“On ne nous dit pas tout”

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

« On ne nous dit pas tout ».

Combien de fois avez-vous déjà entendu cette phrase ? À tel point que c’en est devenu un sketch.

Et pourtant, c’est une triste réalité…

Le Canard enchaîné l’a révélé mercredi dernier :

« Branle-bas de cellules, Place Vendôme, où le plan Prison de Belloubet vient de subir un gros pet au casque. »

De quoi s’agit-il ?

Emmanuel Macron avait promis durant sa campagne électorale que 15 000 nouvelles places de prison seraient construites durant son quinquennat s’il était élu.

Une fois élu, cette promesse a été abandonnée sans vergogne.

Finalement, 7 000 places nouvelles devaient être construites d’ici 2022.

Le président l’avait dit publiquement, en mars 2018, lors d’un discours prononcé à l’École Nationale d’Administration Pénitentiaire. Il s’agissait d’une parole présidentielle, prononcée devant les futurs cadres et directeurs de prisons.

Patatras !

Comme l’explique Le Canard enchaîné : « les gilets jaunes sont passés par là, avec leurs milliards d’euros ! il faut donc rogner sur tous les budgets. Matignon vient de faire savoir à la Chancellerie que, au lieu des 7 000 premières cellules promises pour 2022, il n’y en aurait que 5 000. »

Croyez-vous qu’ils auront au moins le courage de l’annoncer publiquement aux Français ?

Pas du tout ! Ce renoncement est fait en catimini.

Et c’est d’autant plus scandaleux que, pendant ce temps, Nicole Belloubet n’a aucune peine à trouver de l’argent pour faire participer les détenus au « Grand Débat » voulu par le président Macron, pour équiper toutes les cellules de prison avec plus de 50 000 téléphones fixes, ou bien encore pour y installer des ordinateurs et des tablettes numériques !

Il y a actuellement presque 72 000 détenus dans les prisons françaises. En face, il y moins de 57 000 places actuellement utilisées. Il y a donc 15 000 détenus en surnombre.

Dans certaines maisons d’arrêt le taux d’occupation est de 200%. Je vous laisse imaginer les conditions de détention et les conditions de travail des surveillants…

Il y a aussi en permanence un stock de quelques 90 000 peines de prison ferme qui sont en attente d’exécution. Et l’une des principales causes de ce stock, c’est le manque de place de prison.

Certaines peines de prison ferme ne seront exécutées qu’un an ou plus après avoir été prononcées. Certaines ne le seront même jamais.

Le président de la République lui-même a reconnu, lors de ce fameux discours en mars 2018, que c’était inacceptable et que la pénurie de places prison déstabilisait tout notre système judiciaire !

Et le nombre des détenus ne cesse d’augmenter, en dépit de tous les efforts de la ministre de la Justice pour substituer des « peines alternatives » aux peines de prison, parce que la délinquance et la violence ne cessent d’augmenter.

Le terrorisme islamique ne fait que rendre ce sous-équipement carcéral encore plus dramatique et insupportable.

Comment empêcher la propagation de l’idéologie islamiste en prison lorsque le surpeuplement des établissements pénitentiaires empêche d’isoler convenablement les détenus les plus radicalisés ?

Le reniement de leurs engagements par le président de la République et la ministre de la Justice met en péril la sécurité de tous les Français.

  Parce que les prisons sont surpeuplées, la justice n’envoie en général en prison les délinquants qu’après que ceux-ci aient accumulé une longue suite de délits, et même lorsqu’une peine de prison ferme est finalement prononcée elle n’est souvent exécutée que des mois après avoir été prononcée.
  Parce que les prisons sont surpeuplées, il est très difficile de proposer aux détenus des activités et des formations qui pourraient permettre à ceux qui le veulent de se réinsérer après leur peine. Les surveillants doivent toujours travailler dans l’urgence.
  Parce que les prisons sont surpeuplées, la justice relâche le plus souvent le délinquant aux deux-tiers ou à la moitié de sa peine, pour faire de la place.

À cause de la sous-dotation carcérale, les peines de prison ne dissuadent pas ou peu, elles ne permettent pas la réinsertion, et elles ne neutralisent pas les délinquants les plus actifs en les enfermant pour longtemps.

Tant que la France souffrira d’une sous-dotation carcérale aussi criante, aucun véritable progrès ne sera possible en matière de sécurité et de justice.

L’Institut pour la Justice le dit et le redit depuis longtemps, preuves à l’appui.

Nous avons publié de nombreuses études sur le sujet de la prison. Nous avons analysé méthodiquement le problème de la sous-dotation carcérale. Nous avons montré comment il serait possible de faire de la détention un temps utile pour le détenu et la société.

Aujourd’hui plus que jamais, l’Institut pour la Justice est la seule association à faire une analyse réaliste des problèmes de notre justice et à proposer des solutions à l’efficacité prouvée, loin des postures idéologiques.

Mais, pour continuer notre travail, nous avons besoin de votre aide.

  Qui d’autres que l’IPJ aurait pu vous informer sur ce renoncement au plus haut sommet de l’État ?
  Qui d’autres que l’IPJ va se battre pour assurer votre sécurité grâce à une justice plus ferme ?
  Qui d’autres que l’IPJ osera affronter le politiquement correct et les extrémistes du laxisme ?

C’est pour vous que nous nous battons et c’est uniquement grâce à vous que nous existons. Chaque don, même minime, nous est précieux.

Nous avons besoin de moyens en urgence pour organiser la riposte.

Faites un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Nous avons besoin de vous.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

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