Ses propos ont été détournés


Chère Madame, cher Monsieur,

C’est devenu une routine presque quotidienne. Des pompiers et des policiers qui interviennent dans une « cité sensible » pour éteindre des véhicules ou des poubelles en feu, ou bien pour porter secours à quelqu’un, et qui tombent dans de véritables guet-apens.

Pompiers et policiers sont alors assaillis par des dizaines d’individus qui se tenaient en embuscade, à coups de projectiles, de mortiers d’artifice, de cocktails molotov. Si la configuration des lieux le permet, les assaillants les bombardent aussi depuis les étages des immeubles : boules de pétanques, parpaings, machine à laver… tout ce qui peut blesser ou tuer.

Le journal Le Figaro a recensé une quinzaine de ces faits rien que sur les deux dernières semaines du mois d’octobre. Et encore, précise le journal, « Ces divers exemples repérés dans la presse locale et nationale de ces quinze derniers jours sont loin de représenter une couverture exhaustive de ce phénomène qui touche tout l’Hexagone. »

Commentant ce phénomène très inquiétant, la journaliste Zineb El Rhazoui a déclaré il y a quelques jours sur le plateau de Cnews :

« Sur les événements à Mantes-la-Jolie, le guet-apens organisé autour d’une petite patrouille de police par une centaine de racailles, moi, j’ai vu un peu ce qu’il se disait sur les réseaux sociaux. Les gens de tous horizons étaient absolument unanimes : il faut que la police tire à balles réelles dans ces cas-là. La police américaine aurait tiré à balles réelles pour bien moins que ça. »

Que n’avait-elle pas dit !

Tous les autres participants à l’émission se sont aussitôt récriés et lui sont « tombés dessus ». Certains ont même prétendu que les propos de Zineb El Rhazoui étaient « un appel au meurtre ».

Rien que ça…

Soyons sérieux. Les policiers doivent évidemment se défendre s’ils sont agressés. Bien évidemment aussi, cette défense doit être proportionnée à l’agression. Mais il faut appeler les choses par leur nom : de plus en plus souvent ces guet-apens urbains sont de véritables tentatives de meurtre.

Les moyens employés par les assaillants pourraient parfaitement tuer, et si, jusqu’à maintenant, on n’a relevé aucun mort parmi les forces de l’ordre, c’est uniquement grâce aux bons réflexes des policiers, à leurs équipements de protection, et grâce à la chance aussi.

Maître Thibault de Montbrial, l’un de nos experts, l’a très bien expliqué récemment, sur Cnews lui aussi.

Combien de temps cette chance va-t-elle durer ? Et pourquoi les forces de l’ordre devraient-elles attendre de compter des morts dans leurs rangs pour tirer sur ceux qui, jour après jour, essayent de les tuer et de leur interdire l’accès de certaines parties du territoire national ?

Les belles âmes qui s’en sont pris à Zineb El Rhazoui, bien à l’abri sur un plateau de télévision, mesurent-ils ce que doivent endurer les policiers de terrain, les menaces auxquelles ils doivent faire face ? Mesurent-ils bien les conséquences de ces attaques continuelles ?

Car la réalité c’est que, petit à petit, les forces de l’ordre cèdent du terrain aux délinquants, la réalité c’est que le rapport de force a basculé du côté des bandes armées.

Nos dirigeants prétendent que les zones de non droit n’existent pas, qu’il n’existe aucun quartier dans lequel les forces de l’ordre ne pénètrent plus. À strictement parler, c’est vrai, mais savez-vous comment les policiers en sont réduits à opérer dans certaines de ces « cités sensibles » ?

L’ancien préfet Michel Aubouin raconte dans son livre « 40 ans dans les cités » comment cela se passe dans le quartier de la Grande-Borne :

« Quand la police doit procéder à une interpellation, ce qu’elle fait le matin très tôt, à l’heure où les voyous dorment encore, c’est une opération militaire qu’elle doit monter, où la rapidité d’exécution constitue la seule garantie de réussite. Pour le reste, la police ne peut entrer dans le quartier. Sa configuration autorise des guet-apens à tous les angles des immeubles. »

Bien sûr, entre les voyous et les policiers le déséquilibre des forces est flagrant : une voiture de police est composée, au plus, de trois fonctionnaires alors que, en face « les bandes peuvent, en quelques minutes, mobiliser des dizaines d’individus. À la Grande Borne, elles pourraient même en mobiliser des centaines. »

Mais, ajoute Michel Aubouin, « Ce n’est d’ailleurs pas qu’une question de moyens ; c’est aussi une question de doctrine. Les policiers de la BAC, qui y risquent leur vie chaque soir, craignent la sanction plus que la blessure, à cause d’une interpellation qui aurait mal tournée. La peur de la bavure les accompagne en permanence. »

Chacun se souvient que, en Octobre 2016, précisément dans ce quartier de la Grande Borne, lorsque des policiers avaient failli mourir brûlés vif dans leur voiture après qu’elle ait été incendiée par des cocktails molotov, alors qu’ils étaient entourés de dizaines d’individus venus manifestement pour les tuer, aucun d’entre eux n’avait osé sortir son arme de service pour se défendre.

