Savez-vous vous ce qu’est le « protocole Cazeneuve »?

Chère Madame, cher Monsieur,

En ce moment, nous sommes tous préoccupés par la réforme des retraites et l’agitation qu’elle suscite. Tous les médias, à juste titre, en parlent, font des commentaires, des analyses et des débats…

Mais en attendant, on oublie les autres sujets graves pour les Français. Les grèves nous font oublier les djihadistes.

Alors qu’en réalité, la situation va se compliquer pour la France et je redoute le pire.

Avez-vous entendu parler du « protocole Cazeneuve » ?

Cet accord a été signé en 2014 par Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur à cette époque. Il s’agit de la mise en place d’une coopération policière entre la France et la Turquie qui permet d’intercepter les djihadistes revenant de Syrie via la Turquie.

En clair, lorsqu’un combattant de l’État Islamique « français » est expulsé de Turquie, la France doit être avertie pour que des policiers français se rendent sur place pour l’accompagner jusqu’à l’embarquement.

Une fois en France, il est placé en garde à vue ou en détention provisoire en fonction des procédures judiciaires en cours.

Grâce au protocole Cazeneuve, des dizaines de djihadistes sont rapatriés. C’est confirmé de la bouche même de Laurent Nunez, le 13 novembre, « on est à près de 250 personnes remises dans le cadre de ce protocole, prises en charge par la justice ».

Nous sommes loin du temps où Emmanuel Macron affirmait « qu’il n’y a pas un programme de retour des djihadistes ». C’était en février.

Le « protocole Cazeneuve » existait déjà et Emmanuel Macron le savait.

Le débat sur la déchéance de nationalité a tourné court. Si elle avait été mise en place, nous n’aurions aucun lien avec ces individus et donc aucune obligation de les accepter sur le sol français.

Mais aujourd’hui, nous récupérons ces « Français », nous les jugeons en France, ils écopent de peines de prison… et ressortent souvent avant la fin de leur peine.

Plusieurs dizaines de terroristes vont être remis en liberté à partir de 2020. Mais ne vous inquiétez pas, Nicole Belloubet assure « qu’ils seront suivis ».


4 épouses de djihadistes et leurs 7 enfants, qui se sont évadés de camps en Syrie et sont actuellement détenus en Turquie, vont ainsi revenir en France.

La jeune fille sur la photo est l’une d’entre elles. Partie en mars 2014 à 17 ans après sa conversion à l’islam, elle se serait mariée sur place avec un combattant tunisien. Elle a aujourd’hui 23 ans. Quelles suites judiciaires va t-elle recevoir ? comment réellement connaître ses intentions et son degré de dangerosité ?

À l’IPJ, nous le martelons depuis longtemps déjà : la situation sécuritaire de la France est extrêmement préoccupante et nos dirigeants ne paraissent toujours pas avoir pris conscience de l’ampleur de la menace. N’oubliez pas que notre ministre de l’Intérieur disait d’eux « ils sont des Français avant d’être djihadistes »…

Nous avons fait partie de ceux qui se sont mobilisés dès le début pour alerter l’opinion publique et pour interpeller le gouvernement et tous les dirigeants sur cette question.

Notre porte-parole, maître Guillaume Jeanson, est intervenu dans les médias à maintes reprises. À chaque fois qu’il a pris la parole, il a rappelé que le système judiciaire de notre pays est en piteux état, que les prisons sont déjà dépassées par la radicalisation, le prosélytisme islamiste et la surpopulation… Des arguments de bon sens me direz vous.

Il faut rester vigilants et mobilisés. Les manœuvres des islamistes et de leurs soutiens en France vont se poursuivre. Ils veulent profiter de la faiblesse de nos dirigeants.

Nous ne les lâcherons pas.

Nous continuerons sans relâche à harceler nos dirigeants, à alerter l’opinion publique et à proposer les solutions qui fonctionnent. Même celles qui peuvent choquer. Parce que la menace est trop sérieuse.

Je sais que certaines belles âmes viendront nous dire : « vous exagérez… », « n’est-ce pas excessif ? ».

Tant pis, pour protéger notre pays, nos enfants et nos petits enfants, nous ne devons pas faiblir.

Si vous souhaitez que l’IPJ puisse agir, puisse vous informer quotidiennement et surtout puisse changer le cours de notre justice pour nous battre à armes égales avec les terroristes islamistes, alors je vous demande de faire un don, même minime, à l’Institut pour la Justice.

Nous ne pouvons pas nous permettre de baisser les bras. Il en va de notre sécurité, de nos vies et de l’avenir de notre pays.

Faites un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

C’est absolument indispensable si nous voulons réveiller les consciences !

J’ai besoin de vous,

Laurence Havel

Un terrible aveu d’impuissance


Chère Madame, cher Monsieur,

Nous sommes le 8 octobre 2016, sur la RD 445, à l’endroit où elle longe le quartier de la Grande Borne. Il y a là un carrefour, qui est sans doute le carrefour le plus dangereux de France.

« Au bout de cette voie se trouve un feu tricolore, à la hauteur d’une boulangerie. Lorsqu’ils repèrent des voitures arrêtées au feu, et lorsque les conducteurs sont des femmes seules, les jeunes surgissent des immeubles, cassent les vitres et arrachent les sacs, puis ils repartent avec le butin aussi vite qu’ils sont apparus. Les attaques sont violentes et, pour les victimes, très traumatisantes. Les gens du coin savent qu’il vaut mieux ne pas s’arrêter là, quitte à griller le feu rouge. »

Et puis, chacun sait que la Grande Borne est une plaque tournante du trafic de drogue.

« Les affaires commencent à la nuit tombée. (…) Les bandes criminelles imposent aux habitants, qui n’osent plus s’en offusquer, un couvre-feu contraint. Tous les éclairages publics s’éteignent et les résidents sont priés de rester chez eux. C’est l’heure où il ne fait pas bon avoir un enfant malade, car aucun médecin ne s’aventurera dans le quartier. Des grappes de guetteurs tiennent les halls d’immeubles et les entrées des passages qui mènent à de petites cours en impasse. » (Michel Aubouin, 40 ans dans les cités)

Alors une caméra de vidéo surveillance a été installée en haut d’un mât métallique.

Mais la caméra est régulièrement attaquée : à la meuleuse, à coup d’engin de chantier…

Alors ce soir là, deux voitures de police sont stationnées au pied du mât. Il y a deux policiers dans chaque voiture. Pour surveiller une caméra censée surveiller un quartier dans lequel la loi des bandes a depuis longtemps remplacé les lois de la République.

Soudain une vingtaine d’individus, aux visages dissimulés, surgissent des immeubles alentour. Ils lancent immédiatement des cocktails molotov sur les voitures de police. Les véhicules s’embrasent aussitôt. Les policiers tentent désespérément d’échapper aux flammes, mais les criminels bloquent les portières.

Au bout de quelques minutes le groupe des assaillants retraverse la route en courant et rejoint le quartier.

Les policiers sont gravement brûlés et évidemment traumatisés. L’un d’entre eux, qui restera plusieurs jours entre la vie et la mort, en réchappe par miracle, brûlé à 25%.

Cette tentative d’assassinat sur quatre policiers choque la France entière, et révèle au grand jour à quel point l’État a perdu le contrôle sur ces quartiers que l’on dit pudiquement « sensibles ».

Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve, parle d’une « attaque barbare, destinée à tuer ».

Alors on va mettre le paquet pour retrouver les auteurs. Tous les moyens disponibles sont mobilisés.

Seulement voilà, bien que l’attaque se soit déroulée en plein jour et que la circulation soit assez dense sur cette route, personne n’a rien vu. Comme d’habitude à cet endroit-là. Et puis il s’avère que la caméra que gardait les policiers était, pour des raisons de financement, de qualité médiocre. Elle filmait en noir et blanc et aucune des images qu’elle a enregistrées n’a pu aider à identifier les assaillants.

Dans le quartier la loi du silence règne et des pressions dans la cité conduiront à des rétractations, voire à la fuite de France d’au moins un témoin. Lors du procès, même des témoins centraux n’ont pas répondu à leur convocation devant les assises, terrifiés à l’idée de possibles représailles.

Comme l’explique Michel Aubouin : « Notre système juridique est impuissant à protéger les témoins. Leurs noms circulent dans les procédures. Les avocats les donnent à leurs clients. La police n’a aucun moyen d’aider ceux qui l’aident. Elle ne peut leur fournir ni un autre logement ni un autre travail. »

Finalement 13 jeunes (dont 3 mineurs au moment des faits) sont mis en examen. Leur procès s’est déroulé du 15 octobre au 4 décembre, à huis clos, dans un palais de justice d’Évry placé sous haute surveillance, tant on craignait les violences à l’annonce du verdict.

Les accusés encouraient la réclusion criminelle à perpétuité pour tentative d’homicides aggravés.

Finalement la cour d’assises de l’Essonne a condamné 8 jeunes à des peines allant de 10 à 20 ans de réclusion criminelle, et en a acquitté 5 autres.

Bien évidemment les policiers sont très en colère à l’annonce de ce verdict. « On ne comprend pas cette décision en demi-teinte avec une forme de mansuétude et notamment des peines de seulement 10 ans », a réagi Loïc Travers, secrétaire national Ile-de-France d’Alliance.

« C’est un déni, une négation de l’humanité des policiers, de ceux qui chaque jour risquent leur vie pour éviter que notre société ne sombre, et ça c’est juste inacceptable », a renchéri Linda Kebbab, déléguée Unité SGP Police.

On peut comprendre la colère des policiers, seulement voilà, pour condamner quelqu’un, il faut des preuves et il semble bien que, dans cette affaire, les preuves manquaient et aussi qu’un certain nombre des auteurs de l’attaque n’a jamais été attrapé.

En fait ce qui est vraiment grave à l’issue de ce procès c’est précisément que, en dépit des efforts considérables qui ont été consentis, le résultat ait été aussi médiocre.

Les policiers ont fait leur maximum pour retrouver ceux qui ont tenté d’assassiner quatre des leurs, mais ils ont largement échoué. La loi du quartier a été plus forte que les lois de la République, une fois encore.

Ce 8 octobre 2016, sur la RD 445, la présence de deux voitures de police pour surveiller une caméra de surveillance était déjà un terrible aveu d’échec, un aveu d’impuissance.

Le procès qui vient de s’achever est un second aveu d’échec, un second aveu d’impuissance.

Le verdict qui a été rendu le 4 décembre par la cour d’assises de l’Essonne devrait tous nous inquiéter.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

La surveillante surveillée

Chère Madame, cher Monsieur,

Il me paraît bien loin le temps où en prison, les gardiens faisaient régner l’ordre. Les choses ont bien changé.

Et en effet, voilà ce que disent les surveillants dans le livre Prisons de France :

« Je suis surveillant depuis 1990. Depuis cette période, les détenus ont acquis beaucoup de droits. »

« Quand je suis arrivé, il n’y avait pas de télé. Il y en a eu par la suite, mais avant 2010 les détenus payaient sept euros par semaine. Maintenant, c’est huit euros par mois. »

« Plus ils gagnent en avantage, plus nous perdons en autorité et on nous demande en plus d’être vigilants pour ne pas blesser leur dignité ! Je suis obligé de vouvoyer et de qualifier de “ monsieur “ quelqu’un qui me tutoie et me traite de tous les noms. Voilà où nous en sommes. »

« On ne peut plus être strict avec les détenus, il faut négocier, s’entendre. »

« L’évolution de la prison est bonne pour les détenus mais mauvaise pour les surveillants. On fait face à des rapports de force au bénéfice du détenu. »

Si j’osais, je dirais même que parfois le rapport de force s’inverse complètement…

C’est en tout cas ce que l’on peut penser en découvrant cette histoire. Une surveillante de prison de 41 ans a été condamnée lundi à six mois de prison ferme pour « remise illicite d’objets à un détenu ». Cette femme mariée, mère de famille sans histoire, avec quinze ans d’ancienneté dans son travail, s’est t-elle laissée berner par un détenu manipulateur ?

Il ne s’agit pas de n’importe quel détenu. Il s’agit d’un algérien de 37 ans, condamné à deux ans de prison pour recel et qui avait déjà été condamné pour viol et violences.

À partir du mois de septembre, cet homme prend l’ascendant sur sa gardienne. Et en trois mois, c’est la dégringolade dans la vie de cette femme.

Elle arrête de se teindre les cheveux sur ses ordres, elle se convertit à l’islam, elle n’a plus le droit de faire la bise à ses collègues masculins, elle entame une procédure de divorce, introduit cinq téléphones portables et trois cartes sim en prison, remet même 4 000 euros à un proche du détenu…

Et elle porte jour et nuit une oreillette reliée au téléphone du détenu qui lui dicte sa conduite.

La surveillante est surveillée.

Samedi, elle a été placée en garde à vue et c’est seulement à ce moment là qu’on lui a retiré son oreillette ! Heureusement, ce genre d’histoire n’arrive pas tous les jours. Mais s’il n’y avait pas eu une fouille dans la cellule du détenu qui a permis de trouver le téléphone avec lequel il appelait la surveillante, jusqu’où cette histoire aurait-elle pu aller ? L’emprise de cet homme était totale. Les conséquences auraient pu être très graves…

Déjà que l’on s’inquiétait de l’évolution de la prison et des rapports de forces qui ne sont plus favorables aux surveillants, voilà qui n’est pas de nature à nous rassurer…

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Lorsque l’Etat loge des délinquants


Chère Madame, cher Monsieur,

Vous vous souvenez certainement de « l’affaire Théo ».

Le 2 février 2017, quatre policiers d’Aulnay-sous-Bois procèdent à un contrôle d’identité sur un groupe de jeunes gens. Rapidement le contrôle dégénère. Les individus contrôlés s’enfuient. L’un d’entre eux, Théo Luhaka, 22 ans, se bat avec un policier. Les quatre agents tentent de l’interpeller. Théo, un solide gaillard d’un mètre quatre-vingt-dix, se débat violemment. Il est finalement maîtrisé. C’est à son arrivée au commissariat que les policiers disent constater qu’il saigne au niveau des fesses. Théo est alors transporté à l’hôpital, où un médecin diagnostiquera « une plaie longitudinale du canal anal » et une « section du muscle sphinctérien ».

De son lit d’hôpital, le jeune homme accuse les policiers d’avoir baissé son pantalon et son caleçon et de lui avoir volontairement introduit une matraque télescopique dans l’anus au cours de l’interpellation !

Les policiers accusés nient mais ils sont mis en examen, placés sous contrôle judiciaire et suspendus de leurs fonctions par le ministre de l’Intérieur.

Depuis, un certain nombre d’éléments sont venus fragiliser les accusations initiales.

Deux expertises médicales ont conclu à l’absence de viol et que l’unique coup de matraque, porté au niveau des cuisses, n’était « pas contraire aux règles de l’art ». Les images de vidéosurveillance, qui ont été rendues publiques, vont dans le sens du récit fait par les policiers. Et, devant le juge d’instruction, Théo a reconnu qu’en fait les policiers n’avaient pas baissé son pantalon, contrairement à ce qu’il avait prétendu.

La justice n’a pas encore rendu son verdict définitif, mais aujourd’hui il semble clair que « l’affaire » est assez différente de la première version donnée par Théo.

Par ailleurs, on a appris que l’association « Aulnay Events », présidée par un des frères de Théo, aurait détourné 678 000 euros de subventions publiques tout en laissant 350 000 euros de cotisations sociales impayées.

Huit membres de la famille Luhaka ont reçu de l’association 170 000 euros, dont 52 000 virés sur le seul compte de Théo. En juillet 2018, Théo Luhaka a été mis en examen pour « escroquerie en bande organisée, blanchiment, faux et usage de faux et travail dissimulé au préjudice d’un organisme chargé d’une mission de service public. »

Ce n’est pas tout. Jeudi dernier, l’hebdomadaire Valeurs Actuelles révélait que Théo, qui vit seul dans un appartement de 76 mètres carrés à Aulnay, était menacé d’expulsion pour plus de 10 000 euros de loyer impayés.

Seulement voilà, Théo Luhaka a été « sauvé » par la trêve hivernale. Depuis le 1er novembre, c’est la préfecture de la Seine-Saint-Denis qui prend en charge son loyer.

Oui, vous avez bien lu.

Théo est désormais logé en HLM aux frais du contribuable, alors même qu’il est mis en examen pour avoir détourné de l’argent public.

Malheureusement, le cas de Théo est loin d’être isolé.

Dans les quartiers dits « sensibles », les situations choquantes comme celle-là abondent. Car ces quartiers sont presque entièrement gérés par la puissance publique, qui y tolère des abus innombrables.

Comme l’explique l’ancien préfet Michel Aubouin dans son livre 40 ans dans les cités :

« L’initiative privée dans les “ quartiers ” se réduit à peu de chose. Même les rares commerçants qui y subsistent : boulangerie, bar à chicha, boucherie halal… sont des locataires d’un bailleur public. Quant au peuplement il résulte lui aussi d’une politique publique : les attributions de logements sont aux mains de commissions présidées par les maires, ou bien elles relèvent de la responsabilité de l’État, via le “ contingent préfectoral “. Et la demande est, elle-même, fortement corrélée avec les flux de l’immigration. »

Et il ajoute :

« Cette prééminence de l’État et de ses satellites rend plus invraisemblables encore certaines situations, car ce sont dans les mêmes quartiers qu’au vu et au su de tous la drogue se vend et s’achète. “ Elle est stockée dans des logements vides ”, me dit un commissaire de police, en ajoutant qu’il lui est difficile de sévir. Si les propriétaires de ces appartements étaient des personnes privées, on pourrait les mettre en cause pour les désordres causés par leurs locataires, mais on n’a jamais vu un bailleur social poursuivi pour des faits de ce type. Ces propriétaires publics abritent les plus gros marchés de vente de drogue, et pour certains ne l’ignorent pas. Certains gestionnaires avouent même y trouver un intérêt, car les dealers payent régulièrement leur loyer. »

L’État loge des dealers, en sachant parfaitement qu’ils sont des dealers.

Et si jamais, par hasard, certains se retrouvaient dans la même situation que Théo, à devoir être expulsés, il est plus que probable que l’État ferait comme pour Théo : il paierait lui-même leurs loyers ou bien il les relogerait, au nom du « droit au logement ».

Savez-vous ce qui a été le plus choquant dans l’affaire Théo ? La réaction de certains hommes politiques.

Juste quatre jours après le début de l’affaire, alors que l’enquête avait à peine commencé, le président de la République François Hollande s’est rendu au chevet de Théo, pour lui témoigner son soutien et se faire photographier avec lui.

Cette photographie a été vue par la France entière.

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, a suspendu les policiers mis en cause « immédiatement et à titre conservatoire ».

Le 8 février, Emmanuel Macron, futur président de la République a déclaré : « Comment ne pas être choqué par ce qui est arrivé à Théo ? Parce qu’à Aulnay, c’est la force illégitime de l’État qui a eu cours et la dignité d’un jeune garçon, d’une famille et d’un quartier, qui a été mise en cause. Je tiens à rendre hommage à Théo et à son entourage. Alors que tout semble les pousser vers la haine et la révolte, ils font preuve d’un formidable sang-froid. »

Quelques jours plus tard, des émeutes éclataient un peu partout en France. Les émeutiers réclamaient « justice pour Théo » en incendiant des véhicules et en affrontant brutalement les policiers. Le 11 février à Bobigny, le 15 et le 18 février à Paris, le 11 et le 17 février à Rouen…

Dans les « quartiers sensibles », l’État et les hommes politiques jouent trop souvent le rôle du pompier pyromane.

Ils affirment qu’ils vont lancer une « reconquête républicaine » de ces zones de non droit, mais ils lâchent les policiers au moindre problème.

Ils disent vouloir lutter contre la drogue, mais ils logent des dealers en HLM.

Ils disent qu’ils seront impitoyables avec ceux qui fraudent le fisc, mais ils achètent la « paix sociale » dans les quartiers à coups de subventions à des associations douteuses.

Et ceux qui paient la note de cette lâcheté et de cette hypocrisie, ce sont les habitants honnêtes de ces quartiers, ce sont tous les Français respectueux des lois.

Comment ne pas donner raison à Michel Aubouin lorsqu’il écrit :

« Il faut accepter le jugement de l’histoire : l’État a été défaillant pour traiter la question des “ quartiers “. Et il le demeure. Il n’a pas su résoudre la question du logement social ; il n’a pas su endiguer l’expansion du trafic de drogue ; il n’a pas su répondre aux défis de l’échec scolaire ; il n’a pas su retisser les liens distendus entre les autorités publiques et la population ; il n’a rien fait pour canaliser les mouvements de l’immigration ; il n’a pas voulu modifier le jeu des politiques locales ; il a en partie perdu la guerre des territoires ; il a refusé de traiter de la question des cultures et n’a pas vu l’implantation massive des religions dans les nouveaux espaces urbains. Surtout, il n’a jamais voulu adapter ses organisations aux enjeux d’une situation inédite et, à plus d’un titre, menaçante. »

Plus que jamais, il est nécessaire de se battre pour que cela change. Et vous pouvez compter sur notre détermination de tous les instants. À l’Institut pour la Justice, jamais nous n’accepterons une telle situation.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

« Quand on n’est pas puni, on recommence »

Madame, Monsieur,

Cela se passait le 17 novembre dernier, dans un bus, à Valence. Trois adolescents, âgés de treize, quatorze et seize ans, décident de s’en prendre à un passager, un adolescent comme eux, âgé de quinze ans.

Celui qui a treize ans sort un couteau de son sac et vient menacer et intimider le jeune voyageur en montrant la lame. Puis il passe son arme à ses deux amis qui à leur tour menacent le garçon. Ils se mettent ensuite à le gifler et le frapper à coups de pied.

La raison de ce déchaînement de violence ? Un « mauvais regard ». La victime l’aurait « mal regardé », voilà ce qu’a déclaré celui qui a déclenché l’agression.

À seulement treize ans, ce dernier est déjà « bien connu de la justice », selon l’expression consacrée.

Il a déjà été présenté deux fois en quatre mois à un juge des enfants pour des affaires de violence. Au printemps dernier, il faisait partie de la bande qui agressait des élèves, à Valence, à coup de tessons de bouteilles pour voler des portables. Et le mois dernier, avec son complice de quatorze ans, il a agressé deux personnes handicapées au Plateau des Couleures, toujours à Valence. Cette fois les victimes avaient eu le tort de ne pas dire bonjour aux deux adolescents…

France Bleu Drôme qui rapporte ces faits, ajoute que « leur comportement inquiète les professionnels de la justice »…

Il y a de quoi, en effet, être inquiet, c’est le moins que l’on puisse dire !

En vérité, c’est nous tous qui avons de quoi être très inquiets. Car de tels actes de violence sont loin d’être des cas isolés.

Le 18 novembre, cinq adolescents âgés entre 15 et 16 ans ont été arrêtés près d’Avignon.

La veille de leur interpellation ils avaient attaqué un retraité à son domicile. Pendant toute la nuit, ils lui avaient fait subir les pires sévices dans le but de lui soutirer de l’argent. La victime a été frappée, brûlée et violée. Elle est aujourd’hui hospitalisée dans le service des grands brûlés à La Timone, à Marseille.

Bien que certains idéologues nous affirment que les mineurs ne sont pas plus délinquants ni plus violents aujourd’hui qu’il y a quelques décennies, les professionnels, ceux qui travaillent sur le terrain avec ces mineurs, savent bien ce qu’il en est.

Par exemple le professeur Maurice Berger, qui est pédopsychiatre et qui travaille en Centre Éducatif Renforcé, faisait ce constat très préoccupant récemment dans les colonnes du journal Le Figaro :

« Il y a quelques années, 85 % des mineurs traduits devant la justice changeaient de comportement après leur rencontre avec l’institution judiciaire, la parole du juge. Ils ne sont plus que 65% actuellement. »

Et il ajoutait : « En tant que médecin qui, depuis 40 ans, a le plus travaillé en France sur la prise en charge des enfants et adolescents violents, j’affirme que ces comportements extrêmes sont de plus en plus fréquents et de plus en plus graves. »

Le constat est implacable. « L’impulsivité prime », explique le professeur Berger, « l’autre n’est plus considéré que comme un objet sur lequel décharger la tension qu’on ressent dans l’immédiateté, comme une gêne à éliminer. »

Et sur les raisons de cette montée de l’impulsivité et de la violence gratuite, Maurice Berger est tout aussi direct : « Un facteur parmi d’autres est l’impunité importante concernant la première atteinte aux personnes, que j’appelle le droit de tabassage. En réadaptation fonctionnelle, où je travaille aussi, je reçois des adultes qui gardent à vie des séquelles physiques ou cérébrales définitives après une agression pour un supposé mauvais regard, et dont l’agresseur mineur n’est puni que d’un sursis car il n’était pas récidiviste. La vie ou la qualité de la vie restante de la victime est ainsi démonétisée. Or c’est simple, quand on n’est pas puni, on recommence. »

En effet, c’est très simple. Et voilà bien des années que nous faisons le même constat, que nous tirons la même sonnette d’alarme à l’Institut pour la Justice. La justice des mineurs, en France, est malade de sa lenteur, et malade de son idéologie qui oppose l’éducation et la punition.

Trop souvent la justice des mineurs n’inflige aux jeunes délinquants que des sanctions symboliques, des sanctions qui n’en sont pas, comme le rappel à la loi ou la remise aux parents. Elle multiplie les « sursis » et les « secondes chances » et développe ainsi un véritable sentiment d’impunité chez les adolescents délinquants. Avec pour conséquence des passages à l’acte de plus en plus graves.

Nous devons absolument sortir de cette « idéologie de la fée clochette », selon laquelle, en étant gentil et compréhensif et en « donnant du temps au temps », on transforme magiquement les jeunes délinquants violents en de paisibles citoyens.

Comme le sait n’importe quel parent responsable, la punition est une partie intégrante de l’éducation.

Le professeur Berger explique parfaitement les ravages causés par ce refus de la sanction :

« La progressivité de la sanction prive certains de ce miroir nécessaire qui leur indique ce qui est permis ou défendu, sans même parler de ce qui est bien ou mal. Et certains jeunes ne profitent du travail éducatif qu’après un passage dans un lieu de privation de liberté, privation de la liberté de frapper. La question n’est pas la prison en soi, mais la qualité de contenance et de pensée qui peut y être proposée. La multiplication des sursis, cette justice de la dernière chance, peut alors être pour ces sujets précisément une perte de chance. Ceci est loin d’être compris par beaucoup de responsables politiques. »

C’est en effet loin d’être compris par beaucoup de nos responsables politiques. Y compris, apparemment, par notre actuelle ministre de la justice, Nicole Belloubet.

Comme vous le savez, celle-ci effectue actuellement une réforme de la justice des mineurs par ordonnance, c’est-à-dire sans passer par le parlement. Et l’une de mesures phare de cette réforme sera d’inscrire dans la loi que les mineurs de moins de treize ans seront « présumés ne pas être capables de discernement », et donc ne seront pas considérés comme pénalement responsables de leurs actes.

Autant dire que Madame Belloubet s’engage dans la direction exactement opposée à celle qu’il faudrait prendre.

À l’IPJ nous sommes déterminés à lutter pied à pied, à ne rien laisser passer dans cette bataille cruciale.

Mais pour cela nous avons besoin de votre aide. Peu à peu l’Institut pour la Justice est devenu un acteur incontournable du débat judiciaire. Le principal opposant à tous les lobbys laxistes qui gangrènent l’appareil judiciaire. Mais il n’existe que grâce à vous.

Nous avons besoin de votre soutien pour pouvoir continuer notre action, pour pouvoir diffuser nos travaux, pour pouvoir continuer à alerter l’opinion publique, pour pouvoir continuer à rencontrer les élus et à marteler notre message auprès des pouvoirs publics.

Nous sommes une petite association et nous ne recevons aucune subvention. Tous les dons, mêmes minimes, sont précieux pour nous.

Faites un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Nous avons besoin de vous.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

Cette femme qui force l’admiration


Chère Madame, cher Monsieur,

Je vous demande de visionner la vidéo ci-dessous.

Les deux filles de Nadia Karmel ont été tuées par un chauffard en 2018. Cet homme a été jugé il y a quelques jours et a fait appel. Elle sait qu’elle va devoir affronter un nouveau procès dans quelques mois.

Écoutez la, en quelques mots Nadia Karmel explique ce qu’elle a traversé. Sa dignité est bouleversante.

Cliquez ici pour visionner son témoignage.

L’IPJ sera toujours du côté des victimes.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

La double peine des habitants des « quartiers sensibles »

Chère Madame, cher Monsieur,

« Le premier est arrivé, il m’a attrapée au niveau du thorax et de la taille et les deux autres m’ont attrapée les deux bras et m’ont arraché les bijoux et le sac à main et le matériel médical. C’est la police qui est venue me chercher parce que j’étais vraiment en état de choc, je n’arrivais même pas à conduire. »

La femme qui raconte ainsi son agression s’appelle Pauline Foti. Elle a 37 ans et travaille à SOS-médecin. Jeudi 7 novembre Pauline était en intervention dans le quartier des Moulins, à Nice, un quartier réputé « sensible ». C’est là que trois jeunes hommes s’en sont violemment pris à elle, pour la voler. D’une certaine manière, Pauline Foti a eu de la chance : elle s’en sort avec « seulement » plusieurs côtes fêlées, une entorse au genou et des ecchymoses sur le corps et le visage.

Et puis, bien sûr, la peur au ventre qui sans doute ne la quittera plus avant longtemps. Elle explique d’ailleurs qu’elle ne retournera plus travailler dans ces quartiers sans être protégée : « Il faut pouvoir être accompagnée d’au moins un policier armé, peut-être même un chien. Mais moi là, retourner seule avec un bouton d’alerte, ce ne sera pas suffisant. »

À la suite de l’agression de Pauline, qui n’est hélas pas un cas isolé, ses collègues de SOS-médecins ont pris la décision de ne plus intervenir dans le quartier des Moulins tant que les pouvoirs publics ne leur assureront pas une protection suffisante.

Pour les habitants des Moulins c’est bien sûr la double peine. Ils doivent subir au quotidien la loi des voyous et des bandes, et désormais ils ne peuvent même plus faire venir le médecin s’ils en ont besoin.

Une mère de famille explique : « J’ai trois enfants, imaginons qu’il leur arrive un truc grave, je fais comment si je ne peux pas les transporter et s’ils ne viennent pas ? Mais je comprends quand même qu’ils n’aient plus envie de venir. »

Cette double peine, des centaines de milliers de Français la subissent tous les jours.

Dans le quartier nord de Bondy, en Seine-Saint-Denis, les colis ne sont plus livrés par la Poste. Pour une raison très simple : les agressions répétées dont sont victimes les livreurs.

La Poste explique : « Suite à des faits récurrents de vols, d’agressions et de dégradations matérielles subies par nos agents, la distribution des Colissimo a dû être temporairement suspendue dans quelques rues du quartier Nord de Bondy. »

Et ce ne sont que deux cas récents, rapportés par la presse. La liste pourrait s’allonger pendant très longtemps.

Des médecins qui ne peuvent plus venir voir leurs patients sans être accompagnés par la police. Des pompiers qui ne peuvent plus intervenir sans être agressés, et qui doivent eux aussi se faire accompagner par la police. Des facteurs qui n’osent plus livrer le courrier… Voilà la réalité de la vie dans ces « quartiers sensibles » qui se comptent aujourd’hui par centaines. Ces quartiers dans lesquels les pouvoirs publics ont déversé des dizaines de milliards d’euros en « politique de la ville » mais où ils sont incapables de garantir aux habitants l’accès aux services les plus ordinaires et les plus indispensables.

Comme l’explique l’ancien préfet Michel Aubouin, les « quartiers sensibles » ce sont : « Une majorité de gens honnêtes, qui tirent le diable par la queue, et une minorité d’individus indélicats, qui rendent la vie infernale aux premiers. Entre les deux, un État qui ne choisit pas, qui n’intervient plus, qui laisse la majorité se débrouiller avec les voyous, qui ne peut empêcher qu’on brûle les voitures de ceux qui travaillent et ne protège pas leurs enfants. Au nom de la préservation de la paix publique, on fait porter la charge de l’insécurité sur ceux qui ont moins que les autres la possibilité de l’assumer. »

On dit parfois que ces quartiers sont des « ghettos ». Mais s’ils sont des ghettos ce n’est pas parce que leurs habitants auraient interdiction d’en sortir, c’est parce que les voyous qui y ont élu domicile contrôlent le territoire et filtrent soigneusement les entrées !

Les ghettos, ce sont ces endroits, de plus en plus nombreux, où les pouvoirs publics ne remplissent plus leur devoir élémentaire, qui est d’assurer la sécurité de tout un chacun.

Ces quartiers abandonnés à la délinquance et aux trafics ne sont pas seulement le symbole de la lâcheté de nos gouvernements successifs. Ils sont aussi les territoires sur lesquels se jouera l’avenir de la France. Car la criminalité qui n’est pas énergiquement combattue se répand peu à peu et finit par gangrener un pays tout entier. Voyez par exemple ce qui arrive au Mexique. Là-bas, les narco-trafiquants ont corrompu presque toutes les institutions. Les homicides se comptent chaque année en dizaine de milliers. Sans compter les enlèvements, les disparitions, le racket, les vols…

En France nous n’en sommes pas encore là. Mais il n’est que temps d’agir. À l’Institut pour la Justice nous en sommes pleinement conscients. Et c’est bien pourquoi nous ne cesserons jamais d’alerter l’opinion publique et de nous battre pour que le droit à vivre en sécurité soit une réalité pour tous.

Vous pouvez compter sur nous. La résignation ne fait pas partie de notre vocabulaire.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel