Leur seule armure, c’est une blouse


Chère Madame, cher Monsieur,

La colère gronde dans les hôpitaux parisiens.

Plusieurs syndicats ont appelé le personnel des 25 services d’urgences des hôpitaux de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) à se mettre en grève. « Illimitée », cette grève a commencé le 14 avril et touche aujourd’hui la plupart des hôpitaux parisiens.

Les causes de cette colère des urgentistes ?

Les conditions de travail bien sûr, qui ne cessent de se dégrader, avec des services d’urgence plus saturés que jamais. Mais aussi une insécurité grandissante. C’est d’ailleurs une série de plus de cinq agressions depuis le début de l’année qui adéclenché la mobilisation, en mars, du personnel de l’hôpital Saint-Antoine.

Mais cette insécurité n’est nullement cantonnée à Paris et à la région parisienne.

Voyez par exemple ce qui s’est passé le 16 mars dernier aux urgences de l’hôpital La Timone, à Marseille.

Mehdi Allali, un homme de 34 ans, se présente aux urgences en fin de matinée. Il a une plaie au visage à la suite d’une rixe. Il est normalement pris en charge, mais comme il estime qu’il n’est pas soigné assez vite, il porte un très violent coup de poing au visage d’une aide-soignante.

Double fracture au visage, hématomes divers. La victime était toujours en arrêt de travail un mois après les faits.

Comme si cela ne suffisait pas, l’homme menace une autre aide-soignante et une infirmière. À l’une il lance : « Si tu veux pas me soigner, tu vas voir ! » et à l’autre : « Si tu te baisses pour l’aider, je te fracasse ! ». Et lorsque les policiers viennent l’arrêter il fanfaronne : « Je suis content d’avoir frappé une Française » (Journal La Provence, 13/04/19)

Jugé un mois plus tard, il minimise les faits devant le tribunal. C’était tout juste une « claque appuyée », dit-il. Devant les enquêteurs il avait même prétendu avoir été victime d’un complot à caractère raciste, parce qu’on mettait trop de temps à le soigner !

Rappelons que les urgences de La Timone accueillent presque 600 personnes par jour…

Les urgentistes, partout en France, sont frappés de plein fouet par l’ensauvagement général de notre société, eux dont la mission est pourtant de soigner. Eux dont la seule armure est une blouse, comme l’a très bien dit l’avocate de l’hôpital, lors du procès.

Mais ils ne sont pas les seuls.

L’ordre des médecins a révélé il y a trois semaines que la violence contre les médecins libéraux avait encore progressé en 2018, avec pas moins de 1 126 agressions recensées, soit une hausse de 9% par rapport à 2017, qui était pourtant déjà une annéerecord.

Les médecins se font insulter ou agresser parce qu’ils refusent de signer un arrêt de travail, de prescrire certains médicaments, ou parce que certains patients irascibles estiment que le temps d’attente est trop élevé…

Mais les médecins sont aussi victimes d’attaques crapuleuses, pour leur voler des ordonnances, des médicaments, etc.

Comme l’explique le Dr Boissin, qui est coordonnateur de l’observatoire de la sécurité pour l’ordre des médecins : « Tout le monde se plaint des déserts médicaux, mais pour les endiguer, la première chose serait d’assurer la sécurité des médecins ».

Pour essayer de freiner cette montée de la violence contre ses confrères, il préconise la mise en service d’une application qui permettrait à un médecin qui se sentirait en danger de lancer discrètement une alerte à partir de son téléphone portable et d’enregistrer l’image et le son.

Cette application existe, elle a fait ses preuves à l’étranger. Mais il faut le feu vert du gouvernement pour la mettre en oeuvre. « Or, depuis l’arrivée de Macron, nous n’avons plus aucun contact avec le ministère de l’Intérieur. Silence radio », affirme le docteur Boissin.

Cette absence de réponse est désolante, mais pas vraiment surprenante.

Nous le savons, la sécurité et la justice n’ont jamais fait partie des priorités de ce gouvernement.

Comment s’étonner dans ces conditions que les chiffres de la délinquance explosent ? Le nombre de « violences gratuites » ne cesse de croître en France. Il frise désormais le record de 1 000 actes quotidiens.

Peu à peu les digues sautent. Ce ne sont plus seulement les forces de l’ordre qui sont agressées régulièrement, mais aussi ceux dont la profession est d’aider et de soigner, comme les pompiers, ou les personnels médicaux.

Face à cela, la réponse ne peut pas être seulement de mettre des vigiles dans les services d’urgence ou de doter les médecins libéraux d’une application leur permettant de donner l’alerte, même si cela peut bien sûr être utile.

À l’hôpital La Timone, par exemple, des policiers étaient présents au service des urgences lorsque s’est produite l’agression du 16 mars. Ils ont donc pu interpeller rapidement l’agresseur, mais leur présence ne l’a pas dissuadé de passer à l’acte.

Je pense que vous vous doutez pourquoi.

Mehdi Allali, l’homme qui a fracassé le visage de l’aide-soignante à La Timone, avait déjà 22 condamnations à son casier judiciaire !

Pour cette agression gratuite et d’une grande brutalité, il a été condamné à 4 ans de prison ferme. Ce qui pour la justice française est déjà une condamnation lourde. Souvenez-vous, par exemple, qu’en août dernier un homme qui avait poignardé quatre personnes à Périgueux a été condamné à seulement quatre ans de prison, dont un avec sursis.

Compte-tenu des règles en vigueur pour les réductions de peine, Mehdi Allali sera sans doute sorti de prison d’ici trois ans, peut-être moins. Avec une 23ème mention à son casier. Croyez-vous que cette 23ème condamnation l’aura dissuadé de recommencer un jour, si l’envie lui en prend ?

Le problème numéro un, c’est la qualité de la réponse judiciaire.

La justice française n’est pas assez rapide et pas assez ferme. Elle sanctionne trop peu et trop tardivement. Et lorsqu’elle sanctionne, les peines sont trop souvent aménagées ou réduites en cours d’exécution.

C’est la cause numéro un de cette montée de la violence à laquelle nous sommes tous confrontés.

C’est pour changer cela que l’IPJ se bat tous les jours. Plus que jamais notre combat est légitime. Plus que jamais notre combat est nécessaire.

Nous ne pouvons pas rester sans rien faire face à l’ensauvagement qui gagne sans cesse du terrain.

Vous le savez, nous ne baisserons pas les bras, car nous avons des solutions à proposer, des solutions à l’efficacité prouvée.

Mais nous avons aussi besoin de votre aide pour pouvoir continuer notre mission. Pour continuer à nous battre pour améliorer la sécurité quotidienne des Français. Car sans vous nous n’existerions pas.
Vous pouvez faire un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Publicités

L’attentat qui aurait dû être évité

Chère Madame, cher Monsieur,

On en sait maintenant davantage sur l’attentat qui s’est produit à la prison de Condé-sur-Sarthe.

L’inspection de la justice a remis un rapport confidentiel à la ministre, Nicole Belloubet, et ce qui y est écrit confirme toutes nos analyses et toutes nos craintes.

Rappelez-vous : le 6 mars dernier, Michael Chiolo, un détenu connu pour sa dangerosité et radicalisé, avait poignardé deux surveillants, aidé par sa compagne.

En effet, malgré sa très grande dangerosité, Michael Chiolo avait bénéficié d’un séjour en « unité de vie familiale ». Ce sont de petits appartements très bien équipés, au sein de la prison, dans lesquels les condamnés peuvent recevoir leurs proches pour une période variable, parfois plusieurs jours.

C’est là que Hanane Aboulhana, la compagne de Chiolo, a pu rentrer, sans être fouillée. Elle était pourtant voilée des pieds à la tête, et sous son voile elle dissimulait des couteaux en céramique. Les couteaux avec lesquels, elle et Chiolo ont ensuiteattaqué les surveillants.

Cela pose évidemment beaucoup de questions.

Tout d’abord, comment Michael Chiolo avait-il pu obtenir un séjour en « unité de vie familiale », où les détenus ne sont pas surveillés ?

S’il était détenu à Condé-sur-Sarthe, la prison la plus sécurisée de France, c’est précisément parce qu’il avait commis des actes de violence en prison.

En 2016, par exemple, alors qu’il était emprisonné à la maison d’arrêt de Besançon, des écoutes avaient révélé qu’il projetait d’égorger un surveillant « au nom d’Allah »…

Malheureusement, comme trop souvent dans nos prisons, ce qui devait être un privilège réservé aux détenus se conduisant de manière exemplaire fini par devenir un droit accordé à tout le monde.

Comme l’expliquait un responsable syndical : « À l’origine, c’était pour des détenus qui s’étaient bien comportés, afin de faire un semblant de vie commune. Mais aujourd’hui, dès qu’il y a des demandes, c’est validé un peu facilement. On cherche à leur apporter un maximum et l’argent est utilisé dans le mauvais sens. »

Ensuite comment Hanane Aboulhana a-t-elle pu rentrer sans être fouillée ?

La réponse est dans le rapport de l’inspection de la justice. Dans son langage administratif, ce rapport explique qu’il existe parmi les surveillants : « une crainte diffuse et partagée des recours qui amène parfois à avoir une gestion ‘‘normative’’ des situations plutôt qu’opérationnelle. La question des palpations, que chacun s’interdit par peur de n’y être pas autorisé ou par peur des invectives de la population pénale et des visiteurs, est à cet égard typique ».

Autrement dit, les surveillants ne fouillent pas les gens qui se présentent au parloir pour deux raisons.

Cette situation est profondément anormale et choquante. Depuis des années l’IPJ se bat pour que cela change. Pour que la discipline carcérale soit rétablie en prison et pour que le temps de la détention soit réellement un temps utile, pour le condamné, les victimes et pour la société.

Nous avons fait beaucoup de propositions en ce sens.

Un mois avant l’attaque de Condé-sur-Sarthe nous avions même publié et diffusé une étude qui explique comment mettre en place de vraies unités à sécurité renforcée pour les détenus les plus dangereux !

Notre présidente et notre porte-parole l’ont d’ailleurs apportée directement au ministère de la Justice, à la fin du mois de mars.

Peut-être Madame Belloubet consentira-t-elle à s’en inspirer et à agir enfin dans le bon sens ?

Les conditions de détentions que nous préconisons devraient devenir la norme pour les détenus à la dangerosité prouvée. Si on nous avait écouté, un attentat comme celui de Condé-sur-Sarthe n’aurait pas pu avoir lieu.

Il y a urgence Madame la ministre, il faut agir, vite !

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel

Le mineur étranger isolé avait… 47 ans

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Les « mineurs isolés étrangers » continuent d’alimenter la rubrique des faits-divers…

Vous vous en souvenez sans doute, je vous avais déjà parlé de ces étrangers qui viennent en France en se faisant passer pour des mineurs isolés (c’est-à-dire sans famille dans notre pays) pour bénéficier des avantages que procure ce statut.

Car ce statut prévoit en effet de sérieux avantages avec l’accueil automatique de tous les mineurs et la délivrance d’un titre de séjour à leur majorité. Un mineur pourra aussi invoquer le regroupement familial pour faire venir ses parents.

De plus, les mineurs isolés étrangers (MIE) doivent être pris en charge par les départements, au titre de l’aide à l’enfance, ce qui représente aujourd’hui presque deux milliards d’euros par an. Ces dépenses ont augmenté de 294% en cinq ans !

Bien sûr, pour bénéficier de tous ces avantages, beaucoup d’étrangers en situation irrégulière se prétendent mineurs et isolés alors qu’ils ne sont ni l’un ni l’autre.

L’année dernière, 54 000 étrangers en situation irrégulière ont demandé à bénéficier du statut de MIE !

Or, « On estime qu’entre 50 % et 80 % des demandeurs sont en fait des majeurs. » C’est Jean-Louis Thiériot, le président du conseil départemental de Seine-et-Marne qui le dit.

