Le scandale du tarif de l’électricité

Voici un article extrait du Bulletin hebdomadaire d’André Noël n° 2385 paru le 14 juillet 2014 :

En France, grâce à l’énergie nucléaire,l’électricité est deux fois moins chère qu’en Allemagne et, pourtant, finale-ment, le consommateur d’outre-Rhin règle à peu près la même facture que la nôtre ! Ce paradoxe vaut le détour car il est le fruit de la bureaucratie hexagonale et de la démagogie politique ; cela nous concerne tous, étant tous clients d’EDF.

Régulièrement, que ce soit sous un gouvernement de droite ou de gauche, le prix de l’électricité est l’occasion d’un psychodrame national ! L’EDF annonce une hausse relativement importante et, aussitôt, le ministre en charge du sec-teur – quand ce n’est pas le Premier ministre lui-même, comme ce fut le cas sous Fillon – s’indigne et annonce que cela ne se passera pas comme ça ! Le gouvernement refuse la hausse ou la modère. Avec la même régularité, le Conseil d’Etat, saisi par les opérateurs, désavoue le ministre et ratifie le tarif fixé par l’EDF.

L’autre semaine, Ségolène Royal, comme ses prédécesseurs, avait annulé le bond annoncé de 5% du prix de l’électricité qui devait entrer en vigueur le 1er août. Le lendemain, l’action EDF accusait une chute de 12%, appauvrissant l’Etat, princi-pal actionnaire, qui détient 85% du capital.

A n’en pas douter, le recours qui sera introduit aboutira au même désaveu de la démagogie ministérielle. Mme Royal, comme les autres, entend à cette occasion se présenter comme défenseur des consommateurs pour soigner sa cote de popularité.

Si le gouvernement perd à tous les coups devant le Conseil d’Etat, c’est que les tarifs de l’électricité sont réglemen-tés en fonction de critères objectifs, quasi-arithmétiques, qui ont été fixés par décret. Si le législateur, en un instant de sagesse, a voulu les définir « scientifiquement, c’est pour les faire échapper à l’arbitraire démagogique et opportuniste du pouvoir en place. Il a échoué en fait mais le Conseil d’Etat rétablit en droit la logique tarifaire et celle-là est complexe !

 

Le scandale absolu de la « contribution tarifaire d’acheminement »


Pour simplifier, disons qu’il y a quatre éléments qui déterminent ce prix, lesquels sont eux-mêmes composés de… sous-éléments, auxquels s’ajoute la TVA ! Attirons votre attention sur l’une de ces quatre composantes qui figurent sur votre quittance, il s’agit de la « Contribution tarifaire d’acheminement » dite CTA.
Si vous y réfléchissez, cela n’a aucun sens ! On ne peut dissocier l’électricité que l’on achète de son acheminement. Vous ne pouvez pas dire à EDF : « Je vous paie seulement l’électricité mais je l’acheminerai à mon domicile moi-même, supprimez-moi donc la CTA. »
En réalité, ce pseudo « coût de l’acheminement » c’est le trompe-l’oeil que le législateur, EDF et les syndicats ont trouvé pour abuser le consommateur et éviter qu’il ne s’indigne !
Voici à quoi sert la CTA selon les textes officiels : « La CTA assure le financement des droits passés spécifiques liés aux activités d’acheminement de l’énergie et d’une quote-part des charges liées à l’adossement de ces retraites au régime général. »
En clair, elle sert essentiellement à financer les juteuses retraites des électriciens et gaziers ! 3.000 € par mois, c’est le montant moyen de la pension que perçoivent les salariés d’EDF partis en retraite en 2013. Avec en plus 150 € par mois d’électricité et de gaz quasiment gratuits. Les salariés d’EDF/GDF déjà en retraite reçoivent eux en moyenne 2.600 € par mois soit plus du double du montant des retraites des autres Français.
Retraites de l’EDF pour lesquelles le salarié du régime général paie donc trois fois :

  • par un prélèvement sur son régime (au nom de la solidarité !),
  • en tant que contribuable (l’Etat abonde la caisse de l’EDF-GDF comme celle de la SNCF)
  • et enfin comme consommateur, via la CTA !

Personne n’échappe à cette dernière : « Elle concerne tous les clients, toutes les offres et tous les fournisseurs. » Elle est en moyenne de 2% par usager à laquelle s’ajoute la TVA.

Donc, Ségolène Royal a décidé de ne pas accepter la hausse de 5%. Elle ne veut pas que le consommateur paie l’électricité trop cher, mais la ministre démagogue est en contradiction avec la ministre écologiste !

Dans le cadre du programme de « transition énergétique », elle entend promouvoir les « énergies vertes », notamment l’éolien offshorequi coûte deux fois plus cher que le nucléaire. Comment le financer ? 

Par une taxe sur les opérateurs d’électricité qui, évidemment, la répercuteront sur le consommateur !

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