Les déboires de Laura

Chère Madame, cher Monsieur,

Connaissez-vous Laura Calu ?

C’est une humoriste de 29 ans, très suivie sur les réseaux sociaux. Pour tout vous dire je n’avais jamais entendu parler d’elle avant mardi. Je l’ai connue parce qu’elle a mis en ligne une vidéo qui devient virale.

Au moment où je vous écris, elle a déjà dépassé le million de vues.

Est-ce la vidéo d’un de ses sketchs ? Pas du tout.

Laura Calu raconte en détails l’agression qu’elle et son compagnon, Arthur, ont subi le week end dernier. Ils sont à Paris, à proximité de chez eux et rentrent d’une soirée, à deux heures du matin, quand un homme insulte Laura.

« Un mec dans la rue m’a insulté de “ pute “ devant Arthur. Du coup j’ai répondu, j’ai répondu “ laisse-moi tranquille ” (…) Le mec n’a pas supporté que je réponde, parce que je suis une nana, vous comprenez bien, et que je n’ai pas le droit de répondre lorsqu’on m’insulte de “ pute “ dans la rue (…) du coup mon copain a voulu me défendre… »

Et là, la violence se déchaîne, instantanément.

« Je n’ai pas eu le temps de souffler que mon copain était en train de se faire assassiner devant mes yeux. Il y avait trois mecs au départ, mon mec était au sol, qui ont lynché mon copain à coups de coups de pied très, très fort dans la tête, très, très fort contre les murs, contre des barres de fer… »

Un quatrième homme surgit, et se joint aux autres pour frapper le compagnon de Laura. Agression complètement gratuite, pour le plaisir de frapper un homme gisant à terre.

« J’ai cru qu’ils allaient le tuer »

« Et je pense que c’était le but de cette agression ».

Et finalement, presque par miracle, un homme « sorti de nulle part » est arrivé au secours du couple et a mis en fuite les agresseurs. Puis la police et les pompiers seraient arrivés quelques minutes plus tard.

Mais là, nouveau choc pour Laura qui raconte que les policiers ne recherchent pas les agresseurs !

« Ils me posent plein de questions, mais ils ne me demandent même pas comment étaient nos agresseurs, ils ne font pas de ronde, ils ne me proposent pas d’aller avec eux… rien, rien, il ne se passe rien. Ils restent là pendant que nos agresseurs sont sûrement en fuite juste à côté ou sont peut-être encore même sur les lieux… il ne se passe rien… les policiers restent dans leur voiture, à côté de l’ambulance, assis, comme s’ils avaient peur… ils ne font rien ! »

Le compagnon de Laura est dans un état pitoyable, couvert de sang, il a perdu plusieurs dents.

Je vous passe le périple de Laura et Arthur dans différents services d’urgence… Finalement, après avoir été soigné, le couple rentre chez lui.

Puis, le lendemain, ils vont porter plainte.

Nouvelle déconvenue pour Laura : les policiers « nous font comprendre que l’enquête ne sera sûrement pas assez intéressante, parce que pour eux c’est leur quotidien, surtout dans ce quartier là, apparemment ça arrive souvent. »

Du coup je dis au flics : « ça veut dire que cette même personne [son agresseur] peut me reconnaître (…) et venir me mettre un coup de couteau dans la rue, puisqu’elle est encore là », et ils me disent « oui, oui », avec le sourire, « ben oui, désolé ». Du coup les flics me conseillent de mener nous-mêmes notre propre enquête.

Oui, vous avez bien lu : les policiers conseillent à Laura et Arthur d’aller faire le travail d’investigation à leur place, pour voir si par hasard il n’y aurait pas des témoins ou des images de vidéosurveillance…

C’est, disent-ils « pour que la plainte puisse au moins aller jusqu’au bout, et encore si elle va jusqu’au bout, vous savez, ce sont sûrement des gens qui ont des situations compliquées, ben du coup leur avocat dira que, voilà, ils ont pas d’argent, ils sont pas solvables, ça servira à rien, ils feront peut-être même pas de taule, ils resteront 48 heures en garde à vue, puis c’est tout ».

« Donc voilà », conclu Laura, « ils nous font bien comprendre que c’est pas une mission prioritaire et que c’est comme ça, que c’est juste le quotidien. »

Résultat pour Laura : les agresseurs toujours dans la nature, l’attitude passive de la police, le traumatisme, la peur d’une nouvelle agression, font qu’elle est obligée de partir.

« Je suis dans l’obligation de déménager parce que je suis choquée et parce qu’il est hors de question que je reste là. C’est un quartier populaire et on me dira t’as qu’à pas vivre dans ce genre de quartier, moi j’avais très envie de vivre dans ce genre de quartier.

J’adore mon quartier parce que ça me prouve qu’en fait on peut vivre ensemble, parce que j’étais persuadé et je le fais tout le temps (…) je fais que ça moi de défendre les gens, (…) mon pauvre Arthur c’est un mec qui passe sa vie à défendre les autres, qui déteste l’injustice et du coup ben voilà ça nous tombe dessus.

On est des gens qui se battent pour ouvrir les mentalités, pour accepter tout le monde, pour avoir peur de personne, pour avancer, ben on est dégoûtés, on va se barrer, on va laisser tomber. »

Et Laura termine sa vidéo par un constat qui fait froid dans le dos, et par des questions que vous vous posez sûrement aussi :

« Là on a porté plainte et il ne va rien se passer. Le mec a essayé de tuer mon mec, et il ne va rien se passer, il ne se passe rien ».

À l’heure actuelle ce mec [son agresseur] est dans la rue et il peut faire ça à d’autres gens. (…). Voilà ce qui va se passer : ce mec va tuer quelqu’un. Ce mec a failli nous tuer et il va tuer quelqu’un. Qu’est-ce qu’on doit faire pour qu’on nous considère et pour qu’on s’occupe de nous en France ? »

« Actuellement comme beaucoup de Français je donne presque la moitié de tout ce que je gagne à l’État parce qu’on me dit, c’est pour ton confort, c’est pour ta sécurité (… ) s’il vous plait, je paye pour ça (…) qu’est-ce qu’on doit faire pour être en sécurité ? »

Tout est dit…

Le cas de Laura et d’Arthur est loin d’être isolé. On entend chaque jour ce genre de récits d’agressions sauvages et de violences pour des broutilles.

La semaine dernière, à Marseille, une étudiante de 21 ans a été tuée d’un coup de couteau, juste pour son téléphone portable. C’est triste à dire, mais d’une certaine manière, Laura et Arthur ont eu de la chance puisqu’ils sont encore en vie…

Alors oui, Monsieur le président de la République, monsieur le premier ministre, monsieur le ministre de l’Intérieur, madame la ministre de la justice : qu’est-ce qu’on doit faire pour être enfin en sécurité, en France ?

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

La fête foraine, cette activité dangereuse…

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Chère Madame, cher Monsieur,

Il ne faisait pas bon se promener dans le centre-ville du Mans lundi. 

Qui aurait pu penser que cette ville se transformerait en Chicago des années 30 prise dans une guerre des gangs !

Car c’est exactement ce qu’il s’est passé. Et tout tourne autour d’une fête foraine.

Les forains arrivent en ville lundi et veulent s’installer dans le centre-ville. Mais cette année la mairie a décidé de les installer en périphérie du Mans.

Ce n’est pas une décision arbitraire, la municipalité a décidé de délocaliser la foire car, l’année dernière, des problèmes de sécurité ont éclaté : des bandes se sont affrontées. De plus, la taille grandissante des attractions nécessite aussi de trouver un emplacement plus vaste.

Réaction des forains : une insurrection.

500 personnes ont affronté les forces de l’ordre près de la mairie et la situation a rapidement dégénéré. Une caravane enflammée a été projetée contre les policiers, les voies SNCF ont été bloquées, la gare a été fermée et la mairie évacuée.

Il faut dire que les « manifestants » avaient de quoi effrayer, armés de battes de baseball et de barres de fer.

Une policière, responsable syndicale, a même raconté dans les médias : « Ils ont des billes, des boulons, des pierres qu’ils nous lancent. Ils arrivent avec des barres de fer, des matraques. »

Cette scène de violence a traumatisé les riverains. Et je les comprends, elle est inacceptable.

J’entendais à la radio une Mansoise très choquée « c’est un spectacle horrible, horrible. Ça fait vraiment très peur. Et ça va durer… ».

Si je résume la situation :

En 2019, un groupe armé peut prendre d’assaut un centre ville et semer la terreur. Les forains ont prévenu : tant que le lieu qu’ils convoitent pour leur foire ne leur sera pas accordé, le saccage de la ville continuera… Le Maire du Mans, Stéphane Le Foll, refuse de discuter sous la menace et il faut lui donner raison.

En 2019, des groupuscules peuvent s’emparer d’un territoire par la violence et la peur. Que ce soient les forains au Mans, les dealeurs dans certaines zones « de non-droit », les islamistes dans certains quartiers…

En 2019 on marche sur la tête.

Pour rétablir la situation il faut IMPÉRATIVEMENT que la justice redevienne une force de dissuasion, ferme et inflexible. Le deux poids deux mesures doit cesser. Il n’est pas normal qu’un excès de vitesse soit plus sévèrement et certainement puni que des violences et des dégradations.

Vous allez me dire « chère Laurence, tout cela nous le savons bien, vous ne cessez de le répéter… » et vous avez raison. Mais je continuerai à le dire et à en aviser nos dirigeants. Je veux être la voix de tous les Français que cette situation inquiète.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

3 solutions parmi tant d’autres…

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Vous êtes nombreux à m’écrire et à m’appeler pour me demander de quelles mesures je parle dans mon message de mardi quand je dis que nous pourrions vivre en sécurité si on les appliquait.

La liste est longue vous vous en doutez. Justice, sécurité, droits des victimes… Nous les recensons toutes dans toutes les études que nous publions gratuitement sur le site de l’IPJ et dans la revue que nous éditons deux fois par an.

Je vais vous faire grâce de TOUTES LES PROPOSITIONS, mais je vais vous parler de 3 mesures qui pourraient changer nos vies.

Première proposition, commençons par la police.

Fin 2018, je vous avais raconté comment la criminalité à New York a chuté vertigineusement de plus de 80% entre le début des années 1990 et aujourd’hui.

Une des raisons de cela, c’est la tactique de la « Vitre Brisée ».

La « Vitre Brisée » signifie que la police ne doit pas seulement combattre le crime mais aussi maintenir l’ordre dans les espaces publics.

Les forces de l’ordre doivent agir avec détermination contre les conduites inciviques qui empoisonnent la vie quotidienne, comme consommer de la drogue sur la voie publique, uriner en public, mendier en importunant les passants, stationner dans les halls d’immeuble, faire des rodéos en deux roues, et ainsi de suite.

Elles doivent agir plutôt que de les ignorer au motif qu’elles ont des affaires plus importantes à traiter ou bien parce qu’il ne faudrait pas « provoquer » les « jeunes ».

Les policiers doivent reprendre le contrôle des espaces publics pour faire cesser ces atteintes à la tranquillité et contrôler ceux qui s’en rendent coupables, pour vérifier qu’ils n’ont rien de plus sérieux à se reprocher.

Dit comme cela, cela peut paraître très simple mais pourtant les résultats peuvent être spectaculaires.

La population reprend confiance dans l’action de la police.
Les gens ne se sentent plus seuls face aux petits voyous, ils osent à nouveau faire respecter les règles basiques de la vie en commun.
Ils peuvent fournir aux forces de l’ordre des témoignages sur les actes de délinquance dont ils sont témoins.

Parce qu’assez souvent les individus « incivils » ont aussi de vrais délits à leur actif, en ciblant les petites infractions il n’est pas rare d’en découvrir de bien plus sérieuses.

En France, la « police de sécurité et du quotidien » a été lancée le 8 février 2018 par Gérard Collomb, l’ancien ministre de l’Intérieur.

J’ai très envie de dire à notre Président : vous voulez une « police de proximité » qui fasse réellement reculer la délinquance ? Lisez les études de l’IPJ sur l’exemple de New York ! 

Car jusqu’à maintenant malheureusement, nous n’en prenons pas vraiment le chemin…

Pourquoi ?

Parce que, pour que cette action soit efficace, il faut qu’elle soit secondée par la justice.

Pour que la tactique de la Vitre Brisée ait des résultats, il faut que la justice sanctionne effectivement dès le premier délit, et que les peines soient exécutées sans tarder. 

Vu le fonctionnement actuel dans notre beau pays, je suis donc dubitative.

Deuxième proposition : il faut mettre en place des sanctions certaines et rapides, et ce dès les premiers délits. 

Comme l’explique bien Frédéric Carteron, ancien juge des enfants à Pontoise : « La première école de la récidive, c’est la lenteur de la réponse judiciaire. » ; « l’impunité nourrit chez les jeunes délinquants un sentiment de puissance qui les pousse à récidiver. »

Cela signifie concrètement qu’il faut réhabiliter les courtes peines de prison et qu’il faut construire beaucoup de places de prison supplémentaires. Aujourd’hui toute la chaîne pénale est engorgée et à moitié paralysée par le manque de places de prison.

Depuis 1965, le nombre de places de prison disponibles a pratiquement doublé. MAIS le taux de criminalité en France métropolitaine a été multiplié pratiquement par sept. Et encore, nous savons que les statistiques officielles ne nous disent pas tout. Beaucoup de délits ne sont jamais signalés à la justice. D’ailleurs, plus la délinquance augmente et moins les gens se donnent la peine de signaler les délits, parce qu’ils sont découragés et pensent que cela ne sert à rien.

Je n’ai pas besoin de vous faire un dessin. Construire de nombreuses places de prison supplémentaires devrait être une priorité nationale. Le Président actuel parlait de 15 000 places supplémentaires pendant son quinquennat.

C’était une promesse de campagne… qu’il s’est empressé de renier. 

En plus, la ministre de la justice voudrait limiter encore davantage le recours aux courtes peines, et elle ne parle que de développer encore et toujours des « peines alternatives » à la prison,exactement comme sa prédécesseur Christiane Taubira… La même petite musique. 

Bien sûr, il faut rester pragmatique. Certaines peines, notamment pour les délits les moins graves, doivent être effectuées en milieu ouvert avec le port d’un bracelet électronique. Mais là encore, il ne faut pas n’importe quel bracelet !

Savez-vous que la France continue à utiliser une technologie obsolète qui ne permet pas une surveillance efficace des condamnés ? Du coup, les délinquants savent très bien, que quand on leur parle de « peine alternative », cela signifie surtout absence de peine. Et bien sûr cela encourage la récidive.

Pourtant, les bracelets électroniques de dernière génération existent. Ils sont utilisés en Afrique du Sud, aux États Unis ou en Norvège par exemple. Ils permettent de surveiller à distance le condamné en temps réel et de lui imposer de vraies obligations. Nous avons publié plusieurs études là-dessus.

J’ai envie de dire à Madame Belloubet : « Madame la ministre, vous faites fausse route. Les solutions existent, elles ont été appliquées à l’étranger et leur efficacité est prouvée. Écoutez-nous ! »

Troisième proposition : Comment traiter les détenus dangereux et violents.

L’exemple de l’agression à la prison de Condé-sur-Sarthe est encore dans toutes les têtes. Un détenu connu pour sa dangerosité et radicalisé, Michael Chiolo, a poignardé deux surveillants.

Il a bénéficié d’un séjour en « unité de vie familiale », et c’est là que sa compagne a pu rentrer, sans être fouillée bien qu’elle ait été voilée des pieds à la tête, pour lui apporter des couteaux en céramique avec lesquels ils ont ensuite attaqué les surveillants. 

Cette prison est tout de même censée être l’une des plus sécurisées de France. 

Il est urgent de mettre en place dans nos prisons de vraies unités à sécurité renforcée pour ce genre de condamnés. Et nous avons même publié une étude qui explique toutes les modalités un mois avant l’attaque de Condé-sur-Sarthe !

Dans ces unités à sécurité renforcée, les détenus devraient être totalement isolés des autres et :

N’en sortir qu’entravés et encadrés par plusieurs agents.
Ne pas sortir de leur cellule plus d’une ou deux heures par jour dans un premier temps.
Ne pas pouvoir avoir de contact physique lors des visites au parloir.
Les traitements ou les cours devraient eux aussi être administrés de manière strictement individuelle.
Et bien sûr les détenus ne devraient pas pouvoir bénéficier de mesures de réduction ou d’aménagement de peine, tant qu’ils s’y trouvent.

Si ce genre de dispositions avaient été prises, la tentative de meurtre Condé-sur-Sarthe n’aurait pas pu avoir lieu.

De telles unités existent un peu partout dans d’autres pays démocratiques, aux États-Unis, en Italie, en Grande-Bretagne… Pourquoi pas en France ? Doit-on considérer que la vie des surveillants n’a aucune valeur et qu’ils sont payés pour se faire agresser ? C’est impensable !

Je pourrais continuer à vous exposer longtemps nos propositions, mais je m’arrête là pour aujourd’hui.

Vous le voyez, des solutions existent, à l’efficacité prouvée. Chaque jour, je le répète et avec l’équipe de l’IPJ, nous diffusons, contactons, envoyons, rédigeons… et c’est ce que nous continuerons à faire grâce à votre soutien.

Avec tout mon dévouement, Laurence Havel

Ils ont sauvé le soldat Castaner

Chère Madame, cher Monsieur,

Ne nous mentons pas, samedi a été un véritable fiasco. Le responsable politique est Christophe Castaner, il va d’ailleurs devoir s’expliquer cet après midi devant le Sénat.

La liste des questions que nous aimerions lui poser à l’IPJ s’allonge :

-Quelle est la véritable part de responsabilité du préfet de police Michel Delpuech, qui vient d’être démis de ses fonctions ? Certains commentateurs politiques disent que son témoignage dans l’affaire Benalla avait laissé un goût amer à l’Elysée…

-Quelles sont les nouvelles dispositions du ministre pour faire face aux prochains débordements des Black Blocks et de l’ultra gauche ?

-Peut-il encore être parfaitement crédible comme garant de l’ordre public alors que les photos de la presse people, où on le voit en boîte de nuit lors d’une soirée manifestement très arrosée, ont fait couler beaucoup d’encre. Et à juste titre… vous avez peut-être trouvé cette attitude particulièrement déplacée pour le numéro trois du gouvernement, pouvant être appelé à n’importe qu’elle heure de la nuit pour un attentat ou une affaire d’État.

Mais pendant que notre ministre parvient à sauver son poste, au prix d’un « remontage de bretelles » très sévère du Président de la République (lui même au ski le jour des violences), la vie des Français suit son cours et mériterait qu’on s’y intéresse.

-À Marseille une étudiante de 21 ans est morte dimanche soir, tuée d’un coup de couteau non loin du campus de son université dans le quartier de la Timone. L’enquête est en cours, son meurtrier n’a pas encore été retrouvé mais il semblerait qu’il lui ait dérobé son téléphone. Je ne cesse de le dire, en France aujourd’hui, on meurt pour son téléphone, pour une cigarette ou pour un « mauvais regard ». Et l’on finit presque par trouver ça normal…

-À Angers, un homme « bien connu de la justice » a été arrêté dans un bureau de poste où il venait récupérer un colis qui contenait un pistolet mitrailleur. Qui est-il ? Un trentenaire, ancien détenu, déjà condamné à sept années de prison pour des violences avec arme sur un policier. C’est d’ailleurs lors de sa détention qu’il s’est converti.

-On apprend aujourd’hui qu’à la prison de Condé-sur-Sarthe, des écoutes avaient été réalisées la veille de l’agression des deux surveillants. Elles annonçaient ce qui se tramait… Mais ces conversations entre détenus n’ont pas été exploitées le jour même, faute de personnel et de moyens.

Dommage, car le détenu aurait pu être envoyé à l’isolement plutôt qu’en unité de vie familiale où sa compagne l’attendait pour lui remettre son fameux kit de couteaux…

Assez de communication !

Les Français ne veulent pas des photos des cellules de crise du gouvernement, des messages de fermeté du Premier ministre ou du ministre de l’Intérieur assénés à grands coups de langue de bois. Il y a des problèmes graves à résoudre. Des problèmes en prison, dans la rue, dans certaines banlieues, dans certaines écoles, dans les tribunaux… des problèmes qui exigent des solutions rapides.

Pour le moment, rien ne se passe. La réforme pénale de la Ministre, qui a occupé le Parlement pendant quelques mois, est une coquille presque vide.

Face à cela à l’IPJ, nous avons des solutions à proposer. Attention, je ne suis pas présomptueuse, nous n’avons pas LA solution pour rétablir la situation, mais nous avons beaucoup travaillé ces derniers mois sur des travaux de criminologues sérieux et des exemples étrangers. Il existe des mesures à mettre en place.

Notre Présidente va aller déposer auprès de la ministre de la Justice notre argumentaire qui donne des pistes sur comment traiter le problème des détenus dangereux et violents. Cette étude récente est une véritable mine d’or pour nos dirigeants. Il faut qu’ils s’en inspirent, le sectarisme n’a pas sa place quand notre sécurité est en jeu.

C’est bien pour cela que notre porte-parole, Me Guillaume Jeanson, occupe l’espace médiatique autant qu’il peut pour nous faire entendre et vous représenter. Ces derniers jours, l’IPJ était dans le Figaro, sur Arte et Sud Radio…

Et nous sommes sur le point d’éditer le douzième numéro de la revue française de criminologie et de droit pénal qui traitera entre autres de légitime défense et de cybersécurité, un sujet que nous devons impérativement prendre très au sérieux.

Comme à chaque fois, nous la distribuerons à tous les décideurs, tous les élus qui comptent, toutes les personnes d’influence… Notre but est de diffuser nos idées au maximum. Que nos propositions soient partout. Qu’elles deviennent incontournableset que nous soyons des cailloux dans les chaussures des promoteurs de la culture de l’excuse et du laxisme judiciaire.

Arguments contre arguments.

Déni de réalité contre faits prouvés.

Idéologie contre pragmatisme.

Les doctrines des « juges rouges » des débuts du Syndicat de la Magistrature ont la vie dure. À nous de les faire tomber en les démontant point par point.

Ce travail de longue haleine n’est possible que si nous sommes aidés. Votre soutien est indispensable pour continuer à occuper le terrain et être aux avants gardes du changement. Celui qui enfin remettra la France en ordre.

Soutenez l’IPJ, faites un don, même de quelques euros à notre association en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements,
Laurence Havel

ps : vous pouvez faire un don à l’association en cliquant ici.

Reprendre du poil de la bête

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Vous me reprochez parfois de trop écrire.

Alors cette fois-ci, je vais être concise ! Je vous invite simplement à aller visionner la vidéo de la conférence de Maître Thibault de Montbrial à notre colloque sur le terrorisme islamiste en France.

En 40 minutes, il explique sans langue de bois, la menace que cela représente pour notre sécurité.

Il n’élude aucun sujet.

Après des mois de polémiques et d’incertitudes sur le retour des combattants partis en Syrie et en Irak, les attaques de gardiens de prison par des « radicalisés » et les failles de sécurité que l’on découvre dans les centres pénitentiaires… les actualités ont de quoi nous démoraliser. C’est pourquoi, je vous encourage à aller écouter cette conférence pour reprendre du poil de la bête.

Cliquez ici pour visionner la vidéo de Me Thibault de Montbrial

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

ps : À l’heure où je vous écris, j’apprends qu’une agression a eu lieu au centre pénitentiaire de Beauvais. Un surveillant a été étranglé par un détenu dans sa cellule, sauvé in extremis par un collègue qui passait à côté et a entendu des cris… Jusqu’à quand ?

On a les solutions

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Avant-hier, un détenu, condamné à une très lourde peine pour un assassinat abominable, qui montrait des signes de radicalisation islamiste, a agressé deux surveillants de prison avec un couteau, apporté par sa compagne, dans une des prisons les mieux sécurisées de France.

Tout est dit.

Hier, la ministre de la Justice était dans tous les médias et à l’Assemblée nationale pour répondre des dysfonctionnements en chaîne qui permettent ce genre de drame. Soyez rassuré, elle a promis une mission de l’inspection générale de la justice pour savoir comment le couteau en céramique utilisé par Mickael Chiolo était entré en prison. Le rapport est attendu pour le mois prochain.

Franchement, faut-il vraiment en attendre les conclusions pour s’étonner d’une réalité bien connue des spécialistes : oui, les couteaux en céramique « passent » la plupart des portiques de sécurité. La ministre a souligné qu’il faudra « tirer à froid les conséquences de ce qui s’est passé ». Comment se fait-il alors que, dans des prisons dites «hautement sécurisées», on n’en tire pas justement les conséquences pour repenser la politique des fouilles ?

Car voilà, ce drame ne fait qu’illustrer ce que l’Institut pour la Justice dénonce depuis des lustres. Et en la matière, nous sommes obligés d’admettre que la droite comme la gauche n’ont pas su répondre au problème. Ce qu’on voit du « nouveau monde » n’est pas de nature à nous rassurer.

Pourtant, vous posez des questions très précises :

Quid des fouilles à corps ? Savez-vous qu’il n’y a même pas de palpations(comme celles que l’on vous fait dans les aéroports aux portiques de sécurité…).
Comment faire confiance aux prisons françaises quand la prison la plus sécurisée de France semble avoir bien des failles ?
Quelle est la politique de l’administration pénitentiaire pour les visites en unités de vies familiales (appartement au sein de la prison où la famille du détenu peut venir lui rendre visite de 6h à 72h). Chaque détenu peut, en principe, en bénéficier au moins une fois par trimestre. Chiolo y avait-il sa place ?
Un rapport de l’inspection général va t-il faire changer les choses ? Elles auraient déjà dû changer l’année dernière, quand un autre détenu radicalisé avait commis un attentat dans une autre prison « ultra sécurisée »…

Bref, l’attaque de mardi n’est pas une fatalité. Celle de l’année dernière ne l’était pas non plus.

Celles à venir le seront-elles ? 

La responsabilité de nos élus est très lourde dans ce qui se joue actuellement. Au milieu de tout cela, les gardiens de prison ont bien raison de faire entendre leurs inquiétudes. Après tout, faut-il rappeler que ces derniers sont devenus des cibles de choix pour les attentats islamistes…

Face à cela, l’IPJ ne désarme pas et nous continuons mordicus à nous faire entendre !Certains médias nous donnent heureusement la parole pour atteindre le plus grand nombre. Le FigaroVox a publié hier soir une tribune de notre porte-parole sur le sujet. Il expose toutes les failles des dispositifs actuels et pointe les solutions que la France doit mettre en oeuvre.

Vous le savez, ce journal est lu dans les instances de pouvoir, c’est pourquoi y avoir une tribune régulière est une formidable occasion pour nous de nous faire entendre et de pouvoir dire : « ON VOUS LE DIT, ON VOUS LE RÉPÈTE, ÉCOUTEZ-NOUS ».

Ils peuvent continuer à nous ignorer et refuser de prendre nos idées en considération, mais cet entêtement ne les grandit pas et ne sert pas la France. La situation est grave, le « nouveau monde » doit écouter ceux qui étudient des solutions concrètes qui ont fait leurs preuves à l’étranger.

Alors aujourd’hui, je vous engage tous à aller lire la tribune de Me Guillaume Jeanson en cliquant ici, qui n’est pas très longue, mais qui vous permettra d’affuter vos arguments… Portons une seule voix.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Êtes-vous sûr que votre véhicule n’a pas été incendié pendant la nuit ?

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Avez-vous entendu parler de la mort accidentelle de deux jeunes de Grenoble samedi soir ?
Elle occupe quelque peu les médias et a provoqué de nombreuses violences dans le quartier du Mistral d’où ils étaient originaires.

Bien sûr, en tant que mère de famille, je me désole de ces deux morts tragiques, qui plongent leurs proches dans le chagrin, alors même qu’elles auraient pu être évitées.

Oui elles auraient pu être évitées et quand vous aurez lu mon message peut-être prendrez-vous, comme moi, vos distances avec la version des médias et les témoignages de leurs proches, qui incriminent la police un peu rapidement.

Samedi soir, deux jeunes de 17 et 19 ans sont sur un scooter volé et sans plaques d’immatriculation, dans les rues de Grenoble. D’après le Procureur de Grenoble, leur conduite est dangereuse avec plusieurs infractions routières.

Mais que fait la Police ? Eh bien justement, elle fait son métier et se met donc à la poursuite du véhicule volé. Son but est simple : que le véhicule volé s’arrête et que les deux jeunes en infraction, que l’on nous présente comme « sérieux et responsables », se livrent à la police.

Sauf que, le scooter ne s’arrête pas et s’engage sur une bretelle d’autoroute. Bien sûr le danger est très grand, et je ne doute pas que les deux jeunes gens en ont pleinement conscience. Et arrive malheureusement ce qui doit arriver.

Le scooter se coince entre un car et le parapet d’un pont en essayant de doubler le car par la droite. Les deux garçons meurent sur le coup. C’est dramatique.

Mais la suite me dérange.

Le père de l’un des deux garçons s’est exprimé dans la presse en disant : « la police a fait une grande erreur en poursuivant à tout prix mon fils ».
« C’est dommage ce qu’a fait la police ».

Et l’oncle du garçon a ajouté : « Il n’avait tué personne. Fallait-il aller jusqu’à le pourchasser avec un véhicule de la BAC ? Il a été obligé avec son ami de prendre l’autoroute dans le noir, sans éclairage sur le scooter et sans casque. On les a envoyés à la mort […] Il est de la responsabilité de l’état de veiller sur nos enfants. La police également. »

Mettons ces propos sur le compte de leur très grande tristesse, car il me semble qu’il est en premier lieu de la responsabilité des familles de veiller sur les enfants. Et de les éduquer au respect de la loi.

Et il est totalement faux de prétendre que la police a « obligé » les passagers du scooter à prendre l’autoroute à grande vitesse, dans le noir. C’est eux qui ont délibérément fait ce choix, pour essayer d’échapper à la police, parce qu’ils se savaient en infraction.

Car justement la loi est la même pour tous. Et n’importe quel citoyen en infraction sait qu’il peut être verbalisé, et poursuivi s’il tente de s’enfuir. Samedi soir, il ne s’agissait pas d’un simple excès de vitesse ou de l’usage de son téléphone mobile au volant. Les policiers étaient en face de deux jeunes sans casque, sur un scooter volé, qui présentaient un véritable danger pour les usagers autour.

Fallait-il hausser les épaules et dire « après tout, il faut que jeunesse passe, retournons au commissariat et ignorons ce délit » ?

Fallait-il ignorer que ce scooter avait été volé et que la police a pour mission de poursuivre les voleurs pour que les victimes obtiennent réparation ?

Fallait-il laisser ces délits impunis et ainsi alimenter le sentiment d’impunité sur lequel prospère tous les trafics et tous les crimes qui gangrènent les quartiers dits « sensibles » ?

On ne peut pas se plaindre du « deux poids deux mesures » des actions de la police et ne pas reconnaître quand elle fait sérieusement son travail dans des quartiers difficiles.

L’issue est certes très malheureuse, mais lorsque l’on est un garçon « sérieux », on ne vole pas de scooter et on ne se lance pas dans une course-poursuite extrêmement dangereuse avec la police, dans laquelle on sait que l’on risque non seulement sa vie mais aussi celles de ceux auront la malchance de croiser votre route.

Depuis samedi, les aboyeurs en meute et les professionnels de l’indignation à géométrie variable jettent de l’huile sur le feu pour que Grenoble s’embrase. Et cela marche. Résultat : trois nuits de guérillas urbaines, les forces de l’ordre reçoivent du haut des immeubles des pavés, des projectiles et des cocktails molotovs, des véhicules et des poubelles sont incendiés, les pompiers sont attaqués lorsqu’ils tentent d’intervenir.

Je suis allée voir sur les réseaux sociaux, qui sont devenus des déversoirs de haine et des lieux de mobilisation dans ce genre de cas, pour me rendre compte de la situation. Elle n’est pas prête de s’arranger quand on lit la teneur de certains messages publics. Voilà ce que l’un des « organisateurs » écrit :

« On se battera jusqu’à bout de souffle pour la justice » me dit Karim, jeune du quartier et ami d’Adam et Fatih.

La nuit dernière 65 véhicules ont été incendiés. Imaginez l’embarras des personnes comme vous et moi, ce matin, dans l’incapacité de se rendre à leur travail. Imaginez dans quel environnement violent et instable ils doivent vivre, et la peur qui doit les accompagner au quotidien. Les « justiciers » pyromanes ignorent probablement que la justice la plus élémentaire serait de laisser les gens aller travailler et vivre en paix et en sécurité.

Car depuis trois jours, ces « jeunes » désoeuvrés, soi-disant « victimes de la société », « victimes de la police », saccagent le quartier, détruisent des biens qui ne leur appartiennent pas sous un motif de « justice » complètement fallacieux.

Et il serait naïf de ne pas voir que, derrière ces appels à la « justice » il peut aussi se cacher des enjeux de territoire. Comme le rappelle le Huffington Post : « Ce quartier avait déjà connu une flambée de violence il y a une semaine après l’arrestation d’un homme détenteur de cannabis par une brigade spécialisée ». Pour les voyous qui opèrent dans ces lieux, les émeutes déclenchées après des opérations de police sont aussi une manière d’essayer d’intimider les pouvoirs publics. Le message est clair : « Ne venez pas perturber nos trafics, ou sinon…»

Et malheureusement, cette intimidation porte souvent ses fruits.

Encore une preuve, s’il en fallait une, que notre société française est bien malade et que ce n’est pas en cassant le thermomètre que les dirigeants feront tomber la fièvre.
À bon entendeur.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

ps : quoi qu’il en soit, le procureur de Grenoble, qui n’a relevé aucune faute du côté des policiers, a décidé d’ouvrir une information judiciaire pour qu’un juge d’instruction fasse toute la lumière sur cette affaire. Les émeutiers seraient bien inspirés d’attendre ses conclusions avant de mettre leur ville à feu et à sang …