Et parfois la fraude est tellement énorme qu’elle pourrait presque prêter à rire.

Mercredi dernier, un Guinéen s’est rendu à l’hôtel de police d’Angoulême, pour bénéficier du statut de MIE. Il prétendait avoir 16 ans.

Mais comme l’individu faisait vraiment beaucoup plus que « son âge », les policiers se sont renseignés. Et ils ont découvert, après quelques recherches, que cet homme avait en réalité… 47 ans ! (Journal Sud Ouest)

Il est bien sûr scandaleux que la loi soit ainsi détournée et que l’équilibre financier de certains départements soit mis en péril par ces prétendus mineurs isolés.

Mais en plus, parmi ces « mineurs étrangers isolés » un nombre non négligeable se livre à des actes de délinquance, réguliers ou occasionnels, et parfois très graves.

Je vous en avais donné de nombreux exemples, et cela ne s’est pas arrangé depuis.

Le journal Le Parisien expliquait récemment comment des bandes de jeunes voleurs étrangers étendent leur terrain de chasse de Paris à l’ensemble de l’Ile-de-France.

« Depuis le début de l’année, ces mineurs marocains ou algériens, pour la plupart toxicomanes et violents, spécialisés dans les cambriolages et les agressions dans les transports, ont changé de stratégie. Jusqu’ici, ces jeunes gens, apparus fin 2016 dans le quartier de la goutte d’or, se regroupaient et « oeuvraient » dans la capitale. »

Mais, explique un policier « Depuis l’automne dernier, une augmentation significative des délits perpétrés en banlieue par ces jeunes est clairement perceptible ».

Comme ils sont mineurs et étrangers, la police et la justice ne peuvent pas grand-chose contre eux… Quand ils sont attrapés, ils sont placés dans des foyers, dont ils s’échappent immédiatement pour retourner avec leur bande et commettre à nouveau leurs méfaits.

À Nantes, dans la nuit de samedi 9 à dimanche 10 mars, une jeune femme de 20 ans a été violemment agressée. Un homme l’a d’abord abordée pour lui demander de l’argent. Puis il l’a giflée, étranglée, et sous la menace d’un couteau, il l’a finalement violée.

L’auteur présumé de ce crime a été arrêté une semaine après, et formellement reconnu par la victime. Il s’agit d’un mineur étranger isolé de 17 ans…

En lisant ce genre de choses, je suis sûre que, comme moi, vous êtes révoltés et que vous vous demandez quand nos dirigeants vont se décider à agir.

Mais justement, pour une fois, il se pourrait que sur cette question les choses évoluent dans la bonne direction.

Pour faire cesser la fraude au statut de MIE il y a des mesures simples à prendre. Notamment obliger les candidats suspectés de fraude à se soumettre à un test d’âge osseux, et créer un fichier biométrique des personnes déclarées majeures pour éviter qu’elles aillent tenter leur chance auprès d’un autre département.

Des mesures de bon sens, défendues par l’IPJ… et qui semblent sur le point d’être enfin mises en œuvre.

Tout d’abord, le Conseil Constitutionnel a jugé, jeudi 21 mars, que la loi autorisant le recours aux tests osseux pour estimer l’âge des immigrés clandestins était conforme à la Constitution.

Ces tests avaient été violemment attaqués par de nombreuses associations, comme le Gisti, la Cimade, la Ligue des droits de l’homme… mais cette fois les lobbys laxistes ne l’ont pas emporté.

Et puis un décret a été publié il y a quelques semaines pour créer, enfin, un fichier national des mineurs isolés étrangers.

En combinant évaluation osseuse généralisée et fichier national, il serait possible de tarir largement cette filière d’immigration clandestine, qui est aussi, malheureusement, une filière par laquelle des délinquants pénètrent sur notre territoire.

C’est un grand pas dans la bonne direction pour faire baisser la criminalité. Une victoire importante pour des idées défendues par l’IPJ.

Bien sûr, le combat n’est pas fini. Il a fallu batailler pour arracher ces mesures de bon sens face à la résistance acharnée des tenants de la culture de l’excuse. Demain il faudra continuer à se battre pour que ces mesures soient effectivement appliquées, concrètement, jour après jour.

Et pour cela vous pouvez compter sur nous. Vous connaissez l’Institut pour la Justice. Vous êtes fidèles à notre combat et vous savez que nous œuvrons tous les jours pour faire progresser des idées qui peuvent réellement améliorer la sécurité des Français.

Mais pour cela, nous avons aussi besoin de votre aide pour pouvoir continuer le combat, car nous n’existons que grâce à vous. Vous pouvez faire un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,

Laurence Havel

Notre Dame est toujours debout

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Aujourd’hui je ne vous parlerai ni de justice, ni de sécurité, ni de prison.

Nous sommes tous sous le choc de ce spectaculaire incendie qui a ravagé une partie de Notre Dame de Paris.

De l’effroi hier soir, nous avons basculé vers une sorte de soulagement quand nous avons appris ce matin que l’église était toujours debout et que les deux tours n’avaient pas cédé.

Beaucoup disent que l’âme de la France est touchée, que cette cathédrale est bien plus qu’un monument religieux. Il s’agit de notre patrimoine, de notre culture et de nos racines.

Hier soir, beaucoup ont voulu voir un signe ou un symbole dans ce désastre. Je ne suis pas superstitieuse et je n’ai pas envie de comparer ce drame à tous ceux dont je vous parle habituellement.

Mais une chose est sûre, notre pays doit faire face à de très nombreux problèmes, des malheurs et des menaces graves. Nous devons montrer que nous sommes capables d’affronter toutes ces situations et que nous pouvons changer la donne.

Le courage des pompiers cette nuit, qui ont vaincu le feu et qui ont sauvé Notre Dame est un exemple. À nous de le suivre, chacun à notre niveau. À l’IPJ le combat continue, nous allons poursuivre sans relâche notre mission pour rétablir l’ordre en France.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Merci !

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Le gouvernement est maintenant au pied du mur.

Pendant trois mois le gouvernement a invité les Français à débattre et à lui faire des propositions.

Il s’agissait bien sûr d’abord pour lui de gagner du temps, de faire retomber la pression exercée par les gilets jaunes. De faire diversion.

Nous n’étions pas dupes de cette manœuvre, mais puisque l’occasion nous était donnée de nous exprimer, il fallait la saisir.

Nous avions bien compris que nos dirigeants essayeraient d’esquiver certains sujets qui fâchent. Qu’ils orienteraient le « grand débat » vers certains thèmes plutôt que d’autres, quitte à carrément les occulter.

L’IPJ s’est donc mobilisé pour que le thème de la sécurité ne soit pas le grand oublié du « grand débat ».

Le « grand débat » est maintenant terminé, et le gouvernement va devoir faire la synthèse des contributions. Et surtout, il va devoir prendre des décisions…

Circulez, y a rien à voir !

Seule une minorité de Français ont participé à ce « grand débat ». Le politologue Pascal Perrineau, l’un des cinq garants du grand débat national, a reconnu dans le Figaro que « l’immense majorité des citoyens ne s’est pas exprimée ».

Et ceux qui se sont le plus exprimé ne sont guère représentatifs de la population. Les « gilets jaunes » notamment ont été largement absents de ce « grand débat ».

Sans surprise donc, leurs principales revendications figurent très peu dans la « synthèse » que va présenter le gouvernement.

Circulez, y a rien à voir, me direz-vous ?

Oui, sans doute, sauf que… dans cet océan de contributions convenues et qui vont dans le sens de ce que souhaite le gouvernement, une petite musique différente se fait entendre.

« Les Français demandent davantage de sécurité dans l’espace public et un renforcement de la lutte contre le terrorisme », a déclaré Gilles Cognito, aux côtés du premier ministre le 8 avril.

Gilles Cognito est le dirigeant du cabinet chargé de présenter la synthèse des « contributions libres » (peut-être les vôtres ?) sur les services publics lors de la restitution du « grand débat national ».

Une partie des participants au grand débat « demande de renforcer la présence de l’État dans des territoires perçus comme délaissés, notamment en matière de sécurité », a-t-il ajouté. D’autres revendiquent le « nécessaire recentrage de l’État sur ses missions de sécurité et la réduction du nombre global de fonctionnaires ».

Eh oui, vous le voyez, la sécurité s’invite malgré tout aux résultats du « grand débat ».

Ce caillou dans la chaussure du gouvernement… 

Le gouvernement aurait certainement préféré qu’elle soit absente, puisque la sécurité des Français n’a jamais été sa priorité. D’ailleurs, ce thème ne figurait même pas dans ceux du débat.

Mais elle est là.

Et je pense que c’est sans doute en grande partie grâce à vous.

Vous avez été nombreux à répondre à notre appel pour participer au « grand débat », à avoir renvoyé notre courrier à votre mairie et à l’adresse de la mission Grand débat, à avoir voté quand on vous l’a demandé… bref, à faire entendre votre voix.

La voix de la majorité silencieuse qui demande à nos dirigeants de prendre enfin notre sécurité au sérieux.

Votre mobilisation n’a pas été inutile. Nous n’étions pas invités à la table du « grand débat », mais nous avons réussi à être présents malgré tout. C’est une première victoire.

Reste à savoir si le gouvernement écoutera vos demandes…

Vous n’êtes sans doute pas optimiste sur ce point, et moi non plus. Nous ne sommes pas naïfs.

Mais vous pouvez compter sur nous pour rester mobilisés et pour porter vos revendications. Plus que jamais, grâce à votre soutien, l’IPJ reste le plus efficace contre-pouvoir face à ceux pour qui « l’insécurité n’est qu’un sentiment ».

Demain le combat continuera, mais aujourd’hui je voudrais simplement vous dire du fond du cœur : merci !

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Leur arrogance est sans limites

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Ils ont rejoint les rangs de l’État islamique quand il était en pleine expansion.

Ils ont participé, directement ou indirectement, aux atrocités commises par celui-ci.

Ils ont pris les armes contre la France.

Ils ont contribué à tuer des soldats français ou à commettre des attentats en France.

Mais maintenant que le vent a tourné, et que l’État islamique a été vaincu, certains d’entre eux assignent l’État français en justice pour obtenir leur rapatriement.

Oui, vous avez bien lu : des djihadistes « exigent » d’être rapatriés (Le Figaro, 2 avril).

Deux femmes de djihadistes, détenues dans le camp syrien de Roj, en zone kurde, « entendent enjoindre à l’État français de les rapatrier avec leurs six enfants ». Et pour cela elles ont déposé des recours devant la justice française.

En fait, après avoir voulu détruire l’État de droit, elles veulent l’utiliser à leur profit pour ne pas être jugées en Syrie ou en Irak (là où l’État islamique a commis ses exactions). Plutôt ironique non ?

Car la stratégie des islamistes est très claire :

On commence par demander le rapatriement des femmes. Elles bénéficieront sûrement de plus de compassion que les hommes… Pourtant, tous les spécialistes savent bien que les femmes peuvent être aussi fanatisées et impitoyables que les hommes.
Puis, quand ils auront obtenu une décision de justice ordonnant à la France de rapatrier les épouses de djihadistes, ils s’appuieront sur cette décision pour exiger que la France les reprennent tous, sans distinction de sexe ni d’âge. En clair, pour que nous reprenions tous ceux qui ont pris les armes contre nous.
Ou bien, ils commenceront par obtenir le rapatriement des enfants, et ensuite ils obtiendront le rapatriement des femmes, puis des hommes, au motif que ces enfants ont besoin de leurs parents.

On reste sans voix devant tant de cynisme.

Je vous entends réagir, « est-il vraiment possible que notre gouvernement se laisse prendre à un piège aussi grossier ? »

J’aimerais pouvoir vous répondre que « non », mais je n’en suis pas sûre…

Il semble que nos dirigeants étaient tout prêts, ces derniers mois, à rapatrier les djihadistes possédant un passeport français.

Le journal Libération a même eu connaissance d’un document secret, émanant du renseignement intérieur.

« C’est une liste d’une incroyable précision », écrivait le journal, le 4 avril.
« Y figurent, nom, prénom, date de naissance, mais aussi le lieu de détention et le temps – en mois ou années – passé sur zone. Plus intéressant encore, la colonne “rapatriement”, où sont empilés les numéros 1 ou 2, correspondant au numéro du vol devant les ramener sur le sol français. »

Le gouvernement avait donc établi « de façon pointilleuse la liste des Français de l’État islamique (EI) retenus ou emprisonnés actuellement au Kurdistan syrien ».
D’après le journal, cette liste comportait 250 noms.

250 personnes que nos dirigeants avaient manifestement l’intention de faire revenir en France puisque les numéros des vols étaient déjà prévus !

Le tout certainement en toute discrétion. Il est tellement plus simple de nous mettre devant le fait accompli…

Souvenez-vous de Christophe Castaner affirmant tranquillement au micro de BFMTV fin janvier : « D’abord ce sont des Français avant d’être des djihadistes. »

Heureusement, quelque chose est venu gripper cette machine bien huilée.

Le 26 février, Emmanuel Macron a dû affirmer publiquement :

« Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre, il n’y a pas un programme de retour des djihadistes qui est aujourd’hui conçu. Nous restons sur la même doctrine ». C’est-à-dire : le jugement et l’incarcération des djihadistes français là où ils se trouvent.

Que s’est-il passé ?

C’est très simple : l’opinion publique s’est réveillée et a commencé à faire pression sur le gouvernement.

Comme l’écrit Libération : « Sans doute l’hostilité massive de l’opinion à un rapatriement des jihadistes a-t-elle joué dans la décision, pour un pouvoir déjà très affaibli par la crise des gilets jaunes. Publié le 28 février, un sondage de l’institut Odoxa confirmait ce sentiment : 89 % des répondants se déclarent “inquiets“ d’un tel retour, dont 53 % “très inquiets“.

Les deux tiers s’opposent même au retour des enfants. Une attitude majoritaire, voire hégémonique, quelle que soit la sensibilité politique, y compris à gauche. »

À l’Institut pour la Justice, nous avons fait partie de ceux qui se sont mobilisés dès le début pour alerter l’opinion publique et pour interpeller le gouvernement et tous les dirigeants sur cette question.

Notre porte-parole, maître Guillaume Jeanson, est intervenu dans les médias pour rappeler le danger de ce rapatriement.

À chaque fois qu’il a pris la parole, il a rappelé que le système judiciaire de notre pays est en piteux état, que les prisons sont déjà dépassées par la radicalisation, le prosélytisme islamiste et la surpopulation… Des arguments de bon sens me direz vous.

Ce recul du gouvernement est une première victoire. C’est une victoire pour l’IPJ qui n’aurait pas été pas possible sans vous et votre soutien. C’est surtout une victoire pour notre sécurité à tous.

Mais il faut rester vigilants et mobilisés. Les manœuvres des islamistes et de leurs soutiens en France vont se poursuivre. Ils veulent profiter de la faiblesse de nos dirigeants. À nous de rester forts et de tenir bon.

Vous pouvez compter sur nous pour ne pas baisser la garde et pour vous tenir au courant.

Nous ne les lâcherons pas.

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel

Il n’a pas sa langue dans sa poche

institutjustice

Chère Madame, cher Monsieur,

Lors de notre dernier colloque nous avons invité Me Gilles-William Goldnadel pour qu’il nous parle des attentes des victimes en matière de terrorisme. Il est lui-même avocat de parties civiles et connaît bien les problèmes qu’elles rencontrent.

Mais comme beaucoup d’avocats quand on leur donne la parole, il ne s’est pas contenté du sujet qu’on lui avait donné.

Les médias, le syndicalisme judiciaire, la psychiatrie… tout y passe !

Il sait de quoi il parle et c’est passionnant. Vous pouvez visionner sa vidéo ici.

playerVIDEOGoldnadel

Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel