Affrontements à Dijon : les vérités qui dérangent

Chère Madame, cher Monsieur,

Ce qui s’est passé à Dijon il y a une dizaine de jours est d’une extrême gravité et pourrait bien préfigurer l’avenir de la France.

Pendant plusieurs jours, le quartier des Grésilles a été le théâtre de batailles de rue entre la communauté maghrébine qui y habite et des Tchétchènes venus d’un peu partout en France pour venger l’un des leurs, victime d’une violente agression, sur fond de trafic de stupéfiants.

L’explosion a été tellement brutale, tellement spectaculaire que, cette fois, ni les médias ni les pouvoirs publics n’ont pu recourir à leurs techniques de diversion habituelles.

La réalité de ces zones de non droit qui gangrènent chaque jour un peu plus la France est apparue en pleine lumière.

D’abord, comme le dit un éditorial du Figaro Magazine : « Pour une fois, les médias n’ont pas masqué le caractère ethnique de ces heurts. D’ordinaire, quand de tels troubles surviennent, l’origine des émeutiers est pudiquement cachée au profit d’expressions elliptiques comme “jeunes des cités“ ou “habitants des quartiers sensibles”. Mais cette fois les faits étaient trop aveuglants pour les cacher. »

Comme le dit ce même éditorial : « Posément et sans amalgame, il va bien falloir affronter la question du lien entre immigration et délinquance. Beaucoup de Français découvrent aujourd’hui que l’arrivée de réfugiés tchétchènes a fait naître de nouveaux foyers de criminalité, de Nice jusqu’à Strasbourg. »

D’après le journal Le Parisien, environ 300 Tchétchènes seraient aujourd’hui inscrits au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), « une surreprésentation » manifeste.

Ensuite ces affrontements ont été un démenti cinglant à la culture de l’excuse. Le quartier des Grésilles, à Dijon, est tout sauf une zone abandonnée par les pouvoirs publics : ceux-ci y ont dépensé pas moins de 135 millions d’euros, notamment pour y construire des équipements collectifs, gymnase, médiathèques, salle d’escalade, etc.

Tout ce qui peut être fait dans le cadre de la « politique de la ville » a été fait aux Grésilles, et pour quel résultat ? Le trafic de drogue y prospère, les armes y circulent, comme on a pu le voir dans les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, où des hommes cagoulés sont apparus munis de fusils d’assaut et de pistolets automatiques.

L’impuissance des pouvoirs publics a aussi été flagrante. Pendant plusieurs jours, les forces de l’ordre se sont contentées d’encadrer le quartier des Grésilles, pour éviter la propagation des affrontements, mais sans intervenir directement pour les faire cesser.

Comme l’écrit Le Figaro : « Traumatisées par les émeutes de 2005, les autorités ont mis en place une stratégie d’évitement qui place les populations locales sous la loi des bandes. La police n’intervient plus qu’en pointillé, à retardement, après l’événement. Elle se retranche derrière des procédures judiciaires longues, aléatoires, rythmées par les magistrats. »

D’ailleurs, une sorte d’armistice a finalement été scellée entre les Tchétchènes et la communauté maghrébine des Grésilles à la Mosquée de la Fraternité, à Quétigny, près de Dijon. Comme si les autorités religieuses remplaçaient, pour maintenir l’ordre, des pouvoirs publics républicains dépassés.

Et il faut bien comprendre que ce qui s’est passé aux Grésilles pourrait survenir demain à peu près n’importe où en France.

Comme l’écrit l’ancien préfet Michel Aubouin dans « 40 ans dans les cités », « les Français vivent avec l’illusion d’être protégés. Ceux que j’interroge font confiance à la police, à la justice et aux services de renseignement. Ils pensent même que les services se préparent aux hypothèses les plus extrêmes. Dans la réalité, il n’en est rien. Les institutions résolvent les problèmes au fur et à mesure de leur apparition. Personne n’est prêt à affronter une situation aussi apocalyptique qu’un embrasement des “quartiers”. Les policiers de terrain, que j’interroge aussi, partagent mon inquiétude. Ils savent, par expérience, qu’on ne serait pas en mesure de mobiliser suffisamment de moyens humains et matériels, pour reprendre des cités tombées aux mains de groupes dissidents, dès lors que nous n’avons déjà plus les moyens d’y demeurer. »

Pendant trois jours, les habitants des Grésilles ont eu le sentiment d’être totalement abandonnés des pouvoirs publics.

Mais en réalité, ce sont tous les Français ordinaires qui sont abandonnés.

Années après années, mois après mois, on ne peut que constater la progression du communautarisme, la multiplication des violences urbaines, qui ne sont plus réservées aux grandes métropoles, et la montée en gamme de la délinquance.

Et pendant ce temps-là, notre ministre de la Justice vide les prisons et notre ministre de l’Intérieur donne à fond dans la culture de l’excuse et désespère les forces de l’ordre.

Nous courrons à la catastrophe si nous continuons ainsi.

L’Institut pour la Justice n’a pas l’intention de rester les bras croisés face à cette situation.

Soyons francs, tant que l’équipe actuelle sera au pouvoir, il sera très difficile d’obtenir des réformes qui améliorent la sécurité des Français, nous le savons.

Mais cependant nous ne lâcherons rien. Nous continuerons à saisir toutes les occasions pour alerter l’opinion, à mobiliser pour faire pression sur les pouvoirs publics. Nous continuerons à proposer des solutions à l’efficacité prouvée. Nous continuerons sans relâche à être les porte-paroles de tous ces Français qui aspirent à une justice plus protectrice et plus efficace.

Et lorsque viendra la période électorale de 2022, nous serons là pour demander des comptes à ceux qui ont exercé le pouvoir et pour rappeler qu’une autre politique est possible. Plus déterminés que jamais.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Mercredi après-midi j’ai retenu mon souffle

Chère Madame, cher Monsieur,

Je dois vous avouer que j’ai retenu mon souffle mercredi après-midi. La décision devait tomber : l’agresseur de Marin allait-il rester en prison ou être libéré à la moitié de sa peine ?

Heureusement, il ne sera pas libéré suite à sa demande de liberté conditionnelle.
Condamné à 7 ans et demi de prison en mai 2018 pour « violences avec usage ou menace d’une arme suivie de mutilation »
, il avait frappé à coups de béquille l’étudiant qui tentait de défendre un couple pris à partie devant le centre commercial de La Part-Dieu à Lyon.

Marin, âgé de 20 ans, avait été laissé pour mort. Il avait passé onze jours dans le coma, et souffre aujourd’hui encore de graves lésions cérébrales. Ses séquelles sont très lourdes et irréversibles.

Mercredi, la Cour d’appel de Lyon a notamment mis en avant le projet professionnel du détenu qui n’est pas « suffisamment abouti » et « le fait que le traumatisme reste très présent chez la victime ».

Car la victime, parlons-en.

Trouvez-vous normal que Marin doive supporter l’idée que son agresseur pourrait être libéré, alors qu’il n’a exécuté que la moitié de sa peine ?

Trouvez-vous normal que Marin, qui tente péniblement de se reconstruire, soit replongé dans le traumatisme qu’il a vécu dans l’attente de la décision de la Justice ?

A t-il vraiment à subir cette nouvelle épreuve alors même que la justice, par sa clémence quasi-criminelle dans le suivi de ce délinquant quand il était mineur, a déjà une responsabilité immense dans ce qui est arrivé ?

Car il faut rappeler que ce voyou, en dépit de son jeune âge, a déjà une vingtaine de mentions à son casier judiciaire, qu’il est connu pour des addictions à l’alcool et au cannabis, qu’il est incarcéré pour une agression ultra-violente, qu’il a fait l’objet d’une quinzaine de sanctions disciplinaires depuis le début de son incarcération en novembre 2016.

Mais malgré toutes ces raisons, la Justice a quand même pris le temps d’étudier sa demande. Et elle aurait parfaitement pu la lui accorder, cela s’est vu.

L’Institut pour la Justice, depuis sa création, demande que les peines prononcées soient appliquées par principe dans leur intégralité.
Pour préparer la sortie et la réinsertion du détenu, pour la reconstruction de la victime et pour protéger la société.

Tout simplement.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?

Chère Madame, cher Monsieur,

Christophe Castaner l’a dit : « L’émotion dépasse les règles juridiques ». Par conséquent des manifestations interdites peuvent être tolérées et leurs organisateurs échapper à toute sanction.

C’est ainsi que, ce samedi, une nouvelle manifestation illégale organisée par la famille d’Adama Traoré a eu lieu à Paris.

Comme d’habitude, si l’on peut dire, il y a eu des destructions, des heurts violents avec la police et, au cours de cette manifestation soi-disant « antiraciste », des slogans antisémites ont clairement été proférés, comme en témoignent des vidéos qui ont abondamment circulé sur les réseaux sociaux.

La Préfecture de Police a annoncé qu’elle allait saisir la justice pour ces propos antisémites. Mais à supposer que leurs auteurs soient effectivement traduits en justice, ceux-ci pourront sans doute se disculper en plaidant que, chez eux, l’émotion l’a emporté sur les règles juridiques.

Puisque le ministre de l’Intérieur lui-même estime que « l’émotion » est une excuse valable pour commettre des infractions, pourquoi ne pas se réclamer de son exemple ?

D’un côté, les « émotions » de certains leur valent une indulgence pratiquement sans bornes de la part du ministre, mais de l’autre le même Christophe Castaner a réussi à se mettre à dos tous les policiers.

Comment a-t-il réussi cet exploit ?

D’une part en affirmant que tout « soupçon avéré » de racisme dans les rangs de la police entraînerait la suspension des fonctionnaires concernés.

D’autre part en décrétant que, désormais, la technique dite de la « clef d’étranglement », destinée à maîtriser sans les blesser les individus violents, ne pourrait plus être utilisée par les policiers.

Évidemment, on lui a immédiatement fait remarquer que l’expression « soupçon avéré » n’a aucun sens. Si un soupçon est « avéré » ce n’est plus un soupçon, c’est une certitude. Et si c’est juste un soupçon, il est complètement injuste de sanctionner quelqu’un sur cette base. Les policiers aussi ont droit à la présomption d’innocence.

Quant à l’interdiction de la « clef d’étranglement », les policiers ont demandé quels moyens ils devaient alors utiliser pour maîtriser les individus violents et qui résistent à l’interpellation.

La réponse du ministre a été, en gros : « Je ne sais pas encore, mais on va y réfléchir ».

Christophe Castaner a par exemple évoqué l’utilisation des pistolets à impulsion électrique, les tasers. Mais ces tasers, la plupart des policiers n’en disposent pas encore et n’ont pas été formés à leur utilisation. Et puis cette arme est loin d’être sans danger. Elle est susceptible de provoquer des arrêts cardiaques et la personne qui est mise KO par la décharge électrique peut se blesser en tombant.

Alors quoi ? Des coups de matraque ? Des coups de poing et de pied ?

Christophe Castaner propose-t-il de remplacer une technique que les policiers emploient depuis longtemps et qui est relativement peu violente, par des techniques beaucoup plus dangereuses ? Ou bien faut-il comprendre que la seule chose qui préoccupe le ministre de l’Intérieur, c’est l’intégrité physique des délinquants et qu’il se moque que force puisse rester à la loi républicaine ?

Christophe Castaner aurait voulu faire comprendre à ses hommes qu’il les considérait tous a priori comme de dangereuses brutes racistes, il ne s’y serait pas pris autrement.

On comprend que les policiers soient ulcérés, qu’ils se sentent totalement lâchés par leur ministre et laissés sans moyens pour faire face à la violence, bien réelle, à laquelle ils sont confrontés au quotidien.

Résultat ? Plusieurs syndicats de policiers ont appelé leurs adhérents à ne plus procéder à aucune interpellation si les personnes résistent.

Un peu partout en France les policiers manifestent et déposent symboliquement leurs menottes à terre. Les refus d’intervenir dans des situations potentiellement dangereuses se multiplient, comme le rapportent les journaux.

Comme le confiait un commissaire de police au journal Le Figaro : « La démotivation guette dans les services, car le risque administratif encouru par chaque fonctionnaire qui se donne dans son métier devient bien supérieur au bénéfice d’une intervention réussie ».

À chaque fois que Christophe Castaner fait une déclaration, ce sont les criminels qui se frottent les mains.

Et du côté de la Justice, ce n’est pas mieux.

Interrogée au sujet de la colère des policiers, Nicole Belloubet a estimé vendredi dernier qu’il s’agissait juste d’un « mouvement d’humeur qui s’apaisera ». Les intéressés apprécieront.

Par ailleurs la Garde des Sceaux, qui se félicite d’avoir fait baisser la population carcérale de plus de 13 000 personnes en quelques semaines, sous prétexte de l’épidémie de COVID, a déclaré : « Chaque Français a quelque part en lui un risque de racisme. Il faut lutter contre ça. »

Chaque Français ordinaire est donc suspect et doit être surveillé, pour s’assurer qu’il n’abrite pas de mauvaises pensées. En revanche, si vous êtes un délinquant avéré, la ministre fera tout ce qui est en son pouvoir pour que vous restiez en liberté.

Et pendant ce temps-là, à Dijon, durant trois jours, des dizaines d’hommes issus de la communauté tchétchène, armés de barre de fer, de couteaux, de battes de baseball et même d’armes à feu, ont mené des expéditions punitives contre des dealers issus de la communauté maghrébine.

Lorsqu’on voit de telles choses, on a envie de s’écrier : mais y-a-t-il un pilote dans l’avion ? Y-a-t-il quelqu’un dans ce gouvernement pour s’occuper sérieusement de la sécurité des Français ?

François Rebsamen, le maire de Dijon, l’a bien dit : « Puisque la justice passe trop tard et que la police n’a pas les moyens de son action, la communauté tchétchène est venue faire respecter elle-même son droit. On n’est plus en République quand ça se passe comme ça. »

Lorsque la justice et la police sont défaillantes, c’est la guerre des gangs qui s’installe, la guerre de tous contre tous. C’est ce que nous avons vu à Dijon.

Ce n’est même pas qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion, c’est bien pire que ça. Vous vous souvenez du vol Germanwings 9525 ? Le copilote de l’airbus A 320, Andreas Lubitz, avait volontairement crashé l’appareil contre une montagne, tuant 144 passagers et six membres d’équipage.

Aujourd’hui, la politique de nos deux ministres nous envoie droit dans le mur, le mur de la réalité.

Le chaos s’installe peu à peu en France. La rentrée s’annonce terrible en septembre. Et il n’est même pas sûr qu’il y ait une trêve estivale.

Je ne vous le cache pas, je suis très inquiète. Révoltée aussi par la manière dont nous sommes abandonnés par les pouvoirs publics.

Mais aussi plus combative que jamais. Nous n’avons pas le choix : nous devons nous battre de toutes nos forces pour renverser la vapeur. Et je suis convaincue que nous pouvons y parvenir, avec votre soutien.

Plus que jamais l’IPJ va se battre pour faire entendre la voix de la raison, la voix des Français qui demandent à pouvoir vivre en sécurité et paisiblement.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Ce « monde d’après » est terrifiant

Chère Madame, cher Monsieur,

C’est officiel, l’État de droit est mort en France.

Le ministre de l’Intérieur l’a enterré hier.

Christophe Castaner l’a dit : l’émotion est au dessus de la loi.

C’est exactement ce que le ministre avance pour justifier que des manifestations contre le racisme et les « violences policières » se soient tenues dans plusieurs villes malgré leur interdiction.

« Les manifestations ne sont pas (autorisées) dans les faits car il y a un décret du premier ministre dans le cadre de la deuxième phase du déconfinement qui interdit les rassemblements de plus de dix personnes. Mais je crois que l’émotion mondiale, qui est une émotion saine sur ce sujet, dépasse au fond les règles juridiques qui s’appliquent. »

Notre ministre de l’Intérieur, par ces paroles à peine croyables, légitime la loi de la jungle, la loi de la rue, la loi du plus fort… Il annonce très officiellement que l’État renonce à faire appliquer l’ordre et la Loi dans certaines situations.

D’ailleurs, Christophe Castaner a provoqué la colère des policiers. Certains fonctionnaires y voient même une trahison de la part de leur ministre dans cette période de tensions extrêmes, où les forces de l’ordre sont clouées au pilori dans leur ensemble par une poignée d’agitateurs militants et une excitation médiatique malsaine.

Dans le journal Le Monde, une policière de l’ouest parisien a témoigné : « On est tous dégoûtés, il n’y a pas d’autres mots. Pourtant, on a l’habitude d’être lâchés par les différents gouvernements, mais là, c’est le point de non-retour. »

La police est blessée dans son honneur. Mais cette affaire est bien plus grave et va bien au-delà. Les syndicats de policiers appellent à ne plus aller « au casse-pipe » dans ces conditions. Le Ministre, par ses propos, met clairement notre sécurité en péril.

Une question me taraude, si nous organisons une manifestation de soutien aux force de l’ordre, serions-nous tolérés de la même façon ?

À votre avis ?

Eric Naulleau, critique littéraire et chroniqueur à la télévision, notoirement de gauche, a parfaitement résumé les choses : « L’honnêteté intellectuelle oblige à reconnaître que les manifestations non autorisées rencontrent plus d’indulgence de la part du pouvoir quand elles viennent des banlieues. »

La ministre de la Justice s’est elle aussi particulièrement illustrée ces derniers jours.

Savez-vous qu’Emmanuel Macron a demandé à Nicole Belloubet de recevoir la famille d’Adama Traoré, ce jeune homme de 24 ans mort en 2016 lors d’une intervention policière à Beaumont-sur-Oise ? Faisant fi de la séparation des pouvoirs et de l’instruction toujours en cours concernant les circonstances du décès de cet homme.

Pourquoi recevoir une famille militante, bien connue pour jeter de l’huile sur le feu, qui hurle aux violences policières et à l’État raciste depuis des années ? Acheter la paix sociale fait renoncer à bien des valeurs…

Cette famille qui s’érige en victime est pourtant loin d’être exemplaire. Sur 17 frères et sœurs, plusieurs ont déjà été condamnés pour de graves délits de droit commun, d’extorsion de fonds, de port d’armes, d’agressions, de tabassage de personnes qui ont porté plainte…

Et, comble de l’humiliation, la famille Traoré a refusé d’être reçue par la Ministre.

Drôle d’époque où les délinquants deviennent aux yeux des dirigeants des victimes et imposent leur loi.

Le « monde d’après » promis à la fin du confinement est terrifiant. « L’émotion dépasse les règles juridiques », nos policiers sont désavoués publiquement par leur ministre, les minorités et les groupuscules militants ont la voie libre pour tous les excès, les délinquants sont reçus officiellement dans les ministères.

Mes chers amis, tout ce qui est décrit dans mon message est très grave.
Notre sécurité est en jeu, l’avenir de notre pays peut basculer au moment où les représentants de la République renoncent à remplir leurs devoirs les plus élémentaires.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

ps : Le ministre de l’Intérieur a promis qu’il « n’y aura pas de sanction et de procès-verbal », et qu’il faudra « respecter les règles barrières » lors de ces manifestations interdites mais tolérées. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, il a également affirmé qu’il « serait prêt à mettre un genou à terre », geste symbolique importé des États-Unis pour dénoncer le racisme supposé de la police. Notre ministre voudrait importer en France les tensions raciales qui ont semé le chaos et la destruction dans de nombreuses villes américaines, il ne s’y prendrait pas autrement.

Ce qu’il se passe aux États-Unis devrait nous inquiéter

Chère Madame, cher Monsieur,

Le gouvernement l’a nié farouchement, mais tous les acteurs de terrain le confirment : dans les quartiers dits « sensibles » le confinement a été très relatif.

C’est-à-dire que les policiers et les gendarmes ont rencontré exactement les mêmes difficultés qu’avant le confinement pour y faire respecter la loi.

Tandis que le gouvernement jurait, la main sur le cœur, qu’il ferait appliquer le confinement de la même manière partout, les forces de l’ordre recevaient les consignes habituelles pour « faire preuve de discernement » et ne pas « provoquer ».

Exactement de la même manière que le ministre de l’Intérieur déclare vouloir sévir contre ceux qui se livrent à des rodéos sauvages, tandis que policiers et gendarmes continuent à recevoir l’ordre de ne pas poursuivre les auteurs d’infraction, afin de ne pas risquer l’émeute.

Double langage, deux poids deux mesures.

La semaine dernière cette hypocrisie du discours officiel, et l’impuissance des pouvoirs publics, est devenue encore plus apparente, avec des rassemblements de masse contraires à toutes les règles sanitaires censées être en vigueur.

Dimanche 24 mai un match de football organisé à Strasbourg entre deux quartiers « difficiles », Hautepierre et le Neuhof, a attiré plus de 400 personnes.

La police municipale a bien tenté d’intervenir pour empêcher la tenue de la rencontre, mais en vain. Finalement, la foule ne s’est dispersée qu’en « fin d’après-midi », à l’issue du match, comme le racontent les Dernières Nouvelles d’Alsace.

Mardi 26 mai, un autre match de foot opposant Grigny aux Tarterêts, dans l’Essonne, a réuni plus de 300 personnes.

Le tout sous les yeux de la police réduite à l’impuissance.

« On ne peut pas disperser une foule, on n’a pas les moyens de faire face » expliquait un policier au journal Le Parisien. « On reste à côté, mais la consigne est de ne pas intervenir s’il n’y a pas de heurts. »

« On peut seulement observer de loin, pour ne pas risquer une provocation en face », ajoutait-il.

Plus fort encore, samedi 30 mai une manifestation de solidarité avec les migrants sans-papiers a traversé les rues de Paris.

La Préfecture de police avait pourtant interdit cette manifestation. Mais cette interdiction n’a eu aucun effet, puisque plusieurs milliers de personnes ont pris part à cette « marche des solidarités », relayée par 210 organisations et quelques 300 personnalités, selon un texte diffusé sur les réseaux sociaux.

Les manifestants, qui exigeaient la régularisation de tous les immigrés en situation irrégulière, sont partis de la place de la Madeleine pour se rassembler sur la place de la République et n’ont été dispersés au bout de plusieurs heures que lorsqu’ils ont fini par s’en prendre aux forces de l’ordre.

Rappelons que les rassemblements de plus de dix personnes sont toujours censés être interdits en France.

Mais, manifestement, ni ceux qui ont assisté aux matchs de foot illégaux ni ceux qui ont défilé samedi à Paris ne pensaient avoir grand-chose à craindre de la part de la police et de la justice.

Comme l’écrit dans Valeurs ActuellesMaître Gilles-William Goldnadel, l’un de nos experts : « les médias convenus ont été d’une discrétion exemplaire sur la manifestation illégale de plusieurs milliers de clandestins à Paris samedi. Dans le même temps, les mêmes télévisions montraient des policiers conseillant à deux personnes de porter leur masque dans un square. Le ministre de l’intérieur aura su de nouveau faire la démonstration de sa sélective rigueur. »

Ce deux poids deux mesures permanent ne peut que très mal finir.

Vous le savez sans doute, en ce moment le chaos se propage aux États-Unis.

La violence a commencé le mardi 26 mai, le lendemain de l’arrestation et de la mort de George Floyd, un homme noir tué par un policier blanc.

Au départ l’indignation devant cet homicide était compréhensible et il aurait pu y avoir des manifestations pacifiques. Mais quand il a été clair que les autorités locales ne réprimeraient pas, ou très mollement, les violences, celles-ci se sont multipliées à la vitesse de l’éclair.

Des émeutes ont éclaté un peu partout. Des magasins ont été pillés. Des commissariats de police ont été incendiés. Des policiers et de simples citoyens ont été agressés.

L’anarchie se propage comme une traînée de poudre dans les grandes villes américaines et un peu partout on entend le même genre de discours qu’en France : on demande aux forces de l’ordre de « faire preuve de retenue », de s’abstenir de « provoquer », des hommes politiques déclarent « comprendre » les pillages et les actes de violence. Violences qui, bien sûr, augmentent de plus belle.

Nous ne devrions pas croire que ce qui se passe outre-Atlantique ne pourrait pas se produire chez nous. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. En France aussi nous avons entendu l’actuel ministre de l’Intérieur excuser les violences de certains jeunes délinquants en invoquant la « galère » dans laquelle ceux-ci vivraient.

La loi doit impérativement être la même pour tous. Toute la force nécessaire doit être employée pour la faire respecter. Il ne peut y avoir aucune complaisance envers la délinquance.

Autrement c’est le chaos, comme nous le voyons actuellement aux États-Unis.

À l’IPJ nous en sommes fermement convaincus, et c’est tout le sens de notre combat pour une justice équitable pour tous et pour la sécurité de tous les Français.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel