Radicalisé et en prison : il commet sa 6ème prise d’otage

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Et ça continue, encore et encore…

La prison de Condé-sur-Sarthe a encore une fois été le théâtre d’un incident gravissime.

Encore une fois des surveillants ont frôlé la mort.

Encore une fois la faute en revient à des dysfonctionnements inacceptables et connus depuis longtemps !

Condé-sur-Sarthe, prison ultra-moderne censée être la plus sécurisée de France est un concentré de presque tout ce qui ne va pas dans l’organisation des nos prisons, et que nous ne cessons de dénoncer.

Que s’est-il passé ?

Mardi soir, pendant près de cinq heures, un détenu, armé d’un pic artisanal, a retenu un surveillant et une stagiaire dans sa cellule.

Libérés en deux temps, avant et après minuit, les personnels pénitentiaires sont heureusement sains et saufs. Le détenu s’est rendu vers minuit trente.

Qui est le condamné responsable de cette prise d’otage ?

Il s’appelle Francis Dorffer. Il est né à Hayange, en Moselle, en 1984, et est issu de la communauté des gens du voyage de l’est de la France. Il entre en prison à l’âge de 16 ans après une condamnation en 2000 à six ans d’emprisonnement pour « vol avec violence » et « viol ».

Depuis il n’en est jamais sorti et a fréquenté une vingtaine d’établissements pénitentiaires.

Dans la nuit du 14 au 15 septembre 2003, un différent au sujet d’un programme télévisé éclate entre Francis Dorffer et Michel Gober, son compagnon de cellule à la prison de Metz-Queuleu. Il le frappe, le bâillonne, le ligote et l’égorge avec une fourchette. Gober, âgé de 19 ans, devait être libéré quinze jours plus tard.

Pour ce meurtre abominable, Dorffer est condamné à 30 années de réclusion, assorties de 20 ans de sûreté.

Depuis qu’il est en prison, Dorffer a effectué six prises d’otages ! Oui, vous avez bien lu : SIX prises d’otage.

En 2006.

En 2009.

En 2010.

En 2011.

En 2017.

Et la dernière en date, mardi soir.

C’est précisément parce qu’il est, selon les personnels pénitentiaires, le « champion de la prise d’otage carcérale » que Francis Dorffer se trouvait à Condé-sur-Sarthe.

On pourrait penser qu’un détenu avec un tel pédigrée ferait l’objet de précautions particulièrement renforcées à Condé-sur-Sarthe. D’autant plus qu’en détention Dorffer s’est converti à l’islam et qu’il est suivi pour « radicalisation ».

Mais pas du tout !

Savez-vous comment Dorffer a pu orchestrer sa sixième prise d’otages ?

À Condé-sur-Sarthe, Francis Dorffer était « auxiliaire » au sein de la prison, c’est-à-dire qu’il aidait à servir les repas et à faire le nettoyage. Cette fonction, rémunérée, permet d’aller et venir en détention, et c’est à l’occasion de la distribution des repas qu’il a pris les deux surveillants en otage.

Autrement dit, ce meurtrier ultra-dangereux, classé sur le registre des DPS (détenus particulièrement signalés), suivi pour radicalisation, bénéficiait de plus de liberté de mouvement que les autres détenus !

À ce stade, ce n’est même plus un dysfonctionnement, c’est pratiquement de la mise en danger délibérée de la vie d’autrui.

D’autant plus que Dorffer avait donné tous les signes d’un imminent passage à l’acte violent. Il avait notamment fait part au médecin de la prison de son intention de faire une prise d’otages pour contraindre l’administration à le transférer dans un autre établissement.

Vous êtes sidérés ?

Attendez, ce n’est pas fini.

Vous vous souvenez qu’au mois de mars de cette année un détenu radicalisé avait poignardé deux surveillants dans cette même prison de Condé.

La ministre, Nicole Belloubet, avait promis toute une batterie de moyens supplémentaires afin de calmer la colère des surveillants. Notamment des gilets pare-lames.

Des gilets ont bien été livrés depuis… mais pas à la bonne taille !

Comme le dit un surveillant : « On est face à des gilets qui ressemblent plutôt à des brassières qu’à autre chose »…

La livraison a donc été suspendue, et les gardiens attendent toujours les gilets à la bonne taille.

Une trentaine d’entre eux ont aussi reçu une bombe aérosol au poivre. « Mais il est indiqué dans la note de service qu’il ne faut pas la diriger dans le visage », dit le même surveillant au journal Ouest-France.

Et vers quoi les surveillants sont-ils censés diriger leur bombe aérosol en cas d’agression ? Vers les pieds des détenus ? On croit rêver, ou plutôt cauchemarder…

Un syndicaliste pénitentiaire explique : « Condé-sur-Sarthe, c’est l’histoire de “la petite maison dans la prairie”. L’établissement a été ouvert en 2013 par Christiane Taubira. Bien des processus et des fonctionnements ont été allégés au nom de plus d’humanité vis-à-vis des détenus. Mais on ne peut traiter ces détenus comme des individus comme les autres.L’établissement est mal né et ça perdure. »

Tout est dit.

La réalité, c’est que la prison « la plus sécurisée de France », qui abrite les détenus les plus dangereux, les plus violents, est très largement gérée comme s’il s’agissait d’une prison ordinaire. Tout cela au nom d’une prétendue « humanité ».

C’est pour cela que, depuis son ouverture, les incidents graves se sont multipliés dans cet établissement.

Cet « humanisme » met délibérément en danger tous les jours la vie des surveillants. Cet « humanisme » a du sang sur les mains.

L’IPJ n’a de cesse de dénoncer cette idéologie laxiste qui traite les surveillants de prison comme bons à sacrifier et qui nous met tous en danger.

Au mois de février de cette année nous avons publié une étude très complète sur cette question des détenus dangereux et violents, et sur la manière de les prendre en charge.

Rien de tout ceci n’est une fatalité. Des solutions existent. Elles sont même très simples. Mais pour cela, il faudrait que nos dirigeants ouvrent enfin les yeux.

Le syndicat FO à Condé-sur-Sarthe a écrit : « Les agents ont le sentiment que le pire reste à venir à Condé tant qu’il n’y a pas une volonté politique de faire changer les choses. »

Oui, le pire reste à venir si nous ne parvenons pas à faire bouger les choses.

Et pas seulement à Condé-sur-Sarthe, mais dans toutes les prisons de France, qui sont devenues de véritables poudrières.

C’est pourquoi je vous demande de m’aider de toute urgence !

Nous avons besoin de votre soutien pour pouvoir continuer notre action, pour pouvoir diffuser nos travaux, pour pouvoir continuer à alerter l’opinion publique, pour pouvoir continuer à rencontrer les élus et à marteler notre message auprès des pouvoirs publics.

Nous sommes une petite association et nous ne recevons aucune subvention. Tous les dons, mêmes minimes, sont précieux pour nous.

Faites un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Nous avons besoin de vous.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

PS : au moment où je vous envoie, ce message nous venons d’apprendre que sur la justice des mineurs, Nicole Belloubet va aller encore plus loin dans le laxisme que Christiane Taubira. Je vous en dirai plus très prochainement mais aidez-moi à vous écrire et à informer des milliers de Français en faisant un don en cliquant ici.

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