Une décision de justice qui va vous faire froid dans le dos

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Chère Madame, cher Monsieur,

Je vous ai écrit il y a deux jours à propos du procès des agresseurs de Jean-Michel Gaudin, le barman de l’Assemblée nationale.

Ça y est le verdict de la cour d’assises des mineurs a été rendu hier… et il fait froid dans le dos.

Le 3 février 2017, Jean-Michel Gaudin rentre du travail. Place de la Bastille, il attend de traverser à un passage clouté. À côté de lui, deux dames âgées et derrière lui, un groupe de six « jeunes ». L’un des « jeunes » crache sur l’une des femmes. L’autre femme intervient et demande des excuses. Mais elle reçoit un coup de tête de l’un d’entre eux.

Jean-Michel Gaudin s’interpose. Il prend un des « jeunes » par les épaules et le tire en arrière. Mais il reçoit un violent coup de pied à la hanche et tombe à terre. Il est ensuite roué de coups à terre, notamment au niveau du visage. Puis les « jeunes » repartent tranquillement. Une femme, qui arrive en face, tente de stopper l’un des agresseurs. Elle est giflée et frappée.

Six semaines de coma contre quelques années de prison

Jean-Michel Gaudin est resté six semaines dans le coma. Et aujourd’hui, il est très lourdement handicapé et dépendant de tierces personnes dans son quotidien pour le reste de sa vie.

Les trois frères qui ont été jugés ont reçu leur peine hier :

5 ans de prison pour le plus jeune (16 ans à l’époque des faits)
7 ans de prison pour les deux plus grands Ahad, 18 ans et Obeid 21 ans.

L’avocat général avait requis 12 à 14 ans de réclusion pour ces voyous (le maximum possible pour la qualification pénale retenue étant de quinze ans).

Ils ont donc reçu des peines deux à trois fois inférieures à ce qu’ils encouraient et à ce qu’avait demandé l’avocat général.

Combien de temps vont-ils réellement passer en prison ?

Faisons un calcul assez simple :

Ces trois « jeunes » ont probablement déjà passé un certain temps en détention provisoire.

Les juges d’application des peines leur accorderont certainement des crédits de réductions de peine ou des libérations conditionnelles au bout de quelques années.

On peut donc imaginer qu’ils seront libérés :

pour le plus jeune d’ici un an peut-être
et pour ses grands frères d’ici deux ou trois ans…

Qui sait… Ce ne sont que des suppositions, mais on finit par connaître tous ces mécanismes.

Mais qu’attendent nos dirigeants ? Plus de morts ?

Et comme d’habitude, on a appris que les trois voyous avaient déjà fait parler d’eux une semaine avant l’attaque de Jean-Michel Gaudin. Ils avaient déjà agressé un vigile au centre commercial Créteil Soleil (Val-de-Marne).

Toujours la même petite musique. Les mêmes « jeunes » qui nous enquiquinent et nous pourrissent la vie, les mêmes « jeunes » qui vont devenir des délinquants chevronnés à force de recommencer sans être poursuivis…

Vous êtes ulcéré ?

Pourtant, ce n’est que le fonctionnement ordinaire de la justice.

Tenez : à Périgueux, le 13 août dernier, un homme de dix-neuf ans, demandeur d’asile venu d’Afghanistan, importune un groupe de filles qui passaient devant chez lui. Des passants s’interposent pour leur venir en aide. L’homme, qui est en état d’ébriété, fait un aller-retour à son domicile pour en revenir avec un couteau de cuisine. Puis il poignarde quatre personnes avant d’être maîtrisé. Des coups de couteau portés à la tête, à la nuque, au poumon, dans le dos…

Sa condamnation : quatre ans de prison, dont un avec sursis.

Vous voyez, presque rien.

Dans le procès des agresseurs de Jean-Michel Gaudin, l’avocat général avait comparé les accusés à des « bombes humaines » et à des « prédateurs antisociaux ».

Et il avait ajouté : « Ce crime est un vrai débat de société. Quand on se promène et que l’on croise un groupe de jeunes, faut-il avoir peur ? Faut-il changer de trottoir ? Subir des crachats, accepter d’être bousculé en passant son chemin ? »

Après ce verdict, j’ai bien peur que la réponse soit « oui ».

En fait, nous le savons maintenant, à nous d’être prudents quand nous sortons en ville, puisquela justice renonce à nous protéger.

Pourtant, tout ceci est du ressort de nos dirigeants. À l’heure où je vous écris, Nicole Belloubet, notre ministre de la Justice, lance ses travaux sur la réforme de la Justice des mineurs. Il me semble que les exemples sont légion pour prendre le problème à bras le corps.

Qu’attendent-ils ? plus de morts et de mutilés ?

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

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“Dès que je sors, je le remets dans le coma !”

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Chère Madame, cher Monsieur,

Voici l’histoire qui peut arriver à votre fils ou à votre mari.

Qui peut vous arriver à vous aussi.

C’est l’histoire qui n’arrive pas qu’aux autres. D’ailleurs Jean-Michel Gaudin menait la vie que nous menons tous avant le drame.

Son histoire est malheureusement la preuve de l’ensauvagement de notre société, la preuve que la délinquance des mineurs est de plus en plus terrifiante et qu’elle peut frapper partout et n’importe qui.

Que s’est-il passé le 3 février 2017 ? 

Tout a été filmé par les caméras de vidéoprotection.
En plein après-midi, dans le quartier de Bastille dans le centre de Paris, deux femmes attendent au feu rouge pour traverser. Une bande de six « jeunes » arrive derrière elles. L’un d’eux, âgé de 16 ans, crache sur le manteau de l’une des deux dames pour amuser la galerie.

L’autre femme intervient pour exiger des excuses. Elle reçoit un coup de tête d’Ahad, 18 ans, qui la saisit pour continuer à la frapper. C’est à ce moment là que Jean-Michel Gaudin, qui est tout près, s’interpose en citoyen courageux et responsable.

Le récit du journal Le Parisien est glaçant :

« Il attrape Ahad par le col pour le tirer en arrière. Le mineur lui assène un violent coup de pied à la hanche. À ce moment précis, la caméra pivote.
Jean-Michel Gaudin chute lourdement à terre. Selon des témoins, il reçoit plusieurs coups de pied au visage de la part des trois frères. Ce que confirme l’expert médical. Plusieurs personnes hurlent de terreur face à ce déchaînement de violence. Puis la bande repart, comme si de rien n’était, alors que leur victime gît à terre. Une femme, qui arrive en face, tente de stopper l’un des agresseurs. Elle est giflée et frappée.
 »

Deux ans après les faits, comment va Jean-Michel Gaudin ? 

Il va mal. Il est toujours en centre de rééducation et sera dépendant à vie de tierces personnes pour pouvoir exécuter les gestes simples du quotidien. Aujourd’hui âgé de 54 ans, cet ancien barman de l’Assemblée nationale est très lourdement handicapé.

Et où en est la Justice ? 

C’est bien pour cela que je vous écris, le verdict du procès des 3 frères est attendu aujourd’hui.

Lorsqu’ils ont commis leur agression, ils étaient âgés de 16, 18 et 21 ans. Comme l’un d’eux était mineur, leur procès a eu lieu devant une cour d’assises des mineurs. En principe, il aurait dû se tenir à huis clos, mais l’avocat général a demandé la publicité de l’audience. Son argument : « Il faut que ces choses-là se sachent, sur cette terreur du quotidien ».

Connaissez-vous l’excuse de minorité ? 

Savez-vous qu’un mineur qui va être jugé bénéficie d’une excuse de minorité, c’est-à-dire qu’il encourt la moitié de la peine applicable à un majeur ? Mais au delà de 16 ans, sur certains critères, la cour peut décider de lever cette excuse de minorité et de le juger comme un adulte.
Pour cette affaire, l’avocat général n’a pas hésité à demander à ce que cette excuse de minorité soit levée. Réponse aujourd’hui.

Et des excuses, difficile de leur en trouver. 

Par exemple, les écoutes téléphoniques en prison d’Ahad, 18 ans, révèlent qu’il fanfaronne devant sa petite amie : « L’avocat me dit de regretter, mais je regrette rien. » ou alors « dès que je sors, je le remets dans le coma ! ». On a vu mieux comme repentir.

D’ailleurs, ce même jeune homme s’est adressé à l’une des parties civiles pendant le procès en ces termes : « Arrête de sourire sale pute ». On a vu mieux comme comportement respectueux.

L’avocat général a demandé à ce que ces trois voyous soient condamnés à des peines de 12 à 14 ans de prison. Ce qui est peu pour avoir brisé une vie. Espérons que la cour suive ces réquisitions et que cette bande soit mise hors d’état de nuire le plus longtemps possible.

Mais, puisque vous lisez mes messages, vous savez :

Que les peines qu’ils purgeront réellement seront très éloignées des peines qu’ils recevront aujourd’hui.
Que les juges d’application des peines feront très certainement preuve de clémenceen accordant des crédits de réductions de peine ou des libérations conditionnelles à ces individus au bout de quelques années.

Seront-ils calmés ?
Seront-ils repentis ?
Auront-ils reçu une éducation ?
Auront-ils suivi une formation ?

Bref, seront-ils devenus des hommes respectables ?

Permettez-moi d’en douter fortement… Et de m’inquiéter pour les prochaines personnes qui croiseront leur route.

Et c’est bien pour cela que l’IPJ se bat et réclame une justice ferme et intraitable avec les délinquants. Une justice qui protège d’abord les potentielles victimes avant de vouloir réinsérer à tout crin les délinquants.

Une justice qui prenne à bras le corps le problème de la violence et de la délinquances des mineurs qui est plus que préoccupant. On en vient presque à trouver normal de lire de tels faits divers.

Coïncidence de calendrier, ces jours-ci Nicole Belloubet, notre ministre de la Justice, lance ses travaux sur la réforme de la Justice des mineurs. Vaste chantier qui exigerait de nos dirigeants du pragmatisme et de la fermeté. Il y a urgence.

Nous ne pouvons pas laisser la France continuer à s’ensauvager. Et pour lutter contre l’ensauvagement, la réponse pénale doit être rapide, certaine et inflexible envers les criminels violents ou récidivistes.

Pour vous et moi, c’est une évidence.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

La fin de l’affaire Benalla ?

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Chère Madame, cher Monsieur,

L’affaire Benalla est-elle proche de la fin ? Rien n’est moins sûr !

« Tout le monde le sait, les investigations du Sénat ont révélé de nombreux “dysfonctionnements” et “dérapages” de la hiérarchie. Elles ont révélé les “pouvoirs excessifslaissés à un collaborateur inexpérimenté”, sa nomination “atypique” comme lieutenant-colonel de la réserve de la gendarmerie et bien d’autres singularités… Plus grave encore, elles ont révélé le manque de précautions de l’Élysée dans la prévention des conflits d’intérêts de ses collaborateurs. Avec en ligne de mire, ces fameux contrats russes auxquels s’ajoutent désormais, d’après les dernières révélations de Louis de Raguenel pour Valeurs Actuelles, des contrats chinois. Des contrats qui portent sur des sommes encore plus faramineuses.

Un sujet particulièrement sensible. Pourquoi ? Parce que comme l’écrit le Sénateur Philippe Bas, Président de la commission des lois, “de telles relations d’affaires ont pu faire de Messieurs Benalla et Crase les maillons faibles de la sécurité du chef de l’État en les plaçant sous la dépendance d’intérêts étrangers”, alors que la France est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies ; qu’elle est une puissance nucléaire ; qu’elle est investie sur des théâtres d’opérations extérieures complexes et qu’elle joue de ce fait un rôle mondial. »

La fin de l’arrogance ? Pas sûr non plus… 

« Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, annonce quant à lui que “L’Élysée aura l’occasion d’apporter des réponses factuelles sur des contre-vérités qui se trouvent présentes dans le rapport”. À ce stade, on ne saurait que s’en réjouir et chacune de ces réponses méritera évidemment toute l’attention des Français. Mais lorsque le même porte-parole déclare trouver “curieux que les assemblées aient à se prononcer sur l’organisation du pouvoir exécutif”, on peine quand même, au vu des dérapages importants révélés par les Sénateurs, à réprimer un sourire. »

La fin de l’inertie à l’Elysée ? Pas sûr non plus…

« Car ce qui frappe enfin, c’est l’inertie éhontée de l’administration et des services de la présidence. Il existe pourtant bien dans notre droit un principe pénal ancien qui charge les agents publics d’alerter l’autorité judiciaire sur les violations graves du droit dont ils sont témoins. »

Bref l’affaire Benalla n’est pas encore terminée et je ne doute pas qu’elle va encore nous révéler des surprises affligeantes.

Je vous conseille de lire à ce sujet la tribune dans le Figarovox de Me Guillaume Jeanson, notre porte-parole, qui souligne à quel point le « nouveau monde » ressemble à l’ancien…

Cliquez ici pour lire la tribune et la partager.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Vous êtes étonné ? Pas moi

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Chère Madame, cher Monsieur,

On nous parle beaucoup d’antisémitisme depuis quelques jours et en particulier hier soir en raison de la manifestation contre l’antisémitisme, place de la République à Paris, où il y avait de nombreux hommes politiques.

Bien sûr, comme d’habitude toutes les chaînes d’information ont retransmis en direct l’événement et invité des « experts », des politiques et des commentateurs en tout genre pour débattre ensemble.

Au final, on retient le plus souvent de ces émissions, des discussions qui débouchent plus sur des invectives que sur de vrais débats de fond. Quand le sujet n’est pas trop sérieux, ce n’est pas très important. Mais en l’occurrence, ici le sujet est grave.

Il est grave car il tue. Il est grave car il met nos concitoyens en danger. Il est grave car il oblige certains d’entre nous à changer de vie pour s’adapter à cette menace.

Bien sûr, en vous écrivant ces mots, je pense à ses dernières victimes tragiques : Ilan Halimi, Mireille Knoll, Sarah Halimi, les enfants de l’école Ozar Hatorah, les clients de l’Hyper Cacher… et me vient alors un goût très amer.

Oui l’antisémitisme tue. Mais cet antisémitisme est signé et il faut avoir le courage de le nommer pour le combattre.

Et à ce sujet, Gilles-William Goldnadel, proche de l’IPJ depuis des années, dresse un constat très juste, sans simagrées :

« Quant à l’islam radical, il déteste le Juif dans tous ses états… […] En France, ici et maintenant, les yeux braqués sur le bilan sanglant, c’est l’islam radical – et lui seul – (sous l’indulgent regard d’un islamo-gauchisme redoutablement puissant des deux côtés de la Manche et de la jubilation d’une ultra-droite résiduelle toute aussi antisioniste), qui est l’unique auteur de la totalité des attentats et assassinats meurtriers commis contre les juifs depuis la libération.

Un tag d’origine inconnue et deux poivrots dans le métro n’y pourront rien changer. Noyer le poisson, c’est tolérer le poison. Tourner autour du pot, ne pas le crier haut et fort, c’est accepter qu’il se propage.

Toute condamnation générale est donc pure hypocrisie instrumentale. »

Et il ajoute :

« Dans ce triste contexte, l’instrumentalisation politique dernière est de facture classique, pour ne pas dire ringarde. Elle émane sans surprendre de ce parti socialiste moribond qui, dans un dernier spasme, voudrait encore se persuader qu’il respire.

Dans ce cadre médical désespéré, il arrive encore à être désespérant. Il a donc formé le funèbre projet de faire défiler contre l’antisémitisme en discriminant arbitrairement les partis politiques sous l’angle antifasciste fantasmatique dont il porte inconsolablement le deuil. Ayant donc exclu les partis bien à droite, il s’expose à faire examiner ceux qu’il a sélectionnés. »

La protection des victimes et de leurs droits sont notre travail à l’IPJ. Mais pour pour être efficaces, nous devons être le plus réalistes possible. Il faut donc regarder la réalité en face, sans avoir peur de ce qu’elle montre.

Dans ce contexte, l’avocat Gilles-William Goldnadel continuera à dire que « faire porter le chapeau de l’antisémitisme aux gilets jaunes est une lâcheté face à l’islamisme ».

Et il aura raison.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

ps : À l’heure où je vous écris ce message, on en sait enfin plus sur l’identité de l’homme qui a copieusement insulté Alain Finkielkraut le week end dernier. Qui est t-il ? D’après le Point : « Un homme, converti à l’islam et originaire de Mulhouse, (qui) fréquente, selon l’étude des réseaux sociaux, la communauté turque alsacienne rassemblée au sein de Milli Gorus, une confédération – tendance islamiste – de mosquées d’Alsace et de Moselle. Il n’est pas fiché S, mais fréquente des milieux islamistes. »
Vous êtes étonné ? Pas moi. 

Le gouvernement joue avec le feu

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Chère Madame, cher Monsieur,

Ce mercredi, Christophe Dettinger passait devant le tribunal correctionnel de Paris pour « violences volontaires en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Vous vous en souvenez sans doute, le 5 janvier dernier à Paris, l’ancien champion de France des lourds légers s’était battu avec deux gendarmes sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, entre le jardin des Tuileries et le musée d’Orsay.

Verdict : il a été condamné à un an de prison ferme et à 18 mois de prison avec sursis. Il est donc reparti en détention à la sortie du tribunal et sa peine va être aménagée en semi-liberté, ce qui veut dire qu’il pourra travailler la journée et rentrera dormir le soir en prison.

Le même jour, Jérôme Rodrigues, l’une des figures emblématiques du mouvement des gilets jaunes a annoncé sur son compte Facebook avoir définitivement perdu l’usage de son œil droit. Il avait été blessé par un projectile lors d’une manifestation à Paris fin janvier alors qu’il filmait et diffusait en direct sur Facebook une intervention des forces de l’ordre.

L’origine exacte de la blessure de Jérôme Rodrigues n’a toujours pas été officiellement identifiée. Il affirme avoir été touché par un projectile tiré par un Lanceur de Balles de Défense, mais cela pourrait aussi bien être une grenade de désencerclement.

Ce qui est certain, c’est que Jérôme Rodriguez ne faisait rien d’illégal au moment où il a été blessé et qu’à ce jour, aucun responsable de sa mutilation n’a été identifié.

Vous avez dit deux poids deux mesures ?

Christophe Dettinger a passé un mois en détention provisoire, en attendant son procès. Le parquet avait justifié cette mise en détention provisoire par le « risque de réitération », alors même que Christophe Dettinger n’avait aucun casier judiciaire.

Le même jour, un autre fait divers n’a pas fait autant de bruit : un homme de 19 ans soupçonné de trois cambriolages a été arrêté à Vénissieux. Il aurait déjà à son actif 54 antécédents judiciaires. « Lors de sa garde à vue », précise le journal 20Minutes, « le suspect a reconnu les faits. Laissé libre, il devra s’expliquer devant la justice le 17 septembre prochain ».

Vous avez dit deux poids deux mesures ?

Vous vous souvenez sans doute que, lors de « l’affaire Théo » François Hollande, qui était encore Président de la République, s’était précipité au chevet du blessé. Et Emmanuel Macron, six jours après le début de l’affaire, avait déclaré : « Comment ne pas être choqué par ce qui est arrivé à Théo ? Parce qu’à Aulnay, c’est la force illégitime de l’État qui a eu cours et la dignité d’un jeune garçon, d’une famille et d’un quartier, qui a été mise en cause. Je tiens à rendre hommage à Théo et à son entourage. »

Pourtant, nous savons aujourd’hui que Théo a menti concernant les circonstances de son interpellation, et deux expertises médicales ont conclu à l’absence de viol.
À ce que je sache, aucun responsable national ne s’est rendu au chevet d’un des nombreux gilets jaunes gravement blessé lors des manifestations récentes. Et aucun de ceux qui avaient accablé les forces de l’ordre au début de l’affaire Théo ne leur a présenté ses excuses.

Vous avez dit deux poids deux mesures ?

Mes chers amis, je ne vous cache pas que je suis inquiète.
Depuis quelques temps, je reçois de plus en plus de messages critiques envers les forces de l’ordre, voire même franchement hostiles.

Il y a quelques jours, nous avions mis sur la page facebook de l’IPJ un article de presse rapportant qu’à Toulouse, des policiers qui arrêtaient des dealers avaient été agressés et caillassés par une cinquantaine d’individus.

Les réactions ont été presque unanimes : « les grenades et flash ball, ne sont réservés qu’aux gilets jaunes ? » ; « Ben alors on fait pas les malins devant les mecs de cités, c’est pas comme avec les Gilets Jaunes » ; et ainsi de suite.

Pourtant, le problème, ce ne sont pas les policiers et les gendarmes, qui ne font qu’obéir aux ordres qu’ils reçoivent et qui risquent leur vie au quotidien pour nous protéger. Le problème, c’est le deux poids deux mesures qui est de plus en plus flagrant, et qui provoque l’indignation croissante d’une partie de la population.

Comme l’a dit Xavier Lemoine, le maire de Montfermeil : « En 2005, aucune manifestation n’avait été déclarée en préfecture et toutes dégénéraient en émeute. Pourtant, à l’époque, en Seine-Saint-Denis, il n’y a eu aucune charge de CRS, ni de policiers à cheval. Aujourd’hui, si. Voilà quatorze ans, les forces de l’ordre n’ont pas recouru au tir tendu, à l’horizontal, à face d’homme et à courte distance. Aujourd’hui, si. Pourquoi ce deux poids, deux mesures de l’État entre les émeutes urbaines de 2005 et les scènes d’émeutes des “gilets jaunes” ? »

C’est exactement la question que se posent les Français, qui ne soutiennent absolument pas les casseurs, qui trouvent normal que Christophe Dettinger ait été condamné pour ses actes, que lui-même a d’ailleurs dit regretter, mais qui voient bien que le gouvernement est beaucoup plus intraitable envers ceux qui le contestent qu’envers les délinquants chroniques et ceux qui caillassent quotidiennement les forces de l’ordre dans les quartiers dits sensibles.

Le gouvernement, par cette attitude, est en train de réussir à monter les Français contre leurs forces de l’ordre. Et c’est très grave.

Il est aussi en train d’aggraver la défiance envers la justice, qui paraît instrumentalisée pour réprimer des manifestations qui gênent le pouvoir.

Il y a quelques jours, Edouard Philippe, le Premier ministre, s’est même félicité de la condamnation de près de 1 800 personnes depuis le début du mouvement des gilets jaunes, avec presque 1 500 personnes encore en attente de jugement.

Même certains représentants de policiers l’ont reconnu, après la condamnation de Christophe Dettinger. Tout en approuvant sa condamnation, Linda Kebbab, déléguée nationale Unité-SGP Police FO, a admis que la justice avait voulu faire un exemple avec le cas de l’ancien boxeur : « Comme l’a dit l’avocat des parties civiles, oui c’est une réponse politique parce qu’elle reste malgré tout supérieure à ce que les forces de l’ordre ont l’habitude de rencontrer quand ils sont atteints par la violence ».

Toujours le deux poids, deux mesures…

Le gouvernement joue avec le feu. Et c’est un incendie dont nous pourrions tous être les victimes.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Alerte enlèvement, où est passée notre ministre de la justice ?

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Chère Madame, cher Monsieur,

Alerte enlèvement, où est passée notre ministre de la Justice ?

À l’IPJ, nous commençons à nous inquiéter, car de nombreux projets sont restés à l’état de chantiers abandonnés depuis plus de 18 mois… 

Et ces chantiers influent directement sur notre sécurité !

Surpopulation carcérale, vétusté des prisons, prosélytisme islamiste, évasions spectaculaires, agressions régulières de surveillants pénitentiaires, peines en attente d’exécution… La liste est longue, je pourrais encore continuer.

Mais la ministre semble avoir trouvé d’autres combats à mener. Après tout, la politique est affaire de priorités. Mais les priorités de notre gouvernement en matière de justice ne sont-elles pas très éloignées des nôtres ?

Faisons le compte :

Depuis la semaine dernière, nous avons entendu la ministre de la justice s’exprimer à l’Assemblée nationale devant les députés sur « l’affaire Benalla ». A t-elle menti sur les modalités de la perquisition du journal Mediapart ? C’est en tout cas ce que plusieurs journaux n’hésitent pas à affirmer…

La semaine dernière encore, la ministre s’engageait la main sur le cœur à organiser et participer à des « grands débats » en prison avec les détenus. Débattre en prison, voilà qui est important. Essentiel même.

Seul hic, « À ce jour, aucun détenu ne s’est passionné pour les quatre thèmes du grand débat. […] Aucune demande d’organisation de débat n’est remontée jusqu’à l’Administration pénitentiaire. Cependant, celle-ci envisage d’en mettre sur pied dans certains établissements », d’après le Figaro.

Et bien sûr, il faut aussi garder en tête tous les projets à plus long terme de la ministre :l’installation de téléphones fixes dans toutes les cellules de prison, la généralisation du vote en prison pour les élections, le projet de réforme de la justice qui réussit la prouesse de ne toucher à rien d’important tout en mécontentant tout le monde…

Et pendant ce temps là, la situation se dégrade un peu plus chaque jour…

Les syndicats de gardiens de prison ont appelé à des mardis noirs pour bloquer les établissements pénitentiaires en signe de protestation.
À Nanterre il y a quelques jours, une escorte pénitentiaire de Nanterre a été caillassée par une bande alors qu’elle était en mission d’extraction vers l’hôpital.
À Albi, deux individus ont réussi à pénétrer à l’intérieur de la prison. Ils ont tous simplement ouvert un grillage pour se faire un passage et procéder à leurs livraisons d’objets illicites avec plus de facilité.
Fin janvier, un détenu a pris la fuite lors de son transfert de la prison de Béziers vers le tribunal. Les agents pénitentiaires qui l’accompagnaient ont été agressés par un commando de deux hommes armés. L’un a été frappé à coups de crosse, les deux autres ont essuyé des coups de feu émanant notamment d’un fusil d’assaut.
Le gouvernement fanfaronne en annonçant que près de 1800 condamnations de « gilets jaunes » ont été prononcées par la justice. Combien de Black blocks, de casseurs professionnels et de caïds de banlieue venus « faire leurs courses », parmi eux ?

La maison brûle et nos dirigeants regardent ailleurs…

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel