Courrier d’un ancien parlementaire à un jeune député

Un peu long, mais intéressant…

 

Cher Collègue,

Dans votre dernier message, vous me demandez si les débats « sociétaux » auxquels j’ai participé dans ma carrière parlementaire, ont ressemblé à celui qui vient de se dérouler dans l’hémicycle. Je vous réponds que je leur vois moins de ressemblance que de continuité : selon moi, les discussions qui ont accompagné la légalisation de l’avortement, il y a presque quarante ans, l’institution du pacs en 1999 et l’ouverture du mariage aux homosexuels aujourd’hui, forment un seul et grand débat qui n’est d’ailleurs pas clos.

Pour expliquer ma pensée, je crois utile de souligner d’abord quelques traits de la méthode par laquelle le gouvernement Ayrault a fait voter sa loi.

L’ETONNANTE PRECIPITATION DU GOUVERNEMENT

Comme vous me le dites, la majorité de l’Assemblée n’a guère été appelée à réfléchir ; elle s’est laissé emporter par les envolées lyriques de la Garde des Sceaux. Le député rapporteur a rivalisé avec la ministre dans l’élan oratoire : « Il est venu, le temps de l’égalité ! » s’est-il écrié dans une formule qui résumait leur plaidoyer commun. En réalité, il est venu le temps où le mariage et la filiation sont redéfinis en fonction de l’homosexualité. Il en résulte un bouleversement de ces institutions multiséculaires. Voici un exemple : jusqu’à présent l’homme et la femme apportaient à l’enfant ce qu’il pouvait recevoir de plus précieux de l’un et de l’autre : la mère lui donnait la vie et le père son nom. Le don du nom était le signe de devoirs propres à l’homme. Il empêchait une exclusivité maternelle dont la science montre l’insuffisance pour la formation de la personnalité. Avec la loi Taubira, l’enfant se verra attribuer les deux noms par ordre alphabétique, sauf si les parents demandent expressément et par déclaration conjointe qu’il en soit autrement. Le nouveau système a été fait pour convenir aux « couples » homosexuels mais il brouille un repère simple et clair de filiation masculine pour tous les autres. Les relations de père à enfant, que l’on sait fragiles dans notre société, en seront davantage affaiblies.

Si encore ce bouleversement était nécessaire pour satisfaire une part significative du peuple français ! Mais il n’en est rien. L’Espagne, qui nous a précédé dans la légalisation du « mariage homo », nous offre des statistiques instructives : passé un effet de mode qui a fait monter de tels mariages jusqu’à 2% du total, leur proportion est retombé à 0,1%. Il en va de même au Canada. Vous avez raison de vous demander pourquoi le parti au pouvoir s’acharne à remodeler l’institution familiale au profit d’une infime minorité dont le genre de vie est et restera réfractaire à la conjugalité.

Votre perplexité a été accrue par la précipitation du gouvernement dans cette affaire. Des dossiers graves et urgents réclamaient l’attention de l’Assemblée : l’équilibre du budget par exemple ou la montée du chômage. Aucune enquête d’opinion, aucun mouvement de rue n’appelaient les députés à voter, toutes autres affaires cessantes, l’ouverture du mariage aux homosexuels. Au contraire, l’imminence du débat a provoqué d’imposantes manifestations d’hostilité. Et, selon tous les sondages, ni François Hollande ni Jean-Marc Ayrault ni Christiane Taubira ni aucun responsable de la loi n’ont été récompensés de leurs efforts par la moindre poussée de popularité. Alors, quelle raison à cette hâte ?

Il faut expliquer pourquoi tant de risques ont été pris pour si peu de bénéfices visibles. Vos collègues du Palais Bourbon, qui ont cédé à l’exaltation du discours ministériel, ne se posent apparemment pas la question. Essayons de réfléchir plus qu’eux.

UNE IDEOLOGIE QUI VEUT DOMINER LA VIE DES COUPLES

Je pense que le but réel de la loi Taubira n’est pas l’émancipation des homosexuels mais l’accomplissement d’une idéologie. C’est vers cet accomplissement que convergent toutes nos lois « sociétales » depuis un demi-siècle. Pour le comprendre, il nous faut revenir à leur mère commune, la loi Neuwirth (1967).

A l’époque, les progrès rapides de la biologie ont conduit à un mode simple et efficace de contraception chimique. Le succès de la « pilule » fut immédiat : elle apparut à la quasi-totalité des couples comme l’instrument décisif qui leur permettrait de maîtriser leur fécondité. En elle-même leur aspiration était légitime. Le législateur ne pouvait y rester insensible. La loi Neuwirth est née de là. Mais la pilule et le stérilet ont apporté aussi avec eux un autre effet, sous-estimé jusqu’à aujourd’hui. En refoulant ou en contrariant les lois naturelles propres au corps, ils ont accrédité la croyance que ce dernier n’est qu’un outil à la disposition de l’esprit de chaque individu. Et les esprits, n’éprouvant plus les contraintes des corps, ont aspiré à une autonomie sans limite. La contraception chimique et mécanique, telle que les techniques l’ont façonné il y a un demi-siècle, a donc eu de grandes conséquences morales : c’est d’elle que vient la fragilité des couples contemporains, qui ne connaissent plus la solidarité croisée des corps et des esprits ; d’elle encore, l’indifférence aux lois du corps, qui se manifeste par exemple dans l’égalité exigée entre hétéro et homosexualité ; d’elle toujours, le refus de son propre corps, réclamé par ceux qui veulent changer de se.xe et, sous une forme différente, par les partisans de l’euthanasie ; d’elle enfin, cette aspiration à être soi contre la vie de son corps, dont témoigne le droit à l’avortement. L’euthanasie, l’avortement, l’homosexualité ont toujours existé. Mais c’est seulement dans le sillage de la contraception chimique qu’ils ont réclamé une reconnaissance positive.

Cette croyance est restée masquée pendant longtemps. A cause de son caractère presque invisible, les hommes politiques du dernier demi-siècle ont fait des lois dont ils n’ont pas compris, sur le moment, la vraie nature ni les véritables conséquences. Le gouvernement Pompidou pensait sincèrement, en 1967, que la pilule allait conduire à des « couples plus harmonieux » et des « familles plus heureuses ». Ses successeurs ont été interloqués par les statistiques qui ont enregistré la montée fulgurante des divorces et la multiplication des familles monoparentales. Simone Veil a été, à son tour, décontenancée par le flot qui a renversé les barrières fragiles qu’elle avait posées à l’interruption volontaire de grossesse. Lionel Jospin est encore ulcéré de constater qu’au rebours de ses prévisions, le Pacs, loin d’éteindre les demandes de mariage homosexuel, les a attisées. Dans les faits, la croyance qui se cachait derrière la « libération sexuelle » a imposé sa propre dynamique. Elle a débordé les calculs erronés et les promesses inconsidérées des gouvernants qui sous-estimaient sa puissance.

Nous n’avons plus l’excuse des hommes politiques du passé parce que l’expérience accumulée depuis cinquante-cinq ans parle suffisamment fort. Nous pouvons mesurer les conséquences des lois « sociétales » d’hier et donc deviner où nous conduisent celles d’aujourd’hui. Il n’est pas difficile de prévoir, par exemple, que la légalisation du mariage homosexuel annonce logiquement celles de la procréation médicalement assistée et de la gestation pour autrui. Les dénégations ministérielles ne peuvent plus être imputées à l’aveuglement. Elles relèvent du mensonge. Puis-je le prouver? Bien sûr. Si, pour faire passer sa loi, le gouvernement a pris tous les risques que nous avons relevés tout à l’heure, ce ne peut être que pour servir un impératif si fort qu’il lui a fait négliger les contingences. Et cet impératif est la croyance que je viens d’évoquer. Désormais elle se présente sans voiles. Elle domine même les idées de notre époque au point d’être devenue l’égale d’une foi religieuse. Elle proclame que l’humanité est proche d’une libération d’immense portée. Autrement dit, elle s’est transformée en idéologie. Le rapporteur de la loi Taubira, qui est un de ses fidèles, a expliqué son but quand il a affirmé que le jour venait où l’on pourrait « en finir avec la filiation biologique pour en venir à la filiation volontaire ». La gestation pour autrui sera un mode banal de procréation. Le corps sera enfin devenu un simple outil, reconnu comme tel par la loi : il pourra être vendu et acheté selon sa valeur marchande. Ce gouvernement sait où il va, contrairement aux précédents. Ses perspectives dépassent de loin son souci des homosexuels. Cherche-t-il d’ailleurs à savoir qui ils sont et ce dont ils ont vraiment besoin ? Il s’en fait une idée qui l’arrange. Il pousse en avant le maigre peloton de l’association LGBT (un peu plus de mille adhérents) dans sa bataille pour la « libération sexuelle ». Il ne s’intéresse pas à la réalité des « gays » et des lesbiennes, celle de personnes qui traînent douloureusement une blessure inguérissable.

Voyez comme le mariage est loin des préoccupations de nos dirigeants. Vous les avez entendus, dans leurs envolées oratoires, proclamer que la loi Taubira allait le « redynamiser » et lui « donner une nouvelle richesse ». Mais ils se gardent d’y conformer leurs vies privées. Le Président de la République, la plupart de ses ministres et la majorité des députés socialistes n’envisagent pas plus qu’avant, de se marier avec leurs concubines. La cohérence de leurs comportements personnels avec leur politique existe mais elle est à chercher bien au-delà.

SES CONSEQUENCES SOCIALES ET POLITIQUES

Traduit en projet politique, l’idéologie en question devient une lutte pour libérer le peuple français de conditionnements qui lui ont été imposés par la bourgeoisie ou le judéo-christianisme ou la tyrannie patriarcale ou les trois au nom de lois prétendument inscrites dans les corps. La gauche en fait sa nouvelle cause : elle est aujourd’hui presque unanime à estimer que la différence sexuelle est une fausse donnée, la distinction entre géniteurs et parents un progrès nécessaire, la libre disposition de son corps un droit fondamental jusque dans l’avortement et l’euthanasie ; elle s’enthousiasme pour le grand combat émancipateur que l’histoire lui confie. Il remplace la lutte des classes, qu’elle a dû abandonner après l’échec des projets marxistes.

Prenons garde, cher collègue, de sous-estimer les conséquences sociales et politiques de cette croyance devenue idéologie. J’en résume le danger en indiquant qu’elle attaque et affaiblit la solidarité dans notre société. La solidarité entre corps et esprits est la première atteinte. Les esprits, à leur tour, sont poussés à considérer comme primordiale une recherche de soi strictement individuelle et immédiate. La solidarité avec les autres leur paraît secondaire et confuse. C’est de cette source que coulent les comportements caractéristiques de notre époque : la préférence donnée à la consommation privée sur les investissements collectifs ; le fatalisme résigné face à d’insolentes inégalités de revenus ; le désintérêt pour la connaissance de l’histoire et la peur de l’avenir. Le citoyen que l’idéologie façonne peu à peu vit par lui et pour lui dans le présent. Pour le reste, il s’en remet à la tutelle de l’Etat.

C’est pourquoi l’Etat est obligé de courir à l’aide de toutes les victimes d’une solidarité sociale en régression. Des millions de familles monoparentales – c’est à dire des mères abandonnées avec leurs enfants jeunes – seraient dans une misère irrémédiable sans les allocations massives que les gouvernements leur prodiguent depuis trente ans. Des bataillons d’éducateurs, psychologues, psychothérapeutes, animateurs, juges pour enfants sont mobilisés pour socialiser les adolescents violents, drogués, délinquants, instables ou simplement en marge de la société, qui ont pour seul point commun d’avoir fui des familles artificielles ou éclatées. Il faudrait y ajouter les vieillards laissés à leur solitude pour lesquels il a fallu inventer l’APA et d’autres catégories encore. Cette action sociale coûte cher, si cher que le gouvernement actuel est devenu incapable d’augmenter ses dépenses au rythme des besoins. Il est obligé de faire des choix. Observez lesquels : il cherche à réduire les allocations attribuées aux familles mais il décide que les avortements seront désormais gratuits. Il révèle ainsi le projet politique qui l’anime. Soyez certain que la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui seront demain remboursées par la sécurité sociale. Il sera intéressant de savoir quelle dépense sera rognée en contrepartie.

A LA POUBELLE DE L’HISTOIRE ?

Le ministre de l’Education nationale a voué les opposants à la loi Taubira à la poubelle dans laquelle l’Histoire jette ceux qui s’opposent à la marche du progrès. Est-il conscient d’avoir repris une prédiction que les marxistes d’antan appliquaient à leurs adversaires ? Leur erreur aurait dû le rendre plus prudent. Plusieurs indices laissent penser que l’Histoire pourrait désavouer la prophétie ministérielle. Le projet politique qu’il partage avec François Hollande est de moins en moins accepté à mesure qu’il se réalise. Certes la contraception chimique a séduit l’écrasante majorité des couples. Mais c’est parce que son joug était le passage obligé vers un libre contrôle de leur fécondité. Quarante ans plus tard, le Pacs, présenté comme un grand pas vers la libération sexuelle, unit péniblement 3% de la génération des jeunes de 18 à 40 ans. La loi Taubira, qui se veut une étape majeure sur la même voie, dresse contre elle une hostilité massive. La dynamique qui conduit à la séparation totale entre corps et esprits, se heurte à une résistance de plus en plus forte.

Et puis cette idéologie et le projet politique qui l’accompagne reposent sur un socle fragile : la pilule, invention technique vieille d’un demi-siècle. Si demain, une autre invention technique, qui offrira aux couples une maîtrise efficace de leur fécondité sans enfreindre la loi naturelle des corps, devient disponible, le charme sera rompu. La séparation absolue de corps et de l’esprit apparaîtra comme une violence inadmissible faite à l’intégrité de la personne. C’est le projet soutenu par M. Peillon qui risque de finir dans la poubelle de l’Histoire.

Non, cher collègue, le débat commencé il y a plus d’un demi-siècle n’est pas clos. Vous et moi avons défendu la plénitude de l’homme et la dignité de l’Etat. Notre cause est la bonne. Elle l’emportera.
Michel Pinton »

Axel Nørgaard Rokvam

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Bravo mon Général‏!

Quelques éléments de réflexion sur l’affrontement avec les islamistes.
Général Antoine-Roch ALBALADEJO,
Légion Étrangère 

Il me semble que la plupart des consultants et journalistes auto proclamés spécialistes ès Afrique ou ès stratégie tournent beaucoup en rond.
Peu nombreux sont ceux qui nous rappellent que nos ennemis ont une mentalité qui n’a rien à voir avec la nôtre. Que pour eux la vie humaine et la vérité ne comptent pas. Ainsi…

– Au Nord du Mali, une forte troupe d’islamistes puissamment armés décide d’attaquer une patrouille de reconnaissance Française. Bien qu’elle dispose de l’avantage de l’attaquant (terrain favorable, etc.) et de l’effet de surprise, son bilan est lamentable : 1 soldat Français tué, une trentaine d’islamistes abattus.
Pour les soldats Français, qui honoreront leur camarade comme il le mérite, ce n’est pas une défaite.
Les journalistes, eux, insisteront davantage sur la perte de ce soldat, certes tragique, 2e mort au Mali, etc.
Certains mêmes insinueront un peu perfidement que si nous avons mis hors de combat une vingtaine d’ennemis (chiffre réduit on se demande pourquoi) c’est grâce aux hélicoptères et à l’aviation. Et alors, une roquette contre un nid de mitrailleuses ou un dépôt de munitions serait-elle moins propre qu’une bombe en ville ? Les journalistes préfèreraient-ils déloger les mitrailleuses au corps à corps, comme en 14-18 ?
Quant aux islamistes qui se moquent de leurs pertes (ce sont des martyrs en route pour leur paradis), ils crient victoire… Un légionnaire tué, ça va se fêter dans les foyers où le héros n’est pas le soldat Français mais l’assassin Mérah.

– En Somalie les Forces Spéciales Françaises interviennent pour libérer un otage : elles vont se heurter à une force dont le volume, la rapidité et la violence de la réaction laissent supposer qu’elle avait été alertée… L’otage est assassiné, 2 soldats Français seront tués et une vingtaine de djihadistes éliminés.
Pour les soldats Français c’est un échec, parce que la mission, qui était de libérer l’otage, n’a pu être menée à bien.
Les commentateurs eux, parleront d’échec, de catastrophe, mentionneront à peine la vingtaine de terroristes tués et ne se demanderont pas pourquoi ce pauvre otage était aussi bien gardé, par des gens aussi bien armés et en alerte maximale, sans que nos forces s’en doutent : ont-ils eu peur de ce qu’ils pourraient découvrir ?

Pour les islamistes, ce seront des hurlements de victoire (c’est pour cela sans doute, qu’alertés, ils n’ont pas fui comme le firent naguère Kadhafi à Tripoli devant les Américains ou le hezbollah à Baalbec devant les Français, espérant causer de lourdes pertes aux  Français), de nouveaux martyrs et des youyous dans les chaumières.

Alors, me direz-vous, que faire ?

1°) Ouvrir les yeux et admettre une bonne fois pour toutes que les islamistes ont déclaré la guerre à l’occident, avec la France en première ligne. Se persuader que cette guerre ne se fera pas sans mort sans prise d’otages autres attentats, qu’elle se fera aussi chez nous et donc qu’il faudra nous montrer plus vigilant et moins vulnérable y compris émotionnellement. Savoir que notre ennemi trouvera parmi nous des sympathisants et des complices dans tous les milieux et en plus grand nombre que ce ne fut le cas pour le FLN.

2°) Cesser de reculer devant les exigences toujours plus grandes de ces extrémistes et de leurs complices, qui, en affaiblissant notre culture et en imposant la leur, cherchent surtout à tester et à saper notre esprit de résistance.

3°) Agir en portant le fer là où apparaît un furoncle : 
– une immigration débridée qui rend insolubles les problèmes du logement, du chômage, de la dépense publique, ça se contrôle
– des barbus, des imams ou des rappeurs qui appellent à la guerre sainte, à la haine et au crime, ça se sanctionne
– des quartiers qui caillassent les représentants de l’état, qui rackettent les artisans, ça se neutralise
– de discrètes écoles coraniques qui forment les djihadistes de demain, ça se ferme
– des clandestins, ça s’expulse, surtout les délinquants
– des subventions à toutes ces associations qui font leur beurre dans l’anti-France, ça se supprime
– et… on revoit nos programmes d’histoire, on jette la repentance aux orties, on laisse la transparence aux vitriers… etc., etc.

Et ne me dites pas qu’il s’agit là de racisme, de fascisme ou d’extrême droite ! Il ne s’agit que de légitime défense et de résistance dans le respect de la loi, ni plus ni moins !

Vous pensez sans doute que ce n’est pas demain la veille ?……
Je crois néanmoins que, sans un sursaut, le pays de la douceur de vivre, le plus beau pays du monde, risque fort de disparaître dans d’atroces soubresauts ou dans une coupable et morne résignation, pour être remplacé par un autre que certains, et pas des moindres, semblent appeler de leurs vœux, on se demande pourquoi, et qui commence à faire peur…

Mais je me trompe peut-être… J’aimerais tellement avoir tort… Enfin, réfléchissez, ne soyez ni sourds, ni aveugles, ni muets !!

Général Antoine-Roch ALBALADEJO
Légion Étrangère

Montée du racisme en France : pas d’effet Merah, mais une tendance de fond

Par  pour Le Nouvel Observateur

LE PLUS. En 2012, les actes et menaces à caractère raciste, antisémite et antimusulman ont augmenté de 23%. Comment expliquer cette évolution ? Est-elle liée à l’affaire Merah ? Réponses de Nacira Guénif Souilamas, sociologue et anthropologue, maître de conférences à l’Université Paris 13 et auteure de « La République mise à nu par son immigration » (La Fabrique).

Édité par Hélène Decommer  Auteur parrainé par Elsa Vigoureux

graffraciste

 

Graffiti à caractère raciste sur un mur de la salle de prière musulmane de Seynod, 06/03/04 (JP CLATOT/AFP)

Je suis toujours un peu gênée par les effets d’aubaine d’une lecture de données à partir d’une affaire en particulier. En l’occurrence, rattacher la montée des actes et menaces à caractère raciste, antisémite et anti-musulman en 2012 (+23%) à l’affaire Merah, c’est perdre de vue la dimension plus générale et durable du racisme en France.

Une actualité brûlante et surchargée émotionnellement ne peut pas tout expliquer, il faut s’intéresser à la dynamique globale.

 

Le racisme, une compensation au sentiment d’impuissance

Le racisme est une expression constante dans toute structure anthropologique ; il n’y a pas une société qui en soit exempte. La vraie question, c’est à quoi sert cette expression et surtout comment on en vient à ne plus la contrôler. Nous sommes dans une période où l’inflation et le caractère délirant du racisme prennent, en France, des proportions inquiétantes.

L’histoire de notre pays, les anciennes colonies en Afrique du Nord et les migrations post-décolonisation expliquent en partie l’existence de sentiments anti-Arabe et anti-musulman en France. Pourtant, les réflexions sur le sujet, mais plus encore les outils et instruments de mesure ont tardé à être mis en place. Nous l’avons fait sur rappel à l’ordre des institutions européennes et poussés par la montée en puissance de réflexions britanniques et américaines sur le sujet, notamment après le 11-Septembre. Ceci pourrait expliquer la plus grande attention aux indicateurs du racisme, dont l’islamophobie pour la troisième année consécutive.

Par ailleurs, nous sommes constamment confrontés à des transformations dans nos sociétés, qui évoluent en accéléré. Les changements concernant le travail, l’éducation, les sujets de société, etc., sont des épreuves permanentes auxquelles les individus doivent faire face. Il ne s’agit pas là d’effets conjoncturels de la crise – qui, tout comme l’affaire Merah, a bon dos –, mais d’un champ bien plus vaste. Ces évolutions permanentes peuvent entraîner un sentiment d’anxiété et d’impuissance chez l’individu, qui va alors chercher un mode de compensation, de consolation. Or le racisme s’y prête parfaitement : il confère un sentiment de toute-puissance par l’humiliation, l’avilissement de l’autre. C’est une alternative viable à l’impuissance et l’incertitude. Il conviendrait donc de s’interroger sur la façon dont les individus sont mis en capacité, ou pas, d’affronter les évolutions de nos sociétés.

 

Plus difficile de ne pas manger de porc qu’il y a 20 ans

Aujourd’hui, en France, il est plus difficile de ne pas manger de porc à la cantine qu’il y a 20 ans. Une situation qui ne posait aucun problème auparavant est devenue gênante. On le voit bien dans les études qualitatives commandées par la Commission nationale consultative des droits de l’homme pour compléter son rapport : 55% des Français estiment qu’il ne faut pas faciliter l’exercice du culte musulman en France. On peut y ajouter cette enquête de l’Ipsos du début de l’année révélant que 74% des Français jugent l’islam comme étant « intolérante et incompatible avec la société française ».

Du coup, on dénie aux musulmans, entre autres, le droit de manger selon la règle de leur religion et ce au nom de la laïcité. Celle-ci, entendue comme principe de gouvernement et non comme idéologie menacée, n’implique pourtant aucunement de telles mesures. Quand on connaît en plus l’importance des pratiques alimentaires en anthropologie et la place centrale qu’elles occupent dans la construction du bouc-émissaire, on ne peut qu’être atterré.

 

Pour un décloisonnement des racismes

L’islamophobie revêt aujourd’hui les habits neufs de l’antisémitisme. Elle devient une sorte de patriotisme, une façon d’exprimer le fait d’aimer et de protéger son pays : un racisme vertueux. C’est exactement sous cette forme que s’est exprimé l’antisémitisme chrétien au cours de notre Histoire.

Voilà pourquoi je trouve inepte de séparer racisme et antisémitisme et plaide pour une grille de lecture générale, qui permet de reconstituer l’intégralité du champ de la haine et de l’aversion. Par exemple, on ne sait pas actuellement si les islamophobes et les antisémites sont des personnes différentes ou si ce sont les mêmes qui circulent d’un racisme à l’autre. Ce serait pourtant une donnée très intéressante.

Quant à lui, le « racisme anti-Blanc », dont il a aussi été question en 2012, ne peut pas être rapporté aux faits recensés. C’est un faux-semblant dans la mesure où il nie le principe central de domination qui sous-tend le racisme, à savoir l’asymétrie des positions. Il n’y a racisme que si un groupe est en pouvoir de nuire et que l’autre n’est pas en mesure de riposter à la hauteur.

 

Propos recueillis par Hélène Decommer.

Nous y sommes mais, finalement, que du « normal » !

Encore heureux que l’on puisse barrer la « mention inutile »…!!!
Mais je ne pensais pas que cela serait réalisable aussi vite !!! Que veulent nos nouveaux gouvernants ?
Une France qui sera Algérienne ou Arabe dans 10 ans à peine ?????
Vous avez le N° de téléphone de l’école, vous pouvez téléphoner pour vérifier.
Message adressé par une copine qui est enseignante dans le 91.
Courage… pour nos petits enfants…

croitrever

Là, on ne peut plus dire que c’est des bêtises, c’est écrit noir sur blanc !

Rien d’inquiétant, puisque les autorités sont au courant !

Après renseignement auprès du commissariat de quartier il s’avère que les policiers ont pour consigne de leur hiérarchie de ne pas intervenir. Bientôt les français de souche seront sous l’autorité des lois islamiques et la grande majorité ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas…

Diffuser au peuple de France et au monde entier que d’autres le sachent!!

 

Lettre de H. AXELRAD
Chercheur au Laboratoire de Physiologie La Salpêtrière
Membre du conseil scientifique de la Faculté
Directeur du Club Réforme et Modernité
Herbert AXELRAD est un maître de conférence à la FAC de Jussieu

Bonjour,
Je sais que je suis un pessimiste né, mais je ne pense pas être paranoïaque. Je voudrais, néanmoins, vous faire part de quelque
 chose que je viens de vivre à 14 h 30 ce vendredi,
Aussi incroyable que cela puisse vous paraître. 
Je sortais du campus Jussieu pour revenir à mon labo à la Fac,
et je passe sur la petite place en face de l’entrée de Jussieu
 devant un attroupement. C’était un prêcheur musulman, barbu bien entendu, avec micro qui parlait moitié en arabe, moitié en français. Devant une trentaine de musulmans sur leurs tapis de prière, femmes voilées …, des jeunes avec le foulard palestinien montant la garde tout autour. Le prêche était concentré sur les « sionistes » qui veulent détruire les palestiniens, qui veulent détruire la mosquée de
l’esplanade à Jérusalem, etc… Je n’en croyais pas mes oreilles. A un moment l’imam est monté d’un ton en disant explicitement « que les musulmans du monde entier vont se lever et détruire tous les sionistes, Israël et leurs suppôts, dans le monde entier ». Là, j’avoue, j’ai piqué un coup de colère et j’ai engueulé l’Imam en disant que c’était absolument inadmissible. Je me suis fait agripper manu militari et poussé violemment assez loin, avec des propos plus que menaçants. Quand j’ai essayé de prendre une photo avec mon portable, alors là ça a été pire : menaces de me « saigner à blanc au couteau ». Il y en a même un qui est intervenu sur un ton plus diplomatique en me disant « mais pourquoi, tu défends les juifs puisque tu n’en 
est pas un toi-même ? ». J’en suis resté baba. Et quand j’ai insisté
 en disant qu’ici en France ce genre de propos est interdit par 
la loi, on m’a réplique verbatim « bientôt ce sera à nous ». Cerise sur le gâteau, quelques centaines de mètres plus loin, trois cars de policiers. Je m’arrête, leur explique. Réponse : « Oui, on sait, on a même des collègues en civil sur
 place. Mais que voulez-vous, Monsieur, on ne peut pas intervenir car ils ont une autorisation préfectorale, et ce genre de chose se reproduit de plus en plus souvent et partout ».

Bien à vous. (fin de citation)

Herbert AXELRAD, MCU-PH