Les policiers qui opèrent dans ces « quartiers sensibles » sont tellement tétanisés par la peur de ne pas être soutenus par leur hiérarchie, par la justice, par les hommes politiques, qu’ils n’osent même plus défendre leur vie dans des circonstances aussi extrêmes !

La conséquence c’est que les habitants de ces quartiers sont abandonnés à la loi des bandes et des trafiquants de drogue. Des centaines de milliers de gens qui, au quotidien, doivent baisser les yeux, faire comme s’ils ne voyaient pas tous les délits qui se commettent en bas de chez eux, qui doivent supporter les nuisances, les incivilités, les humiliations, sans rien dire. Car ils savent que la police est incapable de les protéger. Elle ne peut même pas se protéger elle-même.

Dans ces quartiers, dit Michel Aubouin, « personne ne porte plainte, personne ne veut témoigner. » Qui pourrait les en blâmer ?

Aujourd’hui cela se passe ainsi dans des centaines de « zones urbaines sensibles ». Et demain ? La France entière ?

Les policiers et les gendarmes n’ont pas seulement le droit de se défendre s’ils sont attaqués, ils en ont aussi le devoir. Car ils représentent la loi républicaine, et force doit rester à la loi, sans quoi, demain, nous serons tous soumis à la loi des voyous et des bandes armées.

Oui, les policiers doivent tirer si nécessaire. Et, à l’IPJ, nous sommes mobilisés depuis longtemps sur les questions de légitime défense, aussi bien en ce qui concerne les forces de l’ordre qu’en ce qui concerne les particuliers.

L’un de nos experts, maitre Thibault de Montbrial, est l’un des meilleurs spécialistes français des questions de légitime défense et il intervient très fréquemment dans les médias.

Nous avons publié de nombreuses études sur le sujet et nous avons été à l’origine de plusieurs propositions de loi et amendements. Notre objectif est de faire modifier les règles de la légitime défense, afin de rendre celles-ci plus adaptées à la réalité du terrain, afin que les policiers, aussi bien que les particuliers, puissent se défendre lorsqu’ils sont agressés sans risquer d’être inquiétés par la justice, comme cela est trop souvent le cas aujourd’hui.

La légitime défense est, depuis le début, l’un de nos combats fondamentaux, vous le savez.

Et l’Institut pour la Justice continuera, sans relâche, de se battre pour la reconnaissance de la légitime défense, pour modifier les mentalités et les pratiques.

Mais pour agir, nous avons besoin de votre aide. Toutes nos actions ont un coût. Vous informer, mobiliser des avocats, des juristes et des experts pour défendre nos droits et notre sécurité a un coût.

Nous sommes une petite association et nous ne recevons aucune subvention. Tous les dons, mêmes minimes, sont précieux pour nous.

Nous avons besoin de vous.

Les dons sont indispensables car ils nous permettent d’agir. Si l’Institut pour la Justice ne le fait plus faute de moyens, qui le fera ?

Mille mercis de votre aide précieuse par un don aussi généreux que possible.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

Je ne l’oublierai jamais, et vous?


Chère Madame, cher Monsieur,
J’étais dans ma cuisine, je terminais de ranger la vaisselle quand mon mari est venu me chercher en me disant « viens voir la télé, vite, il s’est passé quelque chose ».

Vous souvenez-vous de ce que vous faisiez le 13 novembre 2015 ?
Aujourd’hui, cela fait 4 ans que les attaques islamistes du Bataclan, des terrasses de café et de Saint-Denis ont eu lieu.

À l’IPJ, nous n’oublierons jamais les victimes. Elles sont la raison de notre combat.
Celles qui sont mortes et celles qui sont encore là, mutilées ou psychologiquement blessées.
Nous n’oublierons jamais leurs proches. Les parents amputés de leurs enfants, les orphelins, les conjoints dévastés, les frères et soeurs.
4 ans après cette tragédie nationale, nos revendications n’ont pas changé :
Nous voulons que Justice soit rendue. Sans angélisme, sans naïveté et avec courage.
Nous voulons que les victimes soient entendues et reconnues comme telles.
Nous voulons que la loi protège les Français.
Un point c’est tout.
Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

« Plan banlieues » ou tonneau des Danaïdes?

Chère Madame, cher Monsieur,

Vous connaissez sûrement l’expression « remplir le tonneau des danaïdes ». Dans la mythologie grecque, les Danaïdes sont les cinquante filles du roi Danaos qui, en châtiment de leurs crimes, ont été condamnées, aux Enfers, à remplir sans fin un tonneau troué.

C’est une légende bien sûr.

Mais parfois on peut se demander si ce n’est pas une bonne description de la réalité.

Par exemple en ce qui concerne « la banlieue » ou, comme on dit parfois, « les cités sensibles ».

Depuis quarante ans, il y a eu plus d’une dizaine de « plans banlieue ». Le coût total de cette politique de la ville est très difficile à chiffrer, mais il se monte certainement à des dizaines de milliards d’euros. Certains estiment même qu’on serait plus proche des cent cinquante milliards.

À quoi ont servi tous ces milliards qui ont été demandés au contribuable ?

Pas à réduire l’insécurité. Il y a aujourd’hui plus de 750 « zones urbaines sensibles » dans toute la France, et dans certaines d’entre elles les conflits entre malfrats se règlent désormais en pleine rue et à coups de fusils d’assaut.

Pas à favoriser la « mixité sociale » puisque les citoyens ordinaires désertent les « banlieues » dès qu’ils le peuvent pour échapper à la loi des bandes.

Pas à améliorer l’emploi dans des zones où le taux de chômage est le double de celui de la moyenne nationale.

Pas à réduire la pauvreté : la proportion de personnes vivants sous le seuil de pauvreté dans les « zones sensibles » est trois fois supérieure à ce qu’il est ailleurs.

Emmanuel Macron a d’ailleurs déclaré l’année dernière, en Conseil des Ministres : « La politique de la ville est un échec. Depuis 20 ans, on a donné des milliards sans jamais régler les problèmes », comme l’a rapporté le Canard Enchainé.

Et pourtant… le Premier ministre vient d’annoncer un « plan d’action pour la Seine-Saint-Denis », accompagné, selon ses termes, « d’un investissement massif de l’État ces dix prochaines années ».

Il faut dire que la situation de ce département est plus que préoccupante.

Taux de pauvreté : 28 % (le double de la France métropolitaine). Taux de chômage : 12,7 % (trois points au-dessus de la moyenne nationale et quatre points au-dessus de la moyenne d’Île-de-France).

La délinquance mine le quotidien, avec presque 7 % de hausse des crimes et délits en trois ans, des trafics de drogue sans cesse plus tentaculaires, sans même parler des incivilités innombrables.

Pourtant, enseignants, médecins, policiers, magistrats y sont en sous-nombre et tout le monde sait bien que le 93 est devenu une « école de formation » pour les agents moins expérimentés : le « turnover » y est considérable… tout comme le taux d’arrêt maladie chez les fonctionnaires, usés par les conditions de travail qu’ils y trouvent.

Parmi les mesures annoncées par le Premier ministre, certaines tentent de remédier à cette situation déplorable. Avec par exemple la mise en place d’une prime de fidélisation de 10 000 € pour les agents des services publics de l’État en Seine-Saint-Denis, l’affectation de 100 officiers de police judiciaire supplémentaires sur deux ans, la rénovation des commissariats, de la vidéo surveillance…

Tout cela est bel et bon, mais comment peut-on espérer remplir un tonneau qui continue à fuir de partout ?

L’État prétend régler les problèmes de la Seine-Saint-Denis mais il n’est même pas capable de savoir combien il y a d’habitants dans ce département !

Un rapport parlementaire l’avait révélé l’année dernière, dans le 93 les « personnes en situation irrégulière seraient entre 150 000, 250 000 voire 400 000 », ce qui équivaut à la population d’un département comme l’Ariège (152 000 habitants), le Jura (259 000 habitants), voire les Landes (411 000) ». Soit, entre 8 % et 20 % de la population.

