« Quand on n’est pas puni, on recommence »

Madame, Monsieur,

Cela se passait le 17 novembre dernier, dans un bus, à Valence. Trois adolescents, âgés de treize, quatorze et seize ans, décident de s’en prendre à un passager, un adolescent comme eux, âgé de quinze ans.

Celui qui a treize ans sort un couteau de son sac et vient menacer et intimider le jeune voyageur en montrant la lame. Puis il passe son arme à ses deux amis qui à leur tour menacent le garçon. Ils se mettent ensuite à le gifler et le frapper à coups de pied.

La raison de ce déchaînement de violence ? Un « mauvais regard ». La victime l’aurait « mal regardé », voilà ce qu’a déclaré celui qui a déclenché l’agression.

À seulement treize ans, ce dernier est déjà « bien connu de la justice », selon l’expression consacrée.

Il a déjà été présenté deux fois en quatre mois à un juge des enfants pour des affaires de violence. Au printemps dernier, il faisait partie de la bande qui agressait des élèves, à Valence, à coup de tessons de bouteilles pour voler des portables. Et le mois dernier, avec son complice de quatorze ans, il a agressé deux personnes handicapées au Plateau des Couleures, toujours à Valence. Cette fois les victimes avaient eu le tort de ne pas dire bonjour aux deux adolescents…

France Bleu Drôme qui rapporte ces faits, ajoute que « leur comportement inquiète les professionnels de la justice »…

Il y a de quoi, en effet, être inquiet, c’est le moins que l’on puisse dire !

En vérité, c’est nous tous qui avons de quoi être très inquiets. Car de tels actes de violence sont loin d’être des cas isolés.

Le 18 novembre, cinq adolescents âgés entre 15 et 16 ans ont été arrêtés près d’Avignon.

La veille de leur interpellation ils avaient attaqué un retraité à son domicile. Pendant toute la nuit, ils lui avaient fait subir les pires sévices dans le but de lui soutirer de l’argent. La victime a été frappée, brûlée et violée. Elle est aujourd’hui hospitalisée dans le service des grands brûlés à La Timone, à Marseille.

Bien que certains idéologues nous affirment que les mineurs ne sont pas plus délinquants ni plus violents aujourd’hui qu’il y a quelques décennies, les professionnels, ceux qui travaillent sur le terrain avec ces mineurs, savent bien ce qu’il en est.

Par exemple le professeur Maurice Berger, qui est pédopsychiatre et qui travaille en Centre Éducatif Renforcé, faisait ce constat très préoccupant récemment dans les colonnes du journal Le Figaro :

« Il y a quelques années, 85 % des mineurs traduits devant la justice changeaient de comportement après leur rencontre avec l’institution judiciaire, la parole du juge. Ils ne sont plus que 65% actuellement. »

Et il ajoutait : « En tant que médecin qui, depuis 40 ans, a le plus travaillé en France sur la prise en charge des enfants et adolescents violents, j’affirme que ces comportements extrêmes sont de plus en plus fréquents et de plus en plus graves. »

Le constat est implacable. « L’impulsivité prime », explique le professeur Berger, « l’autre n’est plus considéré que comme un objet sur lequel décharger la tension qu’on ressent dans l’immédiateté, comme une gêne à éliminer. »

Et sur les raisons de cette montée de l’impulsivité et de la violence gratuite, Maurice Berger est tout aussi direct : « Un facteur parmi d’autres est l’impunité importante concernant la première atteinte aux personnes, que j’appelle le droit de tabassage. En réadaptation fonctionnelle, où je travaille aussi, je reçois des adultes qui gardent à vie des séquelles physiques ou cérébrales définitives après une agression pour un supposé mauvais regard, et dont l’agresseur mineur n’est puni que d’un sursis car il n’était pas récidiviste. La vie ou la qualité de la vie restante de la victime est ainsi démonétisée. Or c’est simple, quand on n’est pas puni, on recommence. »

En effet, c’est très simple. Et voilà bien des années que nous faisons le même constat, que nous tirons la même sonnette d’alarme à l’Institut pour la Justice. La justice des mineurs, en France, est malade de sa lenteur, et malade de son idéologie qui oppose l’éducation et la punition.

Trop souvent la justice des mineurs n’inflige aux jeunes délinquants que des sanctions symboliques, des sanctions qui n’en sont pas, comme le rappel à la loi ou la remise aux parents. Elle multiplie les « sursis » et les « secondes chances » et développe ainsi un véritable sentiment d’impunité chez les adolescents délinquants. Avec pour conséquence des passages à l’acte de plus en plus graves.

Nous devons absolument sortir de cette « idéologie de la fée clochette », selon laquelle, en étant gentil et compréhensif et en « donnant du temps au temps », on transforme magiquement les jeunes délinquants violents en de paisibles citoyens.

Comme le sait n’importe quel parent responsable, la punition est une partie intégrante de l’éducation.

Le professeur Berger explique parfaitement les ravages causés par ce refus de la sanction :

« La progressivité de la sanction prive certains de ce miroir nécessaire qui leur indique ce qui est permis ou défendu, sans même parler de ce qui est bien ou mal. Et certains jeunes ne profitent du travail éducatif qu’après un passage dans un lieu de privation de liberté, privation de la liberté de frapper. La question n’est pas la prison en soi, mais la qualité de contenance et de pensée qui peut y être proposée. La multiplication des sursis, cette justice de la dernière chance, peut alors être pour ces sujets précisément une perte de chance. Ceci est loin d’être compris par beaucoup de responsables politiques. »

C’est en effet loin d’être compris par beaucoup de nos responsables politiques. Y compris, apparemment, par notre actuelle ministre de la justice, Nicole Belloubet.

Comme vous le savez, celle-ci effectue actuellement une réforme de la justice des mineurs par ordonnance, c’est-à-dire sans passer par le parlement. Et l’une de mesures phare de cette réforme sera d’inscrire dans la loi que les mineurs de moins de treize ans seront « présumés ne pas être capables de discernement », et donc ne seront pas considérés comme pénalement responsables de leurs actes.

Autant dire que Madame Belloubet s’engage dans la direction exactement opposée à celle qu’il faudrait prendre.

À l’IPJ nous sommes déterminés à lutter pied à pied, à ne rien laisser passer dans cette bataille cruciale.

Mais pour cela nous avons besoin de votre aide. Peu à peu l’Institut pour la Justice est devenu un acteur incontournable du débat judiciaire. Le principal opposant à tous les lobbys laxistes qui gangrènent l’appareil judiciaire. Mais il n’existe que grâce à vous.

Nous avons besoin de votre soutien pour pouvoir continuer notre action, pour pouvoir diffuser nos travaux, pour pouvoir continuer à alerter l’opinion publique, pour pouvoir continuer à rencontrer les élus et à marteler notre message auprès des pouvoirs publics.

Nous sommes une petite association et nous ne recevons aucune subvention. Tous les dons, mêmes minimes, sont précieux pour nous.

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Nous avons besoin de vous.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

Cette femme qui force l’admiration


Chère Madame, cher Monsieur,

Je vous demande de visionner la vidéo ci-dessous.

Les deux filles de Nadia Karmel ont été tuées par un chauffard en 2018. Cet homme a été jugé il y a quelques jours et a fait appel. Elle sait qu’elle va devoir affronter un nouveau procès dans quelques mois.

Écoutez la, en quelques mots Nadia Karmel explique ce qu’elle a traversé. Sa dignité est bouleversante.

Cliquez ici pour visionner son témoignage.

L’IPJ sera toujours du côté des victimes.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

La double peine des habitants des « quartiers sensibles »

Chère Madame, cher Monsieur,

« Le premier est arrivé, il m’a attrapée au niveau du thorax et de la taille et les deux autres m’ont attrapée les deux bras et m’ont arraché les bijoux et le sac à main et le matériel médical. C’est la police qui est venue me chercher parce que j’étais vraiment en état de choc, je n’arrivais même pas à conduire. »

La femme qui raconte ainsi son agression s’appelle Pauline Foti. Elle a 37 ans et travaille à SOS-médecin. Jeudi 7 novembre Pauline était en intervention dans le quartier des Moulins, à Nice, un quartier réputé « sensible ». C’est là que trois jeunes hommes s’en sont violemment pris à elle, pour la voler. D’une certaine manière, Pauline Foti a eu de la chance : elle s’en sort avec « seulement » plusieurs côtes fêlées, une entorse au genou et des ecchymoses sur le corps et le visage.

Et puis, bien sûr, la peur au ventre qui sans doute ne la quittera plus avant longtemps. Elle explique d’ailleurs qu’elle ne retournera plus travailler dans ces quartiers sans être protégée : « Il faut pouvoir être accompagnée d’au moins un policier armé, peut-être même un chien. Mais moi là, retourner seule avec un bouton d’alerte, ce ne sera pas suffisant. »

À la suite de l’agression de Pauline, qui n’est hélas pas un cas isolé, ses collègues de SOS-médecins ont pris la décision de ne plus intervenir dans le quartier des Moulins tant que les pouvoirs publics ne leur assureront pas une protection suffisante.

Pour les habitants des Moulins c’est bien sûr la double peine. Ils doivent subir au quotidien la loi des voyous et des bandes, et désormais ils ne peuvent même plus faire venir le médecin s’ils en ont besoin.

Une mère de famille explique : « J’ai trois enfants, imaginons qu’il leur arrive un truc grave, je fais comment si je ne peux pas les transporter et s’ils ne viennent pas ? Mais je comprends quand même qu’ils n’aient plus envie de venir. »

Cette double peine, des centaines de milliers de Français la subissent tous les jours.

Dans le quartier nord de Bondy, en Seine-Saint-Denis, les colis ne sont plus livrés par la Poste. Pour une raison très simple : les agressions répétées dont sont victimes les livreurs.

La Poste explique : « Suite à des faits récurrents de vols, d’agressions et de dégradations matérielles subies par nos agents, la distribution des Colissimo a dû être temporairement suspendue dans quelques rues du quartier Nord de Bondy. »

Et ce ne sont que deux cas récents, rapportés par la presse. La liste pourrait s’allonger pendant très longtemps.

Des médecins qui ne peuvent plus venir voir leurs patients sans être accompagnés par la police. Des pompiers qui ne peuvent plus intervenir sans être agressés, et qui doivent eux aussi se faire accompagner par la police. Des facteurs qui n’osent plus livrer le courrier… Voilà la réalité de la vie dans ces « quartiers sensibles » qui se comptent aujourd’hui par centaines. Ces quartiers dans lesquels les pouvoirs publics ont déversé des dizaines de milliards d’euros en « politique de la ville » mais où ils sont incapables de garantir aux habitants l’accès aux services les plus ordinaires et les plus indispensables.

Comme l’explique l’ancien préfet Michel Aubouin, les « quartiers sensibles » ce sont : « Une majorité de gens honnêtes, qui tirent le diable par la queue, et une minorité d’individus indélicats, qui rendent la vie infernale aux premiers. Entre les deux, un État qui ne choisit pas, qui n’intervient plus, qui laisse la majorité se débrouiller avec les voyous, qui ne peut empêcher qu’on brûle les voitures de ceux qui travaillent et ne protège pas leurs enfants. Au nom de la préservation de la paix publique, on fait porter la charge de l’insécurité sur ceux qui ont moins que les autres la possibilité de l’assumer. »

On dit parfois que ces quartiers sont des « ghettos ». Mais s’ils sont des ghettos ce n’est pas parce que leurs habitants auraient interdiction d’en sortir, c’est parce que les voyous qui y ont élu domicile contrôlent le territoire et filtrent soigneusement les entrées !

Les ghettos, ce sont ces endroits, de plus en plus nombreux, où les pouvoirs publics ne remplissent plus leur devoir élémentaire, qui est d’assurer la sécurité de tout un chacun.

Ces quartiers abandonnés à la délinquance et aux trafics ne sont pas seulement le symbole de la lâcheté de nos gouvernements successifs. Ils sont aussi les territoires sur lesquels se jouera l’avenir de la France. Car la criminalité qui n’est pas énergiquement combattue se répand peu à peu et finit par gangrener un pays tout entier. Voyez par exemple ce qui arrive au Mexique. Là-bas, les narco-trafiquants ont corrompu presque toutes les institutions. Les homicides se comptent chaque année en dizaine de milliers. Sans compter les enlèvements, les disparitions, le racket, les vols…

En France nous n’en sommes pas encore là. Mais il n’est que temps d’agir. À l’Institut pour la Justice nous en sommes pleinement conscients. Et c’est bien pourquoi nous ne cesserons jamais d’alerter l’opinion publique et de nous battre pour que le droit à vivre en sécurité soit une réalité pour tous.

Vous pouvez compter sur nous. La résignation ne fait pas partie de notre vocabulaire.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Cette ministre que l’on voit sur tous les plateaux de télévision

Chère Madame, cher Monsieur,

On voit beaucoup Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’égalité entre les hommes et les femmes, s’agiter sur les plateaux de télévision pour s’élever contre les « féminicides ».

À chaque nouvelle affaire, on apprend que les gendarmes ne sont pas arrivés à temps, que les plaintes déposées par la victime n’avaient pas eu d’effet ou que l’ex-conjoint violent, sous le coup d’une interdiction de rentrer en contact avec sa victime, pouvait rôder autour de chez elle sans être inquiété.

Bref, à chaque nouvelle affaire on constate des dysfonctionnements.

Je ne vous le cache pas, à chaque fois, dans la colère comme tout le monde, je condamne les forces de l’ordre. Et de fait, il y aurait probablement des choses à dire, mais le nœud du problème n’est pas là.

La cause de ces ratés qui s’accumulent depuis des années est claire : si les forces de l’ordre avaient les moyens humains et juridiques de mettre hors d’état de nuire dès la première incartade des délinquants violents, la plupart de ces crimes seraient évités.

Je suis très sérieuse, le problème ne vient pas uniquement des gendarmes et des policiers, en sous effectifs ; ils voient leur travail contredit par des lois qui font la part belle à ceux qu’ils combattent.

Le problème vient de décennies de laxisme judiciaire à tous les niveaux qui nous font préférer le sort des délinquants à celui de nos concitoyens.

Or, une Justice bien rendue devrait punir, mettre hors d’état de nuire et réinsérer les délinquants, tout en protégeant leurs victimes.

Tant que l’État refusera de l’admettre, nous serons condamnés à voir Marlène Schiappa sur tous les plateaux de télévision à chaque nouvelle affaire.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Ses propos ont été détournés


Chère Madame, cher Monsieur,

C’est devenu une routine presque quotidienne. Des pompiers et des policiers qui interviennent dans une « cité sensible » pour éteindre des véhicules ou des poubelles en feu, ou bien pour porter secours à quelqu’un, et qui tombent dans de véritables guet-apens.

Pompiers et policiers sont alors assaillis par des dizaines d’individus qui se tenaient en embuscade, à coups de projectiles, de mortiers d’artifice, de cocktails molotov. Si la configuration des lieux le permet, les assaillants les bombardent aussi depuis les étages des immeubles : boules de pétanques, parpaings, machine à laver… tout ce qui peut blesser ou tuer.

Le journal Le Figaro a recensé une quinzaine de ces faits rien que sur les deux dernières semaines du mois d’octobre. Et encore, précise le journal, « Ces divers exemples repérés dans la presse locale et nationale de ces quinze derniers jours sont loin de représenter une couverture exhaustive de ce phénomène qui touche tout l’Hexagone. »

Commentant ce phénomène très inquiétant, la journaliste Zineb El Rhazoui a déclaré il y a quelques jours sur le plateau de Cnews :

« Sur les événements à Mantes-la-Jolie, le guet-apens organisé autour d’une petite patrouille de police par une centaine de racailles, moi, j’ai vu un peu ce qu’il se disait sur les réseaux sociaux. Les gens de tous horizons étaient absolument unanimes : il faut que la police tire à balles réelles dans ces cas-là. La police américaine aurait tiré à balles réelles pour bien moins que ça. »

Que n’avait-elle pas dit !

Tous les autres participants à l’émission se sont aussitôt récriés et lui sont « tombés dessus ». Certains ont même prétendu que les propos de Zineb El Rhazoui étaient « un appel au meurtre ».

Rien que ça…

Soyons sérieux. Les policiers doivent évidemment se défendre s’ils sont agressés. Bien évidemment aussi, cette défense doit être proportionnée à l’agression. Mais il faut appeler les choses par leur nom : de plus en plus souvent ces guet-apens urbains sont de véritables tentatives de meurtre.

Les moyens employés par les assaillants pourraient parfaitement tuer, et si, jusqu’à maintenant, on n’a relevé aucun mort parmi les forces de l’ordre, c’est uniquement grâce aux bons réflexes des policiers, à leurs équipements de protection, et grâce à la chance aussi.

Maître Thibault de Montbrial, l’un de nos experts, l’a très bien expliqué récemment, sur Cnews lui aussi.

Combien de temps cette chance va-t-elle durer ? Et pourquoi les forces de l’ordre devraient-elles attendre de compter des morts dans leurs rangs pour tirer sur ceux qui, jour après jour, essayent de les tuer et de leur interdire l’accès de certaines parties du territoire national ?

Les belles âmes qui s’en sont pris à Zineb El Rhazoui, bien à l’abri sur un plateau de télévision, mesurent-ils ce que doivent endurer les policiers de terrain, les menaces auxquelles ils doivent faire face ? Mesurent-ils bien les conséquences de ces attaques continuelles ?

Car la réalité c’est que, petit à petit, les forces de l’ordre cèdent du terrain aux délinquants, la réalité c’est que le rapport de force a basculé du côté des bandes armées.

Nos dirigeants prétendent que les zones de non droit n’existent pas, qu’il n’existe aucun quartier dans lequel les forces de l’ordre ne pénètrent plus. À strictement parler, c’est vrai, mais savez-vous comment les policiers en sont réduits à opérer dans certaines de ces « cités sensibles » ?

L’ancien préfet Michel Aubouin raconte dans son livre « 40 ans dans les cités » comment cela se passe dans le quartier de la Grande-Borne :

« Quand la police doit procéder à une interpellation, ce qu’elle fait le matin très tôt, à l’heure où les voyous dorment encore, c’est une opération militaire qu’elle doit monter, où la rapidité d’exécution constitue la seule garantie de réussite. Pour le reste, la police ne peut entrer dans le quartier. Sa configuration autorise des guet-apens à tous les angles des immeubles. »

Bien sûr, entre les voyous et les policiers le déséquilibre des forces est flagrant : une voiture de police est composée, au plus, de trois fonctionnaires alors que, en face « les bandes peuvent, en quelques minutes, mobiliser des dizaines d’individus. À la Grande Borne, elles pourraient même en mobiliser des centaines. »

Mais, ajoute Michel Aubouin, « Ce n’est d’ailleurs pas qu’une question de moyens ; c’est aussi une question de doctrine. Les policiers de la BAC, qui y risquent leur vie chaque soir, craignent la sanction plus que la blessure, à cause d’une interpellation qui aurait mal tournée. La peur de la bavure les accompagne en permanence. »

Chacun se souvient que, en Octobre 2016, précisément dans ce quartier de la Grande Borne, lorsque des policiers avaient failli mourir brûlés vif dans leur voiture après qu’elle ait été incendiée par des cocktails molotov, alors qu’ils étaient entourés de dizaines d’individus venus manifestement pour les tuer, aucun d’entre eux n’avait osé sortir son arme de service pour se défendre.

Les policiers qui opèrent dans ces « quartiers sensibles » sont tellement tétanisés par la peur de ne pas être soutenus par leur hiérarchie, par la justice, par les hommes politiques, qu’ils n’osent même plus défendre leur vie dans des circonstances aussi extrêmes !

La conséquence c’est que les habitants de ces quartiers sont abandonnés à la loi des bandes et des trafiquants de drogue. Des centaines de milliers de gens qui, au quotidien, doivent baisser les yeux, faire comme s’ils ne voyaient pas tous les délits qui se commettent en bas de chez eux, qui doivent supporter les nuisances, les incivilités, les humiliations, sans rien dire. Car ils savent que la police est incapable de les protéger. Elle ne peut même pas se protéger elle-même.

Dans ces quartiers, dit Michel Aubouin, « personne ne porte plainte, personne ne veut témoigner. » Qui pourrait les en blâmer ?

Aujourd’hui cela se passe ainsi dans des centaines de « zones urbaines sensibles ». Et demain ? La France entière ?

Les policiers et les gendarmes n’ont pas seulement le droit de se défendre s’ils sont attaqués, ils en ont aussi le devoir. Car ils représentent la loi républicaine, et force doit rester à la loi, sans quoi, demain, nous serons tous soumis à la loi des voyous et des bandes armées.

Oui, les policiers doivent tirer si nécessaire. Et, à l’IPJ, nous sommes mobilisés depuis longtemps sur les questions de légitime défense, aussi bien en ce qui concerne les forces de l’ordre qu’en ce qui concerne les particuliers.

L’un de nos experts, maitre Thibault de Montbrial, est l’un des meilleurs spécialistes français des questions de légitime défense et il intervient très fréquemment dans les médias.

Nous avons publié de nombreuses études sur le sujet et nous avons été à l’origine de plusieurs propositions de loi et amendements. Notre objectif est de faire modifier les règles de la légitime défense, afin de rendre celles-ci plus adaptées à la réalité du terrain, afin que les policiers, aussi bien que les particuliers, puissent se défendre lorsqu’ils sont agressés sans risquer d’être inquiétés par la justice, comme cela est trop souvent le cas aujourd’hui.

La légitime défense est, depuis le début, l’un de nos combats fondamentaux, vous le savez.

Et l’Institut pour la Justice continuera, sans relâche, de se battre pour la reconnaissance de la légitime défense, pour modifier les mentalités et les pratiques.

Mais pour agir, nous avons besoin de votre aide. Toutes nos actions ont un coût. Vous informer, mobiliser des avocats, des juristes et des experts pour défendre nos droits et notre sécurité a un coût.

Nous sommes une petite association et nous ne recevons aucune subvention. Tous les dons, mêmes minimes, sont précieux pour nous.

Nous avons besoin de vous.

Les dons sont indispensables car ils nous permettent d’agir. Si l’Institut pour la Justice ne le fait plus faute de moyens, qui le fera ?

Mille mercis de votre aide précieuse par un don aussi généreux que possible.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

Je ne l’oublierai jamais, et vous?


Chère Madame, cher Monsieur,
J’étais dans ma cuisine, je terminais de ranger la vaisselle quand mon mari est venu me chercher en me disant « viens voir la télé, vite, il s’est passé quelque chose ».

Vous souvenez-vous de ce que vous faisiez le 13 novembre 2015 ?
Aujourd’hui, cela fait 4 ans que les attaques islamistes du Bataclan, des terrasses de café et de Saint-Denis ont eu lieu.

À l’IPJ, nous n’oublierons jamais les victimes. Elles sont la raison de notre combat.
Celles qui sont mortes et celles qui sont encore là, mutilées ou psychologiquement blessées.
Nous n’oublierons jamais leurs proches. Les parents amputés de leurs enfants, les orphelins, les conjoints dévastés, les frères et soeurs.
4 ans après cette tragédie nationale, nos revendications n’ont pas changé :
Nous voulons que Justice soit rendue. Sans angélisme, sans naïveté et avec courage.
Nous voulons que les victimes soient entendues et reconnues comme telles.
Nous voulons que la loi protège les Français.
Un point c’est tout.
Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

« Plan banlieues » ou tonneau des Danaïdes?

Chère Madame, cher Monsieur,

Vous connaissez sûrement l’expression « remplir le tonneau des danaïdes ». Dans la mythologie grecque, les Danaïdes sont les cinquante filles du roi Danaos qui, en châtiment de leurs crimes, ont été condamnées, aux Enfers, à remplir sans fin un tonneau troué.

C’est une légende bien sûr.

Mais parfois on peut se demander si ce n’est pas une bonne description de la réalité.

Par exemple en ce qui concerne « la banlieue » ou, comme on dit parfois, « les cités sensibles ».

Depuis quarante ans, il y a eu plus d’une dizaine de « plans banlieue ». Le coût total de cette politique de la ville est très difficile à chiffrer, mais il se monte certainement à des dizaines de milliards d’euros. Certains estiment même qu’on serait plus proche des cent cinquante milliards.

À quoi ont servi tous ces milliards qui ont été demandés au contribuable ?

Pas à réduire l’insécurité. Il y a aujourd’hui plus de 750 « zones urbaines sensibles » dans toute la France, et dans certaines d’entre elles les conflits entre malfrats se règlent désormais en pleine rue et à coups de fusils d’assaut.

Pas à favoriser la « mixité sociale » puisque les citoyens ordinaires désertent les « banlieues » dès qu’ils le peuvent pour échapper à la loi des bandes.

Pas à améliorer l’emploi dans des zones où le taux de chômage est le double de celui de la moyenne nationale.

Pas à réduire la pauvreté : la proportion de personnes vivants sous le seuil de pauvreté dans les « zones sensibles » est trois fois supérieure à ce qu’il est ailleurs.

Emmanuel Macron a d’ailleurs déclaré l’année dernière, en Conseil des Ministres : « La politique de la ville est un échec. Depuis 20 ans, on a donné des milliards sans jamais régler les problèmes », comme l’a rapporté le Canard Enchainé.

Et pourtant… le Premier ministre vient d’annoncer un « plan d’action pour la Seine-Saint-Denis », accompagné, selon ses termes, « d’un investissement massif de l’État ces dix prochaines années ».

Il faut dire que la situation de ce département est plus que préoccupante.

Taux de pauvreté : 28 % (le double de la France métropolitaine). Taux de chômage : 12,7 % (trois points au-dessus de la moyenne nationale et quatre points au-dessus de la moyenne d’Île-de-France).

La délinquance mine le quotidien, avec presque 7 % de hausse des crimes et délits en trois ans, des trafics de drogue sans cesse plus tentaculaires, sans même parler des incivilités innombrables.

Pourtant, enseignants, médecins, policiers, magistrats y sont en sous-nombre et tout le monde sait bien que le 93 est devenu une « école de formation » pour les agents moins expérimentés : le « turnover » y est considérable… tout comme le taux d’arrêt maladie chez les fonctionnaires, usés par les conditions de travail qu’ils y trouvent.

Parmi les mesures annoncées par le Premier ministre, certaines tentent de remédier à cette situation déplorable. Avec par exemple la mise en place d’une prime de fidélisation de 10 000 € pour les agents des services publics de l’État en Seine-Saint-Denis, l’affectation de 100 officiers de police judiciaire supplémentaires sur deux ans, la rénovation des commissariats, de la vidéo surveillance…

Tout cela est bel et bon, mais comment peut-on espérer remplir un tonneau qui continue à fuir de partout ?

L’État prétend régler les problèmes de la Seine-Saint-Denis mais il n’est même pas capable de savoir combien il y a d’habitants dans ce département !

Un rapport parlementaire l’avait révélé l’année dernière, dans le 93 les « personnes en situation irrégulière seraient entre 150 000, 250 000 voire 400 000 », ce qui équivaut à la population d’un département comme l’Ariège (152 000 habitants), le Jura (259 000 habitants), voire les Landes (411 000) ». Soit, entre 8 % et 20 % de la population.

Pour la seule immigration régulière, le rapport rappelle que, « parmi les 36 communes de France métropolitaine comptant plus de 10 000 habitants et dont plus de 30 % de la population est d’origine étrangère, 15 sont situées en Seine-Saint-Denis. »

En réalité, « Le département est un sas d’entrée de la France par l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle qui accueille chaque année 65 millions de passagers. »

Comment régler les problèmes d’école, de pauvreté, de logement social, si pendant que la République déverse des milliards, le département se remplit sans cesse de nouveaux pauvres venus de l’autre bout du monde ?

L’ancien préfet Michel Aubouin l’expliquait très clairement dans son livre 40 ans dans les cités paru il y a quelques mois :

« Dans ce mouvement sans fin, tant que de nouveaux venus remplacent ceux qui étaient arrivés la veille, l’inéluctable mécanique de la dégradation ne peut s’arrêter. Des jeunes, originaires d’Afrique subsaharienne, ont supplanté de jeunes Maghrébins de jadis dans le trafic de drogue et l’attaque à la portière. Demain ce seront peut-être des jeunes de la Corne de l’Afrique ou des plateaux arides de l’Afghanistan. Personne ne saurait le dire, car les flux de l’immigration ne faiblissent jamais et leur origine fluctue au hasard des époques. C’est d’ailleurs la principale faiblesse de tous les rapports rendus sur la situation des “ quartiers “ : ils traitent d’un objet figé dans le temps, alors qu’il est un flux ininterrompu.

Considéré sous cet angle, le constat est sans appel. Jamais la France n’aura assez de logements sociaux à offrir à tous ceux qui viennent s’y installer. Les chiffres sont éloquents : il est arrivé, l’an dernier, près de 200 000 célibataires, sans doute désireux de fonder une famille, quand le parc du logement social avait, dans le même temps et au prix d’un effort colossal, à peine augmenté de la moitié.

»

Quant à l’insécurité, à quoi sert d’augmenter le nombre de policiers et de reconstruire des commissariats si la chaîne pénale est toujours aussi engorgée ? À quoi sert que les policiers arrêtent les délinquants si ceux-ci ne peuvent pas être envoyés en prison faute de place ou bien sont relâchés bien avant la fin de la peine prononcée ?

Le premier ministre essaye de nous faire croire qu’il va réussir à remplir le tonneau des Danaïdes, mais bien sûr il n’y réussira pas et c’est à vous, c’est à moi et à tous les Français que l’on va demander de déverser encore de l’argent, toujours plus d’argent dans un tonneau que le gouvernement se refuse obstinément à boucher…

Il est temps de dire stop à cette gabegie. Il est temps de dire à nos dirigeants qu’ils se trompent de diagnostic et que leurs « solutions » n’en sont pas. Les solutions en matière d’insécurité, nous les avons étudiées et nous les connaissons. Nous travaillons sans relâche à les faire connaître et à combattre les tenants de la culture de l’excuse et du fatalisme qui, malheureusement, sont très présents dans les ministères.

Nous sommes aujourd’hui les seuls à le faire. Mais nous avons besoin de vous pour pouvoir continuer à agir, pour pouvoir continuer à nous battre pour améliorer réellement la sécurité quotidienne des Français.

Nous ne recevons absolument aucune subvention, ce qui est le gage de notre totale indépendance, et nous dépendons uniquement de vos dons généreux pour exister.

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Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel