe. (…) Dans les manifestations contre la loi travail, les préfets encouragent le bloc à bloc et tous les manifestants vous diront que jamais les coups de matraques et l’utilisation de flash-balls n’ont été aussi violents.

Je trouve que venir vous victimiser à longueur d’émission de télévision, non seulement vous ridiculise auprès de la population, mais vous ridiculise au carré auprès des populations que vous asseyez à longueur de journée par des humiliations. »

(Et encore, je vous fais grâce de ses propos grossiers…)

Je crois que Yann Moix, écrivain, chroniqueur à la télévision, aurait dû tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de prononcer ces mots stupides qui ont, à juste titre, blessé de nombreux policiers.

Le chroniqueur télévisuel a choqué des milliers de personnes et j’ai même reçu des messages de certains d’entre vous, très en colère.

En vérité, je me demande sur quelle planète vit M. Yann Moix…

Tenez, rien que ces derniers jours :

Dans la nuit du 17 au 18 septembre à Osny dans le Val d’Oise, alors que des policiers tentent de stopper une voiture volée par quatre mineurs délinquants, leur barrage est forcé par la voiture. Elle fonce sur eux et heurte deux policiers dont l’un d’eux est projeté à 27 mètres de là, sur un mur.
Le 23 septembre à la Roche-sur-Yon, trois policiers, répondant à un appel du « 17 » sont tombés dans un guet-apens et ont été violemment agressés par vingt individus cagoulés qui voulaient manifestement « casser du flic ».
Et je ne parle pas des « incivilités » quotidiennes et des situations de tensionsdans lesquelles leur professionnalisme leur permet de garder un calme olympien alors même qu’ils sont soumis à des insultes, à des menaces, à des provocations permanentes… Et justement, s’il y a aujourd’hui un malaise policier, peut-être vient il de là.

On devient policier pour devenir gardien de la paix, ET NON gardien de la « paix sociale ». Devenir policier ou gendarme est une vocation. Des jeunes gens rêvent de devenir gardien de la paix pour pouvoir œuvrer à la protection des gens, à la lutte contre la criminalité, à la maîtrise des flux migratoires…

Mais dans les faits, les policiers font autre chose au quotidien…

Là où il faudrait rétablir l’ordre public, on leur demande de faire le dos rond, de fermer les yeux, de ne pas « provoquer » (un comble ! ). Mais à l’inverse, nous avons tous le sentiment qu’avec le citoyen ordinaire, paisible et honnête, (vous savez celui à qui il arrive de dépasser les 80 km/h sur des routes nationales) les gardiens de la paix sont inflexibles.

Quelle personne qui a été victime du vol de son téléphone, par exemple, et qui est allée porter plainte n’a pas entendu « on prend votre plainte, mais on ne pourra rien faire » ?

Attention, je ne fais aucun procès aux forces de l’ordre, bien au contraire j’admire leur abnégation. Mais je les plains du fond du ccœur.

Ils obéissent à des consignes qui viennent d’en haut et ils travaillent dans des conditions dégradées, faute de moyens et surtout faute de volonté politique de rétablir le règne de la loi. Ils arrêtent de multiples fois des individus que la Justice relâchera très souvent juste après, ils doivent essuyer des insultes, des crachats, des coups sans riposter sous peine de sanctions…

Et lorsqu’une arrestation se passe mal, parce que l’individu résiste, comme dans l’affaire Théo, immédiatement les médias et la plupart des hommes politiques leur tombent dessus, les mettent en accusation sur la place publique, tout en vantant le « sang-froid » et la « dignité » de ceux qui les accusent, comme l’ont fait François Hollande et Emmanuel Macron dans cette affaire Théo.

Dans ces conditions, leur vocation est loin derrière eux et leur mission aujourd’hui est surtout de mettre un couvercle sur la cocotte minute.

Ils mettent le couvercle sur la cocotte minute des zones de non-droit, des trafics de drogue, des violences gratuites, et de toute la délinquance du quotidien, parce ce qu’on leur demande, au plus haut niveau, de faire en sorte qu’il n’y ait pas trop de désordres visibles. Surtout pas d’émeutes au journal de 20h, et pour le reste, après moi le déluge…

Fatalement alors, on comprend que les forces de l’ordre soient ulcérées par ce qui leur est demandé et que les dépressions nerveuses soient légion dans leurs rangs. Et pire encore, ce malaise va parfois jusqu’au suicide. La semaine dernière encore, un policier du Val de Marne s’est donné la mort. Savez-vous que depuis le début de l’année, 47 policiers municipaux, nationaux ou gendarmes se sont donnés la mort ?

Voilà le constat : nous Français aimons notre police, mais l’incompréhension grandit car leur fonction de gardien de la paix mute vers une fonction de gardien de la « paix sociale ». Pour l’Etat, la facilité est de s’intéresser aux Français ordinaires que l’on peut toucher au portefeuille, plutôt qu’aux véritables voyous qui tiennent sous leur coupe des quartiers entiers et qui, dès lors que la Police s’intéresse de trop près à eux, peuvent faire s’embraser ces quartiers…

Et c’est exactement ça que les Français ET les policiers ne supportent plus.

Voilà pourquoi à l’Institut pour la Justice nous nous battons pour rétablir la situation et rééquilibrer les choses.

Nous voulons que la police retrouve sa dignité, que les Français reprennent confiance en elle et que les fauteurs de troubles soient punis et neutralisés.

Mais pour cela, il faut s’intéresser à la chaîne pénale dans son ensemble. Pour que les policiers aillent mieux, pour que la délinquance baisse, il faut se pencher sur le fonctionnement de la Justice. Car c’est d’abord là que le bât blesse.

Nous pouvons avoir l’occasion très prochainement de mettre cette question au cœur des débats, et d’agir de manière décisive.

La Ministre de la justice lance une réforme de la justice pénale. Le projet loi arrive dans très peu de temps au Sénat.

Les Sénateurs pourront soumettre des amendements, que nous sommes en train de rédiger et que nous leur soufflerons, pour faire avancer le droit sur les points qui nous intéressent, sur les points qui vous intéressent.

Avec mon équipe, nous sommes déjà au travail. Nos spécialistes épluchent les points qu’il faut réformer. Mais pour cela, nous avons besoin de vous. Votre soutien est inestimable, indispensable.

Si comme moi, vous ne voulez pas baisser les bras, je vous le demande, faites un don pour soutenir l’Institut pour la Justice.

Un immense merci d’avance.

C’est très important.

Si nous n’agissons pas, qui le fera ?

Vous pouvez adresser votre soutien ici.

Avec mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

Connaissez-vous cette mesure choc ?

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

2018-09-26_160325.jpg

Je crois qu’avec cette nouvelle, nous atteignons un point de non-retour.

Cela peut paraître anodin ou anecdotique, mais en réalité cette annonce est très grave.

Vous connaissez peut-être des personnes devenues secouristes, infirmiers ou médecins par vocation de soigner, de sauver, de servir. Pouvaient-elles imaginer en choisissant cette voie que les conditions de travail deviendraient si dangereuses ?

Il me semble que, par exemple, lorsque l’on devient policier, on connaît les risques d’une telle profession et les possibles dangers de violence, d’agressions auxquels on s’expose. Pas quand on devient soignant.

Et pourtant, les agressions des personnels soignants sont devenues monnaie courante. À tel point que, dans certains endroits de France, il faut prendre des mesures chocs pour les protéger, comme… leur faire porter des gilets pare-balles !

C’est ce que va faire le SAMU du Var.

Ses responsables expliquent dans le Parisien :

« Dans le contexte actuel, […] nos équipes [sont] loin d’être protégées comme il se doit », déplore le Samu 83, qui conseille à son personnel de terrain de « s’équiper préventivement au départ de toutes les missions Smur à haut risque potentiel : notamment en “ zone d’attentat “, de “ règlement de comptes dans une cité “ ou impliquant un “ patient psychiatrique armé “ ».

Bien sûr, il faut équiper et sécuriser nos secouristes pour leur éviter d’être blessés lorsque certaines situations s’enveniment.

Mais enfin, quel triste constat ! Aujourd’hui, en France, vous pouvez être agressé quand vous venez soigner des gens. Faut-il rappeler qu’un sapeur-pompier de 27 ans est mort, le 4 septembre dernier, tué par l’homme qu’il venait secourir ?

Nous en sommes là.

Toutes les professions qui sont en contact avec le public en témoignent : la violence monte, inexorablement. Pompiers, enseignants, professionnels de santé, postiers, chauffeurs de bus ou conducteurs de métro… il ne se passe pratiquement pas une semaine sans que la presse ne rapporte une agression commise contre eux.

Et je ne vous parle même pas des forces de l’ordre. Pour eux, les caillassages, les guets-apens sont pratiquement devenus la routine. Presque trop heureux lorsqu’on n’essaie pas de les brûler vifs à coup de cocktail molotov !

Notre porte-parole, Me Guillaume Jeanson, l’écrivait dans Le Figaro il y a quelques jours : nous assistons à un véritable ensauvagement de la société française. De plus en plus d’individus ont recours à la violence, et parfois à une violence extrême, pour les motifs les plus futiles. Le nombre de « violences gratuites » ne cesse de croître en France. Il frise désormais le record de 1 000 actes quotidiens avec une moyenne de 956 agressions par jour.

Et encore, les statistiques ne nous disent pas tout, nous le savons bien. Beaucoup de gens, découragés, ne vont même plus porter plainte car « cela ne sert à rien ».

Face à cela, que font les pouvoirs publics ? Le président Macron est revenu sur sa promesse de construire 15 000 nouvelles places de prison. La garde des Sceaux, Nicole Belloubet, présente devant le Parlement un « plan prison » qui continue de mouliner les mêmes vieilles recettes qui ont échoué depuis des décennies : il ne faut plus prononcer de courtes peines de prison, il faut développer les « alternatives à l’incarcération », etc.

À croire que Christiane Taubira est toujours ministre de la Justice…

Quand donc nos gouvernants se décideront-ils à comprendre ? Le problème n’est pas de « vider les prisons », il est de mettre les délinquants hors d’état de nuire ! Et de rendre aux gens honnêtes leur tranquillité d’esprit.

Si nous n’agissons pas maintenant, vite et fort, quelle sera la prochaine étape ? Remplacer les ambulances par des chars d’assaut ?

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel