À mon avis, ils se voilent la face

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

« Une société de vigilance, voilà ce qu’il nous revient de bâtir »

Quelques jours à peine après le quadruple meurtre de la Préfecture de police, dont l’enquête dira s’il s’agit d’un attentat islamiste, voilà ce qu’Emmanuel Macron nous demandait à tous. Il nous demandait d’être vigilants et attentifs aux « signaux faibles » de l’islamisme.

Mais « en même temps », hier, le Président a mis en garde contre les « amalgames entre les questions d’immigration, de radicalisation, de communautarisme et de laïcité ».

Et dans la foulée, vous avez probablement entendu parler de ce qu’il s’est passé au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté la semaine dernière. Une mère de famille voilée accompagnait une sortie scolaire. Un élu du Rassemblement national, Julien Odoul, a interpellé la Présidente de région pour lui demander de faire retirer son voile à l’accompagnatrice « au nom de nos principes laïques », « au nom de nos principes républicains », « au nom de toutes les femmes qui luttent dans le monde ».

Y a-t-il vu un « signal faible » ? Impossible d’y répondre avec certitude. Mais une chose est sûre, qui peut nous dire où placer le curseur de la vigilance alors même que le Président de la République manque de cohérence pour l’expliquer ?

Comment être vigilants dans une société où l’on ne peut pas observer et s’exprimer sur les « signaux faibles » sans craindre d’être taxé « d’islamophobie » ?

C’est d’ailleurs la tournure qu’ont pris les choses dans le cas du Conseil régional Bourgogne-Franche-Comté.

Le lendemain de la médiatisation de cette affaire, la mère de famille en question s’est entretenue avec le site web islamophobie.net qui émane du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), organisme dont tout le monde connaît les accointances plus que douteuses.

« Comment je vais… Fatiguée, j’ai peur de tout. »

« Mais moi, la première nuit, je me suis réveillée une dizaine de fois, avec une boule au ventre. J’étais en train de réaliser ce qui s’était passé. Je reprenais conscience, en fait. »

« Sincèrement, ils ont détruit ma vie… »

Voilà Une phrase que beaucoup de victimes pourraient prononcer. À commencer par les familles des fonctionnaires de police tués il y a deux semaines à la Préfecture de police de Paris.

Comment expliquer que, ces dernières semaines, le débat autour du voile pour les accompagnatrices de sortie scolaire fasse couler plus d’encre que le quadruple meurtre des fonctionnaires de police ?

Je constate que notre système médiatique hiérarchise d’un curieuse façon les actualités.

Je constate que nous ne pourrons pas être vigilants si nos dirigeants ne deviennent pas plus cohérents. Cohérents et courageux.

À l’IPJ, nous serons toujours du côté des victimes. Pas forcément celles qui font la Une des journaux et qui se vautrent dans la victimisation par dessein politique, mais bien celles qui sont marquées dans leur chair, isolées et fragilisées par le drame qu’elles ont vécu.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Ps : Triste actualité pour les pompiers. Avez-vous vu les images de leur manifestation à Paris ? Je vous en parle dans un prochain message.

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