Quand la Justice laisse mourir des femmes


Chère Madame, cher Monsieur,

« Il y a une femme qui a un droit de vie ou de mort aujourd’hui sur moi, c’est la juge d’instruction. »

Laura est une mère de famille de 31 ans, qui a été victime d’une tentative de meurtre de la part de son ex-conjoint, en avril 2018 : il a tenté de l’étrangler à trois reprises devant leur fille de deux ans.

L’homme a été placé en détention provisoire en attendant le procès, mais il fait plusieurs demandes de libération.

Au mois de décembre 2018, la Cour d’appel de Versailles refuse sa sortie, le jugeant « trop dangereux », et que « seule la détention provisoire peut protéger la victime de toute pression ».

Deux mois plus tard, il est pourtant libéré après une nouvelle demande !

Et on ne lui impose qu’un simple contrôle judiciaire, sans bracelet électronique, et sans interdiction de territoire.

Mais ce n’est pas tout…

À peine sorti de prison, l’homme assigne Laura en justice devant le juge aux affaires familiales. Malgré la « dangerosité signalée par un juge », l’homme veut récupérer la garde de sa fille et exige surtout de connaître l’adresse de Laura. Il finit par l’obtenir du juge aux affaires familiales.

Il y a trois semaines, Laura s’est trouvée nez-à-nez avec celui qui avait tenté de la tuer.

Elle ne doit peut-être sa survie qu’à la présence de son père, alerté par les cris de détresse et d’effroi de sa fille.

Ce jour-là l’ex-compagnon s’est enfui. Mais demain ?

Laura a bien sûr prévenu la police et alerté la justice. On s’est contenté de lui répondre que le contrôle judiciaire auquel est soumis son ex-conjoint est « strict » et « adapté ».

Strict et adapté… Alors qu’elle s’est retrouvée du jour au lendemain face à cet homme « dangereux » et alors qu’il avait été précisé que « seule la détention provisoire peut protéger la victime de toute pression ».

Mais souvenez-vous.

Il y a presque un an je vous avais parlé de l’histoire de Cathy, une femme de 37 ans défigurée à l’acide par son ancien compagnon, le père de ses deux enfants.

Karim avait annoncé depuis longtemps son intention de faire payer à Cathy leur séparation. Il avait déjà été condamné à 18 mois de prison (avec sursis !) pour violences conjugales. Il avait l’interdiction de se rendre à Marseille, où habitait Cathy.

Ces interdictions sont théoriques puisque personne ne surveille les milliers d’individus à qui on impose ces restrictions. Il venait ainsi régulièrement la narguer et la menacer.

Encore trois jours avant de défigurer Cathy, Karim avait été arrêté pour avoir violé son interdiction de territoire. Mais il avait été laissé libre, avec une simple convocation pour trois mois plus tard…

Je ne sais pas si Laura connaît l’histoire de Cathy, mais faut-il attendre de tels drames pour que la justice protège enfin les femmes victimes de violences ?

« 53 femmes sont mortes, et beaucoup de juges ont fait de graves erreurs. Moi, je fais partie du monde des mortels. Il faut me protéger. » implorait Laura dans le Figaro, il y a quelques jours.

Oui, c’est le devoir le plus élémentaire de la justice de protéger toutes les victimes, en particulier contre les récidivistes.

Mais trop souvent la justice manque à ce devoir fondamental. Et ce manquement est d’autant plus scandaleux qu’il existe des moyens, à l’efficacité prouvée, pour mieux assurer la protection des victimes.

À l’IPJ, l’écoute et l’assistance aux victimes sont dans notre ADN. Nous sommes sans cesse à la recherche de nouveaux moyens pour que les victimes soient mieux prises en compte et protégées.

Il y a quelques mois, par exemple, nous avions proposé aux Sénateurs de mettre en place un dispositif qui permettrait aux victimes d’agression d’être informées automatiquement de la situation de leur agresseur. Par exemple s’il vient de sortir de prison, s’il a bénéficié d’un aménagement de peine, s’il a échappé à son contrôle judiciaire, etc.

Ce dispositif est inspiré d’un dispositif appelé VINE, qui existe aux États-Unis depuis de nombreuses années, et qui a largement fait ses preuves.

Les Sénateurs ont été très intéressés par notre proposition. Un amendement de l’IPJ a même été adopté par le Sénat, début octobre 2018.

Une grande victoire pour les victimes, mais hélas…

Lorsque le projet de loi sur la justice est arrivé à l’Assemblée Nationale, notre amendement a été supprimé par les députés.

Pour quel motif ?

Accrochez-vous bien : « pour protéger la vie privée du condamné », mais également pour protéger « la victime de ses propres obsessions. Lui donner la possibilité d’avoir accès à un nombre étendu d’informations sur l’auteur de son préjudice c’est l’empêcher d’aller de l’avant. »

Je vous jure que je n’invente rien ! C’est mot pour mot ce qu’ils ont dit.

Qu’attendent donc nos dirigeants pour adopter de simples mesures de bon sens, comme celles que nous proposons ? Des morts supplémentaires ? Encore plus de femmes tabassées ou défigurées ?

Il faut le répéter, le marteler : des solutions existent ! Nous les connaissons, et nous travaillons tous les jours à les faire connaître à nos élus.

Tout ceci nous montre que notre travail est plus que jamais indispensable. Nos idées progressent, puisque le Sénat avait adopté notre proposition et nous multiplions les rencontres et les courriers ces dernières semaines pour convaincre les députés dereprendre cette idée. Nous progressons et surtout, nous ne baisserons JAMAIS les bras.

C’est pourquoi je vous demande de bien vouloir m’aider à continuer notre action. J’ai besoin de vous pour continuer notre travail. C’est en continuant, sans se lasser, de marteler notre message qu’il finira par être incontournable pour les pouvoirs publics.Mais pour cela, j’ai besoin de vous. Même un don minime peut nous aider.

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Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

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Une piscine dans une prison


Chère Madame, cher Monsieur,

Connaissez-vous Snapchat ? C’est un réseau social qui semble très prisé… dans les prisons françaises.

Des détenus y postent régulièrement des vidéos filmées avec des téléphones portables censés être totalement interdits en prison et dans lesquelles on peut les voir avec tout un tas d’autres objets interdits.

Le site Actualité Pénitentiaire a publié, la semaine dernière, la vidéo d’un détenu qui était filmé dans une piscine gonflable.

Une piscine gonflable à l’intérieur de sa cellule !

Sur cette vidéo on voyait également dans la cellule de nombreuses cartouches de cigarettes et plusieurs paires de baskets de marque, soigneusement mises en évidence.

L’homme dans la piscine gonflable, tenant apparemment une canette à la main, avait l’air de bien s’amuser.

Dans une autre vidéo très récente, tournée à l’intérieur du centre pénitentiaire de Beauvais, on peut voir des détenus en cellule filmant de grosses quantités de drogue et plusieurs téléphones portables, que de très nombreux citoyens honnêtes ne peuvent pas s’offrir.

Sur un autre plan on peut voir une énorme quantité d’argent liquide.

Dans une troisième vidéo, toujours révélée par le site Actualité Pénitentiaire, on peut voir des détenus se pavanant en cellule avec une parka de l’administration pénitentiaire, manifestement dérobée à un surveillant.

Ces vidéos sont évidemment une manière de défier l’administration pénitentiaire, en montrant à quel point nos prisons sont devenues des passoires et à quel point la discipline y est relâchée.

S’il est possible de faire rentrer une piscine gonflable puis de la remplir en cellule sans que les surveillants s’en aperçoivent, c’est qu’avec un peu d’ingéniosité il est possible de faire rentrer pratiquement n’importe quoi.

Et c’est bien sûr extrêmement inquiétant.

Des détenus qui ont des portables en cellule, ce sont des détenus qui peuvent continuer à diriger leurs « business » depuis l’intérieur de la prison.

Ce sont des détenus qui peuvent préparer une évasion avec des complices.

Des détenus qui peuvent se procurer de la drogue en prison ce sont des détenus pour qui le temps de la détention ne sera plus le temps du sevrage. Ce sont des détenus qui auront beaucoup plus de mal à se réinsérer une fois sortis.

Des détenus qui peuvent disposer de fortes sommes d’argent en prison, ce sont des détenus qui peuvent essayer de corrompre les surveillants, et qui peuvent exercer une influence considérable sur les autres prisonniers.

Et puis, bien sûr, il y a les armes…

Vous vous souvenez certainement de l’attentat qui a eu lieu récemment à Condé-sur-Sarthe, lorsqu’un détenu connu pour être très dangereux et radicalisé a néanmoins pu attaquer des surveillants avec des couteaux que sa compagne avait fait rentrer sans difficulté dans l’établissement censé être le plus sécurisé de France.

Eh bien figurez-vous que vendredi dernier les surveillants du centre de détention de Bapaume, dans le Pas-de-Calais, ont découvert qu’un détenu fabriquait une bombe dans sa cellule !

Les démineurs, alertés par les surveillants, ont trouvé dans la cellule des composants pour fabriquer un engin explosif et un manuel d’instructions pour fabriquer une bombe. Le prisonnier avait déjà eu le temps de construire un système de mise à feu.

Cela semble à peine croyable, et pourtant…

Mais comment est-ce possible ?

C’est très simple. Les détenus ont deux moyens principaux de se procurer à peu près tout ce qui est théoriquement interdit en détention.

Soit ils le font rentrer lors d’une visite au parloir, étant donné que désormais ni les visiteurs ni les détenus ne sont systématiquement fouillés lors de ces visites.

Soit des complices à l’extérieur de la prison lancent des colis dans la cour de promenade, que les détenus s’empressent de récupérer et de dissimuler.

Soyons clair : cette situation est intolérable. Elle ne devrait pas exister car elle est presque exclusivement la conséquence de la démission des pouvoirs publics.

Rendre une prison relativement étanche, ce n’est pas bien compliqué. En fait, une prison est par définition censée être un établissement clos, dans lequel les détenus ne peuvent communiquer avec l’extérieur que par l’intermédiaire des surveillants.

Pour empêcher presque tous les objets de passer au parloir, il suffirait de fouiller systématiquement les visiteurs et les détenus. Ou alors d’établir des parloirs sans contact.

Pour empêcher les projections depuis l’extérieur, il suffirait de tendre des filets au-dessus des cours de promenade et, là aussi, de fouiller beaucoup plus régulièrement les prisonniers et les cellules.

Mais les pouvoirs publics ont renoncé à ces mesures de bon sens. Par lâcheté, par idéologie, par aveuglement, ils ont laissé la discipline pénitentiaire se dégrader peu à peu et préfèrent acheter la « paix carcérale » en fermant les yeux sur certains trafics.

Une « paix carcérale » dont les surveillants pénitentiaires sont souvent les premières victimes…

C’est inadmissible. Avec un tel laxisme, la prison ne peut plus remplir ses fonctions essentielles. Elle ne peut plus ni protéger la société, ni punir efficacement, ni réinsérer les détenus qui le veulent.

À l’IPJ nous dénonçons régulièrement cet état de fait. Nous avons publié de nombreuses études sur le sujet. Nous rencontrons des élus de tout bord. Nous intervenons dans les médias. Nous nous battons jour après jour pour améliorer la sécurité des Français au quotidien.

Vous pouvez nous aider à continuer ce combat indispensable en faisant un don, même minime, à l’Institut pour la Justice. C’est indispensable à notre action et même à notre survie, tant les difficultés sont nombreuses pour pouvoir agir.

Mais si nous n’agissons pas, qui le fera ?

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Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

Ces seniors qu’on assassine dans le silence


Chère Madame, cher Monsieur,

Il est environ 23h, ce vendredi 12 avril, lorsque Philippe sort du train à la gare de Fontainebleau-Avon. Philippe a 69 ans mais il continue à travailler malgré son âge.

Philippe habite à Vulaines-sur-Seine, à quelques kilomètres de la gare, à laquelle il se rend en voiture.

Philippe se dirige donc vers le parking aérien pour y récupérer son véhicule et rentrer tranquillement chez lui, après une longue journée de travail.

Mais Philippe ignore qu’il est suivi.

Tout à coup, alors qu’il s’approche de sa voiture, deux jeunes hommes lui sautent dessus. Ils le frappent, lui assènent de violents coups de poing au visage, puis tentent de l’étrangler. Un déchaînement de sauvagerie pour lui voler son ordinateur et son téléphone portable.

Philippe sera rapidement transporté à l’hôpital.

Mais les coups portés ont été trop nombreux, trop violents.

Il décédera quatre jours plus tard.

Les agresseurs présumés de Philippe, identifiés par la vidéosurveillance, ont été interpellés à Paris. Il s’agit de deux Algériens d’une vingtaine d’années en situation irrégulière.

Quelques jours plus tard, plus au sud, à Perpignan, des policiers se rendent en urgence chez un septuagénaire. Des voisins les ont alertés, entendant des cris de détresse.

À l’arrivée des forces de l’ordre, la victime, un vieux monsieur de 77 ans, est seul et mal en point.

Il confie avoir été frappé à de multiples reprises par un individu qui vient régulièrement lui dérober les quelques sous qu’il gagne en vendant le journal dans la rue, à Perpignan.

« Il a cassé ma porte », explique le vieux monsieur. « À chaque fois, il entre par ce trou, me frappe et fouille mes tiroirs pour voler ma recette ».

Heureusement, grâce aux voisins, le véhicule de l’agresseur a pu être identifié et ce dernier a été interpellé, comme le rapportait le journal Le Midi libre, le 7 mai.

Comme le relate le journal, le procureur de la République a requis 5 ans de prison contre Abdallah, parlant de « faits abjects » commis par un récidiviste. « Des actes confirmés par les témoignages des voisins, sur une victime en difficulté, qui ne sait même plus quel est son âge véritable, tant elle est choquée. »

Ce mardi 30 avril, un retraité qui vit dans la résidence pour seniors du Tonkin à Villeurbanne fait sa promenade habituelle dans un quartier qui est pourtant malmené par les jeunes vendeurs de drogues.

Il s’arrête devant une école et regarde des enfants jouer dans la cour d’une école maternelle. Peut-être ces enfants qui jouent lui rappellent-ils ses petits-enfants, ou bien sa propre enfance.

Mais soudain un groupe de jeunes gens l’apostrophe. Ils lui reprochent de regarder les enfants, puis l’accusent d’être un pédophile. Le vieux monsieur proteste, mais les jeunes insistent et le bousculent violemment. Il chute lourdement.

Il décèdera deux jours plus tard des suites d’un important traumatisme crânien.

Un suspect de 19 ans a été interpellé et le Parquet a tenu à préciser : « la victime n’avait aucun antécédent et les soupçons de pédophilie aucun fondement ». Le maire de la commune a par ailleurs précisé que, « cet homme était âgé de 82 ans, il était connu des services de la ville comme une personne gentille et serviable ».

Vous l’aurez remarqué, ces trois faits-divers très récents ont un point commun : toutes ces agressions violentes – dont deux mortelles – ont été commises sur des personnes âgées.

Toute agression est intolérable, mais il y a quelque chose de particulièrement ignoble lorsque les agresseurs s’en prennent délibérément à des personnes vulnérables, comme les enfants, les handicapés, ou les personnes âgées.

Nous comprenons tous qu’une agression est encore plus grave lorsqu’elle touche une personne vulnérable du fait de son âge ou de son état physique, car cela signale une lâcheté et une cruauté particulières de la part des agresseurs.

Pour s’en prendre à une personne âgée, il faut être particulièrement dépourvu de scrupules et de pitié.

C’est d’ailleurs pour cela que la justice applique, parfois, des circonstances aggravantes.

Mais pour ma part, je suis extrêmement inquiète et en colère contre ces agressions qui se multiplient contre nos anciens.

Et encore, je ne vous ai parlé que des agressions physiques. J’aurais pu vous parler de toutes les escroqueries ou les vols qui ciblent spécialement les personnes âgées, pour profiter de leur vulnérabilité ou de leur état de désorientation.

Par exemple, ce 8 mai, le journal La Provence rapportait le procès un homme qui a escroqué plus de 35 personnes âgées en trois mois seulement dans les Bouches du Rhône, l’année dernière. L’homme, âgé de 33 ans, qui se faisait passer pour un fauxpolicier pour endormir la méfiance de ses victimes, avait déjà été condamné pour des faits de violences, braquage et extorsion.

Il était en cavale au moment des faits.

Il y a quelques temps notre porte-parole, Me Guillaume Jeanson, avait parlé dans Le Figaro d’un « ensauvagement de la société », face à la montée des violences.

Ces mots sont forts mais tellement justes pour décrire la situation actuelle.

On dit parfois qu’une société peut être jugée à la manière dont elle traite les plus vulnérables de ses membres, et notamment ses anciens…

Alors, je vous le demande : comment méritons-nous d’être jugés lorsque nous laissons nos anciens être la proie de ces prédateurs abjects ?

Comment décrire notre société qui, par laxisme, par lâcheté ou par idéologie refuse d’appliquer les solutions efficaces contre la délinquance ?

Car ces solutions existent.

À l’IPJ nous les avons étudiées et nous nous battons tous les jours pour qu’elles soient mises en œuvre.

Les plus faibles d’entre nous sont les premières victimes de la criminalité. Nous devons aide et respect à nos anciens, à nos grands-parents, à nos pères, à nos mères. Mais nous leur devons aussi la protection.

Quand donc nos dirigeants se décideront-ils à remplir leur premier devoir envers les plus vulnérables d’entre nous ?

Nous ne devons plus laisser faire de tels actes…

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Poignardé à 12 ans pour un portable

Chère Madame, cher Monsieur,

Votre enfant ou petit-enfant a douze ans. Il est collégien depuis peu. La rentrée a été un moment important. Il est devenu « un grand » qui pense déjà au brevet et peut-être au baccalauréat ensuite. Il a grandi si vite que vous n’avez pas vu le temps passer…

Mais pour vous c’est toujours un enfant. Votre enfant.

Il prend maintenant le bus, les jours de semaine, pour aller à son école. Et comme tous les adolescents de sa génération il a son « portable ».

Parce qu’il en avait très envie, bien sûr, pour être comme tous ses copains. Mais aussi parce que cela vous rassure de savoir qu’il peut vous joindre à tout moment, si jamais il lui arrivait quelque chose.

Son portable, il y tient beaucoup. Il n’oublie jamais de l’emporter lorsqu’il sort de la maison.

Ce jour-là il attend le bus tranquillement, comme d’habitude. Ce pourrait être une journée de printemps ordinaire, avec un peu de pluie comme en ce moment.

Ça aurait dû être une journée ordinaire…

Mais ce jour-là deux autres adolescents l’accostent. L’ordre claque : « Donne ton portable ! »

Votre enfant refuse et résiste à ses agresseurs. C’est alors que l’un d’eux sort un couteau et lui en assène plusieurs coups.

Tandis que les agresseurs prennent la fuite, votre enfant s’effondre ensanglanté sur le trottoir.

Poignardé à douze ans pour un téléphone portable !

Vous croyez peut-être que j’invente ?

Hélas, ce que je viens de vous raconter est très exactement ce qui s’est produit il y a une dizaine de jours à Roncq, une commune située au nord de Lille.

Un enfant a reçu trois coup de couteau, dont un dans le ventre, parce qu’il refusait de céder son portable, comme le rapporte le journal La Voix du Nord.

Miraculeusement ses jours ne sont pas en danger, mais il a eu énormément de chance. Lorsque vous recevez un coup de couteau, la différence entre la vie et la mort peut être une simple question de millimètres.

Au moment où je vous écris, il semblerait que ses agresseurs, apparemment mineurs eux aussi, n’aient toujours pas été retrouvés.

Mais dans quel monde vivons-nous pour que des enfants n’hésitent pas à en poignarder d’autres pour un objet aussi banal qu’un téléphone portable ?

Sommes-nous dans un pays en guerre ?

La question se pose clairement car ce n’est même pas un événement exceptionnel, un cas isolé.

C’est pratiquement toutes les semaines que la presse rapporte des agressions au couteau. Y compris sur des enfants !

Le 23 janvier dernier, par exemple, le journal Le Parisien-Aujourd’hui en France rapportait qu’un collégien de douze ans avait été poignardé par un autre de treize ans, dans les Yvelines, à proximité de leur établissement scolaire.

Lorsque je lis ce genre de choses, je suis horrifiée et, en tant que mère, j’ai très peur.

Mais je sais aussi pourquoi je me lève pour aller travailler tous les matins.

Il est inacceptable de trembler pour son enfant lorsqu’il se rend au collège. Il est inacceptable de se dire qu’il peut mourir pour un téléphone portable, pour une cigarette ou pour un simple regard.

Et à l’IPJ, jamais nous ne l’accepterons. Jamais nous ne baisserons les bras face à ceux qui osent prétendre que l’insécurité n’est qu’un sentiment. Jamais nous n’accepterons que l’on nous explique que ces meurtriers en puissance sont des « victimes de la société » !

Nous savons pourquoi nous nous battons, et nous savons que notre cause est juste. Nous savons aussi que nous avons des solutions à proposer, des solutions qui marchent.

L’Institut pour la Justice se bat, au quotidien, pour une justice des mineurs plus ferme et surtout plus efficace, notamment en identifiant les profils les plus criminogènes et parfois très tôt. Refuser, comme certains, de voir la vérité en face, c’est renoncer à éviter le passage à l’acte ou l’ancrage de jeunes adolescents, dans la délinquance ou la criminalité.

Nos solutions sont des solutions de bon sens, inspirées de ce que font nos voisins. Mais encore faut-il oser le faire ou même savoir que cela existe.

C’est toute la mission de l’Institut pour la Justice.

Mais pour mener à bien notre mission, nous avons besoin de votre aide. Nous ne pouvons exister que grâce à votre générosité. C’est grâce à vous que notre combat quotidien est possible.

Même les petits dons de 5, 10 ou 20 euros peuvent nous aider.

Vous pouvez faire un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

« Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire »

Chère Madame, cher Monsieur,

Il y a quelques années, notre ancien délégué général, Xavier Bébin, avait publié un livre qui s’intitulait « Quand la justice crée l’insécurité ».
Le titre disait tout.

Il y dénonçait, avec toutes les preuves nécessaires, tous les échecs et les insuffisances de la justice française :

  • l’idéologie qui l’emporte sur les faits,
  • la culture de l’excuse et le laxisme,
  • les lenteurs et les dizaines de milliers de peines non exécutées,
  • le manque de moyens et de personnels,
  • les criminels dangereux relâchés dans la nature pour de simples erreurs de procédure

Tout ce contre quoi l’IPJ ne cesse de se battre depuis sa création.

Mais que n’avait-il pas dit !
Immédiatement les tenants du laxisme judiciaire lui sont tombés dessus. Il a été accusé d’exagérer, de déformer la réalité, de défendre des positions « extrémistes », etc.

Visiblement, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire…

Comme vous le savez, à l’Institut pour la Justice, ces vérités, nous avons décidé de ne plus les cacher et au contraire de les dénoncer et de les combattre.
Et nous savons que nous avons votre soutien fidèle. Nous savons aussi qu’une très large majorité de Français est d’accord avec nous.
Faites le test dans votre entourage et vous serez surpris.
Dans une de ses dernières études, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) trouve que de 64% des Français ont une opinion négative de la justice. Presque deux personnes sur trois.
Et je ne vous parle même pas de ceux qui ont eu besoin de la justice…
L’ONDRP précise que 71% des personnes qui déclarent avoir été témoins d’actes de délinquance, ont une mauvaise opinion de la justice. Sans parler des victimes…

Les raisons de ce ras le bol populaire ?

La lenteur des procédures, les tribunaux surchargés, l’absence de soutien aux victimes, le laxisme vis-à-vis des délinquants, les prisons saturées…
Rien de nouveau, malheureusement.
Pourtant, les Français, comme vous et moi, ont des attentes très simples vis-à-vis de leur justice :

Qu’elle sanctionne rapidement et sans faiblesse les délinquants, en les mettant en prison chaque fois que c’est nécessaire.
Qu’elle aide davantage les victimes.
Que les honnêtes citoyens n’aient pas à attendre des années pour voir traiter leur cas.

Mais pour qu’une justice fonctionne bien et efficacement, encore faut-il qu’elle en ait les moyens…

Et c’est notamment là que le bât blesse.
Selon un récent rapport de la Commission européenne, qui compare et classe les différents systèmes de justice des 28 États membres de l’Union européenne selon l’efficacité, la qualité et l’indépendance des systèmes de justice, la France figure parmi les cancres de la classe européenne.
Ainsi nous pointons à la 14ème place (sur 28) en ce qui concerne les moyens alloués à la justice, avec 72€ par habitant et par an consacrés à la justice. C’est deux fois moins qu’en Allemagne (146€), et c’est bien loin des deux premiers du classement : le Royaume-Uni (155€) et le Luxembourg (179€).

Mais il y a pire encore.
Concernant le nombre de juges la France est 24ème sur 28, avec dix juges professionnels pour 100 000 habitants, deux fois moins que la moyenne des États membres de l’Union européenne.
En matière de durée, un Français devra attendre en moyenne 304 jours pour voir son cas jugé en 1ère instance, contre 19 jours au Danemark, 91 aux Pays-Bas, ou 133 en Suède !
Pourtant, des moyens pour la justice, nos dirigeants savent en trouver lorsqu’il s’agit d’installer des lignes de téléphone fixe dans toutes les cellules, ou bien de faire participer les détenus au « Grand débat » voulu par le président de la République… C’estune question de priorité.

Notre priorité à l’IPJ, c’est vous !

C’est la voix de ces millions de Français qui ne demandent pas l’infaisable mais simplement une justice plus ferme, plus rapide et plus efficace.
Petit à petit, nous rencontrons des succès croissants. Il y a quelques années, dire qu’il fallait construire des places de prisons était considéré comme « extrémiste ». Aujourd’hui, presque tous les élus y sont favorables. Mais il y a encore un gouffre entredire et faire…
Voilà pourquoi, nous devons continuer à nous battre.
Le combat est simple : défendre chaque jour la sécurité des Français en obtenant que la justice fonctionne mieux. Continuer à dire les vérités, particulièrement celles qui dérangent.
Chaque jour nous nous battons pour que la justice cesse de créer l’insécurité. Et c’est ce que nous continuerons à faire, pour vous et grâce à vous.
Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Il pleut sur Nantes… des balles et des rafales

institutjustice

« Des couteaux, on est passé aux petits calibres avec des délinquants qui se tiraient dans les jambes pour se punir. Et maintenant, ce sont des tirs en rafale d’armes de guerre. Ils tirent pour tuer ».

Chère madame, cher monsieur,

Un ami me parlait récemment de son enfance. Lorsqu’il allait à Nantes, chez sa grand-mère.

« Je me souviens très bien des longues promenades avec elles, dans les rues de la ville, sur les quais. » me disait-il. « Je me souviens des marchés sur lesquels elle choisissait en experte les poissons qu’elle cuisinerait avec le fameux “ beurre blanc ” nantais et qu’elle accompagnerait d’un bon Muscadet ou d’un Sancerre tiré de sa cave.

À force, je connaissais Nantes presque comme ma poche, telle que la chantait Barbara.

La ville à cette époque était parfaitement calme. Jamais je ne m’y suis senti le moins du monde en insécurité et j’aimais aller à Nantes.

Et puis les choses ont commencé à changer à partir des années 1990. Quand ma grand-mère est morte, au milieu de cette décennie, l’atmosphère n’était déjà plus la même. On commençait à parler de “ quartiers sensibles ” : le Breil, Malakoff, les Dervallières… des noms que je n’avais jamais entendus étant enfant. »

« Hélas », ajoutait-il, « qu’est devenue la ville si belle et si tranquille de mon enfance ? »

Et je le comprends. Aujourd’hui, Nantes semble devenir un nouveau Chicago.

Vous vous dites que j’exagère peut-être ?

L’année dernière il y a eu 48 fusillades à Nantes. Quasiment une fusillade par semaine !

Lundi 22 avril : un jeune homme de 24 ans a été victime d’une attaque dans un bar à chicha situé dans le centre-ville. « Des hommes casqués, arrivés sur deux puissants scooters et à bord d’une berline, ont arrosé l’établissement à l’aide d’armes automatiques et d’armes de poing. » (Journal Le Parisien)

La veille, dans le quartier Bellevue, quatre personnes avaient été blessées – dont deux grièvement – dans des circonstances similaires. Le même jour, des tirs avaient également été entendus, quartier des Dervallières et quartier du Breil.

Le 18 avril, un jeune homme de 20 ans avait été touché de plusieurs balles dans le quartier Bellevue.

La police pense que ces violences sont liées au trafic de drogue, qui gangrène désormais ces quartiers. Et le niveau de violence monte inexorablement :

« Des couteaux, on est passé aux petits calibres avec des délinquants qui se tiraient dans les jambes pour se punir. Et maintenant, ce sont des tirs en rafale d’armes de guerre. Ils tirent pour tuer », explique un syndicaliste policier.

Et lorsque la police tente de faire son travail, en arrêtant les délinquants, l’émeute n’est jamais bien loin.

Le 3 juillet dernier, par exemple, un homme de 22 ans est interpellé par des policiers. Il s’agit d’un délinquant multirécidiviste, qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt pour « vol en bande organisée » notamment. Il tente de fuir. À ce moment-là, un des policiers tire et le touche au cou. Aboubakar Fofana meurt deux heures plus tard au CHU de Nantes.

Résultat ?

La nuit suivante des violences urbaines éclatent aux Dervallières, à Malakoff et au Breil puis s’étendent à d’autres quartiers. Pendant les quatre jours suivants 175 voitures seront brûlées, des bâtiments publics saccagés ou totalement détruits, un lycée, une mairie annexe, une bibliothèque…

Et cela ne fait même pas la « une » des journaux, tant c’est devenu une « situation normale » dans une grande ville française.

Car ne croyez pas que la violence et l’insécurité soient réservées aux habitants de ces malheureux quartiers.

Au mois de février de cette année, deux femmes ont été violées dans les rues de Nantes, alors qu’elles marchaient seules, la nuit. Les auteurs de ces viols n’ont toujours pas été retrouvés.

Dans la nuit du 9 au 10 mars, il y a à peine un mois, à nouveau, une jeune femme d’une vingtaine d’années a été agressée sexuellement. « Un homme lui aurait d’abord demandé sa carte bancaire avant de la menacer avec un couteau. Il lui aurait ensuite donné plusieurs gifles avant de la forcer à se déshabiller, puis de la violer. » (Journal 20 minutes)

Et je pourrais aussi vous parler des manifestations qui dégénèrent régulièrement dans le centre de la ville, notamment sous l’influence des « zadistes » qui pendant des années ont occupé illégalement Notre-Dame-des-Landes et dont tous sont loin d’être repartis depuis l’abandon du projet d’aéroport.

La douceur de vivre a bel et bien déserté la cité des ducs de Bretagne.

Cela me rend très triste, et me met aussi en colère. Car il n’y a pas de fatalité. Cela n’aurait pas dû se passer ainsi.

L’histoire de Nantes, c’est aussi l’histoire de la France. Nous avons tous, si nous sommes suffisamment âgés, des souvenirs qui nous disent que, non, notre pays n’a pas toujours été rongé par l’insécurité.

Nous avons tous une ville ou un village qui a été le paradis de notre enfance et dans lequel, maintenant, les habitants ne se sentent plus tranquilles, au quotidien.

Lorsque des habitants de Nantes déclarent : « Nantes n’est pas Marseille ou Paris, et on ne veut pas que ça le devienne. On doit essayer de faire quelque chose », je ne peux que les approuver. Et ajouter qu’à Marseille et à Paris non plus l’insécurité n’est pas une fatalité.

À Nantes comme ailleurs, c’est encore et toujours l’indifférence, le laxisme ou la peur d’émeutes dans certains quartiers, qui a permis à la délinquance de s’installer et de prospérer.

Nous ne devons plus accepter le déni de réalité : « l’insécurité n’est qu’un sentiment » ou le fatalisme de ceux qui refusent d’agir courageusement et nous répètent : « on n’y peut rien, on a tout essayé ».

À l’Institut pour la Justice, nous savons que l’insécurité n’est pas un sentiment, nous savons qu’on n’a pas tout essayé et qu’il existe des solutions à l’efficacité prouvée pour combattre le crime.

C’est pour cela, qu’avec vous et grâce à vous, nous ne baisserons jamais les bras.

Au nom de nos souvenirs d’enfance, et de l’avenir de nos enfants.

Avec tout mon dévouement,

Laurent Havel

Ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Après chaque délit ou chaque crime, on interroge les proches des mis en cause, et à chaque fois, on nous ressort les mêmes phrases : « c’était quelqu’un sans histoires », « on ne pouvait pas se douter qu’il ferait ça… »

Mais est-ce que c’est bien la vérité ?

Il y a quelques jours, la presse se faisait l’écho de l’arrestation d’un jeune dealer âgé de 14 ans seulement et qui a été interpellé pour trafic de drogue dans le quartier du Mirail, à Toulouse.

À 14 ans… la presse indique qu’il est déjà « bien connu de la police ».

À 14 ans !

Mais bien sûr, personne ne pouvait se douter qu’il ferait ça…

À l’Institut pour la Justice, nous refusons ces discours. Et nous avons décidé de nous battre contre la culture de l’excuse sur tous les fronts.

L’Institut pour la Justice, c’est une action militante au quotidien. Des interventions dans les médias. Des rencontres avec les élus. Une assistance apportée aux victimes.

Mais c’est aussi une capacité d’expertise et de propositions, unique en France.

Pour ne plus entendre dire qu’on ne savait pas ou qu’on ne peut rien faire, nous avons décidé de publier, deux fois par an, une revue scientifique : la Revue Française de Criminologie et de Droit Pénal.

Cette revue, unique en France, nous la diffusons dans les bibliothèques, les universités, auprès des professionnels de la justice et des décideurs politiques.

Avec cette revue, ils ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas !

Notre combat est de dénoncer les injustices et le laxisme mais aussi de proposer un autre modèle en nous inspirant de ce qui marche à l’étranger. Il y a quelques années, New York était une ville dangereuse. Ce n’est plus le cas, depuis l’application de la « Vitre Brisée » et de la police de proximité. Cette police de proximité dont on parle tant en France mais qui n’est toujours pas appliquée comme il faudrait pour qu’elle soit efficace…

La Revue de l’IPJ est l’une des seules, si ce n’est LA seule, à oser parler de ces sujets avec les plus grands spécialistes et juristes.

Dans le nouveau numéro de la revue, vous pourrez, par exemple, trouver une défense de la légitime défense. En France la légitime défense est toujours suspecte. Quand un citoyen se défend, il est plus souvent considéré comme coupable que comme LA vraie victime !

Je peux vous garantir qu’en lisant cet article, les tenants du laxisme judiciaire vont s’étrangler. Nous nous en réjouissons d’avance.

Un numéro de la Revue Française de Criminologie et de Droit Pénal qui parait, c’est à chaque fois un nouveau pavé dans la mare pour tous ceux qui voudraient faire primer l’idéologie sur les faits.

Voilà pourquoi, nous avons aussi travaillé sur la sanction pénale qui doit avant tout être une punition ou une sanction infligée au criminel, et non une manière d’essayer de le « soigner » ou de le « réinsérer ».

Cette revue est une très belle réussite, et nous en sommes très fiers.

Cette revue est aussi votre revue. Parce que ce sont vos idées qu’elle défend, bien loin des caricatures de nos adversaires.

Vous pourrez trouver ici tous les numéros déjà parus : https://www.rfcdp.fr/rubrique/numeros

Pour permettre au bon sens, au courage et à l’efficacité de l’emporter, il faut que nos travaux soient diffusés le plus largement possible.

Si vous souhaitez que l’on puisse diffuser nos idées et notre Revue, informer des milliers de Français, mais surtout agir pour notre sécurité et pour une justice efficace et ferme, alors je vous demande de faire un don à l’IPJ.

Même les petits dons de 5, 10 ou 20 euros peuvent nous aider.

Comme vous le savez, nous ne pouvons fonctionner que grâce à votre générosité, et sans vous notre revue pourrait disparaître.

Vous pouvez faire un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,
Laurence Havel