Échange alcool maison contre…

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Jeudi dernier un détenu a été condamné à dix-huit mois de prison supplémentaires, après que l’administration pénitentiaire ait découvert des images pédo-pornographiques sur son ordinateur.

Ce détenu purgeait déjà une peine de dix-huit ans de prison pour le viol de deux adolescentes, commis à Brest en 2002 et 2003, comme le rapporte France 3.

S’il avait un ordinateur portable dans sa cellule, c’est parce que l’administration pénitentiaire l’y avait autorisé. En effet, ce condamné rédigeait une thèse pendant le temps de sa détention, pour préparer sa « réinsertion ».

Les images pédo-pornographiques qui ont été trouvées sur son ordinateur, il les avait achetées à un autre détenu grâce à la revente d’alcool à laquelle il se livrait en prison. En toute illégalité bien sûr. Il avait en effet « reconstitué un alambic » dans sa cellule à l’aide de briques de jus de fruits…

Et savez-vous quel était le sujet de la thèse sur laquelle il était censé travailler ?

« La prison et la lutte contre la récidive » ! Je vous jure que je n’invente rien.

Voilà donc un homme :

condamné pour le viol de deux mineures,
qui trouve cependant le moyen pendant sa détention de se livrer à un trafic d’alcool…
… pour se procurer des images pédo-pornographiques sur son ordinateur
fourni par l’administration.

Comment expliquer un tel scandale ? Voici comment a réagi le Procureur :

« On a foi en l’être humain, on croit toujours que la personne est récupérable… Mais lui, au lieu de travailler utilement sur sa thèse universitaire, il a préféré retomber dans ses travers et ses anomalies »

Et en effet, tout cela est profondément choquant.

Choquant et profondément inacceptable.

À l’IPJ nous croyons à la réinsertion des condamnés après leur peine. Nous aussi nous pensons que beaucoup de délinquants sont récupérables.

MAIS pour cela il y a une condition préalable indispensable : qu’ils soient réellement punis et sanctionnés pour leurs crimes et que les peines soient exécutées sans faiblesse.

Les partisans de la culture de l’excuse et du laxisme judiciaire veulent nous faire croire que, pour réinsérer les délinquants, il faut absolument se montrer « gentil » ou « compréhensif » avec eux.

D’abord en leur évitant la prison le plus longtemps possible, en préférant toujours les « peines alternatives ». Et ensuite en relâchant la discipline carcérale le plus possible. En accordant aux détenus toujours plus de « droits » et d’éléments de confort et toujours moins d’obligations, de devoirs ou de discipline.

Mais c’est l’inverse qui est vrai.

Pour beaucoup de délinquants un passage par la prison est souvent une condition nécessaire pour abandonner leur mode de vie délinquant, pour être capables de « décrocher ». Et eux-mêmes en ont conscience.

Le docteur Théodore Dalrymple, l’un de nos experts, qui a pendant longtemps été psychiatre dans les prisons anglaises explique :

« Tôt dans ma carrière de médecin pénitentiaire j’ai découvert une chose à laquelle je ne m’attendais pas le moins du monde : qu’une proportion étonnante des détenus préférait la vie en prison à la vie “à l’extérieur”. »

S’ils préféraient la vie en prison, au moins un temps, c’est d’abord parce que, disaient-ils, ils s’y sentaient plus “en sécurité”.

« Mais en sécurité par rapport à quoi ? La plupart du temps c’était par rapport à eux-mêmes. Ils ne savaient pas quoi faire de la liberté et lorsqu’un choix se présentait à eux, ils choisissaient toujours la branche de l’alternative la plus superficiellement attirante et la plus évidemment autodestructrice. Ils provoquaient le chaos et le malheur autour d’eux, y compris pour eux-mêmes, et ils étaient souvent sous la menace d’ennemis que leur propre comportement avait suscités. »

En prison il n’y a pas tout cela, du moins lorsque la prison est réellement une prison et que l’administration ne laisse pas les condamnés y recréer leur mode de vie délinquant.

Pendant leur détention, beaucoup de condamnés reçoivent aussi des soins qu’ils ne recevraient pas ailleurs. C’est particulièrement vrai pour ceux qui se droguent. Or beaucoup de délinquants sont de grands consommateurs de psychotropes : cannabis, alcool, cocaïne, etc.

Le docteur Dalrymple en a rencontré beaucoup durant sa carrière :

« Les drogués étaient si maigres qu’ils auraient pu servir de figurants dans n’importe quel film sur les camps de concentration. Après quelques mois en prison, ils étaient à nouveau l’image vivante de la santé. Malheureusement ils revenaient quelques mois après leur libération dans le même état cadavérique. Certains avaient même supplié les juges de les envoyer en prison afin qu’ils puissent “décrocher“, comme ils le disaient, c’est-à-dire cesser de se droguer.Mais le désir de décrocher n’était pas équivalent à la volonté nécessaire pour résister à la tentation de la drogue une fois qu’ils étaient libérés. »

Lorsque l’administration pénitentiaire préfère « fermer les yeux » sur certains trafics pour acheter la « paix carcérale », non seulement elle met en danger la sécurité de tout le monde, mais elle manque aussi à son devoir d’aider les condamnés qui veulent se réinsérer.

Ce manquement peut avoir des conséquences dramatiques pour les détenus eux-mêmes.

Le docteur Alexandre Baratta, un autre de nos experts, psychiatre lui aussi, raconte qu’il a déjà eu à faire à des détenus présentant « des troubles d’allure psychotique » qui étaient « probablement consécutifs à la consommation de stupéfiants. Ils avaient consommé soit trop de cannabis, soit des amphétamines ou de la cocaïne, qui circulent librement en prison et auxquels les détenus ont recours – particulièrement le vendredi… »

Les trafics qui gangrènent nos prisons ne sont pas une fatalité. Ils sont le résultat d’une suite de décisions prises par les pouvoirs publics. Une suite de lâchetés et de démissions.

À cause de ces renoncements, nos prisons sont de moins en moins capables de remplir leurs fonctions : punir les criminels, protéger la population, aider les condamnés qui le veulent à se réinsérer.

À l’IPJ, nous n’avons pas peur de dénoncer ces démissions et de dire des vérités qui dérangent.

Nous n’avons pas peur de dire que la prison est un instrument indispensable pour lutter contre la délinquance.

Nous n’avons pas peur de dire qu’il faudrait construire de très nombreuses places de prison supplémentaires.

Et nous n’avons pas peur de dire qu’il faudrait rétablir une vraie discipline carcérale, afin de pouvoir faire de la détention un temps utile. N’en déplaise aux soi-disant « humanistes » pour qui le mot discipline est un gros mot.

Nous continuerons à le dire, inlassablement, et à être les porte-parole de tous les Français qui veulent une justice plus rapide, plus ferme et plus protectrice des citoyens.

Vous pouvez compter sur moi.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

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