Votre ville est-elle concernée ?


Chère Madame, cher Monsieur,

« Une réforme de la justice dictée par les résultats électoraux d’En Marche ! »

Voilà l’un des gros titres du Canard Enchaîné paru mercredi dernier. Et depuis sa parution les réactions indignées se sont multipliées. 24 députés ont même écrit à Emmanuel Macron pour demander des explications.

C’est qu’en effet l’affaire est grave.

De quoi s’agit-il ?

Le gouvernement envisage de supprimer des postes de magistrats dans une trentaine de villes. Les affaires traitées par ces magistrats seront confiées à des juridictions plus importantes situées dans d’autres villes.

Autrement dit, le gouvernement cherche, à terme, à fermer les tribunaux de proximité, ceux qui traitent le moins d’affaires chaque année, pour faire des économies, un peu de la même manière que l’on ferme des maternités ou des hôpitaux au motif qu’ils accueillent trop peu de patients.

Ce serait déjà délicat, car les Français sont très attachés à leurs services publics de proximité. Mais là où cela pourrait devenir scandaleux, c’est que ces suppressions de postes ne seraient pas dictées par des considérations de bonne administration de la justice mais par les intérêts électoraux du parti du président de la République !

Le Canard Enchaîné publie ainsi une note confidentielle, dans laquelle le ministère de la Justice sollicite une réunion avec l’un des conseillers du Premier ministre et « les experts des élections municipales » de la République en marche afin de connaître les villes qui sont de potentielles « cibles électorales » et ainsi « différer les annonces » de la réforme de la carte judiciaire. Sous-entendu : après les élections municipales.

Faut-il comprendre que, selon que vous faites ou non allégeance au parti du président, vous risquez de voir supprimer des postes dans le tribunal de votre ville, et peut-être le tribunal lui-même ?

Interrogée sur Sud-Radio, Nicole Belloubet, la garde des Sceaux, n’a pas démenti l’existence de cette note confidentielle.

Les politiques n’ont pas été les seuls à monter au créneau après ces révélations. Les syndicats de magistrats ont également exprimé leur « consternation » et leur « stupéfaction » et dénoncent une « scandaleuse instrumentalisation de la réforme de la Justice à des fins électoralistes ».

À l’Institut pour la Justice, nous sommes également très préoccupés.

Cette révélation faite par le Canard Enchaîné vient malheureusement comme une confirmation : améliorer la sécurité des Français et remédier aux graves dysfonctionnements de notre système judiciaire n’est pas une priorité pour le gouvernement, et c’est le moins que l’on puisse dire.

Nous savions déjà qu’Emmanuel Macron avait totalement abandonné sa promesse de campagne de construire 15 000 nouvelles places de prison durant son quinquennat.

Nous savions que la grande réforme de la justice promise par Madame Belloubet n’a accouché que de demi-mesures qui ne satisfont personne et qui ne résolvent aucun problème de fond.

Nous savons également que les projets de la garde des Sceaux en ce qui concerne la réforme de la justice des mineurs sont très inquiétants, avec notamment l’instauration de l’irresponsabilité pénale jusqu’à 13 ans.

Et maintenant nous apprenons que les calculs électoraux passent avant l’intérêt des justiciables.

Il se pourrait que cette dernière manipulation soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase et qu’une tempête soit en train de se lever contre le gouvernement, car les protestations se multiplient de partout.

Plus que jamais notre vigilance et notre mobilisation sont nécessaires pour essayer d’arrêter les projets nocifs du gouvernement.

Vous pouvez compter sur nous pour ne rien laisser passer. Nous vous tiendrons au courant des développements de cette affaire.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Le naufrage de Paris

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans que je lise un article qui évoque l’état de dégradation de notre capitale. Travaux incessants qui provoquent des embouteillages permanents, saleté croissante, rats qui pullulent, et surtout délinquance galopante, tout le monde ou presque semble d’accord sur ce triste constat.

Y compris des personnalités médiatiques qui, a priori, n’habitent pas les pires quartiers qui soient.

La semaine dernière, c’était Le Point qui rapportait les propos du chanteur Alain Souchon, qui a toujours vécu à Paris mais qui désormais envisage de quitter une ville devenue « sale et violente ».

Un peu avant, c’était l’acteur Fabrice Luchini qui n’hésitait pas à comparer son quartier, le 18e arrondissement, avec « une ville du Moyen-Orient » en raison de sa « saleté sublime » et qui déclarait que Paris n’était « absolument plus habitable ».

Et que dire des visiteurs étrangers, qui arrivent dans ce qu’ils imaginent être « la ville lumière » et qui découvrent la réalité du Paris d’aujourd’hui…

Il se trouve justement que j’ai reçu il y a quelque jours une sorte de « carte postale » envoyée par l’un de nos experts, le docteur Theodore Dalrymple.

Le docteur Theodore Dalrymple est anglais, mais il connaît bien la France et notamment Paris, dans laquelle il vient souvent.

Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous son texte. Je crois que tous ceux qui sont venus un jour à Paris ces dernières années se reconnaîtront dans son constat alarmé.

« Deux choses me déplaisent ou m’inquiètent lors de mes visites à Paris. Le premier est le caractère hideux de presque tout ce qui a été construit depuis 1945 et le second est le nombre de resquilleurs dans le Métro. Je les observe avec une fascination horrifiée.