Pour la seule immigration régulière, le rapport rappelle que, « parmi les 36 communes de France métropolitaine comptant plus de 10 000 habitants et dont plus de 30 % de la population est d’origine étrangère, 15 sont situées en Seine-Saint-Denis. »

En réalité, « Le département est un sas d’entrée de la France par l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle qui accueille chaque année 65 millions de passagers. »

Comment régler les problèmes d’école, de pauvreté, de logement social, si pendant que la République déverse des milliards, le département se remplit sans cesse de nouveaux pauvres venus de l’autre bout du monde ?

L’ancien préfet Michel Aubouin l’expliquait très clairement dans son livre 40 ans dans les cités paru il y a quelques mois :

« Dans ce mouvement sans fin, tant que de nouveaux venus remplacent ceux qui étaient arrivés la veille, l’inéluctable mécanique de la dégradation ne peut s’arrêter. Des jeunes, originaires d’Afrique subsaharienne, ont supplanté de jeunes Maghrébins de jadis dans le trafic de drogue et l’attaque à la portière. Demain ce seront peut-être des jeunes de la Corne de l’Afrique ou des plateaux arides de l’Afghanistan. Personne ne saurait le dire, car les flux de l’immigration ne faiblissent jamais et leur origine fluctue au hasard des époques. C’est d’ailleurs la principale faiblesse de tous les rapports rendus sur la situation des “ quartiers “ : ils traitent d’un objet figé dans le temps, alors qu’il est un flux ininterrompu.

Considéré sous cet angle, le constat est sans appel. Jamais la France n’aura assez de logements sociaux à offrir à tous ceux qui viennent s’y installer. Les chiffres sont éloquents : il est arrivé, l’an dernier, près de 200 000 célibataires, sans doute désireux de fonder une famille, quand le parc du logement social avait, dans le même temps et au prix d’un effort colossal, à peine augmenté de la moitié.

»

Quant à l’insécurité, à quoi sert d’augmenter le nombre de policiers et de reconstruire des commissariats si la chaîne pénale est toujours aussi engorgée ? À quoi sert que les policiers arrêtent les délinquants si ceux-ci ne peuvent pas être envoyés en prison faute de place ou bien sont relâchés bien avant la fin de la peine prononcée ?

Le premier ministre essaye de nous faire croire qu’il va réussir à remplir le tonneau des Danaïdes, mais bien sûr il n’y réussira pas et c’est à vous, c’est à moi et à tous les Français que l’on va demander de déverser encore de l’argent, toujours plus d’argent dans un tonneau que le gouvernement se refuse obstinément à boucher…

Il est temps de dire stop à cette gabegie. Il est temps de dire à nos dirigeants qu’ils se trompent de diagnostic et que leurs « solutions » n’en sont pas. Les solutions en matière d’insécurité, nous les avons étudiées et nous les connaissons. Nous travaillons sans relâche à les faire connaître et à combattre les tenants de la culture de l’excuse et du fatalisme qui, malheureusement, sont très présents dans les ministères.

Nous sommes aujourd’hui les seuls à le faire. Mais nous avons besoin de vous pour pouvoir continuer à agir, pour pouvoir continuer à nous battre pour améliorer réellement la sécurité quotidienne des Français.

Nous ne recevons absolument aucune subvention, ce qui est le gage de notre totale indépendance, et nous dépendons uniquement de vos dons généreux pour exister.

Sans votre aide financière, nous ne pourrons absolument pas continuer nos actions. Nous ne pourrons rien faire.

Ne condamnez pas l’IPJ à l’inaction. Faites un don, même minime, à notre association en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

Vous souvenez-vous des « sauvageons »?


Chère Madame, cher Monsieur,

Je crois que nous n’avons pas la même conception de la fermeté ni de la gravité qu’Edouard Philippe.

Voilà ce que le Premier ministre a osé dire au lendemain des violences et des dégradations commises à Chanteloup-les-Vignes.

« J’adresse un message de fermeté à l’égard de la petite bande d’imbéciles et d’irresponsables qui pensent que tout casser est une façon de faire avancer les choses. »

À l’IPJ, nous ne parlons pas d’une « petite bande d’imbéciles et d’irresponsables » mais de criminels. De criminels parfaitement responsables de leurs actes.

Oui, il est criminel d’incendier un chapiteau de cirque (construit notamment pour accueillir les enfants de Chanteloup-les-Vignes), de saccager le mobilier public, de prendre pour cibles les policiers dans des guet-apens, d’attaquer les forces de l’ordre avec des tirs de mortiers…

Non, ces « jeunes » ne veulent pas « faire avancer les choses » comme le dit Edouard Philippe puisque justement, leur but est de maintenir ces quartiers sous leur coupe pour faire fleurir les trafics en tous genres. La drogue en numéro un bien sûr.

Ils ne veulent pas « faire avancer les choses », ils veulent chasser toute trace de l’État français dans leur cité pour ne pas avoir à en accepter les lois et vivre selon leurs propres règles.

Catherine Arenou, la maire LR de Chanteloup ne me contredira pas : « Depuis début septembre, l’éclairage public dans la cité est attaqué tous les jours, toutes les nuits, on fait des réparations, des équipes spécialisées qui viennent réparer sont attaquées elles mêmes, il y a eu 3 blessés parmi les gens qui viennent réparer, il y en a un qui a passé une nuit aux urgences. Ca veut dire que ces jeunes ne respectent même pas le travail et la vie humaine ».

Guillaume Jeanson, le porte-parole de l’IPJ interrogé par le Figaro hier, a cité le remarquable ouvrage de Barbara Lefebvre :

« Derrière la provocation réside une véritable “fracture socioculturelle”. Dans son livre Génération “j’ai le droit”, Barbara Lefebvre démontre très justement comment “des pans entiers du territoire national ont été perdus parce qu’ils ont été abandonnés culturellement. Non économiquement, contrairement aux banalités répétées en boucle sur l’abandon des banlieues, car très tôt, elles furent l’objet de toutes les aides publiques” ».

En fait, on pourrait résumer la situation en disant que ces « jeunes » pourrissent la vie de ces quartiers, où des gens honnêtes vivent tenaillés par la peur, coûtent beaucoup d’argent aux contribuables, vivent du trafic de drogues et végètent dans l’islamisme.

Un habitant de Chanteloup, interrogé par les médias, a même expliqué : « Ce qu’on veut vous faire comprendre c’est qu’on en a marre, on en marre, il y a des plages nudistes, je ne vois pas pourquoi il n’y aurait pas de plages islamiques ».

Tout se mélange ! Des revendications religieuses, de la violence gratuite, la détestation des policiers, la guerre des territoires…

Car les violences commises ce week-end à Chanteloup-les-Vignes sont loin d’être isolées. Depuis quelques semaines, de nombreuses cités s’embrasent autour de Paris. Cela fait même l’objet d’un concours sur les réseaux sociaux. À tour de rôle les cités sombrent dans des violences en cascade. C’est à qui sera le plus inventif…

Mantes-la-Jolie les 12 et le 24 octobre, Grigny le 13 octobre, Etampes les 15 et 18 octobre, Les Mureaux le 18 octobre, Champigny et Emerainville le 21 octobre et Chanteloup-les-Vignes le week end dernier. Quelle sera la prochaine ?

Tant que les effectifs de la police ne seront pas augmentés, tant que la police ne pourra pas aller dans ces zones de non-droit, tant qu’elle sera forcée de relâcher les individus qu’elle passe son temps à arrêter, les choses ne vont pas s’arranger.

Monsieur le Premier ministre, les « imbéciles et irresponsables » ont tout compris, ils profitent du vide qu’ils ont en face d’eux.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

ps : Vous pouvez lire l’entretien de Guillaume Jeanson avec le Figaro Vox en cliquant ici

Votre ville est-elle concernée ?


Chère Madame, cher Monsieur,

« Une réforme de la justice dictée par les résultats électoraux d’En Marche ! »

Voilà l’un des gros titres du Canard Enchaîné paru mercredi dernier. Et depuis sa parution les réactions indignées se sont multipliées. 24 députés ont même écrit à Emmanuel Macron pour demander des explications.

C’est qu’en effet l’affaire est grave.

De quoi s’agit-il ?

Le gouvernement envisage de supprimer des postes de magistrats dans une trentaine de villes. Les affaires traitées par ces magistrats seront confiées à des juridictions plus importantes situées dans d’autres villes.

Autrement dit, le gouvernement cherche, à terme, à fermer les tribunaux de proximité, ceux qui traitent le moins d’affaires chaque année, pour faire des économies, un peu de la même manière que l’on ferme des maternités ou des hôpitaux au motif qu’ils accueillent trop peu de patients.

Ce serait déjà délicat, car les Français sont très attachés à leurs services publics de proximité. Mais là où cela pourrait devenir scandaleux, c’est que ces suppressions de postes ne seraient pas dictées par des considérations de bonne administration de la justice mais par les intérêts électoraux du parti du président de la République !

Le Canard Enchaîné publie ainsi une note confidentielle, dans laquelle le ministère de la Justice sollicite une réunion avec l’un des conseillers du Premier ministre et « les experts des élections municipales » de la République en marche afin de connaître les villes qui sont de potentielles « cibles électorales » et ainsi « différer les annonces » de la réforme de la carte judiciaire. Sous-entendu : après les élections municipales.

Faut-il comprendre que, selon que vous faites ou non allégeance au parti du président, vous risquez de voir supprimer des postes dans le tribunal de votre ville, et peut-être le tribunal lui-même ?

Interrogée sur Sud-Radio, Nicole Belloubet, la garde des Sceaux, n’a pas démenti l’existence de cette note confidentielle.

Les politiques n’ont pas été les seuls à monter au créneau après ces révélations. Les syndicats de magistrats ont également exprimé leur « consternation » et leur « stupéfaction » et dénoncent une « scandaleuse instrumentalisation de la réforme de la Justice à des fins électoralistes ».

À l’Institut pour la Justice, nous sommes également très préoccupés.

Cette révélation faite par le Canard Enchaîné vient malheureusement comme une confirmation : améliorer la sécurité des Français et remédier aux graves dysfonctionnements de notre système judiciaire n’est pas une priorité pour le gouvernement, et c’est le moins que l’on puisse dire.

Nous savions déjà qu’Emmanuel Macron avait totalement abandonné sa promesse de campagne de construire 15 000 nouvelles places de prison durant son quinquennat.

Nous savions que la grande réforme de la justice promise par Madame Belloubet n’a accouché que de demi-mesures qui ne satisfont personne et qui ne résolvent aucun problème de fond.

Nous savons également que les projets de la garde des Sceaux en ce qui concerne la réforme de la justice des mineurs sont très inquiétants, avec notamment l’instauration de l’irresponsabilité pénale jusqu’à 13 ans.

Et maintenant nous apprenons que les calculs électoraux passent avant l’intérêt des justiciables.

Il se pourrait que cette dernière manipulation soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase et qu’une tempête soit en train de se lever contre le gouvernement, car les protestations se multiplient de partout.

Plus que jamais notre vigilance et notre mobilisation sont nécessaires pour essayer d’arrêter les projets nocifs du gouvernement.

Vous pouvez compter sur nous pour ne rien laisser passer. Nous vous tiendrons au courant des développements de cette affaire.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Le naufrage de Paris

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans que je lise un article qui évoque l’état de dégradation de notre capitale. Travaux incessants qui provoquent des embouteillages permanents, saleté croissante, rats qui pullulent, et surtout délinquance galopante, tout le monde ou presque semble d’accord sur ce triste constat.

Y compris des personnalités médiatiques qui, a priori, n’habitent pas les pires quartiers qui soient.

La semaine dernière, c’était Le Point qui rapportait les propos du chanteur Alain Souchon, qui a toujours vécu à Paris mais qui désormais envisage de quitter une ville devenue « sale et violente ».

Un peu avant, c’était l’acteur Fabrice Luchini qui n’hésitait pas à comparer son quartier, le 18e arrondissement, avec « une ville du Moyen-Orient » en raison de sa « saleté sublime » et qui déclarait que Paris n’était « absolument plus habitable ».

Et que dire des visiteurs étrangers, qui arrivent dans ce qu’ils imaginent être « la ville lumière » et qui découvrent la réalité du Paris d’aujourd’hui…

Il se trouve justement que j’ai reçu il y a quelque jours une sorte de « carte postale » envoyée par l’un de nos experts, le docteur Theodore Dalrymple.

Le docteur Theodore Dalrymple est anglais, mais il connaît bien la France et notamment Paris, dans laquelle il vient souvent.

Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous son texte. Je crois que tous ceux qui sont venus un jour à Paris ces dernières années se reconnaîtront dans son constat alarmé.

« Deux choses me déplaisent ou m’inquiètent lors de mes visites à Paris. Le premier est le caractère hideux de presque tout ce qui a été construit depuis 1945 et le second est le nombre de resquilleurs dans le Métro. Je les observe avec une fascination horrifiée.

Les resquilleurs semblent se diviser en deux catégories principales : ceux qui sautent par-dessus les barrières et ceux qui vous poussent par derrière pour franchir les barrières, comme si votre ticket était un ticket pour deux. Ces derniers sont plus souvent des femmes que des hommes.

Ce qui me frappe le plus chez les resquilleurs, particulièrement chez ceux qui sautent vigoureusement par-dessus les barrières, c’est leur impudence. Ils enfreignent la loi au su et au vu des autres passagers, et beaucoup d’entre eux semblent avoir une allure triomphante une fois qu’ils sont sur le quai, comme s’ils venaient d’accomplir quelque chose d’assez remarquable. Loin de dissimuler leur délit, ils semblent presque s’en vanter et le jeter à la face des spectateurs.

Ma femme (qui est, ou a été, parisienne) et moi-même essayons parfois d’arrêter ceux qui poussent derrière nous dans leur tentative de voyager avec nos billets, mais ils réagissent à nos efforts non pas avec embarras, comme s’ils étaient pris en flagrant délit, mais avec indignation, comme si nous violions leurs droits, et comme si nous n’avions ni le goût de l’amusement ni le sens de l’humour. Dans la Gare du Nord, j’ai vu une fois un jeune homme arracher un téléphone portable de la veste d’un touriste américain, qui fut assez rapide pour le lui reprendre. Le visage de l’apprenti voleur n’exprimait pas la peur ou l’embarras, ni même la déception, mais l’indignation devant l’acte de lèse-majesté commis par le touriste. C’était comme si le voleur considérait son vol comme une forme légitime de perception de l’impôt.

Personne n’ose intercepter ceux qui sautent par-dessus les barrières du métro, qui pour la plupart sont, bien sûr, jeunes et en forme. Les autres passagers ont probablement peur de le faire, car certains resquilleurs pourraient avoir des couteaux sur eux et personne ne voudrait mourir pour un tel motif. Bien sûr, si les passagers honnêtes se regroupaient ils pourraient facilement dominer un seul resquilleur, mais parfois ils sont deux ou trois à la fois et de toute façon les gens sont occupés ; une telle action leur ferait perdre du temps et pourrait leur causer des problèmes juridiques fastidieux. L’impunité est la meilleure partie de la vaillance.

Je soupçonne également (bien que je ne puisse pas le prouver) que d’autres pensées et sentiments inhibent leur action. Les resquilleurs sont principalement jeunes et probablement relativement pauvres ; ils pourraient être au chômage. Le fait qu’ils soient souvent équipés d’iphones et de chaussures Nike ou Adidas les plus récentes et les plus absurdement chères ne rentre pas en ligne de compte : ces biens pourraient avoir été volés plutôt qu’achetés. Mais les resquilleurs sont pour la plupart des défavorisés et certains d’entre eux au moins appartiennent à des minorités ethniques. Ils sont donc poussés à frauder par nécessité plutôt que par malignité, ou alors ils se vengent d’une société fondamentalement injuste et de plus en plus inégale, dans laquelle certains peuvent facilement se payer un ticket de métro et d’autres pas. Essayer de les empêcher de frauder serait donc ajouter l’injustice à l’injustice.

Ces pensées et ces sentiments sont une rationalisation de la complicité de fait avec les resquilleurs. Ils apaisent le désagréable sentiment de culpabilité et d’impuissance qu’éprouve le citoyen face à la petite délinquance dont il est chaque jour témoin et qui autrement le pousserait au désespoir. La publicité accordée depuis de nombreuses années aux théories sociologiques, criminologiques et psychologiques qui excusent le crime ont sapé la confiance des citoyens dans leur propre jugement moral et dans la légitimité de tout système concevable de justice pénale, et pas seulement de celui qui existe aujourd’hui. Il est difficile de réprimer la criminalité dans de telles conditions – la criminalité qui, nous devons toujours nous en rappeler, frappe les pauvres bien plus que les riches.

»

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Le naufrage de Paris

Chère Madame, cher Monsieur,

Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans que je lise un article qui évoque l’état de dégradation de notre capitale. Travaux incessants qui provoquent des embouteillages permanents, saleté croissante, rats qui pullulent, et surtout délinquance galopante, tout le monde ou presque semble d’accord sur ce triste constat.

Y compris des personnalités médiatiques qui, a priori, n’habitent pas les pires quartiers qui soient.

La semaine dernière, c’était Le Point qui rapportait les propos du chanteur Alain Souchon, qui a toujours vécu à Paris mais qui désormais envisage de quitter une ville devenue « sale et violente ».

Un peu avant, c’était l’acteur Fabrice Luchini qui n’hésitait pas à comparer son quartier, le 18e arrondissement, avec « une ville du Moyen-Orient » en raison de sa « saleté sublime » et qui déclarait que Paris n’était « absolument plus habitable ».

Et que dire des visiteurs étrangers, qui arrivent dans ce qu’ils imaginent être « la ville lumière » et qui découvrent la réalité du Paris d’aujourd’hui…

Il se trouve justement que j’ai reçu il y a quelque jours une sorte de « carte postale » envoyée par l’un de nos experts, le docteur Theodore Dalrymple.

Le docteur Theodore Dalrymple est anglais, mais il connaît bien la France et notamment Paris, dans laquelle il vient souvent.

Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous son texte. Je crois que tous ceux qui sont venus un jour à Paris ces dernières années se reconnaîtront dans son constat alarmé.

« Deux choses me déplaisent ou m’inquiètent lors de mes visites à Paris. Le premier est le caractère hideux de presque tout ce qui a été construit depuis 1945 et le second est le nombre de resquilleurs dans le Métro. Je les observe avec une fascination horrifiée.

Les resquilleurs semblent se diviser en deux catégories principales : ceux qui sautent par-dessus les barrières et ceux qui vous poussent par derrière pour franchir les barrières, comme si votre ticket était un ticket pour deux. Ces derniers sont plus souvent des femmes que des hommes.

Ce qui me frappe le plus chez les resquilleurs, particulièrement chez ceux qui sautent vigoureusement par-dessus les barrières, c’est leur impudence. Ils enfreignent la loi au su et au vu des autres passagers, et beaucoup d’entre eux semblent avoir une allure triomphante une fois qu’ils sont sur le quai, comme s’ils venaient d’accomplir quelque chose d’assez remarquable. Loin de dissimuler leur délit, ils semblent presque s’en vanter et le jeter à la face des spectateurs.

Ma femme (qui est, ou a été, parisienne) et moi-même essayons parfois d’arrêter ceux qui poussent derrière nous dans leur tentative de voyager avec nos billets, mais ils réagissent à nos efforts non pas avec embarras, comme s’ils étaient pris en flagrant délit, mais avec indignation, comme si nous violions leurs droits, et comme si nous n’avions ni le goût de l’amusement ni le sens de l’humour. Dans la Gare du Nord, j’ai vu une fois un jeune homme arracher un téléphone portable de la veste d’un touriste américain, qui fut assez rapide pour le lui reprendre. Le visage de l’apprenti voleur n’exprimait pas la peur ou l’embarras, ni même la déception, mais l’indignation devant l’acte de lèse-majesté commis par le touriste. C’était comme si le voleur considérait son vol comme une forme légitime de perception de l’impôt.

Personne n’ose intercepter ceux qui sautent par-dessus les barrières du métro, qui pour la plupart sont, bien sûr, jeunes et en forme. Les autres passagers ont probablement peur de le faire, car certains resquilleurs pourraient avoir des couteaux sur eux et personne ne voudrait mourir pour un tel motif. Bien sûr, si les passagers honnêtes se regroupaient ils pourraient facilement dominer un seul resquilleur, mais parfois ils sont deux ou trois à la fois et de toute façon les gens sont occupés ; une telle action leur ferait perdre du temps et pourrait leur causer des problèmes juridiques fastidieux. L’impunité est la meilleure partie de la vaillance.

Je soupçonne également (bien que je ne puisse pas le prouver) que d’autres pensées et sentiments inhibent leur action. Les resquilleurs sont principalement jeunes et probablement relativement pauvres ; ils pourraient être au chômage. Le fait qu’ils soient souvent équipés d’iphones et de chaussures Nike ou Adidas les plus récentes et les plus absurdement chères ne rentre pas en ligne de compte : ces biens pourraient avoir été volés plutôt qu’achetés. Mais les resquilleurs sont pour la plupart des défavorisés et certains d’entre eux au moins appartiennent à des minorités ethniques. Ils sont donc poussés à frauder par nécessité plutôt que par malignité, ou alors ils se vengent d’une société fondamentalement injuste et de plus en plus inégale, dans laquelle certains peuvent facilement se payer un ticket de métro et d’autres pas. Essayer de les empêcher de frauder serait donc ajouter l’injustice à l’injustice.

Ces pensées et ces sentiments sont une rationalisation de la complicité de fait avec les resquilleurs. Ils apaisent le désagréable sentiment de culpabilité et d’impuissance qu’éprouve le citoyen face à la petite délinquance dont il est chaque jour témoin et qui autrement le pousserait au désespoir. La publicité accordée depuis de nombreuses années aux théories sociologiques, criminologiques et psychologiques qui excusent le crime ont sapé la confiance des citoyens dans leur propre jugement moral et dans la légitimité de tout système concevable de justice pénale, et pas seulement de celui qui existe aujourd’hui. Il est difficile de réprimer la criminalité dans de telles conditions – la criminalité qui, nous devons toujours nous en rappeler, frappe les pauvres bien plus que les riches.

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Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel