Un présidentiable aussi, ça devrait fermer sa gueule

« Un militaire, c’est comme un ministre: ça ferme sa gueule ou ça s’en va ». Le 25 avril dernier, face aux étudiants de Science-Po à Bordeaux, Juppé prononçait cette sentence assassine. Une réponse martiale au général Bertrand Soubelet, ex-numéro 3 de la gendarmerie et récent auteur de « Tout ce qu’il ne faut pas dire », un livre qui tire à boulets rouges sur la politique pénale du gouvernement et le « laxisme » des juges et qui vient de lui coûter son postecomme @si vous le racontait ici. Pour Juppé pas de doute :  « Si on laisse à chaque militaire la possibilité de critiquer les gouvernements, il n’y a plus de gouvernement ». « Faux » lui répond aujourd’hui, un autre haut gradé, Vincent Desportes.

Un haut gradé, l’officier général Henri PINARD LEGRY lui apporte une réponse cinglante initialement parue sur le blog « Journal du peuple de France ». Voici cette réponse :

Un officier général dézingue Alain Juppé

Non, monsieur Juppé, un officier général n’est pas un ministre qui passe d’un ministère à un autre souvent sans connaître grand-chose aux matières qu’il est amené à y traiter.

Un officier général, en situation de responsabilité, possède une compétence indiscutable et indispensable pour permettre aux dirigeants politiques (Président, ministres et élus) de prendre les meilleures décisions en toute connaissance de cause. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le général Soubelet a été auditionné !

Les militaires, y compris ceux qui appartiennent au haut commandement, ont donc le devoir de s’exprimer devant les élus et les Français avec la plus grande franchise.

Refuser les analyses et les propositions de ceux qui possèdent la connaissance précise des réalités, c’est faire preuve d’un autisme qui explique sans aucun doute bien des problèmes que la France rencontre sans les traiter au fond parce que ses dirigeants ne savent pas écouter et donc comprendre et décider avec intelligence.

Dire d’autre part que : « Les militaires ont le droit de penser mais il y a des limites à ne pas dépasser » est non seulement inconvenant mais proprement scandaleux. C’est la marque d’une suffisance voire d’une arrogance détestables souvent attachées d’ailleurs à l’image que les Français ont de l’auteur de cette sentence. Qu’aurait dit monsieur Juppé si l’on avait appris que le général Soubelet avait caché la vérité à la représentation nationale ? Aurait-il félicité ce général d’avoir menti par omission ?

En écoutant ces propos, on comprend bien pourquoi les Français disent ne plus avoir confiance en une classe politique autiste.

Ils souhaitent maintenant des chefs francs et clairvoyants, courageux et animés du seul souci de servir l’intérêt général.

En considérant les militaires comme de simples exécutants muets, monsieur Juppé exprime en fait sa volonté de voir une caste politicienne conserver le pouvoir et ses prérogatives, en faisant taire les Français qui veulent ardemment sortir la France de l’impasse dans laquelle elle se trouve.

Monsieur Juppé, en ce centième anniversaire de la bataille de Verdun, l’Histoire nous rappelle qu’on ne conduit pas la France à la victoire et au succès contre les Français ou sans eux.

Cela est d’autant plus vrai quand on aspire à devenir le chef des armées et qu’on se permet de faire de la démagogie sur le dos des soldats français.

Henri PINARD LEGRY
Officier général en 2ème section
Président de l’ASAF

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