Les resquilleurs semblent se diviser en deux catégories principales : ceux qui sautent par-dessus les barrières et ceux qui vous poussent par derrière pour franchir les barrières, comme si votre ticket était un ticket pour deux. Ces derniers sont plus souvent des femmes que des hommes.

Ce qui me frappe le plus chez les resquilleurs, particulièrement chez ceux qui sautent vigoureusement par-dessus les barrières, c’est leur impudence. Ils enfreignent la loi au su et au vu des autres passagers, et beaucoup d’entre eux semblent avoir une allure triomphante une fois qu’ils sont sur le quai, comme s’ils venaient d’accomplir quelque chose d’assez remarquable. Loin de dissimuler leur délit, ils semblent presque s’en vanter et le jeter à la face des spectateurs.

Ma femme (qui est, ou a été, parisienne) et moi-même essayons parfois d’arrêter ceux qui poussent derrière nous dans leur tentative de voyager avec nos billets, mais ils réagissent à nos efforts non pas avec embarras, comme s’ils étaient pris en flagrant délit, mais avec indignation, comme si nous violions leurs droits, et comme si nous n’avions ni le goût de l’amusement ni le sens de l’humour. Dans la Gare du Nord, j’ai vu une fois un jeune homme arracher un téléphone portable de la veste d’un touriste américain, qui fut assez rapide pour le lui reprendre. Le visage de l’apprenti voleur n’exprimait pas la peur ou l’embarras, ni même la déception, mais l’indignation devant l’acte de lèse-majesté commis par le touriste. C’était comme si le voleur considérait son vol comme une forme légitime de perception de l’impôt.

Personne n’ose intercepter ceux qui sautent par-dessus les barrières du métro, qui pour la plupart sont, bien sûr, jeunes et en forme. Les autres passagers ont probablement peur de le faire, car certains resquilleurs pourraient avoir des couteaux sur eux et personne ne voudrait mourir pour un tel motif. Bien sûr, si les passagers honnêtes se regroupaient ils pourraient facilement dominer un seul resquilleur, mais parfois ils sont deux ou trois à la fois et de toute façon les gens sont occupés ; une telle action leur ferait perdre du temps et pourrait leur causer des problèmes juridiques fastidieux. L’impunité est la meilleure partie de la vaillance.

Je soupçonne également (bien que je ne puisse pas le prouver) que d’autres pensées et sentiments inhibent leur action. Les resquilleurs sont principalement jeunes et probablement relativement pauvres ; ils pourraient être au chômage. Le fait qu’ils soient souvent équipés d’iphones et de chaussures Nike ou Adidas les plus récentes et les plus absurdement chères ne rentre pas en ligne de compte : ces biens pourraient avoir été volés plutôt qu’achetés. Mais les resquilleurs sont pour la plupart des défavorisés et certains d’entre eux au moins appartiennent à des minorités ethniques. Ils sont donc poussés à frauder par nécessité plutôt que par malignité, ou alors ils se vengent d’une société fondamentalement injuste et de plus en plus inégale, dans laquelle certains peuvent facilement se payer un ticket de métro et d’autres pas. Essayer de les empêcher de frauder serait donc ajouter l’injustice à l’injustice.

Ces pensées et ces sentiments sont une rationalisation de la complicité de fait avec les resquilleurs. Ils apaisent le désagréable sentiment de culpabilité et d’impuissance qu’éprouve le citoyen face à la petite délinquance dont il est chaque jour témoin et qui autrement le pousserait au désespoir. La publicité accordée depuis de nombreuses années aux théories sociologiques, criminologiques et psychologiques qui excusent le crime ont sapé la confiance des citoyens dans leur propre jugement moral et dans la légitimité de tout système concevable de justice pénale, et pas seulement de celui qui existe aujourd’hui. Il est difficile de réprimer la criminalité dans de telles conditions – la criminalité qui, nous devons toujours nous en rappeler, frappe les pauvres bien plus que les riches.

»

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Le naufrage de Paris

Chère Madame, cher Monsieur,

Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans que je lise un article qui évoque l’état de dégradation de notre capitale. Travaux incessants qui provoquent des embouteillages permanents, saleté croissante, rats qui pullulent, et surtout délinquance galopante, tout le monde ou presque semble d’accord sur ce triste constat.

Y compris des personnalités médiatiques qui, a priori, n’habitent pas les pires quartiers qui soient.

La semaine dernière, c’était Le Point qui rapportait les propos du chanteur Alain Souchon, qui a toujours vécu à Paris mais qui désormais envisage de quitter une ville devenue « sale et violente ».

Un peu avant, c’était l’acteur Fabrice Luchini qui n’hésitait pas à comparer son quartier, le 18e arrondissement, avec « une ville du Moyen-Orient » en raison de sa « saleté sublime » et qui déclarait que Paris n’était « absolument plus habitable ».

Et que dire des visiteurs étrangers, qui arrivent dans ce qu’ils imaginent être « la ville lumière » et qui découvrent la réalité du Paris d’aujourd’hui…

Il se trouve justement que j’ai reçu il y a quelque jours une sorte de « carte postale » envoyée par l’un de nos experts, le docteur Theodore Dalrymple.

Le docteur Theodore Dalrymple est anglais, mais il connaît bien la France et notamment Paris, dans laquelle il vient souvent.

Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous son texte. Je crois que tous ceux qui sont venus un jour à Paris ces dernières années se reconnaîtront dans son constat alarmé.

« Deux choses me déplaisent ou m’inquiètent lors de mes visites à Paris. Le premier est le caractère hideux de presque tout ce qui a été construit depuis 1945 et le second est le nombre de resquilleurs dans le Métro. Je les observe avec une fascination horrifiée.

Les resquilleurs semblent se diviser en deux catégories principales : ceux qui sautent par-dessus les barrières et ceux qui vous poussent par derrière pour franchir les barrières, comme si votre ticket était un ticket pour deux. Ces derniers sont plus souvent des femmes que des hommes.

Ce qui me frappe le plus chez les resquilleurs, particulièrement chez ceux qui sautent vigoureusement par-dessus les barrières, c’est leur impudence. Ils enfreignent la loi au su et au vu des autres passagers, et beaucoup d’entre eux semblent avoir une allure triomphante une fois qu’ils sont sur le quai, comme s’ils venaient d’accomplir quelque chose d’assez remarquable. Loin de dissimuler leur délit, ils semblent presque s’en vanter et le jeter à la face des spectateurs.

Ma femme (qui est, ou a été, parisienne) et moi-même essayons parfois d’arrêter ceux qui poussent derrière nous dans leur tentative de voyager avec nos billets, mais ils réagissent à nos efforts non pas avec embarras, comme s’ils étaient pris en flagrant délit, mais avec indignation, comme si nous violions leurs droits, et comme si nous n’avions ni le goût de l’amusement ni le sens de l’humour. Dans la Gare du Nord, j’ai vu une fois un jeune homme arracher un téléphone portable de la veste d’un touriste américain, qui fut assez rapide pour le lui reprendre. Le visage de l’apprenti voleur n’exprimait pas la peur ou l’embarras, ni même la déception, mais l’indignation devant l’acte de lèse-majesté commis par le touriste. C’était comme si le voleur considérait son vol comme une forme légitime de perception de l’impôt.

Personne n’ose intercepter ceux qui sautent par-dessus les barrières du métro, qui pour la plupart sont, bien sûr, jeunes et en forme. Les autres passagers ont probablement peur de le faire, car certains resquilleurs pourraient avoir des couteaux sur eux et personne ne voudrait mourir pour un tel motif. Bien sûr, si les passagers honnêtes se regroupaient ils pourraient facilement dominer un seul resquilleur, mais parfois ils sont deux ou trois à la fois et de toute façon les gens sont occupés ; une telle action leur ferait perdre du temps et pourrait leur causer des problèmes juridiques fastidieux. L’impunité est la meilleure partie de la vaillance.

Je soupçonne également (bien que je ne puisse pas le prouver) que d’autres pensées et sentiments inhibent leur action. Les resquilleurs sont principalement jeunes et probablement relativement pauvres ; ils pourraient être au chômage. Le fait qu’ils soient souvent équipés d’iphones et de chaussures Nike ou Adidas les plus récentes et les plus absurdement chères ne rentre pas en ligne de compte : ces biens pourraient avoir été volés plutôt qu’achetés. Mais les resquilleurs sont pour la plupart des défavorisés et certains d’entre eux au moins appartiennent à des minorités ethniques. Ils sont donc poussés à frauder par nécessité plutôt que par malignité, ou alors ils se vengent d’une société fondamentalement injuste et de plus en plus inégale, dans laquelle certains peuvent facilement se payer un ticket de métro et d’autres pas. Essayer de les empêcher de frauder serait donc ajouter l’injustice à l’injustice.

Ces pensées et ces sentiments sont une rationalisation de la complicité de fait avec les resquilleurs. Ils apaisent le désagréable sentiment de culpabilité et d’impuissance qu’éprouve le citoyen face à la petite délinquance dont il est chaque jour témoin et qui autrement le pousserait au désespoir. La publicité accordée depuis de nombreuses années aux théories sociologiques, criminologiques et psychologiques qui excusent le crime ont sapé la confiance des citoyens dans leur propre jugement moral et dans la légitimité de tout système concevable de justice pénale, et pas seulement de celui qui existe aujourd’hui. Il est difficile de réprimer la criminalité dans de telles conditions – la criminalité qui, nous devons toujours nous en rappeler, frappe les pauvres bien plus que les riches.

»

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Nous n’avons pas à choisir entre compassion et sécurité


Chère Madame, cher Monsieur,

« Des allées désertes, tout comme les jeux pour enfants. Des bancs souvent occupés par des hommes seuls, marginaux, des buissons envahis de bouteilles et canettes…Du sud du quartier de la Goutte-d’Or, en passant par la place de la Chapelle, la halle Pajol et jusqu’à la rue d’Aubervilliers, aux confins des XVIIIe et Xe arrondissements, les jardins et squares se sont vidés des promeneurs et des familles, chassés par l’insécurité, la toxicomanie, les dégradations, parfois. »

Voilà la situation que décrivait le journal Le Parisien, il y a quelques jours.

Mais ce ne sont pas seulement quelques arrondissements dans le nord-est de la capitale qui sont touchés par l’occupation sauvage et la dégradation des espaces publics.

Moi qui travaille à Paris depuis longtemps, j’ai pu constater, années après années, que la situation se dégradait progressivement partout, y compris dans les « beaux quartiers ».

J’ai vu se multiplier les « mendiants » et les « sans-abris », allongés sur les trottoirs, postés à l’entrée des magasins, à côté des distributeurs de billets, souvent alcoolisés, parfois agressifs. Déjà deux jeunes femmes qui travaillaient dans nos bureaux ont eu à subir des agressions de la part d’individus de ce genre. Alors même que nos locaux sont dans un des arrondissements censés être parmi les plus préservés de Paris !

J’ai vu la saleté augmenter, ainsi que les comportements incivils. Il n’y a pas longtemps, dans un quartier très « chic », une amie a même vu un homme déféquer tranquillement dans la cabine d’un Photomaton, puis repartir comme si de rien n’était.

Je vous promets que je n’exagère pas !

La réalité est que la ville de Paris paye aujourd’hui des années de complaisance vis-à-vis de l’occupation illégale des espaces publics, vis-à-vis des campements sauvages de « sans-abris » ou de « migrants », vis-à-vis de la drogue aussi.

Et elle est loin d’être la seule ville française dans cette situation. Beaucoup de nos métropoles connaissent les mêmes problèmes.

Malheureusement, bien souvent, les autorités hésitent à agir avec fermeté car elles ont peur d’être accusées de faire la chasse aux « pauvres ».

Évidemment, personne n’a envie d’avoir l’air de manquer de compassion vis-à-vis de gens qui vivent dans des conditions très précaires. Et nous devons aider les plus fragiles d’entre nous.

Mais nous devons faire ce qui est réellement le mieux pour ces personnes en difficulté, et pas ce qui nous fait plaisir ou qui nous donne bonne conscience.

Et nous devons aussi faire respecter le droit de tout un chacun à la sécurité et à la tranquillité. Les autres habitants n’ont pas à subir les incivilités, la saleté et l’insécurité pour permettre aux municipalités d’afficher leur « compassion ».

À l’Institut pour la Justice nous avons depuis longtemps réfléchi à ce problème. Nous avons étudié ce qui se fait à l’étranger, et quelles sont les solutions qui marchent.

Aux États-Unis, par exemple, certaines grandes villes, comme Seattle, ont vu le nombre de leur « sans-abris » exploser ces dernières années.

En cause, une politique municipale très « tolérante » vis-à-vis des campements sauvages et de la drogue, ainsi que des aides sociales très généreuses et la construction de « salles de shoot ».

Résultat, Seattle est devenu un véritable aimant pour les marginaux et les toxicomanes. Leur nombre s’est multiplié et l’insécurité s’est envolée.

Les atteintes aux biens ont atteint un taux deux fois et demi supérieur à celui de Los Angeles et quatre fois supérieur à celui de New-York, des villes pourtant beaucoup plus peuplées. Les équipes de nettoyage ramassent des dizaines de millier d’aiguilles usagées dans les rues et les parcs de la ville chaque année. Dans certains quartiers les commerces de proximité périclitent et les riverains n’en peuvent plus.

Aujourd’hui, une ville comme Seattle dépense plus d’un milliard de dollars par an pour ses « sans-abris », et pourtant le problème ne fait que s’aggraver.

Mais d’autres villes américaines, confrontées au même problème, ont su réagir avec plus d’intelligence et d’efficacité.

Elles ont compris que, dans cette situation, la fermeté n’est pas incompatible avec l’humanité, bien au contraire.

Comme l’écrivait un spécialiste américain de la question, dans le dernier numéro de notre revue : « La réalité, évidente pour n’importe qui ayant passé un peu de temps dans les villages de tentes ou dans les hébergements d’urgence, est que 80% des sans-abris souffrent d’addiction à l’alcool et aux stupéfiants et que 30% d’entre eux sont atteints d’affections psychiatriques graves, comme les troubles bipolaires et la schizophrénie. »

Il n’y a rien de compatissant dans le fait de laisser des toxicomanes, des malades mentaux et des pauvres mourir dans les rues. Et une telle politique de complaisance transforme la vie des riverains en enfer.

La première priorité doit être de nettoyer les espaces publics, de diriger les gens vers des foyers, où ils pourront effectivement être aidés, et de maintenir l’ordre public.

À Houston, les responsables locaux ont réduit le nombre de sans-abris présents dans les rues de 60%.

À San Diego, la police et les équipes municipales ont fait disparaître tous les campements sauvages de la ville, tandis que plus de 700 personnes étaient dirigées vers trois grands refuges nouvellement construits.

À Burien, une petite ville de 50 000 habitants proche de Seattle, le centre-ville revit après avoir été en proie pendant des années à des centaines de sans-abris et de toxicomanes qui vivaient dans ses rues.

Et je pourrais citer bien d’autres exemples, avec à chaque fois des résultats très positifs, pour tout le monde.

Les principes d’action sont simples.

D’une part les biens publics appartiennent au public – à nous tous – et ne peuvent pas être privatisés au profit d’un ou de plusieurs vagabonds, aussi pauvres ou malades soient-ils.

Par ailleurs beaucoup de sans-abris souffrent de graves problèmes, physiques et psychiques, et ne peuvent pas s’en sortir sans une aide prolongée.

Ceux qui ont besoin d’aide doivent donc recevoir cette aide au long cours dans des structures spécialisées.

Les municipalités doivent construire des refuges et les services sociaux doivent aller à la rencontre des sans-abris pour leur proposer d’y être aidé. Mais pour ceux qui occupent les espaces publics, le choix ne doit pas être entre aller dans un foyer ou rester dans la rue. Il doit être entre rejoindre une structure d’accueil et être délogé ou arrêté.

La police doit être sans faiblesse vis-à-vis des occupations sauvages, vis-à-vis des incivilités, vis-à-vis de la consommation de drogue ou d’alcool dans la rue, quel que soit le profil des consommateurs. Car c’est la meilleure manière de faire respecter les droits et les intérêts de tous.

Nous n’avons pas à choisir entre la compassion et la sécurité. La vraie compassion passe par le respect de l’ordre public.

Il serait temps qu’en France aussi nos dirigeants s’en rendent compte. Vous pouvez compter sur nous pour le leur faire savoir et pour les aiguillonner.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Cette grand-mère va vous agacer


Chère Madame, cher Monsieur,
Fin septembre à Agde, dans l’Hérault, une institutrice a été agressée par la mère et la grand-mère d’un élève. Sa grand-mère, vous lisez bien.
Heureusement, la jeune femme a réussi à filmer son agression avec son téléphone et cette preuve a probablement obligé la justice à se pencher sur cette affaire.
La scène est surréaliste. L’enseignante est dans le bureau du directeur de l’école, où elle est confrontée à un élève perturbateur accompagné de sa mère et de sa grand mère.
D’après la maîtresse, l’élève a frappé un autre enfant et elle est intervenue. Une histoire banale me direz-vous, de dispute entre enfants. Mais les choses se corsent car l’élève en question accuse l’enseignante de l’avoir frappé…
L’institutrice dément : « Je ne l’ai pas tapé. C’est lui qui a tapé l’enfant ! »
Ce à quoi la grand-mère lui répond avec une agressivité à couper le souffle. florilège : « Ça c’est vous qui le dites (…). Je vais vous dire un truc : quand le matin on est mal baisée, on reste chez soi. (…) je suis pas française je suis gitane, on sait ce que c’est la violence (…) Maintenant vous faites la femme, là, dans le bureau du directeur, je vous jure sur la tête de mon défunt père, quand je te croise dehors, je te crève. »
L’institutrice ne se démonte pas : « Il tape les autres devant une maîtresse qui le gronde et vous, vous venez engueuler la maîtresse ? »
La grand-mère continue les menaces : « Je vais te crever, je vais te plumer… Je vais te plumer ».
La mère de l’élève, quant à elle, passe carrément à l’acte et frappe plusieurs fois l’institutrice. La vidéo ne nous épargne rien. Tout est enregistré.
Elle a reçu trois jours d’interruption du temps de travail et quinze jours d’arrêt. Bien sûr, elle a aussi porté plainte contre les deux femmes qui passeront devant la justice le 4 mars prochain. Pouvez-vous imaginer la peur de cette institutrice, qui doit aller travailler tous les jours avec le poids des menaces qu’elle a reçues. La peur de recroiser ces deux personnes, même si elles ont reçu l’interdiction de rentrer en contact avec elle. La peur de recroiser des membres de leur famille…
Comble de l’ironie, pendant l’agression, la grand-mère incontrôlable lui a même crié : « Je ne veux pas que vous vous occupiez de lui. On le met pas à l’école pour que vous lui appreniez l’agressivité ! »
Car bien sûr, cette pauvre institutrice est à l’origine des problèmes de violence de l’élève (dont l’éducation laisse malheureusement augurer du pire pour son avenir) ! L’exemple reçu dans le cercle familial n’y est pour rien !
Cette affaire illustre malheureusement ce que doivent endurer de très nombreux Français, travailleurs honnêtes, qui ne peuvent plus exercer leur profession sans craintes. Qu’ils soient enseignants, commerçants, pompiers, la violence est désormais partout.
La violence est partout
Les pompiers ont fait parler d’eux ces dernières semaines aussi. Leur manifestation à Paris n’est pas passée inaperçue. Ils défilaient pour que l’on augmente les effectifs, leurs salaires et pour réclamer la fin du flou à propos de leur retraite mais pas uniquement. Ils n’en peuvent plus de risquer leur vie en allant sauver celle des autres. En juin, quelques journaux ont consacré des articles à leur mouvement de grève. Un pompier de Toulouse disait d’un quartier : « Dès qu’on met un pneu ici, on sait qu’on n’est plus maîtres de notre destin », un autre disait « On se fait caillasser ! ». Pour certaines casernes, les agressions sont devenues monnaie courante. Quand ce n’est pas pour les véhicules, les pompiers craignent carrément pour leur vie.
Triste image de les voir crier leur ras-le-bol et d’assister à des scènes de violence entre pompiers et forces de l’ordre. Vous en conviendrez comme moi, c’est le symptôme que notre pays ne va pas bien. Que ceux qui nous protègent sont dépassés par les ordres qu’ils reçoivent.
Car les policiers sont aussi dans une situation impossible.
Eux aussi ont manifesté récemment par milliers dans les rues de Paris pour exprimer leur colère. Ils ont d’ailleurs appelé cette manifestation « la marche de la colère ». Ils enragent de voir qu’on leur demande de toucher au portefeuille les citoyens honnêtes qui enfreignent le code de la route mais de faire le dos rond dans les zones de non-droit, où sévissent les trafics de drogue, les violences gratuites, les agressions…
Une de leurs revendications ? Que les réponses pénales soient réelles, efficaces et dissuasives.

C’est exactement le combat de l’IPJ. Que la Justice retrouve de la cohérence. Qu’elle soit plus ferme. Qu’elle soit une force de dissuasion et de neutralisation des individus dangereux. Je ne dis pas que tous les problèmes d’insécurité seront réglés. Mais je suis certaine que :


Les forces de l’ordre retrouveraient du sens à leur travail.
Les instituteurs, les pompiers, les commerçants pourraient exercer leur mission sans redouter que des agressions, des lynchages ou des braquages soient commis par des délinquants chevronnés.
Ces délinquants seraient pris en charge avec efficacité. Neutralisés, punis et suivis pour être réinsérés.
Le doute et la suspicion sur le travail des magistrats seraient levés.
  • Les forces de l’ordre retrouveraient du sens à leur travail.
  • Les instituteurs, les pompiers, les commerçants pourraient exercer leur mission sans redouter que des agressions, des lynchages ou des braquages soient commis par des délinquants chevronnés.
  • Ces délinquants seraient pris en charge avec efficacité. Neutralisés, punis et suivis pour être réinsérés.
  • Le doute et la suspicion sur le travail des magistrats seraient levés.
Les forces de l’ordre retrouveraient du sens à leur travail.
Les instituteurs, les pompiers, les commerçants pourraient exercer leur mission sans redouter que des agressions, des lynchages ou des braquages soient commis par des délinquants chevronnés.
Ces délinquants seraient pris en charge avec efficacité. Neutralisés, punis et suivis pour être réinsérés.
Le doute et la suspicion sur le travail des magistrats seraient levés.

Pourtant il suffirait…
Bien sûr, pour y parvenir, il faut voter des lois courageuses. Il faut lever les verrous idéologiques qui gangrènent l’action politique. Car nous avons impérativement besoin de places de prison. Nous savons vous et moi que nos courageux dirigeants préfèrent tourner autour du pot quand il s’agit de construire de nouvelles prisons. Tout est bon pour ne pas se mettre à dos les lobbies très à gauche qui militent contre la prison et ne se cachent pas d’être très proches des arcanes du pouvoir; ils sont parfois même au sein des cabinets ministériels…
Cela ne nous empêche pas de faire passer à Nicole Belloubet et à son cabinet nos argumentaires. Ceux qui sont rédigés par les experts sérieux qui travaillent à nos côtés. Sans idéologie. Leur seul parti pris est de vouloir mettre en place des mesures efficaces pour enrayer la criminalité et les dysfonctionnements de la Justice.
Nous ne sommes jamais dans la contradiction stérile ou caricaturale. Nous avons des solutions. Certaines sont inspirées de l’étranger comme c’est le cas pour le bracelet électronique GPS qui permet à une victime de violence conjugale de savoir où est son agresseur et se mettre à l’abri en cas d’anomalie; s’il ne respecte pas les conditions de son placement sous surveillance à distance, s’il n’est pas présent chez lui alors qu’il devrait y être, s’il rentre dans une zone où il n’est pas censé se rendre, s’il a échappé à la surveillance électronique, etc.
La mise en place de ce bracelet anti-rapprochement a été votée la semaine dernière à l’Assemblée nationale. À l’IPJ, nous connaissons bien cet outil puisque nous avions travaillé sur sa possible importation en France dans le cadre de l’élargissement du droit d’information des victimes. Le 5 juillet 2018, nous avions envoyé à tous les députés, ainsi qu’à Nicole Belloubet, Marlène Schiappa et Brigitte Macron tout un document sur notre travail sur le sujet. Il y a plus d’un an.

La preuve que nos recherches sont fructueuses. Mais si ce bracelet avait été mis en place l’année dernière, combien de victimes seraient encore en vie ?
Aussi, vous pouvez me croire, nous continuerons à nous démener tant que des vraies mesures efficaces et radicales n’auront pas été prises. Tant que des victimes pourront être évitées. Nous continuerons à travailler, à s’agiter, à communiquer.
Voilà le principal objectif de notre association, éviter de potentielles nouvelles victimes.
Elles sont trop souvent isolées, réduites au silence et impuissantes.
Cette semaine, c’était au tour du libraire du quartier de la Goutte d’Or à Paris de voir son commerce mis à sac. Il a laissé éclater sa colère sur les réseaux sociaux « Mon appartement et mon commerce cambriolés, pillés, saccagés. En dépit des portes blindées etc…[…] je vais acheter une arme. Ça se trouve très facilement ici. »

Voilà la réaction d’un homme à bout, seul pour lutter et se défendre dans un quartier abandonné par l’État.
Ce n’est plus acceptable.
Nous payons des impôts pour que les services publics fonctionnent efficacement.

La sûreté est un droit garanti par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Or aujourd’hui, combien de justiciables vivent dans la crainte ? sont victimes d’individus qui vivent en parfaite impunité ? ne savent plus vers qui se tourner ?

Disons le nettement : ce n’est pas sérieux, notre système de justice doit être réformé.
Mais une telle bataille nécessite un intense travail auprès des élus pour montrer que votre sécurité vaut plus que le politiquement correct imposé par les bien-pensants.
Peut-être vous dites-vous que je perds mon temps, que mon travail est vain. Mais je ne le crois pas. C’est en multipliant les études d’experts reconnus, pour démontrer la faisabilité de nos propositions, et en occupant le terrain que nous pourrons nous faire entendre. Si j’abandonne aujourd’hui, quelle autre association tiendra bon ? Nous sommes les seuls à réaliser ce travail juridique. Nous devons composer avec des élus tièdes et une sphère médiatique qui préfèrera toujours nous mettre des bâtons dans les roues.
Vous voyez, la route est longue, mais nous sommes déterminés. Et pour y arriver, nous avons besoin de votre aide. Nous ne faisons pas partie des associations arrosées de subventions publiques, dont les missions sont souvent obscures. Nous existons uniquement grâce à la générosité des donateurs qui nous soutiennent.
Alors, si comme moi, vous ne voulez pas baisser les bras, que vous voulez une réforme en profondeur de la justice, pour que les honnêtes citoyens soient protégés, alors, je vous demande de nous faire un don même minime de 1 ou 2 euros.
C’est très important. Faites un don à l’IPJ.

Avec votre aide, et avec aide seulement, nous pourrons continuer le combat.
Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

À mon avis, ils se voilent la face

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

« Une société de vigilance, voilà ce qu’il nous revient de bâtir »

Quelques jours à peine après le quadruple meurtre de la Préfecture de police, dont l’enquête dira s’il s’agit d’un attentat islamiste, voilà ce qu’Emmanuel Macron nous demandait à tous. Il nous demandait d’être vigilants et attentifs aux « signaux faibles » de l’islamisme.

Mais « en même temps », hier, le Président a mis en garde contre les « amalgames entre les questions d’immigration, de radicalisation, de communautarisme et de laïcité ».

Et dans la foulée, vous avez probablement entendu parler de ce qu’il s’est passé au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté la semaine dernière. Une mère de famille voilée accompagnait une sortie scolaire. Un élu du Rassemblement national, Julien Odoul, a interpellé la Présidente de région pour lui demander de faire retirer son voile à l’accompagnatrice « au nom de nos principes laïques », « au nom de nos principes républicains », « au nom de toutes les femmes qui luttent dans le monde ».

Y a-t-il vu un « signal faible » ? Impossible d’y répondre avec certitude. Mais une chose est sûre, qui peut nous dire où placer le curseur de la vigilance alors même que le Président de la République manque de cohérence pour l’expliquer ?

Comment être vigilants dans une société où l’on ne peut pas observer et s’exprimer sur les « signaux faibles » sans craindre d’être taxé « d’islamophobie » ?

C’est d’ailleurs la tournure qu’ont pris les choses dans le cas du Conseil régional Bourgogne-Franche-Comté.

Le lendemain de la médiatisation de cette affaire, la mère de famille en question s’est entretenue avec le site web islamophobie.net qui émane du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), organisme dont tout le monde connaît les accointances plus que douteuses.

« Comment je vais… Fatiguée, j’ai peur de tout. »

« Mais moi, la première nuit, je me suis réveillée une dizaine de fois, avec une boule au ventre. J’étais en train de réaliser ce qui s’était passé. Je reprenais conscience, en fait. »

« Sincèrement, ils ont détruit ma vie… »

Voilà Une phrase que beaucoup de victimes pourraient prononcer. À commencer par les familles des fonctionnaires de police tués il y a deux semaines à la Préfecture de police de Paris.

Comment expliquer que, ces dernières semaines, le débat autour du voile pour les accompagnatrices de sortie scolaire fasse couler plus d’encre que le quadruple meurtre des fonctionnaires de police ?

Je constate que notre système médiatique hiérarchise d’un curieuse façon les actualités.

Je constate que nous ne pourrons pas être vigilants si nos dirigeants ne deviennent pas plus cohérents. Cohérents et courageux.

À l’IPJ, nous serons toujours du côté des victimes. Pas forcément celles qui font la Une des journaux et qui se vautrent dans la victimisation par dessein politique, mais bien celles qui sont marquées dans leur chair, isolées et fragilisées par le drame qu’elles ont vécu.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Ps : Triste actualité pour les pompiers. Avez-vous vu les images de leur manifestation à Paris ? Je vous en parle dans un prochain message.

Chronique d’une mort annoncée

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Un jeune homme de 24 ans est mort, tué d’un coup de couteau en pleine poitrine. Pour une cigarette ou une bière, pour des broutilles, pour rien.

Ce jeune homme sans histoire pourrait être votre enfant, ou le mien. Il pourrait être votre frère ou votre ami. Il pourrait être n’importe qui. Et sa mort n’avait absolument rien d’inévitable.

Nous sommes le samedi 28 septembre. La soirée est douce. C’est un beau début d’automne.

Il est un peu moins de 22 heures sur la place Saint-Projet, à Bordeaux. Thomas Michelin, un Charentais âgé de 24 ans et originaire du petit village de La Génétouze, près de Jonzac, est assis avec son jeune frère de 18 ans ainsi que leurs amis sur un banc de la place.

Ils sont venus « à la ville » passer la soirée, profiter des derniers beaux jours, comme beaucoup de gens sur cette place très fréquentée et appréciée des Bordelais. Et puis tout bascule.

Comme le rapporte le journal Le Parisien, trois sans-abris, deux hommes et une femme âgés respectivement de 32, 25 et 28 ans, s’approchent du groupe et leur demandent une cigarette avec agressivité.

Thomas et ses amis refusent. Les trois sans-abris, qui manifestement cherchent la bagarre bien plus qu’une cigarette, deviennent menaçants et commencent à importuner une jeune fille du groupe. Le petit ami de celle-ci s’interpose. Une violente bagarre éclate, deux des agresseurs sortent des couteaux, et frappent.

Thomas reçoit un coup de couteau au torse. Il s’effondre sous les yeux de nombreux témoins. Secouru par des passants avant l’arrivée des pompiers et du SMUR, Thomas décède dans l’ambulance qui l’emmène aux urgences.

Un jeune homme est mort, laissant derrière lui une famille et des amis dévastés. Et beaucoup de gens savaient qu’un jour où l’autre une chose pareille risquait d’arriver.

« C’est terrible à dire, mais un tel drame ne me surprend pas », confiait un commerçant au journal Sud-Ouest. « Tous les jours, des zonards traînent sur la place et ses abords. Certains s’alcoolisent et finissent totalement défoncés. »

Le serveur d’un bar tout proche du lieu du drame confirme : « Tout était calme et ça a dégénéré très vite. Ça a été très violent. On les voit tous les jours ces sans-abris. Ils sont agressifs et emmerdent tout le monde. »

Thomas est mort parce qu’il a reçu un coup de couteau. Mais aussi parce que les pouvoirs publics n’ont pas rempli leur devoir fondamental de protection des citoyens.

Tous les riverains et les commerçants de la place comprenaient qu’un drame allait arriver. Mais, apparemment, ni la police ni la justice n’ont rien vu venir. Ou bien ont-ils vu venir mais n’ont-ils pas su ou pas voulu intervenir de manière préventive, avant qu’il ne soit trop tard ?

Je vous en ai souvent parlé : la ville de New-York est parvenue à faire baisser la criminalité de près de 90% ces 25 dernières années.

Et l’une des raisons essentielles pour lesquelles la criminalité a tant diminué, c’est que la police s’est mise à agir de manière préventive.

Comme l’explique une des nos expertes, Heather Mac Donald, l’une des meilleures spécialistes américaines de la question :

« La raison pour laquelle les crimes ont baissé est que le NYPD (la police New Yorkaise) arrêtait des criminels potentiels pour des infractions de moindre importance, telles que des incivilités, et les enlevait des rues avant qu’ils aient l’occasion de commettre des délits plus sérieux. »

Parmi les incivilités qui provoquent l’intervention préventive de la police New-Yorkaise, on trouve précisément… la mendicité agressive et la consommation d’alcool dans les lieux publics.

La police ne doit pas tolérer que des « mendiants » importunent les passants, car cela pourrait dégénérer en bagarre si l’un des passants se rebiffe.

Elle ne doit pas non plus tolérer que des gens s’alcoolisent dans les lieux publics, car l’alcool est un grand facteur de violence. L’alcool est le psychotrope qui est le plus fréquemment associé avec l’homicide.

Comme l’écrit Heather Mac Donald : « Le rappel à la loi d’un individu buvant de l’alcool dans un lieu public à 11h du matin pourra peut-être éviter un coup de couteau à 11h du soir. »…

Il ne s’agit pas de faire « la chasse aux pauvres », comme le prétendent certains, il s’agit de préserver le droit de chacun de vivre en paix et en sécurité.

En aucun cas les pouvoirs publics ne devraient tolérer que des lieux publics soient appropriés et que la tranquillité du voisinage soit troublée par des individus qui, bien souvent, ont d’autres choses à se reprocher que des incivilités.

Deux des individus qui ont tué Thomas ont déjà eu affaire à la police et à la justice pour des faits de violence, selon le journal Le Parisien. Malheureusement, leur cas est typique.

Un commandant de police souligne : « Ce drame confirme malheureusement une montée de la violence observée ces derniers mois à Bordeaux. »

C’est vrai. Comme beaucoup de métropoles et de villes moyennes en France, Bordeaux connaît une montée apparemment inexorable de l’insécurité et des incivilités.

Mais la violence ne monte pas toute seule. Elle monte aussi parce que les pouvoirs publics n’adoptent pas les bonnes réponses.

L’insécurité n’est PAS une fatalité. Elle est la conséquence de nos actions, ou de notre absence d’action.

Et à l’IPJ nous savons quelles sont les actions à mener. Nous nous appuyons sur des experts reconnus et nous proposons des solutions à l’efficacité prouvée.

La mort de Thomas, et bien d’autres, auraient pu être évitées, si les pouvoirs publics appliquaient nos recommandations.

Plus que jamais notre combat est nécessaire. Pour les victimes. Pour tous ceux qui n’aspirent qu’à vivre paisiblement et honnêtement. Plus que jamais, nous sommes déterminés à faire entendre leur voix.

Mais je dois aussi vous rappeler que l’IPJ ne reçoit aucune subvention publique et existe uniquement grâce à vos dons généreux.

Sans votre aide financière, nous ne pourrons absolument pas continuer nos actions. Nous ne pourrons rien faire.

S’il vous plaît, ne condamnez pas l’IPJ à l’inaction. Faites un don, même minime à notre association en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel