Le calvaire de Lorenzo

Chère Madame, cher Monsieur,

Samedi dernier, quatre cents personnes ont marché en silence dans les rues de Montpellier.

Les participants à cette marche blanche voulaient, par leur présence, rendre hommage à un jeune homme de 19 ans, prénommé Lorenzo.

Lorenzo qui, depuis le 23 août dernier, est cloué sur un lit d’hôpital après avoir subi une agression d’une violence extrême qui l’a laissé paraplégique jusqu’à la poitrine.

Cette nuit-là, le jeune homme finit une soirée avec trois de ses amis. Le petit groupe discute tranquillement sur le parking de la piscine de Lattes, à proximité de Montpellier.

Soudain, comme le rapporte France Bleu Hérault, une voiture fait irruption à leur niveau. À l’intérieur, deux autres jeunes, que Lorenzo et ses amis connaissent vaguement. Ces derniers veulent manifestement en découdre. Le ton monte. Et le tandem, très agressif, appelle par téléphone des « renforts ».

Sept autres personnes, dont trois jeunes filles, arrivent. Et la violence se déchaîne.

Lorenzo est immédiatement poussé dans un fossé et deux agresseurs s’acharnent sur lui. Sous la violence des coups, quatre de ses vertèbres cervicales sont fracturées.

Lorsque les gendarmes arrivent sur les lieux, Lorenzo est allongé sur le sol, il a repris connaissance. Il dit aux militaires : « Je ne peux plus bouger »…

Transporté d’urgence au CHU de Montpellier, Lorenzo est plongé dans un coma artificiel, puis opéré. Et le terrible diagnostic tombe : la moelle épinière est touchée, Lorenzo est désormais paraplégique.

Le jeune homme passera seize jours dans le coma. Aujourd’hui encore, il respire grâce à une trachéotomie, ses poumons ne fonctionnant plus seuls, et il est incapable d’effectuer les gestes de la vie quotidienne.

« Il ne peut même plus manger, se laver les dents, aller aux toilettes…  », expliquait sa mère, Élise, au journal Midi Libre en novembre dernier. « Il a déjà fait cinq infections pulmonaires, il a failli mourir deux fois depuis qu’il est là. Il y a aussi le risque du Covid ». Il parvient, malgré tout, à communiquer avec son entourage en tapant quelques lettres sur un téléphone portable.

Les agresseurs de Lorenzo ont été arrêtés.

Mais, au bout de quatre jours, ils ont été libérés en attendant le procès car ils ont pu fournir des garanties de représentation.

À la souffrance et à l’angoisse provoqués par l’état de Lorenzo, s’ajoute désormais l’incompréhension pour la famille du jeune homme.

« Comment peut-on agir de cette façon, commettre de tels actes et être tranquillement dehors ? » demande sa mère. « Eux (les agresseurs présumés) ont fêté Noël et le jour de l’An pendant que Lorenzo était dans son lit tout seul. »

Transféré dans un centre spécialisé, Lorenzo devrait commencer sa rééducation le printemps prochain. L’enquête est toujours en cours pour déterminer les circonstances exactes de ce drame terrible, qui a brisé net la vie d’un jeune homme de 19 ans à qui l’avenir semblait sourire.

Mais, quels que soient les résultats de cette enquête, nous savons tous que ce qui est arrivé à Lorenzo n’est pas juste « un fait-divers », que son histoire n’est pas juste un tragique accident.

Cette violence extrême, et apparemment sans raison, qui s’est déchainée contre Lorenzo fait désormais régulièrement la Une des journaux.

Souvenons-nous de Philippe Monguillot, chauffeur de bus tabassé à mort pour une simple histoire de ticket en juillet dernier, à Bayonne.

Souvenons-nous d’Axelle Dorier, aide-soignante de 23 ans, fauchée puis trainée à grande vitesse sous une voiture parce qu’elle voulait empêcher celui qui venait d’écraser son chien de s’enfuir. C’était le 19 juillet dernier.

Souvenons-nous de Victorine Dartois, jeune fille de 18 ans, retrouvée noyée, au mois de septembre, dans un ruisseau à proximité du domicile de ses parents, tuée par un homme qu’elle n’avait jamais rencontré auparavant, juste parce qu’elle l’aurait « bousculé » en faisant son jogging.

Souvenons-nous de tous ces anonymes qui remplissent presque quotidiennement la rubrique des « faits-divers » : tabassés sauvagement pour avoir demandé à des « jeunes » de faire moins de bruit, ou bien pour avoir fait un appel de phare à un chauffard, ou bien pour un autre motif plus futile encore.

Le cas de Lorenzo n’est pas « la faute à pas de chance », il est malheureusement exemplaire de cet ensauvagement de notre société que nous pouvons constater au quotidien et que même les plus hauts responsables politiques finissent par admettre.

Et la seule manière de stopper cette montée de la violence, c’est que la justice fasse enfin pleinement son travail. Son travail qui n’est pas de « réhabiliter » les délinquants, mais de punir les crimes et délits et de protéger les honnêtes gens.

C’est pour cela que l’Institut pour la Justice se bat depuis qu’il existe. Et c’est pour cela que nous continuerons à nous battre sans relâche.

Lorenzo aurait pu être un de mes enfants. Il aurait pu être un des vôtres, il aurait pu être votre frère, votre petit-fils, il aurait pu être un membre de votre famille.

Toutes nos pensées vont à Lorenzo et à ses proches. Et toute notre détermination se tourne vers les combats à venir. Pour la justice, et pour la sécurité des Français.

Avec tout mon dévouement,

Axelle Theillier

Le tsunami ne s’arrêtera-t-il jamais ?

Chers amis,

La France n’est plus tellement la France, nous le savons depuis déjà de nombreuses années. C’est particulièrement vrai dans les villes, mais, pour nous réchauffer le cœur, nous avons pour habitude de nous dire, « ah, mais à la campagne, la France reste la France, paisible, rurale, traditionnelle »…

Alors quelle déception en voyant la « Une » du Figaro hier matin !
« La délinquance gagne la France des campagnes »,

Voilà le gros titre du Figaro.

Et en effet, le journal publie les chiffres de la délinquance de 2020. Ils nous apprennent que cette vague, venue initialement des quartiers « sensibles » des grandes métropoles, a commencé à atteindre les campagnes. Ce qui nous restait de tranquillité, à nous, citoyens honnêtes, n’existera bientôt plus.

Car les chiffres sont glaçants :
  –   + 8% de violences dans les campagnes en 2020.   –   Les violences graves (homicides, tentatives d’homicide et règlements de comptes) y ont augmenté de près de 15%.   –   Plus fortes hausses en Bretagne : +30% d’augmentation des coups et blessures en Ille-et-Vilaine, +22% dans les Côtes d’Armor, +19% dans le Finistère.   –   Le Sud-Ouest suit de très près : le Tarn, +34% ou le Gers, +24,5%.   –   À long terme, la tendance est TRÈS inquiétante : en France, en 2000, on comptait 164 000 faits de violence, contre 428 000 faits en 2019, soitpresque TROIS FOIS PLUS.

Comment expliquer ces chiffres ?

Il y a plusieurs explications.

D’abord, le confinement a certainement entraîné des irrégularités statistiques. Un nombre non-négligeable de citadins se sont confinés dans les campagnes. Augmentation de la population = augmentation de la délinquance. Logique.

Mais ce sont ensuite des explications plus inquiétantes.

D’abord, l’extension du trafic de drogues. Longtemps l’apanage des villes, il est désormais devenu monnaie courante dans les campagnes. Ainsi, selon les chiffres de la direction générale de la gendarmerie nationale, les gendarmes avaient repéré 1 500 trafics en 2018, et ce chiffre est monté à 1 900 en 2019. La situation se dégrade très rapidement.

Ensuite, on remarque que l’augmentation de la délinquance est particulièrement forte dans l’Ouest de la France. En effet, les faits divers y ont été très nombreux cette année. La Bretagne, l’Aquitaine, qui ont longtemps eu une délinquance plus faible que le reste de la France, ont vu leurs niveaux augmenter beaucoup plus vite que le reste du pays.

Pourquoi ? À la mode, ces régions ont attiré beaucoup de français ces dernières années, mais également des populations immigrées, plus pauvres et plus sujettes à la délinquance. Les mineurs non-accompagnés ont ainsi particulièrement fait parler d’eux à Bordeaux cette année et il suffit de faire un tour près de la gare pour mesurer la tension.

À ce titre, les problèmes chroniques d’insécurité à Nantes, devenue une des villes les plus problématiques de France, auront été prophétiques.

Enfin, le gouvernement a annoncé son plan pour répartir les migrants dans toute la France, avec pour but de désengorger l’Ile-de-France. Il y a fort à parier que la tendance actuelle continuera. Ce nouveau plan aura pour effet d’augmenter l’ampleur de la ghettoïsation des petites villes de province, la France rurale et paisible est véritablement en danger ! Alors, quoi faire ?

La situation est grave, mais il reste des solutions. Entre autres solutions, une profonde réforme du système judiciaire peut permettre une lutte efficace contre la délinquance.

Des jugements fermes et bien exécutés sont un message envoyé aux délinquants que nous ne transigerons pas sur la sécurité dans notre pays. Les jugements d’expulsion doivent tous être exécutés, les peines de prison fermes doivent toutes être purgées, les vols et les délits doivent tous être sanctionnés.

L’Institut pour la Justice se bat pour cette réforme. L’IPJ est la seule association de France qui lutte contre l’insécurité. Nous faisons des études pour expliquer ce phénomène, nous communiquons sur internet et dans les médias pour faire prendre conscience aux français, et SURTOUT, nous travaillons au quotidien pour faire entendre VOTRE voix aux députés, aux sénateurs, aux ministres.

C’est pour cela, entre autres, que grâce à l’IPJ, un amendement sera examiné au Parlement en février pour que les témoins d’agression de pompiers puissent témoigner anonymement au tribunal. Les pompiers seront moins seuls lorsque leurs agresseurs seront jugés.

Et c’est parce que nous sommes fiers de ce travail, notre travail, que nous osons vous demander de faire un don à l’Institut pour la Justice. Pour que nous puissions continuer notre combat, et même l’amplifier, pour que nos enfants, nos petits-enfants, nos parents soient protégés, et parce que notre pays mérite la tranquillité !

Pour faire un don, cliquez ici.

Croyez, chers amis, à mon entier dévouement.

Pierre-Marie Sève

La lâcheté engendre le chaos

Chère Madame, cher Monsieur,

Ce sont des images désormais tristement banales mais auxquelles il est impossible de s’habituer.

Dimanche dernier, un simple contrôle routier a tourné au lynchage de deux policiers, à Aulnay-Sous-Bois.

Ce jour-là, vers 17h, deux policiers de la Compagnie de sécurisation et d’intervention de la Seine-Saint-Denis (CSI 93) procèdent au contrôle de deux hommes qui circulaient à moto.

Le conducteur n’a sur lui aucun des documents qu’il devrait avoir, ni permis de conduire, ni certificat d’immatriculation du véhicule. Son passager propose alors aux policiers d’aller récupérer les papiers au domicile du conducteur, situé à proximité selon lui. Sans méfiance, les agents acceptent.

Mais, au bout de quelques minutes, le passager revient accompagné d’une quinzaine d’individus bien décidés à en découdre.

Violemment pris à partie, les policiers tentent d’interpeller l’un des mis en cause mais reçoivent de nombreux coups, notamment au sol. Pendant ce temps-là, comme c’est aujourd’hui habituel, quelqu’un filme…

Sur la vidéo on peut entendre les agresseurs s’encourager mutuellement : « Nique-le ! Shoot dans la tête ! B****-lui sa mère », hurle l’un d’eux.

Blessés, les deux policiers ont été transportés à l’hôpital. L’un s’est vu attribuer 7 jours d’Incapacité totale de travail (ITT), le second 21 jours d’ITT, alors même qu’ils étaient protégés par leur équipement et leur casque ! De telles durées d’ITT témoignent de la violence du passage à tabac qu’ils ont subi.

À aucun moment les agents n’ont tenté d’utiliser leurs armes de service. Sur la vidéo, on ne les voit même pas rendre les coups qu’ils reçoivent. L’un d’eux se contente d’essayer d’immobiliser l’un des suspects, évidemment sans succès.

Vous vous souvenez sans doute de ce qui s’est passé à La Grande Borne, le 8 octobre 2016 : ce jour-là, un commando d’individus cagoulés est sorti du quartier – l’un des pires de France en termes de criminalité – pour incendier deux véhicules de police qui stationnaient de l’autre côté de la route départementale et tenter de tuer leurs occupants. Les quatre agents visés survivront miraculeusement à cette tentative d’assassinat.

Aucun d’entre eux n’a essayé d’utiliser son arme pour se défendre durant l’attaque, alors même que les membres du commando essayaient de les immoler à l’intérieur de leur voiture.

Vous vous souvenez sûrement de l’attentat islamiste qui a eu lieu à la Préfecture de Police, le 3 octobre 2019. Ce jour-là, Mickaël Harpon, un agent de la préfecture, a poignardé à mort quatre de ses collègues.

Un ancien haut fonctionnaire, très bon connaisseur de la police, nous confiait peu de temps après cet attentat : « À la Préfecture de Police, beaucoup de gens sont armés. Le périple meurtrier de Mickaël Harpon a duré presque dix minutes et cependant aucune des personnes qu’il a croisées n’a sorti son arme. Il a fallu qu’il soit finalement abattu par un policier stagiaire dans la cour de la Préfecture. »

Nous le voyons pratiquement tous les jours : les policiers et les gendarmes préfèrent céder le terrain à la délinquance plutôt que de risquer un affrontement qui pourrait faire des blessés ou des morts.

Pourquoi ? Parce qu’ils ont des consignes extrêmement strictes de la part du pouvoir politique, qui craint par-dessus-tout un embrasement des « cités ».

Dans « 40 ans dans les cités », l’ancien préfet Michel Aubouin rappelle que la formation des zones de non-droit n’est pas qu’une question de moyens insuffisants : « C’est aussi une question de doctrine. Les policiers de la BAC, qui y risquent leur vie chaque soir, craignent la sanction plus que la blessure, à cause d’une interpellation qui aurait mal tournée. La peur de la bavure les accompagne en permanence. »

Ces consignes paralysantes engendrent un cercle vicieux particulièrement dangereux : prenant l’habitude de voir les forces de l’ordre craindre l’affrontement, les délinquants s’enhardissent et résistent systématiquement. Ils n’hésitent plus à agresser des policiers à la moindre occasion, comme à Aulnay-Sous-Bois.

Et, lorsque les forces de l’ordre tentent de reprendre le contrôle, elles doivent utiliser un degré de violence d’autant plus grand que ceux à qui elles font face n’ont peur ni de la police, ni de la justice.

Cela engendre parfois des dérapages, qui sont immédiatement médiatisés et qui ont pour conséquence des consignes encore plus strictes et encore plus paralysantes données aux policiers et aux gendarmes.

Et ainsi de suite.

Les seules fois où ces consignes se relâchent, apparemment, c’est lorsqu’il s’agit de protéger le pouvoir lui-même, comme lors des manifestations des « gilets jaunes ». Ce qui bien sûr, aggrave le sentiment de deux poids deux mesures et la défiance de la population envers les institutions, au premier rang desquelles les forces de l’ordre.

Cette lâcheté des décideurs politiques nous fait courir tout droit à la catastrophe.

Dans un pays civilisé, les forces de l’ordre devraient avoir pour consigne d’employer toute la force nécessaire pour que force reste à la loi. Ni plus, ni moins. Et par ailleurs la justice devrait punir sans faiblesse les délinquants et la loi devrait être la même pour tous, sur tout le territoire.

L’alternative, c’est le chaos, le retour à la barbarie. Et c’est ce qui se profile un peu plus chaque jour.

Mais à l’IPJ, nous n’avons pas l’intention de baisser les bras. Cette année encore nous allons nous battre de toutes nos forces pour que le bon sens l’emporte enfin sur l’idéologie. Pour dénoncer, interpeller les pouvoirs publics, et proposer des solutions à l’efficacité prouvée.

Le déclin n’est pas une fatalité. Mais pour continuer à agir, nous avons besoin de votre aide.

C’est exclusivement pour vous et grâce à vous que notre association existe. Chaque don, même minime, nous est précieux. Vous pouvez nous faire un don en cliquant ici.

Si nous n’agissons pas, qui le fera ?

Avec tout mon dévouement,

Axelle Theillier

Que nous réserve 2021?

Chers amis de l’IPJ,

Je vous souhaite une très belle année, ainsi qu’à tous ceux qui vous sont chers.

Que les mauvais moments et les sacrifices de 2020 soient derrière nous et que l’on puisse aller de l’avant !

Mais pour aller de l’avant, il faut que les choses changent. Et malheureusement, en ce début d’année, difficile d’y croire.

Le 1er janvier, nous avons suivi le démantèlement heure par heure de la « rave party » en Bretagne qui a fait trembler le ministre de l’Intérieur, au point même d’organiser une réunion d’urgence dans son ministère vendredi soir. Cette histoire pourrait être un canular. Nos forces de l’ordre ont reculé au moment de disperser tous ces énergumènes.

D’un côté, il y a les gens honnêtes et droits, qui s’accommodent des contraintes et respectent les règles, et de l’autre, il y a ceux qui enfreignent la loi, qui la contournent et qui se moquent des conséquences. D’ailleurs, quelles conséquences ?

Le mot d’ordre au sommet de l’État en matière de Justice pourrait être : « Dur avec les faibles et faible avec les durs ».

C’est inacceptable.

En 2021, nous devons prendre le taureau par les cornes. Il en va de la survie de notre pays et de son modèle de société.

Nous voulons que nos dirigeants soient libérés de leur chape de plomb idéologique et qu’ils affrontent la réalité telle qu’elle se présente, qu’ils ne se trompent pas en désignant les ennemis.

Alors croyez-moi, avec mon équipe de l’IPJ, cette année encore, nous allons œuvrer pour que les choses changent. Pour notre sécurité et celle de nos enfants.

Avec tout mon dévouement,

Axelle Theillier

PS : Notre délégué général a rédigé une tribune dans Le Figaro sur cette histoire de « rave party », je vous invite à la lire en cliquant ici.

Seuls face aux dealers

Chère Madame, cher Monsieur,

Georgina a 26 ans. Elle habite un immeuble de belle apparence, situé à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Ce jour de novembre, elle fait visiter les lieux à une personne d’une société de ménage. Dans le hall d’entrée elle croise un groupe de six jeunes hommes en train de « tenir les murs ». L’un d’eux jette son mégot de cigarette par terre devant elle.

Georgina lui demande poliment de bien vouloir le ramasser, mais l’homme refuse et l’insulte immédiatement : « Va te faire enculer, connasse… bref, c’est le langage habituel dans ces cas-là », raconte-t-elle à France Bleu Paris.

Ces jeunes ne sont évidemment pas là par hasard. Ce sont des dealers et ils considèrent cet immeuble comme leur territoire.

Le ton monte et devient menaçant. Heureusement pour Georgina, des locataires entendent le bruit de la dispute et sortent pour prendre sa défense. Se trouvant en infériorité numérique les dealers finissent par partir mais promettent de revenir.

Très inquiète, Georgina se rend au commissariat de police dans l’après-midi, avec un des locataires, mais la policière qui les reçoit ne prend pas leur main courante. « On a été très mal reçus, elle nous a fait attendre deux heures pour, à la fin, nous dire qu’elle ne pouvait pas prendre de main courante car le logiciel est cassé ». La jeune femme et son voisin repartent donc chez eux, plus inquiets que jamais.

Et en effet, le soir même, les dealers mettent leurs menaces à exécution.

Un groupe d’une trentaine d’hommes pénètre tout à coup dans l’immeuble et se dirige vers le 1er étage, là où habitent quelques-uns des locataires qui ont défendu Georgina dans la matinée. Aussitôt ils entreprennent de défoncer la porte.

Georgina raconte : « J’ai entendu des gros boums, des cris et ils ont eu le temps de saccager l’appartement, de lacérer le dos d’un des locataires, d’arracher leurs vêtements, de voler leur argent… et ils jettent ce monsieur par la fenêtre et s’en vont. »

La police arrive après la bataille et se contente de conduire à l’hôpital le pauvre homme qui a été défenestré.

Imaginez l’angoisse dans laquelle Georgina et ses voisins vivent depuis cette attaque hors-norme. Ils surveillent constamment la rue depuis leurs fenêtres et craignent un nouvel assaut. « On a franchi un cap, ils n’ont plus aucune limite ! », explique-t-elle. « On sait qu’ils reviendront un jour, parce que déjà ils ne m’ont pas encore retrouvée, je suis la prochaine sur la liste ».

Peut-être, cette fois-ci, la police consentira-t-elle à faire quelque chose ? Ou peut-être attendra-t-elle qu’il y ait un mort ?

Sans doute êtes-vous horrifié en lisant le témoignage de Georgina, comme je l’ai été. Et peut-être vous dites-vous, pour vous rassurer, qu’il s’agit d’une aberration, d’un cas isolé.

Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Moins de quinze jours après que France Bleu ait rapporté l’histoire de Georgina, je tombe dans le journal Le Parisien sur un gros titre : « Sevran : les copropriétaires repoussent à mains nues les dealeurs qui convoitent leur résidence ».

Il s’agit d’un immeuble flambant neuf, avec un jardin soigneusement entretenu et un grand parking en sous-sol, situé dans un quartier pavillonnaire de Sevran. Le rêve pour des jeunes ménages avec des enfants en bas-âge, primo-accédant à la propriété.

Mais, à peine livré, le nouvel immeuble est convoité par des trafiquants de drogue. Les propriétaires expliquent : « Un groupe de personnes essaie de nous intimider pour obtenir un accès à notre parking. (…) Ils nous ont clairement expliqué qu’ils voulaient avoir accès à notre parking et disposer de tous les accès, y compris ceux aux parties communes pour pouvoir mettre en place leurs trafics et s’échapper si besoin. »

Puis, le lundi 7 décembre, les dealers mettent leurs menaces à exécution et tentent de s’installer dans le parking. Seulement, une trentaine de copropriétaires les attendent sur le trottoir.

Très vite le ton monte, des coups sont échangés. Les dealers battent en retraite, mais reviennent presque aussitôt armés de couteaux et de marteaux.

Les résidents sont alors encore une dizaine. « Nous avons chargé en un bloc comme des rugbymen », racontent-ils. Les délinquants s’enfuient. Les habitants de l’immeuble ont gagné. Mais pour combien de temps ?

Ils l’avouent : « Nous sommes morts de peur. » D’ailleurs, aucune plainte n’a été déposée, seulement une main courante car ils ont peur des représailles.

« Cela fait deux ans que nous alertons la municipalité sur le fait que les moyens policiers sont totalement insuffisants sur notre secteur. Nous n’avons aucun commissariat de plein exercice », déplorent-ils.

Et ils le savent : demain les trafiquants reviendront…

Que peuvent des honnêtes gens face à des délinquants qui, comme le dit Georgina, n’ont aucune limite et ne craignent absolument pas la police ni la justice ? Surtout que nul n’ignore que les pouvoirs publics, qui sont incapables de nous protéger, savent se montrer impitoyables avec ceux qui ont le malheur de se défendre par leurs propres moyens.

Peu à peu les quartiers dits « sensibles » se multiplient, le cancer de la criminalité gagne du terrain, nous pouvons le constater jour après jour. Pour deux cas rapportés par les médias, comme celui de Georgina ou des habitants de l’immeuble de Sevran, combien y en a-t-il dont nul ne parle jamais ?

Combien sont-ils ces Français anonymes qui doivent baisser quotidiennement les yeux devant des délinquants en passant dans le hall de leur immeuble ? Qui doivent faire semblant de ne pas voir les trafics qui ont lieu en bas de chez eux pour ne pas avoir leur voiture brûlée ou leur appartement cambriolé ?

Demain, après-demain, cela pourrait se produire là où nous habitons. Plus aucun endroit n’est à l’abri, à part peut-être les palais de la République, et tout peut basculer très vite.

Alors nous n’avons pas le choix. Comme les habitants de l’immeuble de Georgina, comme les habitants de l’immeuble de Sevran, nous devons résister, nous devons nous battre, avec les moyens dont nous disposons.

C’est pour cela que l’Institut pour la Justice existe. Pour faire entendre la voix des victimes, pour porter les revendications de tous les Français qui aspirent simplement à vivre en sécurité. Pour dire haut et fort que des solutions existent et qu’elles doivent enfin être appliquées.

Votre combat est le nôtre, et vous pouvez compter plus que jamais sur notre entière détermination.

Avec tout mon dévouement,

Axelle Theillier

J’ai eu rendez-vous avec Marlène Schiappa

Cher amis,

Après avoir sollicité les ministères de la Justice et de l’Intérieur, j’ai enfin reçu une réponse il y a deux semaines du cabinet de Marlène Schiappa, ministre en charge de la délinquance. Ils m’ont donné rendez-vous mardi dernier au ministère de l’Intérieur.

Mais le plus croustillant de ce rendez-vous s’est passé avant d’arriver au ministère, sur le trajet. En effet, il m’est arrivé une petite aventure que je vais vous conter.

Le ministère de l’Intérieur est situé dans le centre de Paris, tout près du palais de l’Élysée.

Ayant rendez-vous à 14h, j’ai pris la ligne 1 du métro vers 13h30.
En entrant dans la station de métro, la voix de la responsable RATP, un peu affolée, résonne dans la station : « Mesdames, messieurs, attention à vos affaires, il y a des pickpockets dans la station ! », le genre de message qu’on entend régulièrement.

En effet, je croise un jeune homme et une jeune fille, probablement originaires d’Europe de l’Est, qui lorgnent mon portefeuille. Deux minutes plus tard, je les retrouve dans le même wagon que moi.

Je vous décris la scène. Je suis debout au milieu du wagon. Eux se sont assis sur les strapontins à ma droite. Ils regardent à droite, à gauche, et semblent avoir jeté leur dévolu sur les touristes sud-américaines derrière eux.

Ils sont prêts à passer à l’action, j’hésite à faire quelque chose. Dans le wagon, il y a essentiellement des femmes, pas simple s’ils décident de s’en prendre à moi.

Quelques secondes passent et je les vois faire un signe à quelqu’un à l’autre bout du wagon.

C’en est trop, je m’écrie bien fort : « Attention mesdames et messieurs, les deux loustics là sont des pickpockets, faites attention à vos affaires ! ». Tout le monde se retourne vers moi et je répète mon message en pointant les deux pickpockets. Repérés, ils réagissent immédiatement.

La jeune fille essaye de me donner des coups et me traite de « fils de p**** ». Je mesure 1m90, elle 1m50, elle n’insiste pas. D’ailleurs, nous arrivons à la prochaine station. Les deux jeunes décident de sortir. Je me dis que c’est gagné.

Ils sont dehors, mais les portes tardent à se refermer. La sirène retentit. Mais le temps que les portes se referment, la petite crapule a le temps de passer son bras et de me balancer, à la figure, son jus de fruits.

Nous sommes deux touchés, littéralement trempés du visage. J’avais sorti mon beau costume pour aller au ministère, et me voilà plein d’une substance non identifiée visiblement collante.

J’ai pu m’essuyer avec des mouchoirs que m’ont tendu les voyageurs et la jeune fille qui allait vraisemblablement être volée m’a gentiment remercié d’avoir fait fuir les voleurs.

Je l’avoue : j’ai laissé échapper quelques beaux jurons. J’étais très énervé.

Je ne vous raconte pas cette histoire pour me dépeindre en héros (que je ne suis pas). Je vous le dis pour vous faire réaliser à quel point la situation est grave : en France, alors qu’il a rendez-vous au ministère de l’Intérieur, le représentant d’une association contre l’insécurité en est lui-même victime sur le chemin.

J’ai fait de ce jus de fruit un trophée. J’ai parlé à tous les (nombreux) policiers que j’ai croisés entre le métro et le ministère.
J’ai tonné à l’entrée du ministère devant la vingtaine de policiers qui procèdent au contrôle pour leur raconter ce qui s’était passé. Pour tout vous dire, les policiers sont d’accord avec moi, même l’huissier du ministère m’a glissé que j’avais raison, qu’on ne reconnaissait plus notre pays…

La semaine d’avant, mon voisin d’immeuble se faisait cambrioler, j’ai vu les cambrioleurs de mes propres yeux ! Et en janvier dernier, je me suis fait poursuivre à Lyon par deux racailles avec un cutter tout simplement parce que je leur avais dit de baisser leur musique.

La France devient un pays de sauvages, c’est ÉVIDENT. Et il faut le dire et agir contre cela pour que cette situation cesse…

Je vais quand même vous parler du rendez-vous avec les deux conseillers de Marlène Schiappa. Ils ont eu droit à un sermon musclé sur l’état de la France. Je leur ai fait part de mes inquiétudes, de NOS inquiétudes.

Je leur ai parlé des rodéos urbains, de la délinquance des mineurs, des violences contre les pompiers, de l’immigration. Ils ont été très courtois et ils m’ont écouté jusqu’au bout pendant près d’une heure et demi. Mais il est évident que nous ne pourrons compter sur eux et sur le gouvernement actuel pour régler nos problèmes.

Ils m’ont donné leurs solutions mais je reste très sceptique. Extrait d’un dialogue :
  • Des jeunes de la cité ont reconstruit un bâtiment qui avait été brûlé, c’est formidable.   • Mais vous n’avez pas l’impression d’avoir le même genre de bonne nouvelle depuis 40 ans et que pourtant, depuis 40 ans, les choses ne BOUGENT PAS ?
  • …

Si nous voulons que les choses changent, nous devons nous mobiliser nous-mêmes, les citoyens. Nous devons être suffisamment nombreux pour faire comprendre à tous les politiques que nous ne leur laissons plus le choix : il FAUT régler ces problèmes !!!

C’est notamment parce que nous devons nous-mêmes nous mobiliser que je vous demande de signer cette pétition pour mettre fin à l’impunité des Black blocs.

Un ancien magistrat nous a conseillés et il a élaboré les solutions que nous soutenons dans cette pétition. Nous avons besoin de 50 000 signataires pour aller voir Jean Castex. Alors signez et transmettez à vos proches cette pétition.

N’oubliez pas que c’est notre seul moyen de faire changer les choses.

Je vous le demande, j’ai 26 ans, et je ne peux pas accepter de vivre le reste de ma vie dans un pays ensauvagé. Alors signez s’il vous plaît.

Je vous remercie et vous dis à très bientôt.

Veuillez croire, chers amis, à mon dévouement sans faille,

Pierre-Marie Sève
Délégué général de l’Institut pour la Justice

« Contrôles au faciès » : de qui se moque-t-on ?

Chère Madame, cher Monsieur,

« Aujourd’hui quand on a une couleur de peau qui n’est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé (…) On est identifié comme un facteur de problème et c’est insoutenable. »

Par cette petite phrase, prononcée lors d’une longue interview accordée vendredi dernier à un média en ligne, Emmanuel Macron a mis le feu aux poudres.

Les policiers se sont étranglés de s’entendre ainsi accusés implicitement de racisme et des syndicats de police ont appelé à ne plus faire de contrôles d’identité en attendant qu’Emmanuel Macron revienne sur ses propos. D’autres syndicats de police ont annoncé qu’ils suivraient l’initiative.

Alors que la France est au bord de l’abîme, avec une situation sociale explosive et une délinquance hors de contrôle, le chef de l’État a choisi de faire un grand pas en avant en se mettant à dos les forces de l’ordre !

Mais d’abord, comment Emmanuel Macron peut-il affirmer ce genre de choses, alors que les statistiques ethniques sont censées être interdites en France ?

En fait, comme très souvent dans notre pays, il y a la règle, et puis il y a les exceptions…

L’affirmation à l’emporte-pièce du président de la République repose vraisemblablement sur une étude du Défenseur des droits, publiée en 2017 sous le titre « Relations police/population : le cas des contrôles d’identité », étude dont les médias ont reparlé récemment.

En quoi consiste cette fameuse étude ? 5 117 personnes ont été interrogées au téléphone, et on leur a posé la question : « Au cours des 5 dernières années, combien de fois avez-vous eu personnellement un contrôle d’identité par la police ou la gendarmerie ? ». Et on leur a également demandé « Comment pensez-vous que les autres vous voient ? ». Parmi les réponses : « blanc », « noir », « arabe », « asiatique », « métis », « maghrébin », « autre ».

En combinant ces deux réponses, on s’aperçoit que les individus qui se considèrent comme « noir » ou « arabe », ou « non-blanc » comme dirait le chef de l’État, disent avoir été contrôlés beaucoup plus souvent que les autres.

La première chose à remarquer, c’est que cette étude est purement déclarative, elle ne repose pas sur une observation objective du comportement des policiers. En fait, la seule chose qu’elle mesure vraiment, c’est un ressenti. Et rien ne garantit que ce ressenti corresponde à la réalité.

La deuxième chose, c’est qu’il ressort de cette même étude que les forces de l’ordre contrôlent beaucoup plus fréquemment les hommes que les femmes (5 fois plus) et les jeunes que les moins jeunes (les moins de 25 ans déclarent sept fois plus de contrôles que les autres).

Et pourtant, personne n’a encore pensé à accuser policiers et gendarmes d’être « sexistes » envers les hommes ou bien de faire de la « jeunophobie » !

La raison est très simple : tout le monde comprend très bien que la délinquance n’est pas également répartie au sein de la population et que les délinquants, dans une écrasante majorité, sont des hommes jeunes.

En France, le mois dernier, les hommes représentaient 96% de la population carcérale. Va-t-on demander aux forces de l’ordre de contrôler davantage les femmes, pour essayer de rétablir l’équilibre ?

Non, bien sûr, ce serait absurde. La police doit adapter son activité aux caractéristiques de la délinquance, et si elle constate que les délinquants, et particulièrement les délinquants violents, sont presque toujours des hommes, il est normal qu’elle contrôle surtout des hommes. Pareil pour l’âge.

Par conséquent, si on constate que la police contrôle davantage les « non blancs », la première question à poser c’est : quelle est la composition ethnique de la délinquance ?

Comme le dit Thierry Clair, secrétaire national du syndicat de police UNSA : si on se lance dans les statistiques ethniques, « il faut le faire dans tous les sens : pas seulement regarder les contrôles de police, mais étudier aussi l’origine des délinquants, et ne pas oublier non plus les victimes ! Dans certains quartiers, 70% de la population est d’origine étrangère. Eh bien, on retrouve cette proportion chez les personnes contrôlées, de même que chez les délinquants et chez les victimes ».

Mais là, silence radio ! Aucun chiffre officiel. Interdiction de savoir.

Ou plutôt, il s’agit d’un secret de polichinelle. Tout le monde le sait, mais il est interdit de le dire tout haut.

Un commissaire chevronné nous confiait un jour qu’il avait, par curiosité personnelle, recensé tous ceux que son service avait mis en cause durant les années qu’il avait passées à la tête d’une unité chargée de lutter contre le grand banditisme. « Sur 500 procès-verbaux de garde à vue, j’ai trouvé 75% de patronymes africains ou nord-africains. Le reste était des antillais, des manouches… je n’ai pas trouvé plus de 30 personnes s’appelant Dupond ou Durand. »

La réalité, que connaissent tous ceux qui observent honnêtement l’action des forces de l’ordre, c’est que celles-ci concentrent leur activité là où se produisent le plus d’actes de délinquance, et que ces zones de forte délinquance sont le plus souvent des zones où les habitants sont très majoritairement des « non blancs ».

Et dans ces quartiers, policiers et gendarmes ne contrôlent pas les gens à cause de la couleur de leur peau, mais à cause de leur comportement. Il y a un parler, une démarche, une attitude « racaille » qu’un policier apprend vite à connaître. Plus généralement, un agent ayant un peu de métier sait qu’il y a certains comportements qui sont plus associés que d’autres à la délinquance. Et c’est sur la base de ces indices qu’il va contrôler.

Le criminologue Alain Bauer rappelle ainsi que des chercheurs américains avaient remarqué que les policiers contrôlaient davantage les automobilistes noirs que les automobilistes blancs, y compris lorsque les policiers étaient eux-mêmes noirs.

Leur première hypothèse a été que les policiers étaient racistes. Mais, en approfondissant leur recherche, ils sont parvenus à une autre conclusion : « l’ensemble des policiers ne se fondaient pas sur un critère ethnico-racial, mais sur les voitures des personnes contrôlées. Or, en moyenne, celles des Noirs étaient davantage des poubelles que celles des Blancs ».

La petite phrase d’Emmanuel Macron était diffamatoire pour les forces de l’ordre, et totalement irresponsable dans le contexte actuel.

Et il est insupportable de voir le deux poids deux mesures dont font preuve nos dirigeants en matière de statistiques ethniques. Pour accuser les policiers, ou les Français, d’être racistes, on trouve toujours des chiffres à citer. Mais lorsqu’il s’agit de parler honnêtement de la délinquance, on ne trouve plus rien !

La vérité, rien que la vérité, mais toute la vérité. Voilà ce que nous attendons et non pas des petites phrases démagogiques. Et l’Institut pour la Justice sera toujours du côté de la vérité.

Avec tout mon dévouement,

Axelle Theillier

Cassons les casseurs!

Chers amis,

Ce weekend ont eu lieu des manifestations dans toute la France pour protester contre une loi inutile et mal faite.

Malheureusement, des centaines de « Black blocs » ont rejoint les manifestations.

Ces Black blocs, sont nés dans les années 1980 en Allemagne et en Europe de l’Est. Habillés tout en noir, ils sont organisés, insaisissables, se disent anarchistes et ont un seul argument : la violence.

Face à eux, encore une fois, notre État a failli. Il a fait reculer la police partout, pour éviter le scandale ou les accusations de racisme…

Résultat : des terrasses de restaurants ravagées, des policiers mis littéralement en feu, des voitures détruites. Le quartier de la Bastille à Paris a été saccagé une nouvelle fois par les Black blocs.

Il y a bien eu quelques interpellations, mais il n’y aura probablement AUCUNE condamnation.

Et dire que, dans le même temps, nous apprenions que le Tribunal de Vesoul condamnait une vieille dame atteinte d’Alzheimer parce qu’elle s’était trompée de date sur son attestation covid…

L’État français fidèle à lui-même : fort avec les faibles, faible avec les forts !

Les Black blocs sont des véritables délinquants, des criminels. Aux États-Unis, ils ont tué des policiers ces derniers mois.

Venus de toute l’Europe, ils sont de plus en plus nombreux. Nous les avons vus à Notre-Dame-des-Landes, aux manifestations contre la Loi Travail, et d’autres événements de ce genre…

Savez-vous quel est leur slogan ? ACAB : All Cops Are Bastards : « tous les flics sont des salauds ». Et ils ont le culot de nous demander de ne pas faire d’amalgames !

En bout de ligne, ceux qui trinquent sont d’ailleurs toujours les mêmes. Les restaurateurs dont les terrasses ont été détruites, les citoyens honnêtes qui ont perdu leurs voitures, les commerçants dont les vitrines ont été saccagées…

Alors, il faut que l’État sévisse ENFIN ! Nous en avons assez de voir notre pays marcher sur la tête ! Il faut rétablir l’ordre en France.

De notre côté, nous faisons aussi notre part pour régler ce problème. Nous avons demandé à un de nos experts, ancien magistrat, de nous faire des propositions pour changer la loi et sévir contre les Black blocs.

Il nous a expliqué comment, juridiquement, il fallait faire pour que les casseurs payent réellement les dégâts qu’ils font !

Nous avons donc préparé un courrier à Monsieur Jean Castex, Premier ministre :
Vous pouvez le lire en cliquant ici.
Sur ce courrier, nous ajoutons une PÉTITION pour demander la fin de l’impunité des Black blocs et pour qu’ils PAYENT LES DÉGÂTS QU’ILS COMMETTENT.

Il faut que nous soyons extrêmement nombreux à signer cette pétition ! Je voudrais que nous soyons 50 000 !

Je signe la pétition pour que les casseurs payent ce qu’ils ont cassé !
Lorsque nous nous présenterons devant les députés dans les prochaines semaines, nous aurons du poids uniquement si nous sommes 50 000.

Je compte vraiment sur vous pour signer cette pétition et la transmettre autour de vous !!! Pour la signer, cliquez ici.

Nous devons prendre les choses en main pour sauver notre pays et nous devons tous faire notre part. Comptez sur nous pour faire la nôtre.

Croyez, chers amis, à mon entier dévouement.

Pierre-Marie Sève
Délégué général de l’IPJ

Un article inutile et qui jette de l’huile sur le feu

Chère Madame, cher Monsieur,

Ce sont des images d’une rare brutalité. Elles ont été tournées samedi, à Paris, lors de la manifestation contre la loi dite « Sécurité globale ».

Un groupe d’une dizaine de policiers est entouré par une foule hostile. La nuit est déjà tombée, les fumigènes rendent la visibilité encore plus faible. Les policiers reculent sous les projectiles et les insultes. Soudain la violence se déchaîne.

Les émeutiers foncent sur le groupe de policiers et les frappent avec tous les objets qu’ils ont pu se procurer. L’un des agents tombe à terre et est immédiatement tabassé à coups de pieds, de poings, de genoux, de bâtons.

Ce lynchage dure une vingtaine de secondes interminables, avant que les collègues du policier en péril ne parviennent à lui porter secours et à l’extraire de la foule haineuse.

Il s’en tirera avec trois dents cassées et de multiples contusions. Sans son lourd équipement de protection, peut-être serait-il mort, tant les coups ont été féroces.

Pendant tout le temps qu’a duré cet assaut contre les forces de l’ordre, des gens filmaient tout autour, comme au spectacle.

L’ironie de tout cela est justement que les manifestants entendaient protester contre l’article 24 de la loi, qui vise à restreindre la possibilité de diffuser des images impliquant des policiers ou des gendarmes…

Cet article, qui cristallise toutes les tensions, est une bonne illustration de la stratégie désastreuse du gouvernement en matière de sécurité.

Tout d’abord, l’article est inutile. Selon le gouvernement, il aurait pour but de mieux protéger les forces de l’ordre face à la diffusion d’images visant à « porter atteinte à l’intégrité physique ou psychique » des agents. Mais la réalité est que le droit actuel offre déjà les protections nécessaires.

L’article 24 (!) de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse punit déjà de cinq ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende toute « provocation à commettre des atteintes volontaires à la vie et à l’intégrité d’une personne ».

Le fait de révéler l’identité des policiers et gendarmes est passible de 15 000 euros d’amende et porter atteinte à l’intimité de la vie privée, par exemple en publiant la photo d’un policier en y associant son numéro de téléphone, peut vous valoir un an de prison et 45 000 euros d’amende.

Et ce ne sont que quelques-uns des très nombreux délits prévus par le Code Pénal sur ces sujets.

L’arsenal est donc déjà très fourni.

En réalité, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin a sans doute cherché à faire un « coup de com’ » pour s’assurer la bienveillance des syndicats de policiers.

En effet, il ne se passe désormais plus une semaine sans que circulent sur les réseaux sociaux des vidéos montrant des policiers ou des gendarmes attaqués à coup de mortier d’artifice, victimes d’embuscades, obligés de reculer face à des délinquants qui les narguent. La manifestation de samedi en a encore apporté la démonstration flagrante.

On constate aussi une hausse continue des violences et outrages contre les dépositaires de l’autorité publique.

Le nombre de procédures enregistrées pour violences contre personne dépositaire de l’autorité publique a augmenté de 230 % entre 1996 et 2019. Les outrages enregistrés ont quant à eux augmenté de 70 % sur la même période.

En 2018, ce sont près de 11 000 policiers et gendarmes qui ont été blessés en mission, 25 ont été tués.

Et bien sûr, désormais, pratiquement à chaque fois que les forces de l’ordre interviennent, des gens sortent leurs téléphones portables pour filmer, ce qui encourage les délinquants à essayer de pousser les agents à la faute.

Le travail des policiers et des gendarmes est devenu très difficile. Toute intervention peut dégénérer et la tension est constante, personne ne songera à le nier.

Seulement, la meilleure protection des forces de l’ordre, c’est d’être certain que les interpellations qu’ils font sont effectivement suivies de sanctions pour les délinquants. Y compris, évidemment, lorsqu’il s’agit d’outrages ou de violences envers policiers et gendarmes.

Le code pénal prévoit que les violences envers les dépositaires de l’autorité publique peuvent être punies de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende si l’ITT est supérieure à huit jours et trois ans et 45 000 euros si elle est inférieure à huit jours. Ces peines peuvent être considérablement alourdies en cas de circonstances aggravantes.

Ainsi, les violences commises en bande organisée ou avec guet-apens et avec usage ou menace d’une arme sont passibles respectivement de quinze et dix ans d’emprisonnement selon que l’ITT est supérieure ou inférieure à huit jours.

Si les auteurs de violence étaient systématiquement poursuivis, si de telles peines étaient effectivement prononcées et si elles étaient pleinement appliquées, les agressions envers les forces de l’ordre seraient beaucoup moins nombreuses et la question des images ne se poserait même pas.

Bref, il faut que la Justice fasse son travail.

Mais nous en sommes très, très loin, et le niveau d’agression dont sont victimes policiers et gendarmes en dit long sur le sentiment d’impunité qui anime leurs auteurs.

Comme l’écrivait justement François-Xavier Bellamy dans Le Figaro : « Quand la loi reste sans force au point qu’un uniforme suscite trop souvent l’insulte plutôt que la crainte, qui peut croire sérieusement que créer un nouveau délit améliorera quoi que ce soit ? L’urgence absolue est d’appliquer, partout sur le territoire français, les lois déjà existantes. »

Mais pour cela, il faudrait donner de toutes autres instructions aux forces de l’ordre et aux magistrats. Il faudrait dire aux premiers d’aller chercher les délinquants, au lieu de leur donner l’ordre de « ne pas provoquer » dans les “quartiers sensibles”. Il faudrait dire aux magistrats d’incarcérer, au lieu de leur demander de recourir à toujours plus de « mesures alternatives ».

Et il aurait fallu remédier au sous-dimensionnement dramatique du parc carcéral français. Bref, il aurait fallu faire tout le contraire de ce qu’a fait le gouvernement depuis trois ans et demi.

Faute de vouloir agir sur les causes véritables de la violence, nos dirigeants essayent de faire diversion en s’attaquant à des sujets secondaires. Avec pour seul résultat d’aggraver les tensions et les mécontentements.

Il n’y a pas d’alternative à une lutte sérieuse, déterminée, sans faux semblant contre la délinquance.

Ou plutôt si, il y a une alternative : le chaos. Et nous y allons tout droit si rien n’est fait.

Voilà pourquoi nous sommes plus déterminés que jamais. Parce que jamais l’action de l’Institut pour la Justice n’a été si nécessaire, si urgente.

Si, comme moi, vous êtes convaincus de cette nécessité, vous pouvez nous aider en nous faisant un don. L’Institut pour la Justice n’existe et ne peut agir que grâce à votre générosité.

Avec tous mes remerciements et mon dévouement,

Axelle Theillier

Ils veulent supprimer la police

Chers amis,

L’actualité de ces derniers jours est toute entière consacrée à la police. J’y ai d’ailleurs consacré un article dans Le Figaro à ce sujet. Des accusations de violences policières, des accusations de racisme, un projet de loi « Sécurité globale » bien mal en point et, en toile de fond, des violences contre la police devenues habituelles : bref, c’est la tempête.

L’Institut pour la Justice connaît bien la police. Nous comptons de grands policiers parmi nos experts, nous connaissons aussi de nombreux policiers de terrain et nous les avons défendus contre le tribunal médiatique qui ne manque que rarement une occasion de les accabler.

Ce sujet est un sujet compliqué, c’est le moins que l’on puisse dire, alors mettons les choses au point. À l’IPJ, nous sommes traversés par des sentiments contradictoires.

 •D’abord, la police est l’instrument de l’ordre et l’auxiliaire de la justice. À ce titre, l’IPJ soutient la police lorsqu’elle est attaquée alors qu’elle ne fait que son travail : maintenir l’ordre et assurer la tranquillité publique.

Alors que les policiers reçoivent des cailloux dès qu’ils entrent dans une cité, alors que les enfants de policiers ne peuvent plus dire quel métier font leurs parents à l’école par peur de se faire prendre pour cible, les policiers doivent être soutenus par les citoyens qu’ils protègent, c’est-à-dire tous les Français.

 •D’un autre côté, la police est parfois soumise au pouvoir politique, à l’arbitraire. Elle fonctionne sur le mode hiérarchique, et la hiérarchie policière ainsi que les policiers eux-mêmes sont soumis aux volontés du pouvoir.

« Mettez des contraventions aux français qui payent gentiment leurs impôts, matez les gilets jaunes et EN MÊME TEMPS, n’intervenez pas dans les cités, laissez prospérer les bandes de sauvageons » : toutes ces injonctions sont politiques, parfois incompréhensibles pour les Français.

Mais il faut garder à l’esprit que les policiers sont des êtres humains comme les autres.

Comme partout, il y a des héros et il y a des brebis galeuses. Parfois, des policiers font des erreurs ou commettent des fautes, parfois – souvent même – ils sauvent des vies.

L’autre aspect à garder à l’esprit est la pression immense à laquelle sont soumis les policiers, particulièrement depuis une dizaine d’années.

Il y a un mois, à Herblay-sur-Seine, des policiers se faisaient lyncher et étaient laissés pour morts.

Cet été, Mélanie Lemée, une jeune gendarme de 25 ANS SEULEMENT était heurtée et tuée par un chauffard.

En 2016, Jean-Baptiste Salvaing et sa conjointe Jessica Schneider, tous deux agents de police étaient exécutés DEVANT LEUR ENFANT à Magnanville…

Où était le tribunal médiatique ?!

Quand des professeurs se font insulter en cours, quand des pompiers se font poignarder en intervention, quand des policiers se font appeler pour du secours et tombent dans un guet-apens, je le répète, où est le tribunal médiatique ?

Ces mêmes médias demandent sans arrêt de ne pas faire d’amalgame entre immigration et délinquance, mais ils sont les premiers à faire l’amalgame lorsque cela concerne la police.

Voilà la position de l’IPJ : la police est humaine, parfois trop humaine.

Quand des fautes sont faites, il faut les punir. Mais ne jetons pas le discrédit sur toute la police.

Et dans l’état actuel de la France, je ne suis pas sûr que nous puissions nous permettre d’avoir une police faible. Le chaos au quotidien n’est peut-être pas aussi loin qu’on ne le pense…

Croyez, chers amis, à mon profond dévouement.

Pierre-Marie Sève
Délégué général de l’IPJ