Encore 450 jours à tenir !‏

Le navire France n’a plus de commandant à sa barre, avec un président occupé par les calculs politiciens et un premier ministre cherchant à éviter les pièges qu’on lui tend.

Jamais autant qu’avec ce président de la République les institutions n’ont été dévoyées, abîmées et perverties.

Jamais la France n’a eu le sentiment de replonger au coeur des heures les plus sombres de la IIIe ou de la IVe République.

Jamais Hollande n’a autant fait honte au pays par le mépris qu’il affiche pour les Français, par son obsession du calcul politicien et par la priorité donnée aux petits marchandages entre amis sur les enjeux de long terme.

Le remaniement gouvernemental intervenu la semaine dernière n’a pas d’autre logique que de préparer l’élection présidentielle de 2017, en divisant les écologistes, en s’attirant la sympathie des radicaux de gauche et en neutralisant les deux frères ennemis Valls et Macron, qui s’échauffent tous les deux pour récupérer les dépouilles de l’actuel locataire de l’Élysée.

Hollande avait encore la possibilité de former un gouvernement de combat, d’accentuer la ligne sociale-libérale mise en oeuvre depuis deux ans et de préparer des réformes de structure susceptibles d’enjamber les prochaines échéances électorales. Il a pris le chemin inverse en décidant de ne plus rien faire.

La seule annonce politique qui a suivi ce remaniement a été celle d’un référendum local destiné à mesurer l’intérêt ou l’aversion des riverains du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes pour ce projet. Un vote qui pourrait n’avoir, de surcroît, qu’une valeur indicative. C’est dire si Hollande est toujours aux prises avec le syndrome Leonarda. Il a tous les pouvoirs, puisque les recours ont été tous épuisés, mais sa main tremble à l’idée d’envoyer les bulldozers et de faire en sorte que les décisions de justice soient mises en oeuvre. Alors il tergiverse, fait revenir auprès de lui le plus ardent défenseur de cet aéroport, Jean-Marc Ayrault, et la plus violente opposante, Emmanuelle Cosse, et décide de… ne rien décider.

Hollande ne pense qu’à sa présidence et surtout à sa candidature à l’élection présidentielle de 2017. Mais en même temps, il lui paraît insupportable de présider, de décider ou d’arbitrer.

  • Il préfère les petits calculs aux grandes orientations que Georges Pompidou pouvait imposer en un Conseil des ministres.
  • Il attise la rivalité entre Emmanuel Macron et Manuel Valls pour ne faire aucune réforme structurelle en matière de droit du travail ou d’assurance chômage, confiant ces deux dossiers très lourds à une ministre reconnue pour son incompétence, Myriam El Khomri.
  • Et pendant que les agriculteurs crient leur désespoir, ferment leurs exploitations ou se suicident — comme cela a été encore le cas dans les Côtes-d’Armor la semaine passée —, il renvoie le sujet aux instances européennes et tente de gagner du temps.

 

hollandepneu

Le problème, c’est que le navire France n’a plus de commandant à sa barre.

Hollande est trop occupé à diviser ses ennemis, puis à semer la haine chez ses amis, de manière à pouvoir accéder au second tour de la présidentielle de 2017 face à une droite toujours aussi divisée, insipide et peu populaire.

Quant à Manuel Valls, il lui faut éviter les pièges que lui tend à chaque instant le président de la République, assurer la cohésion d’un gouvernement dont il n’a pas pu choisir les membres et continuer à lutter contre la gauche de la gauche, qui le considère comme un traître au socialisme. Un tel attelage n’est pas idéal pour notre pays, au moment même où un gigantesque krach boursier mondial risque d’emporter l’Europe dans la récession, au moment où les banques sont sérieusement chahutées par l’éventualité d’une crise espagnole, six fois plus importante que l’a été la crise grecque, et au moment où la menace terroriste s’accentue, comme en témoigne notre dossier (lire page 24).

Pour chaque Français, pour chacun de nos lecteurs, pour tous ceux qui sont attachés à la grandeur de notre pays, le plus dur c’est de penser qu’il faut encore tenir 450 jours avec un État déliquescent, avec une absence totale d’autorité, avec des Français au bord de la crise de nerfs et avec comme seul remède la création d’un secrétariat d’État chargé de l’Égalité réelle !

Faut-il n’avoir aucune vision tragique de l’Histoire pour penser que l’on peut amuser le pays en lui promettant l’“égalité réelle”. Faut-il ne pas comprendre que « les Français veulent l’égalité, et quand ils ne la trouvent pas dans la liberté, ils la souhaitent dans l’esclavage », comme l’expliquait Tocqueville.

Faut-il surtout prendre nos concitoyens pour des arriérés en leur promettant une égalité dont ils se fichent alors qu’ils ne souhaitent qu’une chose : la liberté. La liberté de créer, de prendre des risques, d’entreprendre, d’avoir une vie de famille et d’aimer la France de leurs ancêtres.

Y De Kerdrel

hollandelincapable

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