Ce qu’il se passe aux États-Unis devrait nous inquiéter

Chère Madame, cher Monsieur,

Le gouvernement l’a nié farouchement, mais tous les acteurs de terrain le confirment : dans les quartiers dits « sensibles » le confinement a été très relatif.

C’est-à-dire que les policiers et les gendarmes ont rencontré exactement les mêmes difficultés qu’avant le confinement pour y faire respecter la loi.

Tandis que le gouvernement jurait, la main sur le cœur, qu’il ferait appliquer le confinement de la même manière partout, les forces de l’ordre recevaient les consignes habituelles pour « faire preuve de discernement » et ne pas « provoquer ».

Exactement de la même manière que le ministre de l’Intérieur déclare vouloir sévir contre ceux qui se livrent à des rodéos sauvages, tandis que policiers et gendarmes continuent à recevoir l’ordre de ne pas poursuivre les auteurs d’infraction, afin de ne pas risquer l’émeute.

Double langage, deux poids deux mesures.

La semaine dernière cette hypocrisie du discours officiel, et l’impuissance des pouvoirs publics, est devenue encore plus apparente, avec des rassemblements de masse contraires à toutes les règles sanitaires censées être en vigueur.

Dimanche 24 mai un match de football organisé à Strasbourg entre deux quartiers « difficiles », Hautepierre et le Neuhof, a attiré plus de 400 personnes.

La police municipale a bien tenté d’intervenir pour empêcher la tenue de la rencontre, mais en vain. Finalement, la foule ne s’est dispersée qu’en « fin d’après-midi », à l’issue du match, comme le racontent les Dernières Nouvelles d’Alsace.

Mardi 26 mai, un autre match de foot opposant Grigny aux Tarterêts, dans l’Essonne, a réuni plus de 300 personnes.

Le tout sous les yeux de la police réduite à l’impuissance.

« On ne peut pas disperser une foule, on n’a pas les moyens de faire face » expliquait un policier au journal Le Parisien. « On reste à côté, mais la consigne est de ne pas intervenir s’il n’y a pas de heurts. »

« On peut seulement observer de loin, pour ne pas risquer une provocation en face », ajoutait-il.

Plus fort encore, samedi 30 mai une manifestation de solidarité avec les migrants sans-papiers a traversé les rues de Paris.

La Préfecture de police avait pourtant interdit cette manifestation. Mais cette interdiction n’a eu aucun effet, puisque plusieurs milliers de personnes ont pris part à cette « marche des solidarités », relayée par 210 organisations et quelques 300 personnalités, selon un texte diffusé sur les réseaux sociaux.

Les manifestants, qui exigeaient la régularisation de tous les immigrés en situation irrégulière, sont partis de la place de la Madeleine pour se rassembler sur la place de la République et n’ont été dispersés au bout de plusieurs heures que lorsqu’ils ont fini par s’en prendre aux forces de l’ordre.

Rappelons que les rassemblements de plus de dix personnes sont toujours censés être interdits en France.

Mais, manifestement, ni ceux qui ont assisté aux matchs de foot illégaux ni ceux qui ont défilé samedi à Paris ne pensaient avoir grand-chose à craindre de la part de la police et de la justice.

Comme l’écrit dans Valeurs ActuellesMaître Gilles-William Goldnadel, l’un de nos experts : « les médias convenus ont été d’une discrétion exemplaire sur la manifestation illégale de plusieurs milliers de clandestins à Paris samedi. Dans le même temps, les mêmes télévisions montraient des policiers conseillant à deux personnes de porter leur masque dans un square. Le ministre de l’intérieur aura su de nouveau faire la démonstration de sa sélective rigueur. »

Ce deux poids deux mesures permanent ne peut que très mal finir.

Vous le savez sans doute, en ce moment le chaos se propage aux États-Unis.

La violence a commencé le mardi 26 mai, le lendemain de l’arrestation et de la mort de George Floyd, un homme noir tué par un policier blanc.

Au départ l’indignation devant cet homicide était compréhensible et il aurait pu y avoir des manifestations pacifiques. Mais quand il a été clair que les autorités locales ne réprimeraient pas, ou très mollement, les violences, celles-ci se sont multipliées à la vitesse de l’éclair.

Des émeutes ont éclaté un peu partout. Des magasins ont été pillés. Des commissariats de police ont été incendiés. Des policiers et de simples citoyens ont été agressés.

L’anarchie se propage comme une traînée de poudre dans les grandes villes américaines et un peu partout on entend le même genre de discours qu’en France : on demande aux forces de l’ordre de « faire preuve de retenue », de s’abstenir de « provoquer », des hommes politiques déclarent « comprendre » les pillages et les actes de violence. Violences qui, bien sûr, augmentent de plus belle.

Nous ne devrions pas croire que ce qui se passe outre-Atlantique ne pourrait pas se produire chez nous. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. En France aussi nous avons entendu l’actuel ministre de l’Intérieur excuser les violences de certains jeunes délinquants en invoquant la « galère » dans laquelle ceux-ci vivraient.

La loi doit impérativement être la même pour tous. Toute la force nécessaire doit être employée pour la faire respecter. Il ne peut y avoir aucune complaisance envers la délinquance.

Autrement c’est le chaos, comme nous le voyons actuellement aux États-Unis.

À l’IPJ nous en sommes fermement convaincus, et c’est tout le sens de notre combat pour une justice équitable pour tous et pour la sécurité de tous les Français.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s