Le déconfinement de tous les dangers

Chère Madame, cher Monsieur,

Après deux mois qui, pour beaucoup d’entre nous, ont sans doute paru très longs, le confinement commence à être levé.

C’est évidemment une excellente nouvelle et nous espérons tous un retour le plus rapide possible à une vie normale.

Malheureusement, le déconfinement va aussi signifier le déconfinement de la délinquance.

Depuis deux mois, nombre de délinquants semblent avoir réduit leur « activité », faute de trouver des occasions de l’exercer.

Il est plus difficile de cambrioler un logement lorsque ses occupants y sont en permanence. Lorsque les rues sont pratiquement vides, il est plus difficile de trouver des victimes à dépouiller et il est plus difficile de passer inaperçu.

Dans les quartiers dits « sensibles », qui sont la plaque tournante de nombreux trafics, les délinquants ne se sont évidemment jamais souciés de respecter le confinement, et les attaques contre les forces de l’ordre ou les agents des services publics ont continué comme à l’ordinaire.

Mais les clients se sont fait plus rares pour les vendeurs de drogues et pour les trafiquants en tout genre.

Aujourd’hui tous ces délinquants mis, en quelque sorte, au « chômage technique » vont reprendre de plus belle leurs activités criminelles et risquent même de se montrer particulièrement agressifs pour rétablir leur « chiffre d’affaire ».

Pour faire face à cette explosion prévisible de la délinquance, le gouvernement a-t-il prévu des mesures particulières, afin de protéger les Français ?

Hélas, c’est tout le contraire.

Depuis le début du confinement, Madame Belloubet a fait remettre en liberté des milliers de délinquants avant la fin de leur peine. Les tribunaux sont pratiquement à l’arrêt et n’envoient presque plus personne en prison.

Au total, la population carcérale a diminué de près de 12 000 personnes depuis le début du mois de mars !

12 000 détenus en moins, 12 000 délinquants laissés dans la nature… Il y a de quoi être extrêmement inquiet. Mais Madame Belloubet a balayé ces inquiétudes d’un revers de main, en expliquant que de toute façon les détenus libérés étaient en fin de peine et que ce n’est pas cela qui allait « faire flamber la délinquance ».

Ce qui montre, une fois encore, qu’elle ne comprend pas la réalité de la délinquance, ou qu’elle ne veut pas la comprendre.

Un délinquant professionnel commet en général des dizaines et des dizaines de délits par an, la plupart du temps en toute impunité.

Lorsque ces individus qui composent le noyau dur de la délinquance se font enfin attraper, le nombre de délits pour lesquels ils sont condamnés est toujours très inférieur au nombre total de délits qu’ils ont commis.

Le docteur Theodore Dalrymple, l’un de nos experts, cite ainsi les chiffres du ministère de l’Intérieur britannique, qui montrent que les délinquants de carrière commettent en moyenne 140 délits par an.

Je vous laisse faire le calcul de ce que représente, en termes de nombre de délits, le fait de libérer un délinquant de ce genre ne serait-ce qu’un mois avant la fin de sa peine…

Il n’est pas étonnant que des chercheurs américains aient pu estimer qu’incarcérer un prisonnier supplémentaire réduisait le nombre de crimes d’environ 15 par an.

Lorsqu’un délinquant est incarcéré, il ne peut pas commettre de crimes à l’extérieur, c’est aussi simple que cela. Cet effet s’appelle la neutralisation et devrait être très simple à comprendre.

Et, bien sûr, je ne vous parle pas du message d’impunité qu’envoient toutes ces libérations anticipées et ces refus d’incarcérer.

Les tenants de la culture de l’excuse sont bien évidemment aux anges et font pression pour que cette diminution de la population carcérale soit permanente et qu’on aille même encore plus loin.

Malheureusement, nous savons tous que ce genre d’idéologues sont très écoutés par nos dirigeants et qu’ils ont leurs entrées dans les ministères. Il est clair aujourd’hui que la politique pénale menée par Nicole Belloubet n’a pas grand-chose à envier à celle de Christiane Taubira.

Avec une telle politique, les récidives de délinquants fraîchement libérés ont déjà commencé. Les journaux en sont pleins.

Par exemple, le journal La Dépêche rapportait récemment le cas de deux ressortissants marocain et algérien, tous deux en situation irrégulière, relâchés par anticipation le 22 avril dernier en raison de la crise sanitaire. Les deux hommes ont été interpellés le surlendemain de leur libération, après une course-poursuite avec les gendarmes au volant d’une Mercedes volée. Entre-temps, les deux individus avaient commis un cambriolage.

Ou bien encore le cas de cet homme de 49 ans, comptant déjà 47 condamnations à son actif, rapporté par le journal Le Progrès. Libéré par anticipation le 31 mars, il se battait avec des policiers municipaux le 20 avril, et il avait déjà été verbalisé plusieurs fois pour non-respect des mesures de confinement.

Et, pendant ce temps-là, le gouvernement déploie toute son énergie pour interdire aux Français l’accès aux plages et emploie même des hélicoptères pour traquer les quelques contrevenants…

Vous le voyez, il y a malheureusement tout lieu d’être inquiet de ce qui pourrait arriver dans les semaines et les mois qui viennent.

L’Institut pour la Justice continue d’être affecté par les diverses restrictions encore en vigueur qui nous ont malheureusement obligé à réduire notre activité. Mais plus que jamais nous sommes vigilants et déterminés. Dès que nous le pourrons, nous repartirons à plein régime, et nous ne laisserons rien passer.

En ces temps difficiles, vous pouvez compter sur nous. La sécurité des Français est notre seule boussole.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

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